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15/09/2013

Il y a 40 ans un autre 11 septembre: Salvador Allende est renversé!

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Au Chili l’on évoque la mémoire d’une des grandes figures incontestée de la gauche  socialiste. Salvador Allende qui fut le 32ème président du Chili de 1970 à 1973.

Dans les villes françaises où existe une rue ou une avenue à son nom les municipalités, communistes en général, ont déposé le 11 septembre 2013 un bouquet de fleurs sur les plaques qui portent le nom de Salvador Allende le 32ème président du Chili de 1970 à 1973.

"Merci à la vie", morceau que joue Maria Paz en ce 40ème anniversaire de la mort de Salvador Allende

A l’heure l’on évoque la mémoire de cette grande et  incontestée figure de la gauche  socialiste il paraît opportun de revenir sur les évènements qui ont marqué de manière indélébile l’histoire de la nation chilienne.

Le 4 septembre 1970 après avoir mené une campagne sur le thème des nationalisations et de la souveraineté du pays vis-à-vis du capital étranger Salvador Allende est, démocratiquement, élu président du Chili.

Cette élection n’était pas du goût des USA qui avaient des intérêts commerciaux au Chili qu’ils considéraient être menacés. Avant la victoire d’Allende,  le 27 juin 1970 Henry Kissingerconseiller à la Sécurité Nationale du président Richard Nixon, avait eu cette phrase incroyable « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester sans rien faire pendant qu’un pays sombre dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple» (*)

A coup de millions de dollars, durant trois ans, avec cynisme et cruauté, la CIA et ses relais dans l’armée et la droite dure chilienne aux ordres de Washington, furent à la manœuvre pour saborder le gouvernement d’Union Populaire d’Allende.

Le 13 aout 1973, alors qu’une vague d’attentats se répand et ensanglante la nation chilienne, Salvador Allende indique : «Le pays est au bord de la guerre civile»

L’opération de déstabilisation bien entamée, le terrain bien préparé il ne restait plus qu’à porter l’estocade.

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Le Président Salvador Allende et son gouvernement d’Union Populaire renversés, il s’en suivit alors une terrible répression dans tout le pays.

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Le Peuple chilien, sous la poigne de fer du général Pinochet, dans les griffes des séides, tortionnaires et assassins, du dictateur, vivra alors de trop longs moments de  misère, de terreur et de torture sadique victime d’un état policier et d’une économie ultra libérale.

Durant toutes ces années de plomb qui dureront de 1973 à 1990, 3 216 personnes ont officiellement été recensées comme victimes de « disparition » ou de meurtre politique et plus de 38 000 citoyens opposés à la dictature seront soumis à la torture.

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Le 19 avril 1978, la dictature militaire pour se dédouaner, adoptera, sans scrupule aucun, un décret-loi d’amnistie pour dispenser de leur responsabilité pénale la totalité des « bouchers image.jpgde la dictature» –  militaires, policiers et agents de sécurité du régime –  accusés de s’être prêtés  à des actes de violation des droits de l’homme, des crimes et des délits durant la période du 11 septembre 1973 au 10 mars 1978.

Ce 11 septembre1973, ayant compris l’issue fatale pour la démocratie de son pays que constituait l’assaut du général et des militaires félons, Salvador Allende s’adressera une dernière fois à son peuple dans un message d’une extraordinaire puissance éthique: "Je ne démissionnerai pas et paierai de ma vie la loyauté au peuple".  

Porté par une exigence personnelle de loyauté envers son pays, préférant perdre la vie plutôt que de rendre les armes, Salvador Allende se donnera la mort dans le salon Toesca, un des salons du palais présidentiel de la Moneda, à Santiago.

Ainsi finira celui qui le 4 novembre 1970 lors de son installation à la Présidence du Chili, avait déclaré au grand dam des dirigeants américains de l’époque : « Nous en finirons avec les monopoles qui livrent à quelques familles le contrôle de l’économie….Nous allons mettre en œuvre une authentique réforme agraire. Nous en terminerons avec le processus de dénationalisation de nos industries qui nous soumet à l’exploitation étrangère. Nous allons restituer à notre peuple les grandes mines de cuivre, de charbon et de salpêtre» (**).

