Avertir le modérateur

16/03/2011

Sur France 2 Dominique de Villepin dénonce un déni du gouvernement sur le nucléaire

Alors que l'UMP et le PS, de façon totalement indécente, repoussent, voir caricaturent, les légitimes intérrogations et demandes des Ecologistes, Dominique de Villepin vient de donner son point de vue sur le débat que suscite, en France, la tragédie nucléaire qui se déroule en ce moment au Japon. Dans un texte clair et précis Dominique de Villepin avance ses propositions et orientations sur la question. Force est de reconnaître que globalement le contenu qui nous est donné à lire constituerait une bonne base de départ pour ouvrir avec lui un dialogue constructif. Voyons donc point par point ce que dit l'ancien premier ministre aujourd'hui Président de "République Solidaire".

Sur le référendum du nucléaire proposé par les écologistes.

110223101730933_27_000_apx_470_.jpgLa bonne idée, c’est d’avoir un débat sans tabou. Manifestement, nous ne pouvons pas ignorer ce qui vient de se passer au Japon, après plusieurs catastrophe: Three Mile Island au États-Unis, puis Tchernobyl et aujourd’hui le Japon; avec à chaque fois des circonstances particulières. Ce que je propose, c’est que nous puissions avancer par étape.

La première étape me semble être avoir le juste retour d’expérience de ce qui c’est passé au Japon. Demandons aux scientifiques de se réunir; pourquoi pas une conférence internationale sur la sécurité nucléaire à Paris, qui permettrait de rassembler tous les éléments disponibles.

Deuxième étape, il s’agit d’un grenelle de l’énergie. Mettons là encore, sur la table, tous les éléments de notre politique énergétique. Nous sommes dans une situation singulière: 75 à 80% de la production électrique française est d’origine nucléaire. Ce qui veut dire que nous devons avoir des garanties sur la sécurité nucléaire et, nous ne pouvons pas aujourd’hui basculer en un jour. Nous déciderions de fermer l’ensemble de nos centrales, que nous ne pourrions pas assumer les besoins énergétiques de la France. Donc, ce sont des décisions qui doivent être prises dans le temps et qui demandent une mure réflexion; au-delà de ce grenelle de l’énergie et au sortir de ce grenelle de l’énergie qui permettrait de solliciter l’ensemble des composantes de la société civile. Nous avons vu que ça marche avec le grenelle de l’environnement, alors pourquoi ne pas se poser une question par référendum, là encore sur la politique énergétique de la France. Donc, ne faisons pas ça dans la passion mais n’occultons pas les problèmes.

Nous le voyons en matière de sécurité, aujourd’hui nous pouvons faire mieux en France. Nous pouvons faire en sorte que l’autorité de sureté nucléaire soit vraiment indépendante. Nous devons faire en sorte que les sous-traitants dans le domaine du nucléaire soient bien encadrés avec toutes les garanties nécessaires, faire en sorte que dans l’entretien des centrales, dans le domaine de la prévention des rythmes sismiques, il y ait une garantie de financement de d'EDF pérenne. L’investissement qui a été faite dans les dernières années, 200 millions, pour la prévention des risques sismiques, apparait à beaucoup d’experts comme insuffisant, qui évaluent à presque 2 milliards l’investissement qui aurait dû être fait. Nous voyons qu’il y a beaucoup à faire.

centralejapon-271917-jpg_159016.jpgDernier domaine, nous ne pouvons pas, les yeux fermés, exporter notre savoir-faire n’importe où dans le monde. L’affaire japonaise nous rappelle nos devoirs, nous devons obtenir des garanties avant d’exporter du nucléaire civil, que les pays concernés seront capables de le maitriser, en terme de sécurité. La sécurité de la planète importe à tous, ce qui se passe au Japon concerne, non seulement le pacifique mais un peu tout le monde. Nous le savons depuis Tchernobyl, les nuages nucléaires voyagent donc cela concerne tout le monde, soyons donc responsables.

Sur la sortie de la France du nucléaire, pour Nicolas Sarkozy: «il est hors de question que la France sorte du nucléaire».

