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31/12/2011

Petroplus : Fabius fait son cinéma !

dollar-en-liasse.jpgIl manque un milliard de dollars au raffineur « suisse » pour acheter son brut et faire tourner ses raffineries. Or l’accès à une nouvelle ligne de crédit a été refusé par le groupe de 13 banques, dont la Société Générale, BNP Paribas, Crédit Suisse, UBS, Natixis, Morgan Stanley et Deutsch Bank qui jusqu’à présent assurait le financement à court terme de l’exploitation de Petroplus.

Dès lors tout en indiquant vendredi qu’elle poursuivait les discussions «  de façon ouverte et constructives, pour restaurer petroplus-logo.pngles facilités de crédit du groupe » la direction de Petroplus a pris la décision de cesser « provisoirement » l’activité de trois de ses 5 raffineries dont le groupe est propriétaire en Europe, précisant que leur redémarrage était conditionné à un retour favorable « de la disponibilité du crédit et des conditions économiques ». Autant dire que l’horizon paraît plus que douteux.

content_Petroplus_Karte_France.jpgIl et prévu d’enclencher les procédures d’arrêt dès lundi 2 janvier 2012. Sont concernés les sites d’Anvers en Belgique, de Gressier en Suisse et de Petit-Couronne qui emploie 550 personnes en Haute-Normandie, plus précisément dans la circonscription de Laurent Fabius, l’ex plus jeune premier ministre que François Mitterrand avait donné à la France. Les sites d’Ingolstadt en Allemagne et de Coryton au Royaume-Uni continuant pour l’instant de fonctionner.

Le député socialiste, qui ne recule devant aucune occasion de montrer qu’il est proche du Peuple et soucieux de préserver 609fe406-339a-11e1-99d2-cfc399f23281.jpgl’emploi à n’importe quel coût écologique ou économique et alors que le dossier est ouvert depuis le début décembre, s’est adressé au premier ministre, dans une lettre en date du 30 décembre, afin d’être reçu « dès la semaine prochaine » pour évoquer «  la situation gravissime » de la raffinerie de Petit-Couronne.

« Compte tenu de l’urgence, je vous demande de bien vouloir me recevoir dès la semaine prochaine» a écrit Laurent Fabius, ajoutant que pour ce rendez-vous il souhaitait être accompagné de plusieurs de ses amis élus socialistes, Alain Levern le président de Région, Didier Marie celui du Conseil général de la Seine Maritime et Dominique Randon le Maire de Petit Couronne.

 1509063_photo-1309094259596-1-0_640x280.jpgDe qui se moque Laurent Fabius pour parler d’urgence ? Déjà en octobre une annonce du groupe suisse indiquait que la Raffinerie de Petit-Couronne serait « reconfigurée »  entrainant l’arrêt de la fabrication d’huiles et la suppression de 120 emplois sur le site ! Quand aux difficultés à reconduire la fameuse ligne de crédit d’un milliard de dollars elles étaient connues depuis le début du mois de décembre.

Laurent Fabius et ses amis font du cinéma pré-électoral tel le ferait des intermittents de la politique locale ! Les difficultés du site de Petit Couronne sont connues de longue date ! Déjà en 1991 la direction en place de la Shell, lors d’un incident grave, menaçait de fermer le site, s’il n’était pas mis un terme aux interventions « politiques  en provenance de défenseurs de l’environnement».

Ces derniers dénonçaient avec vigueur le manque d’entretien des installations et des pratiques peu recommandables en matière d’élimination en forêt des déchets des bacs de stockage. Les archives de Paris Normandie, France 3, de Radio France et du Monde peuvent être consultées à propos. La raffinerie, dont les  installations déjà à l’époque laissaient à désirer, elles étaient poreuses, la Raffinerie Shell a été responsable du déversement de milliers de litres de gas-oil dans la nappe phréatique.

Laurent Fabius sait tout cela ! Il fait semblant de défendre un site qui est déjà  considéré comme condamné par les décideurs, spéculateurs et  financiers, qui aujourd’hui sont les maitres qui fixent la règle du jeu à des politiques complaisants.   

De plus le contexte européen de Petroplus est lui aussi bien connu depuis au moins 2007 année où le groupe est passé ca809e3e-52fe-11df-9ec1-da750d6a9e09.jpgdans le rouge. Cette  année là un rapport de la Commission européenne faisait état d’une situation problématique des raffineries européennes qui souffraient «  depuis le milieu des années 80 de surcapacités et d’une longue période de faible rentabilité » ! De fait était engagé le cycle de fermeture des sites non rentables ou à fort taux de frais d’entretien.