Au cours des trois ans que durera sa présidence, Salvador Allende en dépit des menaces, des retraits massifs de capitaux, des grèves, une atmosphère de guerre dans le pays et l’organisation du chaos par la coalition créée pour l’abattre, ne lâchera pas et surtout ne vendra pas son âme dans quelque compromission ou arrangement politicien sordide que ce soit.

Pour agir ainsi il a fallu à cet homme exceptionnel faire preuve de grandes qualités intellectuelles et morales. Qualités dont on peut chaque jour constater qu’elles font généralement cruellement défaut à la grande majorité de la classe politique actuelle de notre pays.

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Salvador Allende avait une haute opinion de sa fonction au service de la Patrie et de son Peuple, un respect indéfectible pour les engagements pris vis-à-vis du Peuple dont on tient ses mandats. Il avait surtout chevillés au corps un idéal politique et philosophique construits à partir de convictions inébranlables.

 

Pour cela il était prêt à donner sa vie, il l’a prouvé, nous devons lui en rendre hommage.

Combien de nos hommes politiques actuels seraient prêts aujourd’hui à faire ce sacrifice suprême ? Eux qui au premier revers de sondage s’inquiétant  de la pérennisation de leur mandat n’hésitent pas à renvoyer aux calendes grecques la réalisation de leurs promesses de campagne. Combien ?

Au moment de son allocution interrompue qui a précédé l’assaut du palais présidentiel de la Moneida, Salvador Allende dira à son Peuple une dernière fois : « Vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie » ajoutant «Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure».

Ce message résonne fort à la conscience de ceux qui pensent qu’il appartient aux citoyens de ne pas abandonner leur destin entre les mains de représentants, même en Démocratie, qui auront vite fait de s’installer et d’oublier qui les a faits « roi » au point de tourner le dos aux promesses électorales et d’ignorer ce à quoi la majorité du corps de la Nation attend d’eux.

Savoir, une humanité meilleure et plus éclairée  prélude à un monde juste fait d’hommes et de femmes libres partageants durablement les ressources d’une planète enfin pacifiées.

http://www.legrandsoir.info/le-renversement-d-allende-raconte-par-washington.html (*)

http://www.liberation.fr/monde/1998/11/14/chili-les-annees-pinochet-pinochet-seize-ans-de-dictature_250885 (**)

 

Sources :

http://www.mondialisation.ca/allende-le-mythe-vivant-une-inspiration-pour-ceux-qui-sont-epris-dun-monde-juste/5349778

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/40-ans-apres-salvador-allende-la-memoire-schizophrene-du-chili_1280414.html#hjGK4XjlvvxTS4HL.99

http://new.humanite.fr/monde/pourquoi-ont-ils-tue-salvador-allende-548807

http://www.leparisien.fr/reactions/val-de-marne-94/celebration-de-l-anniversaire-de-la-mort-de-salvador-allende-10-09-2013-3124575.php

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/le-chili-de-pinochet-dictature-ou-regime-militaire_1068799.html

http://www.ndf.fr/article-2/15-09-2013/strategie-du-toc

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Chili-2013/p-26228-Il-y-a-quarante-ans-l-autre-11-septembre.htm

 

A suivre :

 

AllendeHuchon.jpgUn documentaire « Allende, c'est une idée qu'on assassine »(Upside Télévision), réalisé par Thomas Huchon, sera diffusé sur la chaîne Public Sénat les 9, 14, 15, 16, 21 et 22 septembre.

 

Sciences Po organise un colloque international, "Chili, 11 septembre 1973 : un événement mondial", les 17, 18 et 19 septembre, à Paris, en collaboration avec l'Institut des hautes études d'Amérique latine, l'Institut des Amériques et l'université de Versailles-Saint-Quentin. Parmi les participants figurent Manuel Antonio Garreton, Jacques Chonchol, Alain Touraine et Armand Mattelart.

 

 

"Le sacrifice ne sera pas vain"

 

 

Les dernières paroles d'Allende

11 septembre, 8 h 45. «Camarades qui m'écoutez. La situation est critique. Nous faisons face à un coup d'Etat auquel participe la majorité des Forces armées. En cette heure funeste, je veux vous rappeler quelques-unes de mes paroles prononcées en 1971, je vous les dis avec calme, avec une totale tranquillité, je n'ai pas vocation d'apôtre ni de messie.