Il souligne une contrainte française. Nous avons fait le choix du nucléaire depuis de nombreuses années, depuis plusieurs décennies. Et ce choix du nucléaire nous oblige dans la situation actuelle. Ceci dit, nous pouvons préserver l’avenir. Nous pouvons imaginer par exemple, si cela s’avérait nécessaire, de passer de 80% de la production électrique à une perspective de 50%. Ça donne des objectifs, mais ça part d’abord d’une analyse et d’une évaluation de la sécurité de nos centrales, de l’évolution de nos technologies; analyse, qui à mon sens n’est pas suffisamment complète et qui doit être renouvelée à la lumière de ce qui vient de se passer au Japon.

On a beaucoup parlé de la centrale de Fessenheim; il est évident que la prise en compte de la cartographie, de la géographie, avec la question des failles, des zones inondables, toutes ces fragilités, tout ce qui peut menacer les centrales, qui en général sont construites à partir de la dernière catastrophe dans le temps, accidents sismiques ou inondations. Faisons en sorte d’élever nos seuils de protection, d’élever les garanties qui sont demandées pour véritablement prendre en compte tous les risques possibles.

Sur la communication du gouvernement sur l’affaire japonaise.

Il réagit comme souvent, le gouvernement, c’est-à-dire qu’il est dans le déni. Je ne crois pas qu’on rassure, je ne crois pas que face aux peurs, on puisse s’installer dans le déni. C’est en se posant les bonnes questions, en mettant les choses sur la place publique, en faisant preuve de transparence. Donner tous les moyens à l’indépendance de l’autorité de la sureté nucléaire, c’est pour les Français, une garantie que le débat ne sera pas biaisé. Évitons donc, que soit juge et partie les mêmes personnes. Nous sommes un pays responsable, nous sommes un pays qui aujourd’hui veut se tourner vers l’avenir, on doit avoir de vrais débats.

Sur le poids du lobby nucléaire en France.

Les certitudes, les compétences, l’expertise qui existent en France dans le domaine nucléaire, pèsent. Je ne peux pas dire que je l’ai moi-même subi, mais je sais que cela pèse beaucoup dans un certain nombre de directions techniques, de ministères techniques et que les choses remontent par porosité. Il est donc bon que les politiques aient la liberté de se poser davantage de questions. Cette liberté aujourd’hui, c’est un devoir, c’est une responsabilité. Donc, se remettre en cause, savoir remettre sur la table à l’occasion de grands rendez-vous, et le Japon nous interpelle. Nous voyons avec quelle dignité réagit le peuple japonais, avec cette discipline mais en même temps, il y a une exigence de transparence. Il y a un questionnement qui va apparaître au Japon. On va demander au premier ministre japonais des comptes et c’est normal.

Faisons en sorte, nous aussi d’être une démocratie adulte, que nous soyons capable de rendre des comptes, d’ouvrir des dossiers et de proposer aux Français, un certain nombre de réponses alternatives.

1395123_3_69c3_dans-quinze-jours-au-plus-tard-si-rien-ne.jpgJ’ai lancé, moi-même en 2006, la filière photovoltaïque, le développement de l’énergie solaire. Cette filière vient quasiment d’être démantelée par suppression d’un certain nombre de subventions. C’est 30000 emplois qui sont aujourd’hui menacés. Je crois que c’est une erreur. Même si les énergies alternatives, compte-tenu de leurs coûts, 5 à 10 fois plus chers, ne sont pas susceptibles de remplacer rapidement l’énergie nucléaire, nous devons nous poser davantage de questions et nous devons progresser.

Source République Solidaire : http://www.republiquesolidaire.fr/

 

16/09/2009

Grève des transports en commun dans l’Agglo de Rouen

photo_4vign_tcar.jpgLes transports en commun sont complètement bloqués ce matin à Rouen à la suite d'une grève déclenchée à l’initiative de la  CGT concernant les conditions de travail et des salaires.

Selon une source AFP, le trafic était nul dès 8h00 du matin sur l'ensemble du réseau TCAR –  Transports en Commun de l'Agglomération Rouennaise groupe Veolia environnement –. Le mouvement touche à la fois la partie métro et la partie bus, selon la direction.

Des mesures prises par la direction en 2007 concernant les conditions de travail des agents qui ne sont pas appliquées, selon la CGT. "Elles prévoyaient la réduction des amplitudes de travail ou encore l'abandon des services discontinus qui désorganisent la vie des chauffeurs", a précisé Jean-Claude Blot délégué CGT.

Les questions de conditions de travail et de sécurité des agents de conduite du réseau métro-bus ne sont pas nouvelles et chaque usager du réseau peut s’étonner de les voir réapparaître alors même que des engagements ont été pris et que les problèmes étaient en principe réglés.

