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21/07/2013

Trappes : quatre personnes en détention provisoire

Vendredi soir, à Trappes se sont déroulés de violents affrontements qui ont opposés des forces de l’ordre et environs 400 émeutiers au total. Des tirs de Flash-Ball et de gaz lacrymogènes ont répondu à des jets de cailloux.

Trappes, Police, Voile intégral, Jacques Myard, Harlem Désir, Sos Racisme, UMP, PS, Intégration, Assimilation, RépubliqueLes violences ont eu pour origine l’arrestation jeudi soir d’un habitant de la ville de  Trappes âgé de 21 ans qui avait été mis en garde à vue pour rébellion après qu’il s’en soit pris à un policier qui contrôlait l’identité d’une femme, habillée d’un voile intégral.

La jeune femme prétend de son côté avoir été victime d’ «une injustice de la part de la police» qui aurait bousculé sa maman et insulté son époux.

Quoi qu’il en soit une trentaine de personnes se sont transportées au commissariat pour réclamer la libération du mis en garde à vue et devant le refus des Policiers, la situation a rapidement dégénéré.

Trappes, Police, Voile intégral, Jacques Myard, Harlem Désir, Sos Racisme, UMP, PS, Intégration, Assimilation, RépubliqueLes individus mécontents ont ameuté d’autres habitants en renfort,  les affrontements entre la police et  la foule ont duré toute la nuit de vendredi à samedi.

Les heurts se sont poursuivis dans la nuit de samedi à dimanche de façon moins intense mais l’on déplore la destruction de plusieurs dizaines de véhicules qui ont été incendiés à Trappes Guyancourt et Maurepas.

A Elancourt  un véhicule de police a été également été dégradé à la suite d’un jet de cocktail molotov. Une voiture aurait même foncé sur des policiers qui ont réussi à éviter la charge.  Les auteurs de l’agression n’ont pas encore été retrouvés.

Lors de ces violences, quatre policiers ont été blessés ainsi qu’un jeune adolescent de 14 ans.

Six personnes ont été interpellées. L’une a été remise en liberté faute de preuves suffisantes quant au mari également relâché il est placé en liberté sous contrôle judiciaire en attendant sa convocation devant un tribunal.

Trappes, Police, Voile intégral, Jacques Myard, Harlem Désir, Sos Racisme, UMP, PS, Intégration, Assimilation, RépubliqueAu terme de la garde à vue les quatre autres personnes ont été placées en détention provisoire. Elles se retrouveront dès lundi  en comparution immédiate devant le Tribunal correctionnel de Versailles pour y être jugées.

Les réactions tant à droite qu’à gauche se sont multipliées toujours selon la même rhétorique banale et improductive. A droite pour stigmatiser le gouvernement et flatter l’opinion publique, à gauche pour s’en prendre à ceux qui n’ont rien fait jusqu’à maintenant.

La palme en débilité revient à Jacques Myard, qui a déclaré «L’heure n’est plus au prêchi-prêcha des naïfs moralisateurs, il n’y a plus une minute à perdre pour sanctionner ces intégristes et expulser tous les extrémistes étrangers».

Côté PS Harlem Désir en bon enfonceur de portes ouvertes a lâché sentencieux «Rien ne justifie de s’en prendre aux forces de l’ordre, aux biens des habitants du quartier et aux équipements publics. La loi et l’ordre public doivent être respectés par tous».

Trappes, Police, Voile intégral, Jacques Myard, Harlem Désir, Sos Racisme, UMP, PS, Intégration, Assimilation, RépubliqueUne mention particulière pour Rachida Dati qui tout en s’en prenant à la Gauche n’a pas mâcher ses mots à l’égard de son camp politique. « La droite ne doit pas s'exonérer de toute responsabilité. Depuis plus de 30 ans, nous avons abandonné toute politique ambitieuse d'intégration à la République. Nous devons continuer à prôner la responsabilité et la fermeté, mais en évitant les discours provocateurs, pour ne pas dire les amalgames ».

«Laissons l'idéologie à la gauche, et les amalgames honteux à l'extrême droite. Soyons ceux qui apporteront des solutions pour celles et ceux, notamment dans ces quartiers, qui subissent cette délinquance inqualifiable. C'est ainsi que nous regagnerons la confiance des Français » a-t-elle conclut.

Rachida Dati a raison ! Il ne faut pas hésiter à le reconnaitre.

L'UMP, en agitant un soi-disant laxisme de Manuel Valls, se Trappes, Police, Voile intégral, Jacques Myard, Harlem Désir, Sos Racisme, UMP, PS, Intégration, Assimilation, Républiquecouvre de ridicule. En revanche elle aurait pu aller plus loin en matière de cohérence républicaine.

Si l'on veut lutter contre le communautarisme ce n'est par une politique d’intégration que la République y parviendra mais bien par une ferme politique d’assimilation à la Nation, comme cela a été le cas pour les Bretons, les Normands, les Auvergnats, les Savoyards......puis pour les Italiens les Polonais, Les Espagnols.......

Harlem Désir devrait en cette matière fait l'analyse de ses erreurs passées lorsqu'il militait à SOS racisme dont toute la dynamique reposait sur une intégration conçue sur un développement séparé des communautés à l'anglo-saxonne.

Cette assimilation passe par une exigence absolue de retour aux Trappes, Police, Voile intégral, Jacques Myard, Harlem Désir, Sos Racisme, UMP, PS, Intégration, Assimilation, Républiquefondamentaux de la République: Unicité de la République, Laïcité, Droit du sol, Respect de la loi et de l'Etat de droit, pluralisme des Organisations qui contribuent à l'expression de la Démocratie républicaine et enfin Indépendance de la presse et des médias dans les limites de l'ordre public.

Les dirigeants politiques, toutes tendances confondues, sont-ils aujourd’hui prêts à engager, dans la durée, les actions nécessaires pour agir dans ce sens en cessant de privilégier le court terme des discours clivants.

Sauront-ils résister aux exigences d’un certain modèle néolibéral économique et culturel qui finira par casser l’identité de notre Pays en imposant ses valeurs consuméristes et individualistes.

02/07/2012

Fusillade en plein centre-ville à Lille: deux morts et cinq blessés

120701093716455_28_000_apx_470_.jpgDans la nuit de samedi à dimanche, après que l’entrée de la discothèque «Théatro» lui ait été refusée par le physionomiste de l’établissement, un individu, de retour peu après sur les lieux muni d’une  arme lourde «type kalachnikov », a tiré sans discernement faisant 7 victimes.

Bilan de la fusillade : deux morts – une employée au  vestiaire placé à l'entrée de la boîte de nuit, et un client – cinq blessés par balles, dont l’un est dans un état grave – le physionomiste et des clients –.

L’homme, âgé de 31 ans, a rapidement été identifié. Originaire de Tourcoing bien  connu  des services de police – impliqué par le passé dans plusieurs affaires de vols, d’abus de confiance, de violences volontaires et également de trafic de stupéfiants – est considéré comme un délinquant violent et dangereux.

Il aurait, à priori, agi seul, mais la participation éventuelle d’un complice à sa fuite n’est toutefois pas écartée. Il est recherché depuis ce dimanche matin par les services lillois compétents en la matière pour «assassinat», «tentative d'assassinat» et «détention d'arme de guerre de première catégorie».

L’homme qui pourrait avoir pris la fuite à l’étranger n’ayant pas encore été interpellé, il est pour l’heure difficile de se prononcer sur le fond de l’affaire.  Quoi qu’il en soit les forces de l’ordre sont convaincues «qu’il ne se laissera pas arrêter facilement».

Sans préjuger des suites judicaires de cette tragique affaire, d’ores et déjà des questions se posent.

D’abord, comment un individu connu des services de police peut-il sans difficulté apparente, après une altercation à l’entrée d’une boite de nuit, revenir sur les lieux du différend avec une arme de guerre et tirer à tout va ? Le bilan aurait pu être plus considérable. Au moment de la fusillade, il y avait, en effet, 200 à 300 personnes sur la piste de danse de la boite de nuit.

Cette question pour nombre de nos concitoyens – qui ne supportent plus les polémiques politiques stériles droite contre gauche, qui n’en finissent pas et au terme desquelles rien n’est vraiment résolu – revêt une importance capitale quant au futur de notre démocratie.

Pourquoi ? Parce que même en n’ayant pas fait de grandes études ils savent bien qu’on ne se procure pas une arme de norvège 22 juillet.jpgguerre comme on achète une baguette de pain. Ils savent aussi instinctivement qu’il faut être dans un état d’esprit bien particulier – qui n’a rien de commun avec l’esprit d’une collectivité démocratique normale –  pour s’en procurer et au-delà aller jusqu’à s’en servir. De plus ils redoutent pour leur propre sécurité.

422447.jpgEnsuite, comment se fait-il que de telles armes soient en circulation sur le territoire alors même que celles-ci y sont interdites, qu’elles n’y sont pas fabriquées – donc qu’on ne peut pas les voler - et que pourtant leur utilisation y est aussi répandue ?

Lille n’est pas la seule ville où il est fait état d’utilisation d’armes de guerre, ici pour s’attaquer à une banque ou un transport de fonds blindé, là pour un règlement de compte entre voyous, là encore pour perpétrer un crime raciste ou terroriste.

Hier Toulouse, Marseille, Paris, Lyon, Grenoble, aujourd’hui Grenoble.jpgLille; les grandes métropoles urbaines françaises sont toutes touchées par cette lèpre qui à chaque fois fait des victimes innocentes, crée un climat délétère de perte de confiance dans les services de l’état et pousse les gens à l’exaspération, la haine et les raisonnements à courte vue.

Enfin comment se fait-il qu’en l’état notre système de répression pénal ne soit pas plus dissuasif, que la situation se dégrade de jour en jour et  qu’une lente dérive à l’américaine de la vie au quotidien dans les grandes villes de l’hexagone se développe et tout laisse à penser que l’état est impuissant face à ce phénomène?

Même si à New-York par exemple une vigoureuse action a été menée dans les quartiers chauds avec quelques succès il y a quelques années, aux États-Unis – pays qui s’est construit dans la liberté, le colt à la ceinture et la violence au cœur – de telles tragédies sont presque banales et quotidiennes.

tuerie-toulouse-532490-jpg_363092.JPGEn France, on peut avancer sans risque de se tromper que les mêmes causes ne produiront pas les mêmes effets. Il faut s’attendre, à relativement brève échéance, si des solutions efficaces ne sont pas rapidement trouvées, à devoir face à une réaction du corps social en demande croissante d’autorité alimentée par une insidieuse propagande raciste et xénophobe qui ne pourra à terme qu’aboutir à l’instauration d’un état non républicain.

Au-delà des questions économiques et sociales dont on doit bien sûr tenir compte dans l’évaluation des situations dans tels ou tels quartiers et telles ou telles zones de non droit abandonnées, il est d’une absolue nécessité de regarder avec lucidité l’état de cloisonnement qui existe entre les différentes structures de l’état – justice, police, douane, gendarmerie, prisons  – et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Trois+singes-300x209.jpgCe cloisonnement conduit à des blocages qui ne profitent aujourd’hui qu’aux criminels et aux récidivistes sans scrupules. Chacun sûr de son bon jugement campe sur ses positions pendant que la paix civile se dégrade et que montent en politique la notoriété des extrêmes.

Il n’est pas normal qu’à chaque fois qu’une tragédie se produit, il puisse être donné aux médias la possibilité de nous rejouer le film de l’éternelle et bêtement réductrice opposition entre le bon éducateur de rue contre le méchant policier, le juge laxiste contre le policier rigoureux, le pauvre délinquant victime et la méchante société coupable, la bonne gauche humaniste contre la méchante droite fasciste, et maintenant la gauche de droite contre la gauche vraiment de gauche.

Cela suffit ! Il y a aussi à se poser la question du rôle des médias de grande écoute dans le traitement de ces affaires sous l’angle quasi exclusif du fait divers et de la chicaya entre les hommes et les femmes en charge du maintien de l’ordre et de la loi.

A ce rythme c’est la société toute entière et son modèle qui finira par partir totalement en c…..e. «Le poids des mots le choc des photos» ne saurait à lui seul, au contraire, suffire à construire la stabilité d’une démocratie et d’un corps social juste et apaisé.

Une mission mixte et transversale rassemblant des citoyens, des fonctionnaires, des politiques,  des professionnels de l’audio- visuel et des médias doit pouvoir être désignée par le 1er ministre avec l’engagement de celui-ci de soumettre au parlement, en vue de leur immédiate application, les propositions qui auront été élaborées durant la période de travail dévolue.

Concrètement il s’agira de fixer à cette mission de conduire ses travaux en vue d’explorer toutes les solutions pour qu’un coup d’arrêt soit porté à la dérive qui, au plan sécuritaire et malgré les importants financements qui y sont consacrés, se développe sur notre territoire .

Aux coupables une mise au ban de la société durable et efficace.

Il ne peut y avoir de compromis ou de concession sur la question du respect de la loi collective. Les victimisations de quelque ordre qu’elles soient ne sont plus de mise. Il importe peu aux familles des victimes de savoir d’où vient celui qui a pris la vie de leurs parents. Ce à quoi chaque citoyen aspire c’est d’abord et avant tout de ne pas avoir à pleurer qui une fille, qui un fils qui un père une mère ou un ami.

Rien ne peut justifier, la violence, le crime, la récidive ainsi que le non-respect de la loi et de la force publique. Rien, pas plus le chômage et  la pauvreté que la richesse ou le pouvoir. Les voyous pleins aux as et « bien élevés » des beaux quartiers qui ont aussi leur part d’ignoble et cynique délinquance sont à mettre au même niveau que les soi-disant révoltés des zones de non droit pourvoyeurs d’armes et de drogues.

marianne_par_Bernard_Buffet-8-85063.jpgLa majorité et l’opposition républicaines doivent sur ce sujet cesser de s’agresser à polémiques perdues et fausses querelles. Il faut désormais ouvrir les yeux sur les réalités, faire bloc et faire face ensemble. Faute de quoi l’une et l’autre seront emportés comme fétu de paille aux prochaines échéances électorales pour le plus grand malheur de notre histoire.

Les solutions ne sont pas simples, personne ne le croit ! Mais diable, que l’on se donne enfin les moyens d’en finir avec cette plaie qui gangrène tout : les cerveaux, les rapports citoyens et les perspectives d’avenir!

Le Changement c’est probablement cela aussi et ce n’est pas être «facho» que de le dire!

 

11:37 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lille, police, théatro, tuerie de lille | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

29/06/2011

Le parlement grec vote le plan d'austérité

papandreou-grece-premier-ministre-union-nationale-334261-jpg_212173.jpgAlors que la situation semble dégénérer ce mercredi à Athènes, où en face du parlement grec, place Syntagma les manifestants lancent des pierres sur les policiers qui répliquent avec du gaz lacrymogène. L’on apprend de source officielle que le parlement a voté le plan d’austérité du premier ministre socialiste Georges Papandréou.

«Le plan d'austérité portant sur la période 2012-2015, nécessaire à la Grèce pour sécuriser une nouvelle aide financière de ses créanciers, a été adopté aujourd'hui par le Parlement grec, selon un décompte des voix réalisé par les journalistes de l'AFP.

1875654.jpgA 13H02 GMT, le projet avait reçu 151 voix "pour" sur les 300 que compte le parlement. Les députés ont voté un par un à l'appel de leur nom par circonscription.

Depuis ce matin, l'Europe entière a les yeux braqués sur Athènes où les députés sont appelés à voter en faveur de ce projet, contesté par la rue mais jugé obligatoire par les partenaires de l'Europe pour la poursuite de leur soutien financier, afin d'éviter un défaut de paiement de la Grèce et de mettre en danger la zone euro»

article_gA_ce.jpg«Même moi je jette des pierres pour la première fois de ma vie, les gens ont tellement la haine», s'exclamait ce matin une femme professeur de philosophie de son état. L’on craint que la manifestation prévue pour ce soir 19h heure locale (18h heure française) ne tourne à l’émeute tant la rue est chauffée à blanc. Un important cordon de police est déployé.

Source: AFP/ le Figaro Economie 29/06/2011 | Mise à jour : 15:05

16:00 Écrit par Bernard FRAU | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : athènes, plan d'austérité, georges papandréou, grèce, émeute, manisfestants, police, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

08/11/2010

Convoi de déchets nucléaires: surchauffe sur un essieu, selon Greenpeace

BERLIN - L'association écologique Greenpeace a affirmé dimanche avoir détecté, sur des images infrarouges, une surchauffe anormale sur un essieu d'un wagon du convoi de déchets nucléaire Castor, parti de France à destination du nord de l'Allemagne, et demande l'arrêt du train pour un examen.

"L'analyse des images thermographiques, réalisées par Greenpeace sur ce convoi, révèle l'existence d'une source de chaleur anormale au niveau d'une roue, entre les wagons Castor 6 et 7", ces conteneurs écrit l'organisation.

"Comme personne ne peut savoir le risque que fait courir cette surchauffe sur le trajet, nous demandons, dans l'intérêt de la sécurité du public, que le transport des Castor soit immédiatement stoppé pour contrôler les essieux concernés", poursuite Greenpeace.

La police allemande a confirmé à l'AFP avoir été informé, ainsi que la société publique de transport ferroviaire Deutsche Bahn, des images thermiques prises par Greenpeace et de ses craintes.

Mais selon cette même source, "des ingénieurs de Deutsche Bahn ont profité d'une escale technique prévue à Kehl", juste de l'autre côté de la frontière avec Strasbourg, franchie par le convoi vers 13H00 GMT "pour tout contrôler, y compris les essieux, et aucune anomalie n'a été enregistrée".

Le "train a repris la route et roule actuellement tout à fait normalement", a ajouté le centre de contrôle de la police allemande mobilisée pour le transport Castor, situé à Lunebourg (nord de l'Allemagne), sans vouloir toutefois préciser où se trouvait le train actuellement.

Selon Greenpeace, le train serait actuellement dans le nord de l'Etat fédéral de Hesse (ouest), à environ 350 km du site de stockage de Gorleben (nord), sa destination finale.

(©AFP / 07 novembre 2010 01h50)

 

01:10 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : police, greenpeace, castor | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Des dizaines de milliers de manifestants contre un train de déchets radioactifs

DANNENBERG (Allemagne) - Des dizaines de milliers d'antinucléaires allemands ont manifesté samedi dans le nord de l'Allemagne où est attendu un train de déchets radioactifs venu de France, dont la progression est ralentie par les militants.

Les 14 wagons, partis vendredi de Normandie et transportant 123 tonnes de rebuts nucléaires, sont entrés en Allemagne vers 14H00 (13H00 GMT) via le pont qui enjambe le Rhin entre Strasbourg et Kehl. Un trajet qui a divergé du projet initial pour éviter les manifestants qui attendaient le convoi à 60 km plus au nord.

Après une longue pause technique en gare de Kehl, où six wagons transportant des policiers allemands ont été attelés, le convoi est reparti vers 18H00 (17H00 GMT) vers Karlsruhe, où des manifestants l'attendaient, selon la police allemande.

Selon la police allemande, cette halte a permis de vérifier une information donnée par l'organisation écologiste Greenpeace, sur la base d'images infrarouge, selon laquelle il y avait une surchauffe d'un essieu "entre les wagons Castor 6 et 7".

Greenpeace avait demandé l'arrêt immédiat du convoi, pour effectuer des contrôle, "dans l'intérêt de la sécurité du public".

"Des ingénieurs de la Deutsche Bahn ont profité d'une escale technique à Kehl pour tout contrôler, y compris les essieux, et aucune anomalie n'a été enregistrée", a répondu la police à l'AFP.

Le train de déchets radioactifs roulait normalement vers 00H30 GMT, a assuré la police allemande. Selon Greenpeace, il se trouvait à environ 350 km de sa destination finale, le site de stockage de Gorleben (nord).

Un peu partout en Allemagne, certains antinucléaires s'attelaient à retirer le ballast sous les rails, "un délit" dénoncé par la chancelière Angela Merkel.

La police a dit avoir dû en déloger certains, qui leur lançaient des pierres et des pétards, à coups de matraques et de sprays au poivre près de Dannenberg, la gare terminus du convoi dans le nord du pays.

Les déchets retraités par le groupe français Areva sont surveillés par 16.000 policiers allemands. Le train est attendu dimanche en fin de journée à Dannenberg, où les conteneurs seront chargés sur des camions pour effectuer par route les 20 km restants.

A moins que les antinucléaires ne parviennent à le retarder davantage. "Des milliers de personnes se sont inscrites pour mener des actions de blocage pacifique sur les voies et sur les routes", a dit à l'AFP une porte-parole de l'association de X-Tausendmal Quer.

Le convoi a déjà été retardé en France par des militants enchaînés aux rails, que les policiers ont mis plusieurs heures à évacuer.

Samedi, environ 50.000 personnes selon les organisateurs, 20.000 selon la police, se sont rassemblées dans un champ de maïs à Dannenberg pour protester contre ce 12e rapatriement de déchets nucléaires depuis 1995 et contre la politique nucléaire du gouvernement.

C'est la plus forte mobilisation jamais vue lors d'un convoi de déchets. "Nos estimations les plus optimistes sont dépassées", s'est réjoui Jochen Stay, porte-parole de l'association antinucléaire Ausgestrahlt (Irradié).

Le mouvement antinucléaire reprend vigueur depuis que le gouvernement conservateur-libéral a fait voter fin octobre une loi prolongeant la durée de vie des 17 réacteurs du pays, de douze ans en moyenne, reniant ainsi l'abandon du nucléaire civil voté à l'époque du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005).

"C'est mon deuxième rassemblement antinucléaire. Je proteste surtout contre la prolongation des centrales", a dit à l'AFP Christa Schoeniger, 73 ans, secrétaire à la retraite venue de Hambourg.

"La volonté du peuple n'a pas pas été entendue", renchérissait Martin Schumacher, 28 ans, programmateur informatique à Berlin, qui a décidé de retirer du ballast sous les rails. "Je sais que je peux être arrêté, mais c'est le genre de risques qu'il faut savoir prendre", dit-il.

(©AFP / 07 novembre 2010 02h06)

 

01:06 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : antinucléaire, train, déchets, manifestants, areva, police | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
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