Je n'ai pas l'âme d'un martyr; je suis un lutteur social qui remplit une tâche que lui a confié le peuple. Mais que ceux qui veulent arrêter l'Histoire et ignorer la volonté majoritaire du Chili l'entendent: sans avoir l'âme d'un martyr, je ne ferais pas un pas en arrière. Qu'ils le sachent, qu'ils l'entendent, qu'on le leur grave profondément: je quitterais La Moneda quand mon mandat sera terminé. Je défendrais cette révolution chilienne et je défendrais le gouvernement. Je n'ai pas d'autre choix. Il faudra me cribler de balles pour m'empêcher de réaliser le programme du peuple. Et si on m'assassine, le peuple suivra sa route. Peut-être sera-ce plus difficile, plus violent, car ce sera une leçon objective très claire pour les masses: ces gens ne reculent devant rien. (...)»

9 h 03. «En ce moment, des avions nous survolent. Il est possible qu'ils nous mitraillent. (...) Au nom des plus sacrés intérêts du peuple, au nom de la Patrie, je vous appelle à avoir la foi. L'Histoire ne se détient ni par la répression ni par le crime. (...) Il est possible qu'ils nous écrasent. Mais le futur appartiendra au peuple, aux travailleurs. L'humanité avance vers la conquête d'une vie meilleure. (...)»

9 h 10. «C'est certainement la dernière opportunité que j'ai de vous parler. L'aviation a bombardé les antennes de Radio Magallanes. Mes paroles ne sont pas amères mais déçues. Qu'elles soient une punition morale pour ceux qui ont trahi leur serment. (...) Face à ces évènements, je ne peux dire qu'une chose aux travailleurs: Je ne renoncerai pas! Dans cette étape historique, je paierai par ma vie ma loyauté au peuple. J'ai la certitude que la graine que l'on a confiée à la conscience de milliers et de milliers de Chiliens ne pourra pas être détruite définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais ne bloqueront pas les processus sociaux, ni avec le crime, ni avec la force. L'Histoire est à nous, c'est le peuple qui la fait!

Travailleurs de ma Patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez déposé sur un homme qui n'a été que l'interprète du grand désir de justice, qui a juré de respecter la Constitution et la loi, et qui l'a fait.

En ce moment crucial, la dernière chose que je voudrais vous dire est que j'espère que la leçon sera retenue: le capital étranger, l'impérialisme, unis à la réaction ont créé le climat qui a poussé les Forces armées à rompre leur tradition (...).

Je me dirige à vous, et en particulier à la modeste femme de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à la mère qui comprit notre préoccupation pour les jeunes.

Je m'adresse aux fonctionnaires, à ces patriotes qui ont continué à travailler contre la sédition promue par ceux qui ne défendent que les avantages d'une société capitaliste.

Je m'adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur esprit de lutte.

Je m'adresse au Chilien, ouvrier, paysan, intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme est présent, déjà depuis un moment, dans les attentats terroristes, en faisant sauter des ponts, en coupant les voies ferrées, en détruisant les oléoducs et gazoducs; face au silence de ceux qui avaient l'obligation d'intervenir. L'Histoire les jugera.

Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe. Vous continuerez à m'écouter, je serai toujours près de vous. Au moins vous aurez le souvenir d'un homme digne, loyal à la Patrie.

Le peuple doit se défendre, mais ne pas se sacrifier. Il ne doit pas se laisser écraser, mais ne pas non plus se laisser humilier.

Travailleurs de ma Patrie, j'ai confiance dans le Chili et en son destin. D'autres hommes dépasseront ce moment gris et amer où la trahison prétend s'imposer. Allez de l'avant en sachant que bientôt s'ouvriront de grandes avenues où passera l'homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili! Vive le peuple! Vive les travailleurs!

Ce sont mes dernières paroles, j'ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu'au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison

 

26/02/2012

Présidentielles : Les affaires internationales concernent les Français. 1ère partie la situation en Afghanistan.