Les difficultés de Petroplus  ne sont pas d’ordre conjoncturel mais bien d’ordre structurel qui peuvent se décliner en trois points.

alternatives-au-petrole.jpgD’abord, l’achat des barils de brut réglé par du crédit à court terme, indique que l’entreprise n’a plus de fond de roulement ce qui la rend vulnérable aux incidents de conjoncture.

Ensuite l’examen des comptes fait apparaître au bilan des actifs « pourris » donc surévalués.

Enfin Petroplus intervient sur un secteur industriel où les capacités de production étant surabondantes, la concurrence y est vive et  induit de très faibles rentabilités d’exploitation. Au troisième trimestre de cette  année la perte annoncée pour Petroplus est de 146.6 millions de dollars. Ce qui se traduit par une impossibilité de financer les investissements nécessaires à la modernisation des sites de production.

Cet aspect du problème est d’autant plus aigu que les sites Petroplus, au contraire de ceux de ses concurrents Total, Exon, Shell et BP, sont en monoproduction ce qui rend impossible toute compensassions des pertes sur d’autres activités.

Laurent Fabius comme Eric Besson qui de son côté va rencontrer le PDG de Petroplus pour «  faire le point sur la situation du groupe, et plus particulièrement sur les perspectives concernant le site français de Petit-Couronne »  amusent la galerie en évoquant l’urgence et la gravité des problèmes.

Ils ne font que brasser de l’air ! Qu’ont-ils fait pour anticiper les difficultés  annoncées en 2007 déjà prévisibles depuis 30 ans maintenant?

Aujourd’hui l’UMP et le PS vont se partager, les rôles chacun appelant à la réindustrialisation de la France à la vaseline250.jpgdésertification duquel ils ont eux mêmes œuvré lorsqu’ils étaient en charge des affaires. Le gouvernement Fillon pragmatique et sans illusions sur l’issue du dossier a déjà chargé Pascal Clément « d’une mission d’appui et de suivi de la situation de la raffinerie de Petit-Couronne ». Laurent Fabius de son côté, fidèle à ses pratiques, va nous faire croire qu’il a un plan B qu’il oubliera ensuite les élections passées.

05/09/2011

Etats-Unis : 17 banques poursuivies dans l’affaire des subprimes

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementPlainte vient d’être déposée par l’Agence fédérale américaine en charge de la supervision des prêts hypothécaires contre 17 Banques internationales concernant 41 milliards de pertes liées à des obligations « subprimes ».

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementLa plainte de l’Agence Fédérale de Financement du Logement (Federal Housing Finance Agency) qui contrôle en autres Fannie Mae et Freddie Mac, vise à faire toute la lumière sur le rôle joué par les banques – Bank of America, JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Deutsche Bank, Société générale et d’autres –  dans la mise en place des titres obligataires adossés à des crédits immobiliers « pourris » hypothéqués en  dissimulant volontairement l’exacte qualité de ceux-ci.

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementLes crédits ont été accordés en  surévaluant artificiellement la capacité des emprunteurs à rembourser, voir en truquant délibérément les demandes de prêts hypothécaire de ces derniers.

La crise financière de 2008 a été générée par ces crédits, désormais identifiés sous le générique « subprimes ». Le système s’est écroulé quand les emprunteurs n’ont plus été en mesure de faire face à leurs échéances et que les titres ont vu leur valeur en bourse s’effondrer, provoquant le 15 septembre la faillite de la banque Lehman Brothers.

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementParmi les autres victimes du séisme financier 2008, deux géants américains du refinancement hypothécaire  américain Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont accusé des pertes de l’ordre de 33 milliards de dollars.

Ces deux institutions, dont on peut s’étonner qu’elles aient pu se laisser embarquer dans une telle « carambouille », ont été nationalisées le 7 septembre 2008.  Une intervention massive des autorités fédérales américaines a permis d’éviter la faillite.

Leur sauvetage sur le dos des contribuables a un coût : 140 milliards pour leur maintenir la tête hors de l’eau. 

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementAujourd’hui encore l’on cherche à minimiser leurs pertes dont le décompte final n’est pas réalisé à cause de l’opacité des opérations réalisées. Incompétence, naïveté, complicité ? A chacun de faire son point de vue !