627830_photo-1252082470305-1-0_150x113.jpgLe transport collectif dans les 45 communes de l’Agglomération de Rouen  - 411000 habitants – est de la compétence de la Communauté de l'Agglomération Rouennaise, présidée par Laurent Fabius.  A l’initiative des élus du Parti Socialiste cette compétence a été transférée, au moyen d’une délégation de service public,  à la TCAR, société de droit privé dont le financement est très largement assuré par des fonds publics !

En effet, la TCAR, filiale du Groupe international  Veolia environnement, outre les recettes dues à la vente des titres de transport au public, reçoit le montant correspondant de la taxe transport indexée sur les charges salariales des  entreprises de l'agglomération, soit plus des 2/3 de ses ressources d’exploitation.

 

L’Alliance Ecologiste Indépendante de Haute-Normandie déplore :

 

ð      le manque de négociation avec les syndicats qui a conduit à ce mouvement de grève

ð      le préjudice fait aux usagers qui ont du se priver d’un  service qu’ils payent  directement et indirectement

 

L’Alliance Ecologiste Indépendante de Haute-Normandie demande à Laurent FABIUS   Président de la Communauté de l'Agglomération Rouennaise, Député de la 4e circonscription de Seine-Maritime, Premier Adjoint au Maire de Grand-Quevilly :

 

ð      Les raisons qui ont conduit la TCAR à ne pas mettre en application les mesures prises en 2007

ð      Les raisons pour lesquelles la Communauté de l’Agglomération Rouennaise, n’a pas été en mesure de débloquer la situation après le préavis de grève déposé par la CGT.

ð      De prendre ses responsabilités pour assurer à l’avenir un fonctionnement normal continu du service public des transports dont la Communauté de l'Agglomération Rouennaise est responsable.

ð      D’envisager un retour à la gestion par les collectivités locales du service public du transport de l'agglomération.

*source photo site TCAR - logo PS -

16:51 Écrit par Bernard FRAU dans 1. Communiqués de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabius, cgt, tcar, service public, transport, sécurité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

18/08/2009

Total la série des accidents continue !

arton5073-3858f.jpgAlors que la bataille judicaire, ouverte  en février dernier à la suite de la formidable  et impressionnante explosion de l’usine A ZF qui avait ravagé en septembre 2001 tout un quartier de la ville de Toulouse, une fuite d’ammoniac a conduit à l’évacuation, jeudi 13 aout 2009, de 300 personnes à l’usine Grande Paroisse de Grandpuits (Seine-et-Marne).

A la suite de l’explosion de Toulouse qui, on s’en souvient, avait fait 31 morts et 2 500 blessés, le tribunal correctionnel a été amené à placer Total et son PDG de l’époque Thierry Desmarets au rang des prévenus. Pour autant le groupe et ses dirigeants ne semblent pas avoir tiré les leçons du tragique accident. Le bilan des accidents qui se produit ces 30 derniers jours  est de ce point de vue totalement révélateur.

Rappel des dysfonctionnements sécurité chez Total

15 juillet 2009, sur le site de Carling Saint-Avold (Moselle) explosion mortelle: 2 morts, 6 blessés
16 juillet, raffinerie de Gonfreville l’Orcher (Seine Maritime) fuite de pétrole lourd

22 juillet, usine de Grandpuits (Seine-et-Marne)fuite d’ammoniac : 350 personnes évacuées, 31 ont reçu des secours, 12 ouvriers hospitalisés

27 juillet, usine de Grandpuits nouvelle fuite d’ammoniac

5 août, usine de Gonfreville-l'Orcher renversement d’un bac d’acide sulfurique vide : trois salariés blessés, dont deux gravement

12 août, usine pétrochimique Naphta chimie de Lavéra (Bouches du Rhône), deux salariés brûlés degré lors de l’allumage d’un four.

 

 Tous ces accidents à répétition font suite à d’autres accidents graves qui se sont produits dans un passé récent sur les sites d’exploitation du pétrolier

 

Début 2008, Total a été jugé par la Haute Cour de Londres. Celle-ci a conclu à la responsabilité du pétrolier français dans l’incendie d’un dépôt de carburant de Buncefield, fin 2005. La même année 2008 au mois de mars, une fuite de fioul dans la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) a pollué l’estuaire de la Loire. Total a depuis été mis en examen dans le cadre de l’enquête concernant cet accident.