 Mardi 21 février, l’incinération, dans la nuit de lundi à mardi, Coran brulés, Bagram, Kaboul, OTAN, Hérat, Kunduz, Ngrab en Kapissa, Hamid Karzaï, Afghanistan, John Allen, Washington,de plusieurs exemplaires du Coran, «sur ordre d’un responsable militaire américain» à la base de Bagram située à 60 km de Kaboul en Afghanistan a déclenché un grave mouvement de protestation. Les manifestations ont un caractère prononcé d’anti-américanisme violent.

Depuis mardi des centaines d’Afghans, avec cocktails Molotov et  des pierres, sont dans les rues à Kaboul, mais également ailleurs dans le pays à Jalalabad dans l’est. A chaque fois sont principalement ciblées les installations de l’OTAN. Il y a des morts et de nombreux blessés dont deux soldats américains.

Le consulat américain situé à Hérat dans une région plutôt calme a également été visé par les manifestants. Un complexe de l'ONU situé à Kunduz dans le Nord-est a fait l’objet d’un dur Coran brulés, Bagram, Kaboul, OTAN, Hérat, Kunduz, Ngrab en Kapissa, Hamid Karzaï, Afghanistan, John Allen, Washington,affrontement entre les belligérants. La base américaine de Camp Phoenix a été attaquée violement des voitures ont été incendiées ainsi que des boutiques en proximité et selon l’agence ats/Newsnet «Des manifestants ont également essayé de marcher sur la base française de Nagrab, en Kapisa. L'armée afghane, qui les en a empêchés, a blessé deux hommes par balle, selon une source policière».

Partout le ressentiment des Afghans à l’encontre des Américains est monté d’un cran. Les manifestants ont laissé éclater leur rage en direction des troupes étrangères d’occupation aux cris de «Mort aux Américains», «Mort aux infidèles», «Mort à Obama» «Mort à Karzaï».

Coran brulés, Bagram, Kaboul, OTAN, Hérat, Kunduz, Ngrab en Kapissa, Hamid Karzaï, Afghanistan, John Allen, Washington,Des sanctions sont réclamées avec force : «Depuis l'invasion de l'Afghanistan par les Américains, c'est la dixième fois qu'ils agissent de manière si sauvage pour souiller les croyances musulmanes» ont-ils déclaré. Ils ont appelé en outre à la capture et à l’exécution des soldats de l’Isaf «pour leur passer l’envie de profaner le livre sacré»

Coran brulés, Bagram, Kaboul, OTAN, Hérat, Kunduz, Ngrab en Kapissa, Hamid Karzaï, Afghanistan, John Allen, Washington,De son côté le Président Hamid Karzaï, qui soutient la vindicte populaire talibane et dit la comprendre a «fortement condamné la destruction par le feu des Corans». Il demande à des membres de l’autorité religieuse «d’enquêter sur l’incident». Depuis mardi on aurait recensé au moins vingt-neuf morts – considérés comme des martyrs – et 200 blessés.

La tension est brutalement montée d’un cran samedi 25 février. Deux conseillers américains de l’Isaf, la force militaire l’Otan engagée en Afghanistan, viennent d’être abattus à l’intérieur du Ministère de l’Intérieur à Kaboul.

L’attaque a déjà été revendiquée dans un communiqué indiquant que l’auteur de la fusillade, un homme, qualifié de «héros» et répondant au patronyme d’Abdul Rahman, aurait bénéficié de complicités pour s’introduire dans les locaux du Ministère, en principe sous haute surveillance. Le porte-parole Taliban, Zabihullah Mujahid a par ailleurs précisé que l’opération avait été exécutée en représailles après la destruction du livre saint des musulmans.

Très vite le général américain John Allen, qui dirige les forces de l’Isaf, a annoncé que l’ensemble des personnels de l’Otan en poste dans les Ministère afghans étaient rappelés pour des «raison évidentes de protection de la force». Parmi ces personnels plusieurs sont des conseillers chargés de superviser les forces locales de police de l’Etat afghan en place.

De son côté Londres a fait savoir qu’elle procédait également au retrait temporaire, de «ses conseillers civils des institutions gouvernementales afghanes à Kaboul». Le porte-parole du Foreign Office à Londres a fait savoir que la mesure avait un caractère d’exécution immédiate.

Côté français, hormis quelques entrefilets ici ou là ni le quai d’Orsay ni la Présidence ou l’opposition trop occupés à arpenter les allées du Salon de l’Agriculture ne se sont prononcés.

Coran brulés, Bagram, Kaboul, OTAN, Hérat, Kunduz, Ngrab en Kapissa, Hamid Karzaï, Afghanistan, John Allen, Washington,L’affaire est grave, le mouvement de protestation afghan a gagné vendredi plusieurs villes du Pakistan voisin. Des manifestants ont symboliquement mis le feu et piétiné un drapeau américain. Une banderole déployée sur les lieux de protestations indiquait : «la face ignoble de l’Amérique a été révélée avec la profanation du Coran sacré».

A Islamabad, la capitale du Pakistan, lors d’un des rassemblements, Jamiat Ulema-e-Islam, haut responsable du mouvement pro-taliban a déclaré que le monde musulman devait revoir ses relations avec Washington.

21/02/2011

Guerre civile en Libye, Khadafi en fuite?

Alors que l’on apprend que la Ligue Arabe a émis une condamnation ferme à propos des violences contre les «légitimes revendications du peuple libyen» et que de leur côté Londres et Washington viennent de dénoncer les crimes perpétrés ces derniers jours en Libye par les forces de police de Mouammar Kadhafi, des opposants au régime viennent d’indiquer que le président libyen aurait quitté la Libye pour se rendre au Venezuela accompagné d’une partie de sa famille.

En Chine un diplomate en poste a annoncé qu’il démissionnait appelant tous les membres de l’Ambassade à faire de même. Hussein Sadiq al Mousrati noté dans l’annuaire diplomatique chinois comme le deuxième secrétaire de l’ambassade a fait savoir qu’un «combat par arme à feu» aurait opposé les fils de Kadhafi. Ces informations ne sont pas confirmées par Al-Jazira qui dit ne pas être en mesure de le faire.

En Inde, de source britannique BBC, l’ambassadeur de la Libye, Ali al Essawi, a démissionné pour «protester contre la répression violente des manifestations, accusant, selon le site internet du service en arabe de la BBC, le gouvernement «d’avoir recours à des mercenaires étrangers».

Le pays est désormais au bord de la guerre civile. Les affrontements, nés de l’onde choc des révoltes tunisiennes et égyptiennes, ont gagné la capitale Tripoli dans la nuit de dimanche à lundi.

L’organisation humanitaire de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch estime que le bilan de ces derniers jours s’élève à 233 morts et plusieurs centaines de blessés.

Seïf el-Islam, a affirmé dimanche soir, lors d’une déclaration télévisée, que l’alternative pour le peuple libyen se résumait à: «construire une nouvelle Libye» ou «plonger dans la guerre civile», ajoutant, «La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd'hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts, mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye».

Parlant des réformes, il a annoncé une réunion du «Congrès général du peuple» en vue de l’élaboration «d'un nouveau code pénal et de nouvelles lois» ouvrant «des perspectives de liberté» en direction de la presse et de la société civile. Il a également promis le lancement d'un dialogue pour une Constitution indiquant «Si vous voulez qu'on change le drapeau et l'hymne national, on le fera.».

Seïf el-Islam, a affirmé que la Libye était sous le coup d'un complot étranger tout en prévenant «Nous ne lâcherons pas la Libye et nous combattrons jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière femme et jusqu'à la dernière balle.»

Les réactions diplomatique européennes et françaises sont toujours aussi consternantes et montrent que nous n’avons pas voix au chapitre.

Catherine Ashton dans le droit fil de ses déclarations précédentes pour la Tunisie et l’Égypte s’est contentée d’indiquer «Nous appelons à la retenue, nous exhortons à mettre fin aux violences et à dialoguer». Impuissance totale!

La France quand à elle, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valero lors d'un point de presse, s’est à nouveau prononcée pour «la cessation immédiate des violences» et le «au respect du droit de manifester pacifiquement» tout en se déclarant, «Face à la lourde répression de ces derniers jours, très préoccupée par l'évolution de la situation en Libye». A quand Carla Bruni à Tripoli pour négocier?

Le Monde bascule, quelque chose de terriblement important est en train de se produire. Cela visiblement dépasse nos dirigeants incapables de faire des propositions dignes des enjeux géostratégiques qui se font jour! Il suffit pourtant de regarder une carte pour prendre conscience de l’importance de ce qui se joue à nos portes. Nous sommes concernés!

18:14 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libye, tripoli, carla bruni, france, londres, washington | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

11/02/2011

La France et L’Europe doivent entendre la voix des peuples arabo-musulmans.(2)

 

64b17498-35a7-11e0-878a-6ecfea49c1b9.jpgAlors que l’Égypte coure au chaos, le Chef de l’État à la remorque des principaux dirigeants politiques européens, eux-même sous tutelle de l'Oncle Sam, vient, au plus fort de la crise égyptienne, de nous gratifier d’une déclaration d’une grande pauvreté, reflet de l’incapacité la France à peser sur le cours des affaires internationales.

C’est ainsi que, pendant que Washington est à la manœuvre diplomatique, Nicolas Sarkozy a brièvement indiqué à propos des événements égyptiens, qu'il était «inéluctable que l'Égypte change et trouve la voie de la démocratie», assurant par ailleurs que «la France l'y aidera». Et pour donner un peu de poids à ses propos, le chef de l’État a dit souhaiter que s’installe en Egypte une véritable démocratie et non «une dictature religieuse comme en Iran».

Cette fois encore, la démonstration est faite de l’inexistence de la diplomatie Française, impuissante à faire face à son homologue américaine qui joue ses propres cartes avec le bonheur que nous connaissons. Il suffit pour cela de faire l’évaluation de la situation en Irak et en Afghanistan.

Copie de 55236_51943_villepin-une.jpgNicolas Sarkozy, alors que la situation devient explosive en Egypte tenait là une occasion unique de se démarquer et de positionner notre pays, comme avait su si bien le faire Jacques Chirac et Dominique De Villepin lors du second conflit Irakien, en leader européen d’une ligne indépendante et pacifique.

Face à l’embrassement général de la totalité du monde arabo-musulman avec ces inéluctables conséquences à court-moyen terme partout en Afrique, Congo Cameroun, Niger, Sénégal, Côte d’Ivoire…..

Poser un acte fort pour les trois grands européens – France, Allemagne et Angleterre - consisterait à prendre l’initiative d’une relance immédiate du processus de construction euro-méditerranéen auquel il faut associer les Pays africains en vue d'un partenariat équilibré et respectueux des souverainetés de chacun.

94036_sarko-merkel-une.jpgSauront-ils, ces trois grands pays, dépasser leurs intérêts particuliers à court terme pour privilégier l’intérêt général qui commande un rééquilibrage des relations mondiales qui ne pourra s’obtenir que si nos vieilles Nations se libèrent de la pesante tutelle de l’Oncle Sam?.

L’appel de tous ces hommes et ces femmes qui se lèvent pour dire leur refus de continuer à subir la précarité générale que leur impose un système économique mondial devenu fou doit être entendu. La France, au regard de son histoire singulière qui a vu son peuple se lever pour mettre fin au pouvoir de la tyrannie religieuse et politique a un rôle d’entraînement important à jouer dans cette perspective.

Le monde Arabo-musulman est en train de vivre un moment clé de son histoire, ce moment ne sera pas sans conséquences régionales et mondiales.

86ed8e48-355c-11e0-b2b7-e38cf01276be.jpgEspérons que les Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et autre David Cameron seront à la hauteur des enjeux de cette explosion de colères et de cette aspiration à la liberté exprimée par les jeunes révoltés d’Égypte de Tunisie, de Jordanie, d’Algérie et d’ailleurs qui ne supportent plus de vivre leur condition de sous-citoyens.

Se contenter d’en appeler à une "transition rapide et coordonnée" comme l’on fait ce week-end les Européens, alors que les militaires s’impatientent en Egypte, est une faute, pire c’est un aveu notoire d’impuissance.

Impuissance qui risque de favoriser, avec la complicité des États-Unis, l’instauration en Egypte d’un régime pseudo-démocratique qui aura à faire face à un dangereux terrorisme endémique comme en Irak et en Afghanistan.

 

 
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