Ce que l’Agence fédérale reprochent aux banques  qui ont monté cette « arnaque de haut vol des subprimes »  – titrisation des crédits immobiliers « toxiques » accordés aux particuliers pour les refourguer à des investisseurs peut regardant – se résume à deux choses simples : dissimulation et tromperie organisée.

Ce qui conduit l’Agence Fédérale de Financement du Logement à exiger, des Banques, qu’elle poursuit aujourd’hui devant la Justice, le remboursement des pertes occasionnées par les titres « toxiques » qu’elles ont vendus à Fannie Mae et Freddie Mac ; montant estimé 45 milliards de dollars.

Dans la plainte contre Merrill Lynch l’accusation de l’Agence est sans équivoque : « le défendeur a faussement exposé que les crédits hypothécaires sous-jacents respectaient certaines normes de garanties ou lignes directrices, y compris des présentations qui ont exagéré de façon importante la capacité des emprunteurs à rembourser leurs crédits immobiliers (……)». Pas moins pas plus, rien que ça !

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementEn juillet dernier l’agence avait déjà porté plainte contre le groupe Suisse USB, aujourd’hui elle poursuit JP Morgan Chase pour des pertes dont le total dépasse 33 milliards de dollars et la Sté Générale pour 1,3 milliards.

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementLa plainte engagée vendredi contre les 17 banques ne manque pas de susciter des inquiétudes. En effet la crainte est grande que l’action en gagée par l’Agence Fédérale bloque l’opération engagée contre les banques « ripoux» par les procureurs généraux de 50 états américains, pour trouver un règlement négocié dans les dossiers des abus relatifs aux abus des subprimes.

Autant dire que l’onde de choc de ce nouvel épisode du marasme actuel ne nous est pas encore totalement parvenue.

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementAu fond, tout cela ne serait pas important si l’on ne touchait qu’à la fortune de quelques « voyous »  de la finance, dopés à la cocaïne, jouant à se faire peur dans des opérations où l’argent passerait d’une poche à l’autre dans un jeu à somme nulle sans conséquences sur la marche de l’économie mondiale.

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementHors il n’en est rien, depuis trois ans maintenant il apparaît au grand jour   que de grands dirigeants, de grandes firmes cotées à Wall-Street à la City, ont construit avec la complicité des « policiers des opérations boursières », des « agences de notation »  et avec ce qu’un procureur new-yorkais appelle « l’inquiétante disposition de Wall-Street pour le crime » (*), un réseau hors la loi  de prédateurs sans scrupules qui font tanguer l’économie mondiale.

Dans cette affaire s’il faut souligner la bonne nouvelle que constitue cette plainte déposée contre les banques, car « lorsque l’on casse il faut payer », il ne faudrait pas oublier que toute cette « arnaque » n’a été possible que parce que l’Etat Fédéral américain  a cru pouvoir résoudre par l’endettement une chute du pouvoir d’achat des ménages américains que son système à bout de souffle ne permet plus d’assurer.

Une bande de féroces salopards irresponsables, ont en toute illégalité mais aussi en toute liberté, réussit à agir en se parant des vertus et de l’honorabilité des « gagnants» à qui tout est dû parce qu’ils sont devenus puissants et redevables à personne de leur comportement.

Il est temps grand temps de remettre les choses à leur place. Les régimes et les empires tombent lorsque ceux qui ont été mis en place pour les diriger ne remplissent plus le rôle qui leur est assigné.

Nous en sommes là et le réveil risque d’être douloureux, si des mesures draconiennes ne sont pas décidées pour mettre hors d’état de nuire les falsificateurs, les fraudeurs et les beaux parleurs forts en gueule, impuissants en actes.

wall-street,subprimes,banques,lehman brothers,société générale,deutch bank,bank of america,jp mrgan chase,usb,goldman sachs,fannie mae,freddie mac,agence fédérale de financement du logementLa liberté a un prix celui du combat que mènent celles et ceux qui croient en elle pour la faire vivre. Il faut des sanctions rapides et lourdes ! Tous les laissés pour compte de cette gabegie aux effets planétaires y comptent bien. Ils attendent de leurs dirigeants qu’ils agissent en fonction de la mission et de la place pour laquelle ils ont été choisis.

(*) Le Monde magazine 27 août 2011 Wall-Street sous l’œil du FBI.

Sources générales : Reuters  3 septembre 2011.Margaret Chadbourn et Jonathan Stempel.

 
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