Un climat insupportable d’insécurité


La question se pose désormais de la volonté réelle des dirigeants d’assurer aux salariés et aux riverains des différents sites qu’ils exploitent, une sécurité qui d’ailleurs s’impose à eux au titre de la législation en vigueur en la matière.

 

Un sérieux problème de politique de sécurité

 

Cette trop longue liste  des accidents de ce mois, à laquelle il convient d’ajouter le très important accident sur le site AZF de Toulouse en septembre 2001 montre qu’il y a chez Total un sérieux et important problème de politique de sécurité, qui pourrait laisser à penser que l’industriel est tout simplement en train de laisser « pourrir l’outil de production qu’il possède sur le territoire national ».

 

Quoi qu’il en soit, une telle carence exige une action publique immédiate pour imposer, sous astreinte, à l’industriel défaillant, de procéder à une révision complète de ses procédures de maintenance et d’exploitation et d’engager sans délais les travaux de remise à niveau de son outil de production.

 

L’argent ne manque pas chez Total


Total il ne faut pas omettre de le rappeler fait partie des grands champions pour ce qui relève des bénéfices réalisés - 13,9 milliards d’euros en 2008 – et servis à ses actionnaires. C’est donc un groupe qui a les moyens. Il est donc d’autant plus normal d’exiger de lui qu’il ne s’affranchisse pas de ses obligations et qu’il mette en œuvre une politique de sécurité en rapport avec les risques générés par ses activités.

 

Faut-il ici rappeler que de son côté la hiérarchie exige de ses salariés des objectifs en terme de « qualité » qui tendent au zéro défaut ! Au nom de quelle logique ne pourrions-nous pas exiger également du groupe et de ses dirigeants une politique sécurité zéro accident.

 

C’est à force de plan de restructuration, de plans de réduction des coûts, d’insuffisance de formation et de mise à la retraite anticipée des personnels d’expérience, que le Groupe, dont la seule ligne d’horizon reste la rentabilité à deux chiffre, laisse filer la qualité de son outil d’exploitation dont la maintenance et le remplacement de matériel usagé laisse, selon les représentants syndicaux largement à désirer.

 

Pour mémoire le 10 mars dernier, Total a annoncé la suppression de 555 postes d’ici à 2013 dans le cadre d’une restructuration en France de ses activités de raffinage et pétrochimie. Ceci n’annonce rien de bon en termes de surveillance et de maintenance des installations.

 

Des contrôles extérieurs et des sanctions s’imposent !

 

A l’heure où la série dramatique d’accidents engagent lourdement la responsabilité des dirigeants du groupe Total et de ses filiales, les citoyens peuvent à bon droit s’étonner du peu d’empressement des pouvoirs publics à se manifester auprès du pétrolier incapable d’assurer la sécurité de ses installations.

 

Chaque citoyen consommateur de carburant qui passe à la caisse et paye très cher le carburant qu’il utilise participe d’une manière directe aux résultats financiers de Total et en principe paye pour les coûts d’exploitation des raffinerie et de moyens de transport . C’est naturellement qu’il revendique aujourd’hui le droit d’exiger que cette sécurité assurée.

 

Pour ce faire un certain nombre de mesures immédiates doivent être imposées, par les pouvoirs publics,  au pétrolier:

 

Les préfets doivent être saisis avec pour objectif la modification des arrêtés d’exploitation des sites du Groupe Total et de ses filiales, afin d’y introduire l’obligation :

 

ð      De refonte des manuels et procédures sécurité à soumettre au contrôle et validation des inspecteurs des installations classées

ð      De contrôle permanent des installations par un organisme indépendant et extérieur des éléments de sécurité des installations

ð      De présentation d’un bilan annuel sécurité mentionnant l’ensemble des dysfonctionnements et de leur traitement.

ð      De présentation d’une étude d’impact sécurité, effectuée par un organisme extérieur indépendant lors de la mise en œuvre des plans de restructuration.

 

Sans action concrète des pouvoirs publics, les consommateurs citoyens, qui ne font aucune à confiance à la fiabilité de l’inspection générale de la sécurité des sites classés Seveso promise par Total, devront se mobiliser et engager une opération de boycott des produits du pétrolier à titre de sanction écologiste et citoyenne !


18:37 Écrit par Bernard FRAU dans 8.Région Haute Normandie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zéro défaut, sécurité, explosion, azf | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu