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04/11/2013

Unité Onco Garches: Communiqué de presse AMETIST.

 

SOS Leny, AMETIST, Unité d'oncologie pédiatrique de Garches, Carine Curtet, Bernard FRAU, Nicole Delepine, Zineb Medjouari, Christelle Mathillon, Regarde la Vie,  Humanisme-Ecologie-République appelle tous ses amis et militants à soutenir la manifestation organisée par AMETIST, SOS LENNY et Regarde la Vie.

Rejoignez-nous, signez la pétition.

Le combat est digne de l'encouragement de tous les humanistes qui veulent un monde meilleur, plus éclairé où la technique ne dépasse pas les hommes au point de devenir avec l'argent et la bureaucratie le centre de tout projet proposé pour l'avenir par les bien-pensants pour l'avenir.

Bernard FRAU Délégué général

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IL FAUT SAUVER L’UNITÉ d'ONCOLOGIE PÉDIATRIQUE 

de

Garches

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/

 Les associations SOS Lenny, Regarde la vie, et Ametist vous invitent à vous mobiliser pour lutter contre la fermeture du service d'oncologie pédiatrique de l'hôpital de Garches en venant nous soutenir et remettre la pétition de plus de 14 000 signatures à Madame La Ministre de la Santé.

R.D.V le mardi 12 novembre 2013, à 16 h

Ministère de la Santé

14, avenue Duquesnes, 75007 Paris

Métro : Ecole Militaire

  

Venez nombreux nous soutenir !

Avec vos amis vos voisins vos relations et vos amis musiciens ce sera la nouvelle fête de la musique du 12 novembre 2013 d'autant que, pour l'instant, la ministre ne veut pas nous recevoir trop occupée pour les enfants cancéreux sûrement !

Ils nous envoient à un conseiller "territorial" quand on parle de soins on vous répond territoire !

Scandaleux hurlez votre rage et venez faire du bruit en musique pour que, peut-être ils nous entendent enfin !

Carine CURTET - Zineb MEDJOUARI - Christelle MATHILLON

AMETIST/ SOS LENNY Regarde la Vie

 

Contact Presse :   Bernard FRAU Port : 06 63 24 00 66

Courriel : bernard.frau@sfr.fr

ASSOCIATION A.M.E.T.I.S.T. : 01.43.81.51.84 /01.43.71.37.70

BAT C 50 bis bd de la république
93190 Livry-Gargan

 

 

18/09/2013

Situation intenable à l'Hôpital Raymond Poincaré de Garches!

Alors que la pérennisation de l'Unité d'Oncologie pédiatrique, de l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches, après le départ à la retraite du Docteur Nicole Delépine en Juillet 2014, fait l’objet de discussions au Ministère de la Santé, au quotidien la tension monte, chez les médecins, les infirmiers, les aides-soignants et les parents des malades.

Rien ne filtre sur les intentions réelles de Marisol Touraine, de l’ARS Ile de France et des fonctionnaires du Ministère concernant cette unité dont il faut rappeler qu’elle est un caillou qui dérange la mécanique huilée de la cancérologie pédiatrique dans notre pays dont les orientations sont décidées à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif et à l’Institut National du Cancer.

La tension monte, l’ambiance générale de l’Unité se dégrade.

En cause, le refus de l’administration de l’hôpital d’accéder aux justes demandes « récurrentes »   de recrutement d'un médecin pour lesquelles manifestement les décideurs s'ingénient à user de manœuvres dilatoires justifiant ainsi leurs refus systématiques de recruter.  

La situation est désormais devenue intenable, les médecins en place sont épuisés et  le sous-effectif conduit inévitablement à des tensions préjudiciables à une marche normale du service.

Toutes ces difficultés ne sont pas de nature à permettre aux petits malades d'être soignés dans de bonnes conditions, conditions que chacun est en droit d'exiger du service public de santé.

Le directeur des Hôpitaux universitaires Paris-Ile de France Ouest  a été saisi depuis plus d’une semaine.

S’agissant de la pérennisation de l’Unité, un rendez-vous doit être mis en place sous 1 mois avec une délégation de parents afin de les informer de la décision du Ministère.

Quant au recrutement rien n’est encore annoncé dans un sens ou dans l’autre. Hors il y a urgence. La continuité de la qualité des soins deviens chaque jour plus aléatoire, le risque de « pépin médical » n’est plus à écarter.

Le ton monte car il devient chaque jour de plus en plus incompréhensible aux parents et aux médecins que la décision de redonner à l’unité sa capacité d’action « médicale » fasse l’objet de tant d’obstructions et d’un mépris aussi grand des enfants qui méritent d’être considérés pour ce qu’ils sont.

A savoir : des êtres humains qui n’ont pas demandé à se trouver dans la situation de vulnérabilité et de dépendance qui est la leur et qui attendent un peu de sollicitude et de mieux-être au quotidien.

Très vite, dans les jours qui viennent une mobilisation et des actions publiques vont s’organiser. Vous serez tenus informés.

Pour l’heure et dans le but de conforter les positions déjà prises en vue de pérenniser l’Unité et lui assurer des moyens afin de garantir les soins dans des conditions normales, selon le choix des parents et des médecins, vous êtes invités à signer la pétition en ligne sur :

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/?cvstKab

Ou sur :

http://www.mesopinions.com/petition/sante/soutien-unite-oncologie-pediatrique-docteur-nicole/4593

 

Si vous avez déjà signé l’une ou l’autre de ces pétitions, c’est bien, et nous vous en remercions vivement.

 

Aujourd’hui nous attendons de vous une contribution de plus dans votre soutien à la cause qui nous est chère. Nous vous demandons d’informer votre entourage, parents, amis et collègues de travail pour les inciter à  soutenir cette action de pérennisation de l’Unité d’Oncologie Pédiatrique de l’Hôpital Henri Poincaré de Garches en signant la pétition en ligne sur :

 

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/?cvstKab

 

Ou sur :

 

http://www.mesopinions.com/petition/sante/soutien-unite-oncologie-pediatrique-docteur-nicole/4593

 

Nous devons faire en sorte que cette campagne de signature rassemble dans les délais les plus courts au moins 15000 signataires. C’est possible, nous pouvons y arriver! 

Les Enfants en oncologie pédiatrique ont besoin de votre soutien!

Merci de signer pour eux!

 

Po AMETIST Bernard FRAU

Délégué Général HER (**)

 

Pour en savoir plus sur le sujet :

 

Un article très documenté rédigé, le 8 aout 2013, par Pauline ANDRE, une jeune journaliste indépendante et de talent, membre de l’ONG Fondation européenne de l’information « Global Magazine ».

 

Orage sur l’île des cancéreux

 

http://www.globalmagazine.info/2013/08/05/lile-des-cancereux-menacee-1375687509

 

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© Michel Monteaux

Dirigé depuis 1998 par le docteur Nicole Delépine, le service d’oncologie pédiatrique de Garches est, par ses méthodes, unique en France et fait l’objet d’un intérêt médical international. Unique parce qu’imperméable à la pression des laboratoires pharmaceutiques et parce que résistant à la normalisation administrative qui submerge l’hôpital depuis vingt ans. Depuis juin, des soignants, des patients et leur famille dénoncent un plan de fermeture du service. Rumeur ou complot, nous sommes allés sur place enquêter.

«Pourquoi vouloir fermer ce service, le seul qui peut soigner nos enfants ? ». Sous les arcades imposantes de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches, une réunion s’ouvre dans les hauteurs du bâtiment. Une dizaine de parents de jeunes cancéreux sont reçus par la direction de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. Dans la salle, la tension est palpable et un léger malaise se lit sur les visages des délégués du Directeur. Car, ce 12 juillet 2013, les parents et représentants d’associations espèrent enfin interpeller une direction qui « joue la diversion » depuis des mois.

« A quoi ça nous sert de monter ici toutes les semaines, on a besoin de réponses concrètes aujourd’hui : Pourquoi ne pas avoir renouvelé le contrat de Madame Dieuzaide qui avait ramené la sérénité dans le service ? Pourquoi nous avoir supprimé deux lits et déplacé l’atelier d’animation qui désormais se meurt ? Quid de l’injonction qui interdit subitement l’accueil des plus de dix-huit ans ? Que comptez-vous faire pour pérenniser ce service ? Sachez que pour nous, c’est un petit coin de paradis en enfer … » Ce que sont venus défendre aujourd’hui ces parents d’enfants hospitalisés dans l’unité dirigée par le docteur Nicole Delépine, c’est « un service unique ».

Un coin de ciel bleu

Le long des voûtes apaisantes de l’ancien cloître devenu hospice, cette unité semble avoir hérité de l’esprit d’hospitalité qu’incarnaient les premiers hôpitaux. Hospices ou hospes, qui signifie « hôte » en latin. Ici, depuis 2006, les jeunes cancéreux viennent de nombreux pays, envoyés par des médecins admiratifs de la qualité des soins dispensés. Pour certains patients et leurs parents, le service d’oncologie pédiatrique fait figure d’asile inespéré.

« Ici, l’humain est au centre de tout, on vit ensemble comme une famille ». Durant trois ans, Joëlle Maryniak y a accompagné son fils Jonathan, atteint d’une tumeur osseuse à vingt ans : « On m’a permis de vivre ici avec lui, alors qu’il était majeur. Parents, patients, médecins, soignants, on prenait nos repas souvent ensemble, et on organisait des fêtes dans la cour pour les anniversaires, les noëls… Ça n’arrive pas ailleurs, ici il n’y a pas de contraintes horaires pour les chimios, pas de décision médicale imposée sans discussion. On respecte la voix du malade et l’avis de la famille ».

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© Michel Monteaux

Dans le bureau de Nicole Delépine, les parents se succèdent ce jour-là. « Bonjour Nicole ! Je vous ai apporté une photo de Lenny ». La porte est souvent entrouverte et le téléphone portable du médecin prêt à répondre à ses patients qui ont tous son numéro personnel. « Vous en connaissez beaucoup des médecins qui vous donnent leur numéro de portable ? ». C’est au près d’un confrère espagnol, qu’Alexandre Garcina obtenu sans effort le sésame qui lui a permis de sauver son fils Lenny, atteint d’un neuroblastome. « Je me souviens de notre premier contact. Je l’appelle, c’était un dimanche. Elle répond, très détendue, en train de faire la fête dans le service... Je lui explique la maladie de mon fils. Elle me dit : oui, c’est une saloperie. Je ne vous promets rien mais venez, on se débrouillera toujours pour vous trouver un lit. Je ne vous promets rien sauf une chose : vous n’êtes plus tout seul. »

Le père de Lenny a roulé toute la nuit, depuis les Landes vers la capitale. Avec, sur la banquette arrière, son fils de quatre ans, presque mourant. A son arrivée, il vient trouver Nicole Delépine dans son bureau, croquant généreusement une orange au milieu d’un monticule de dossiers. « Une autre ambiance, rien à voir avec l’hôpital de Bordeaux. » Quelques mois plus tard, après deux cures d’Endoxan®, un médicament avéré depuis trente ans, Lenny revit. Envoyé en soins palliatifs à Bordeaux, transporté d’urgence vers Garches avec un « poumon blanc » (métastases au poumon, NDRL), un an plus tard, il n’y a plus de traces de métastases. « A Bordeaux, il n’a pas été suivit personnellement, on a appliqué des traitements standardisés alors que l’Endoxan® est un classique contre le neuroblastome ».

Un traitement individualisé et adapté à chacun ; sa morphologie, l’état de son cancer, sa réaction à la chimio… C’est cette prise en charge globale et presque « artisanale » que viennent chercher les malades dans ce service. Le seul en France, en cancérologie pédiatrique à pratiquer ce type de traitements. Parce que « l’humain n’est pas une probabilité et la médecine n’est pas statistique», précise le docteur Delépine. Mais depuis quelques mois, aux dire de nombreux de ses pratiquants, le service souffre d’asphyxie.

Avis d’asphyxie

C’est l’appel que Nicole Delépine a publié sur son site il y a quelques semaines. Car, au quotidien, il devient difficile d’assurer les soins dans de bonnes conditions. La nuit, il n’y a plus qu’un seul infirmier de garde contre trois auparavant. Ni internes, ni externes ; ce qui rend impossible la formation de jeunes médecins, la transmission du savoir acquis dans ce service. Depuis la fin du mois de juin 2013, l’équipe d’infirmier-ère(s) n’a plus de responsable : le contrat de la « cadre de soin » Chantale Dieuzaide, n’a pas été renouvelé. Ses compétences ont pourtant été saluées par tous, y compris la direction de l’hôpital. Le service attend une nouvelle cadre à la rentrée mais en attendant, c’est la « cadre de pôle » qui prend le relais. Le cadre de soin dépendant du cadre de pôle dans la hiérarchie administrative instaurée à l’hôpital avec la loi Evin de 1991, renforcée par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires, en 2009, c’est donc l’administratif qui commande le médical. 

 

Asphyxie en personnel et manque d’espace. Alors que depuis 2006, le service disposait de treize lits, il ne fonctionne plus qu’avec onze malgré une constante demande d’admission de malades. Comment un médecin ayant prêté le serment d’Hippocrate peut-il refuser de soigner s’interroge le docteur Delépine ? Asphyxie par manque de chirurgiens acceptant d’opérer les malades du service. Nicole Delépine peine à trouver des chirurgiens en France, alors, à plusieurs reprises, ces derniers mois, le service est contraint d’envoyer ses malades se faire opérer en Allemagne, en Italie ou au Canada, avant de les rapatrier dans l’unité pour poursuivre les soins individualisés.

Refuser d’accueillir des patients. C’est la dernière injonction en date de l’Agence Régionale de Santé qui a demandé à Nicole Delépine de ne plus prendre en charge les malades de plus de 18 ans à compter du 1er juillet 2013. Une décision qui inquiète les familles de patients majeurs et, au-delà, qui laisse perplexe sur la versatilité des diktats administratifs. En effet, si l’on remonte un peu en arrière, avant d’être à Garches, le service était à l’hôpital Avicenne : là, la direction  avait demandé au médecin de ne pas prendre les moins de 15 ans et 3 mois. Plus en amont encore, quand Nicole Delépine était à l’hôpital Robert Debré, l’injonction directoriale concernait au contraire les plus de 15 ans et 3 mois (l’âge officiel de la pédiatrie va de 0 à 15 ans et 3 mois).

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© Michel Monteaux

Asphyxie morale aussi. Depuis quelques mois, le personnel est sous pression. Des pressions qui, aux dires des parents et de certains membres de l’équipe médicale de Garches, émanent de responsables administratifs. En témoigne les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 4 au 5 mars dernier. Un infirmier de nuit a demandé au médecin de garde « d’endormir » un malade en grande souffrance avec de l’hypnovel®. Un euphémisme qui signifie euthanasie. Malgré les explications du médecin qui a souligné la volonté exprimée par le patient, musulman, de se battre jusqu’au bout et du risque de mort irréversible en cas de nouvelles injections, l’infirmier s’en est remis à la cadre de pôle pour obtenir ce droit d’euthanasier.

Prévenue par une aide-soignante, présente cette nuit-là, la famille est arrivée en trombe à l’hôpital. Le malade a échappé à «l’endormissement». L’infirmier frôle l’entrave à la loi Leonetti selon laquelle : «La décision de cesser l’administration d’un traitement […] doit être collégiale et ne peut être prise qu’après consultation de la « personne de confiance», de la famille, à défaut d’un de ses proches et des « directives anticipées » du patient » (articles 1 à 9). Le comble est que le « chef de pôle » se permet de traiter d’incompétent le médecin de garde (un praticien expérimenté de l’équipe Delépine) et que prévenue seulement le lendemain des faits par l’administration, Nicole Delépine se voit, elle aussi, reprocher l’incompétence de son équipe médicale.

Voilà donc un médecin dont le diagnostic et la décision sont bafoués par un infirmier encouragé par l’administration à commettre un acte gravissime. A Garches,  l’administration hospitalière se mêle donc de décision médicale. Qui plus est d’une décision, la mort volontaire, qui n’appartient qu’au malade en dialogue intime, secret, avec son médecin, ou tout au plus à la famille et à l’équipe médicale.

Autant d’évènements poussent les parents et patients à croire à une tentative d’asphyxie volontaire. Pour Nicole Delépine et son équipe historique, ce n’est qu’une nouvelle preuve de « l’asphyxie organisée » contre laquelle elle se bat depuis 30 ans. « Ca fait 30 ans qu’on existe, 30 ans qu’on doit fermer demain… », Précise-t-elle en souriant. Mais pourquoi vouloir fermer un service qui soigne si bien depuis 30 ans? Parce que cette unité d’oncologie pédiatrique, transférée d’hôpital en hôpital depuis des années, dérange. Elle est un grain de sable dans le monde de la cancérologie infantile en France.

Une île de résistance

Ce qui vaut à l’équipe de Nicole Delépine à la fois griefs et respect, c’est sa position inébranlable sur le traitement des cancers de l’enfant. Depuis 30 ans, elle résiste à la systématisation des essais thérapeutiques sur ses patients. Ce qu’elle dénonce ce n’est pas la recherche scientifique, dont la médecine a nécessairement besoin, mais la tendance à la standardisation des traitements.
« Ce qui est inacceptable, c’est que cette systématisation des essais est inscrite dans la loi HPST depuis 2009. C’est devenu obligatoire. En tant que médecin, on perd notre liberté de choix thérapeutique. Une liberté pourtant inscrite dans le
Code de santé publique et le serment d’Hippocrate.» Une liberté de laquelle dépend aussi celle des malades de pouvoir choisir leur médecin et leur traitement, selon la loi du 4 mars 2002 : «Le droit du malade au libre choix de son praticien et de son établissement de santé est un principe fondamental de la législation sanitaire

Au nom de quoi cette liberté est-elle sacrifiée ?

La réponse n’a rien d’original, depuis plusieurs années déjà, certains dénoncent les conflits d’intérêts entre l’industrie pharmaceutique et la systématisation d'essais thérapeutiques « payés par la Sécurité Sociale ». Des liens que dénonçait déjà Claire Brisset, la Défenseure des enfants en 2001 à la suite de quoi, le ministère de l'emploi et de la solidarité demanda l'ouverture d'une enquête de l'Inspection Générale des Affaires Sociales dans une lettre adressée à Marie-Caroline Bonnet-Glazy, chef de mission à l'IGAS : «Des dysfonctionnements graves ont été signalé [...] Les pratiques de l'Institut Gustave Roussy, en particulier, les liens existant entre certaines équipes de chercheurs et l'industrie pharmaceutique sont mise en cause ». Par là-même, Nicole Delépine s’élève contre le monopole des traitements exercé en cancérologie en France et qui s’appuie, selon elle, sur la bureaucratisation galopante de l’hôpital public depuis la loi Evin jusqu’à la loi HPST en 2009.

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© Michel Monteaux

Sa pratique indépendante portée par son service depuis 30 ans, est confortée par l’afflux de malades désemparés. Certains ont porté plainte suite à l’échec ou aux conséquences d’essais thérapeutiques qui ont mal tourné. Le scénario est souvent le même, explique-t-elle : « Découverte du cancer, inclusion dans un essai en cours, explication des médecins sur le "protocole" de traitement proposé et présenté comme la seule possibilité sans jamais évoquer les autres schémas ayant fait leur preuve. Le rouleau compresseur de la pensée unique, qui passe en médecine par le mythe des essais thérapeutiques et des traitements uniformisés, est en marche ».

Au vu de ses résultats, le service d’oncologie pédiatrique de Garches - qui se permet de soigner avec des « vieux » médicaments, qui ne livre pas ses patients aux expériences avec de nouvelles molécules lucratives - est un obstacle au développement de l’industrie pharmaceutique. Pire, il révèle la perversité du système hospitalier aujourd’hui otage des profits des laboratoires privés.

Ce service est une brèche dans la muraille hospitalière qui révèle les dérives éthiques de notre système de santé. Au nom de la qualité des soins donnés aux patients, de la compétence de l’équipe médicale et de valeurs humanistes partagées, des parents, patients, médecins, responsables politiques se mobilisent pour défendre le service de Nicole Delépine. Une nouvelle fois. Une mobilisation portée par l’association Ametist qui défend l’unité d’oncologie pédiatrique depuis 23 ans.

Une lutte vitale

« Madame la ministre, pour que nos enfants puissent continuer à être suivis par cette Unité qui n'existe nulle part ailleurs nous vous interpellons une nouvelle fois. […] Nous avons le droit de profiter des progrès de la médecine de ces trente dernières années et pas seulement d'être les cobayes pour les prochaines décennies. » Le 27 juin 2013, forte de nombreux soutiens français et internationaux, Ametist publie une pétitionà l’attention de la ministre des Affaire Sociales et de la Santé, Marisol Touraine. L’appel, relayé sur Internet compte aujourd’hui plus de 7 000 signatures. Deux mois plus tôt, c’est le docteur Delépine, qui interpellait le ministère pour pointer la « soviétisation destructrice » de l’hôpital public. « Madame la ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit ! Que s’est–il passé?»

Face aux nombreux courriers restés lettres mortes, les défenseurs du service multiplient les alertes, les demandes de rendez-vous, les courriers recommandés. Officiellement, dans les rares réponses reçues, la direction assure n’avoir  «pas de volonté de fermer l’unité». Seulement des « contraintes et restrictions budgétaires qui ne sont pas propre à ce service mais à tout l’hôpital public ». Par contre, dans leurs lettres de soutien, certains parents ou patients soulignent le poids de la bureaucratie dans l’hôpital. On peut y ajouter le coût  que l’on aimerait mettre en regard du manque de lits et d’emplois. Nul besoin d’un diplôme de l’Ecole nationale d’administration pour s’apercevoir que tant de frontières administratives érigées entre malade, infirmier et médecin annihilent les liens vitaux de confiance réciproque indispensables au diagnostic et aux soins. Soignée par deux fois par le docteur Delépine, le 27 juin 2013, Virginie Heurtin écrit : « Ce médecin SOIGNE ! […] Nous avons autre chose à faire que de nous battre contre l’administration médicale pour faire valoir nos droits ! […] Nous avons besoin de nos médecins de l’unité d’oncologie de Garches, entièrement dévoués à leurs patients !».

Plus récemment, c’est Valérie Gentil, mère de Colin, qui adresse trois courriers en recommandé dans les hautes instances de l’AP-HP. « En tant que MERE, FEMME, et CITOYENNE, je trouve ignoble et inhumain, que mon fils, et tous les autres enfants de l’unité, soient soumis à une double peine. Si Colin, actuellement en rémission, était mis à la porte de cette unité, j’ai l’intention ferme de faire livrer le cercueil de mon fils en présence de journalistes dans votre bureau ou celui de Mr Cazejust».

A étudier le dossier, la mobilisation pour le maintien du service d’oncologie pédiatrique ne réclame rien d’autre à la direction de l’hôpital que le respect d’un accord, signé en 2004, par le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy qui scelle l’installation définitive du service à l’hôpital de Garches. Sollicitée par un courrier daté du 1er mai 2013, la ministre de la Santé renvoie Nicole Delépine vers l'Agence Régionale de Santé d'Ile-de-France. ARS qui semble ignorer l’engagement politique de 2004. A moins que, confirmant les craintes des personnels soignants et des patients recueillies dans cette enquête, la pérennité du service soit remise en cause par la politique de santé de la ministre en place, Marisol Touraine. Cette dernière se trouverait alors en flagrant délit de contradiction avec son discours du 28 mai 2013 où elle s’engageait à «tenir la belle promesse républicaine de l'égalité devant la santé ». Promesse qui par définition républicaine passe autant par la liberté. Liberté des patients de choisir leur médecin. Liberté des médecins de choisir les traitements. Liberté bafouée par le non-respect d’un accord. Liberté asphyxiée par une politique administrative plus inspirée par les ratios économiques que par les résultats sanitaires et les bénéfices humains.

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Extrait protocole d'accord du 19 octobre 2004 précisant l'installation définitive de l'Unité à Raymond Poincaré.

 

Contacts:

 

UOPI(*) :        Nicole Delépine  06 07 97 63 63

http://www.nicoledelepine.fr

Ametist (***): Carine CURTET 06 08 41 7112

http://www.ametist.org/index.php

H-E-R   :         Bernard FRAU   06 63 24 00 66

http://humanisme-ecologie-republique.blog4ever.com/

Global Magazine: Fondation européenne de l'info ONG : 

Pauline ANDRE  06 86 22 53 40

http://www.globalmagazine.info/

 

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(*) Unité d'Oncologie Pédiatrique Individualisée Hôpital Raymond Poincaré 104 BD R Poincaré Garches 92380

 

(**) Humanisme-Ecologie-République

 

(***) Aide aux Malades en Traitement Individualité en Spécialité Tumorale

 

01/07/2013

Appel à soutien pour l’Unité d'Oncologie Pédiatrique de Garches (92380)

 

Christelle Mathillon, Céline Servant, les associations Regarde la Vie et Amétist viennent de lancer une pétition pour alerter Marisol Touraine ministre de la Santé du gouvernement Ayrault sur les attaques récurrentes de l’administration contre l’Unité d'Oncologie Pédiatrique individualisée de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches (92380).

«A tous ! Si vous ne voulez pas qu'un jour cette unité exemplaire disparaisse, il faut tous nous mobiliser et obtenir en peu de temps un grand nombre de signatures qui seront transmise à la Ministre de la Santé. Envoyer vos témoignages personnels aux associations Amétist et Regarde la vie ou au Docteur Delépine via leurs sites qui seront joints à la pétition au ministre.

C'est plus largement la liberté de choix thérapeutique que nous devons défendre ! Merci pour eux, pour nous » indiquent-elles dans leur profession de foi.

Humanisme-Ecologie-République soutient cet appel et vous invite à faire de même en apportant votre contribution à cette juste demande pour la santé, la liberté et les générations futures.

 

Un clic sur le lien suivant et une simple signature y suffiront

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/?cBwQFab

Bernard FRAU délégué général HER

« Pourquoi c'est important ? »

 

«Nous nous mobilisons une nouvelle fois contre la mort programmée de l'Unité spécifique d'Oncologie Pédiatrique individualisée de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches (92380) AP HP.

Depuis plus de trente années, le Docteur Nicole Delépine et son équipe pratiquent une médecine individualisée et humaine, pointue utilisant les traitements éprouvés efficaces, quand ils existent, sans les délaisser pour des essais thérapeutiques dont les résultats à long terme ne seront connus que plus tard et donc incertains.
Nous avons le droit de profiter des progrès de la médecine de ces trente dernières années et pas seulement d'être le cobaye pour les prochaines décennies. Nous acceptons les essais lorsqu'aucune solution sérieuse n'existe pour nos Cancers.

Nous ne sommes pas un simple numéro, mais un patient que l'on écoute et auquel on donne les moyens de vaincre le Cancer en connaissance de cause, c'est à dire des possibilités fournies par des schémas de traitement connus ou par les essais cliniques proposés. C'est à nous de choisir !

Le 6 novembre 2006, l'Unité a été transférée de l’Hôpital Avicenne d à l'Hôpital Raymond Poincaré de Garches, suite à la signature en 2004 d'un protocole d'accord entre l'AP HP, le Ministère de la Santé et l'Unité du Docteur Delépine, affirmant sa pérennité.

Malheureusement à ce jour le protocole n'est plus respecté, les locaux, moyens matériels et humains sont petit à petit grignotés.

Sa fermeture régulièrement annoncée déstabilise le personnel harcelé par l'encadrement pour pallier aux restrictions de postes.

Pour que nos enfants puissent continuer à être suivis par cette Unité qui n'existe "nulle part ailleurs" nous vous interpellons une nouvelle fois. Pour que les autres puissent profiter des chimiothérapies adaptées à leur âge évitant des amputations comme cela a encore été le cas pour trois patients le mois écoulé. Ou iront-ils ?

Mme la Ministre, nous sommes sur que le sort d'enfants cancéreux ne vous laissera pas indifférente. Nous espérons vous rencontrer en personne rapidement. Respectueusement.

Christelle Mathillon, Céline Servant, les associations Regarde la Vie et Amétist

 

Contacts

 

Amétist : http://www.ametist.org/index.php

 

Nicole Delépine : http://www.nicoledelepine.fr/

 

Humanisme-Ecologie-République : http://humanisme-ecologie-republique.blog4ever.com/

 

Regarde La vie

Amétist, Nicole Delépine, Humanisme-Ecologie-République, Carine Curte, Bernard FRAU, Regardes la Vie, Hôpital Raymond Poincaré à Garches 92, Oncologie Pédiatrisue de Garches 92, Marisol Toutouraine,

 

08/05/2013

Lettre ouverte du Dr Nicole Delépine à Mme le Ministre de la Santé contre l’asphyxie accélérée de l’hôpital

L’objet de cette longue lettre ouverte est, pour son auteur, un Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,plaidoyer pour un Hôpital Public humain tourné d’abord vers les patients. Un Hôpital Public où soignants et médecins, qui comme leurs patients sont actuellement insidieusement au désespoir, retrouvent la sérénité et la fierté d’être au seul service fraternel envers l’autre rendu vulnérable par sa maladie.

 

Cette lettre ne se contente pas de décrire le désarroi d’un médecin qui refuse de  voir sa mission polluée par une sorte «d’hubris gestionnaire» qui l’étouffe et qui l'empêche de faire son métier.

 

Cette lettre met en avant des propositions raisonnables pour éviter la destruction programmée de l’Hôpital Public dont il faut rappeler qu’il est d’abord celui des Citoyens qui le financent, tant par l’impôt que par les cotisations sociales.

 

Bernard FRAU

 

Le premier mai 2013

 

Madame la Ministre,

 

Médecin pédiatre depuis plus de 40 ans à l’hôpital public, j’ai fait la nuit dernière ce rêve étrange et pénétrant d’un hôpital qui soigne,  accueille, aime,  cajole, réconforte, améliore, soulage, répare le patient, du petit au plus âgé, du moins atteint au plus handicapé, du plus faible au plus armé pour la vie, du plus riche au plus pauvre, du plus fou au plus normal, de l’illettré au savant, du bien tonique au mourant.

 

Cet hôpital avait pour mission de soigner, guérir si on le pouvait et non pas de tuer .On n’avait pas encore imaginé la trouvaille de l’année 2013, formations multiples aux LATA, je vous le donne en mille : «limitations et arrêt de thérapeutiques actives».

 

Et les hérétiques qui n’accepteront pas ces nouvelles formes de «soins» seront jetés au feu comme tous les dissidents. Ils le sont déjà. Mais ce cri d’alarme contre l’euthanasie sera l’objet d’un autre plaidoyer qu’on ne peut limiter à quelques lignes.

 

Quand j’arrivai pour  la première fois dans une grande salle commune de l’hôpital saint Antoine à Paris en 1965 en tant que stagiaire, je fus frappée par une grande chaleur humaine qui régnait malgré la promiscuité. La propreté aussi  sautait aux yeux, le sol brillait ! Cela sentait bon l’eau de javel qui ne coutait pas cher et surtout l’amour diffusé partout. Chacun à son niveau se savait utile et ne mettait pas son ego à toutes les sauces.

 

La femme de ménage qu’on n’appelait pas encore technicienne de surface comprenait instinctivement l’importance de son office tant pour le confort que pour le bien des patients et leur guérison. On ne parlait pas de sécurité, mais elle existait et chacun en était garant.

 

Le malade qui appelait trouvait un relais auprès du voisin pour interpeler  l’aide-soignante qui ne se disait pas « attendez, je suis en pause » et ne se trouvait pas en salle de repos pour parler du dernier feuilleton télé avec les collègues.

 

Pendant les heures de travail, on travaillait, c’est très bête évidemment et cette remarque me vaudra les gémonies de beaucoup, mais d’autres, à commencer par les patients seront d’accord avec moi pour dire que les infirmières dans le bocal (les locaux sont transparents quand des affiches multiples et variées n’ont pas cachées ce qu’on ne saurait voir..) cela suffit.

 

Sous prétexte de transmission, de tâches administratives, de préparations etc., le malade doit toujours attendre et attendre. Certes le nom de «patient» ne date pas d’aujourd‘hui mais quand on dépense 13 % du PIB pour la santé on pourrait espérer ne pas redescendre au Moyen âge.

 

La multiplication des cases à cocher sur le papier puis sur lNicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,’écran, des formulaires à remplir a désinvesti les soignants, médecins inclus, pour lesquels le respect des règles qui seront contrôlées  par les multiples audits a remplacé l’obsession du patient  par celle de la «réglementation».

 

Que s’est-il passé ? Comment en est-on arrivé là ?

 

Dans mon rêve, une grande salle commune, d’innombrables lits serrés les uns contre les autres, des mamans serrant dans leurs bras un enfant hospitalisé et des soignants à l’écoute, des patients accueillis même s’il fallait mettre un lit supplémentaire.

 

Bêtement à l’époque, les soigner paraissait plus important que les accueillir en client comme au Hilton et les laisser dehors si l’hôtel était plein. Personne n’eut imaginé refuser les malades graves sous prétexte de normes de qualité, de sécurité, de responsabilité etc.

 

Personne n’eut imaginé que quelques décennies plus tard ce serait le directeur d’hôpital qui aurait l’autorité pour « admettre » les patients et menacerait  les docteurs de sanction s’ils voulaient accepter un malade en plus du quota prévu.

 

Et quels moyens pour échapper à ce diktat puisque tout un réseau « sanitaire » a été mis en place pour empêcher les docteurs de soigner!

 

Les empêcheurs de soigner en rond, flattés de leur pouvoir sur les médecins qui les dominaient depuis des lustres (avant la tragique loi de 1991), ont été créés à tour de bras : surveillantes dénommées cadre de soin, de pôle, directeur de soins de l’hôpital et du groupe, directeur du site et du groupe, chef de pôle, président de la commission d’établissement etc. L’APHP a de plus le privilège d’avoir un «siège» fort qui double encore ces mêmes fonctions.

 

L’autoritarisme règne en maître avec des incohérences permanentes au sein des établissements. Comment expliquer les si nombreux brancards dans les couloirs des services d’urgence de l’APHP et le refus dans cette même institution d’un lit supplémentaire en oncologie pédiatrique un vendredi soir même si une chambre est libre ?

 

L’autocratie aveugle, subjective et partisane règne partout sans respect de l’intérêt des malades, les grands oubliés des bureaucrates gestionnaires.

 

Comment résister à cette soviétisation destructrice de l’hôpital ?

 

Le malade vient consulter un médecin, mais entre eux deux qui devraient pouvoir bénéficier d’un «colloque singulier», les interférences sont légion, érigeant un mur de Berlin, entraînant le désespoir voire le renoncement de trop d’entre nous (rappelons que les suicides de médecins et soignants sont beaucoup plus fréquents que dans la population générale et qu’à France Télécom).

 

Les inquisiteurs nommés des Agences régionales de santé (ARS) font régner l’ordre, leur ordre ; et leurs capos, les directeurs d’hôpitaux et leurs subordonnés  jouissent de leurs petites prérogatives.

 

Comment résister, protéger les patients ?

 

Impossible, d’où cette lettre ouverte, seule issue visible pour un simple médecin des hôpitaux en dehors de l’abandon, de la fuite, ou du suicide.

 

Un seul exemple : j’ai reçu la semaine dernière par mail un ukase de la cadre de pôle exigeant que les médecins de l’unité annulent à 13 heures les malades prévus dans l’après midi (certains venaient de province).

 

Ces patients devaient être hospitalisés pour recevoir leur traitement de chimiothérapie dont chacun sait (ou devrait savoir) que le retard à l’administration entraine des pertes de chance de survie.

 

Ce mail m’était adressé en tant que responsable de l’unité et également à neuf cadres  impliqués par cette injonction de ne pas soigner.

 

Parmi eux au moins trois infirmières montées en grade, et qui en d’autres temps, eussent pris, pour quelques heures, le relais auprès des patients, de leurs subordonnés qu’elles sont censées encadrer.

 

Quant au nombre d’administratifs qui se multiplient comme des petits pains, ils sont là pour gérer la pénurie (sauf la leur), imposer leur pouvoir qui satisfait leur ego et oublier le malade qui n’est qu’un gêneur encombrant. (1)

 

Mme la Ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit !  Que s’est–il passé?

 

Comme le reste de la société à partir des années Reagan, Thatcher, et Mitterrand en France, l’argent devint roi, le modèle fut le «golden boy» et l’hôpital devint «entreprise».

 

Comment  imaginer il y a quarante ans que les mutuelles assurances seraient cotées en Bourse… que les médecins seraient sommés de tenir compte de la tarification à l’activité pour prescrire des actes supplémentaires invasifs et souvent inutiles, et raccourcir ou allonger la durée d’hospitalisation des patients en fonction des bornes hautes ou basses de la classification sécurité sociale permettant de rapporter plus d’argent à l’hôpital (et de couter plus cher à la sécurité sociale) … cherchez la logique du système !

 

Ne croyez pas que j’exagère, tout le monde le sait maintenant ! Alors plutôt que de vous donner mille exemples (2) de cette dégénérescence de notre médecine au milieu de la destruction globale de la société, il me semble plus positif de vous proposer quelques sujets de réflexion voire quelques propositions susceptibles de redorer le blason de votre ministère et d’améliorer le sort des patients.

 

Madame la Ministre, n’ayant pas le loisir dans une simple lettre ouverte de vous proposer un programme de restauration du système de la santé en France, je me contenterai ici d’aborder trois problèmes cruciaux dont la solution transformerait déjà rapidement le climat, redonnant fierté, estime de soi aux médecins jusque-là stigmatisés, dévalorisés, déprimés, ainsi qu’à leurs incontournables alliés auprès des malades, toutes les catégories de soignants qui subissent les mêmes tracas.

 

1) S’attaquer sans complaisance aux conflits d’intérêt qui ruinent l’image des politiques, des experts et ruinent le budget  de la Sécurité Sociale

 

Je vous proposerai donc de vous attaquer sans attendre aux conflits d’intérêt entre l’industrie pharmaceutique, la politique et les leaders d’opinion universitaires.

 

Si la population toujours désinformée par les médias n’en a peut-être pas pris la mesure, vous ne pouvez pas ignorer que l’affaire Cahuzac n’est que la face émergée de l’iceberg et que les rapports incestueux des  décideurs sont fort partagés dans le milieu des premiers cercles du pouvoir.

 

Monsieur Cahuzac, loin d’être une exception représente le mode Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,de fonctionnement de nombreux décideurs. Nous vous le démontrerons si nécessaire, mais vous avez surement conscience comme moi qu’une grenade dégoupillée vous menace et qu’il serait plus raisonnable d’aborder tout de suite ce dossier brûlant avant qu’il n’explose. à moins que vous ne le puissiez ?

 

Les économies engendrées par un choix impartial, sans influence de lobbys, des médicaments recommandés et autorisés par les agences (ou mieux le ministère lui-même) permettraient des économies de plusieurs milliards d’euros annuels. économies du budget de la sécurité sociale  soi-disant recherchées mais ces gisements évidents restent oubliés.

 

2) S’attaquer aux agences sanitaires multiples et variées  source de gabegie, de paralysie et d’inefficacité.

 

Dans un deuxième temps, je vous ferai quelques propositions pour assainir le pouvoir de décision en santé curieusement accordé aux multiples et une agences qui se permettent de faire la pluie et le beau temps en votre nom sur la vie et la mort des hôpitaux ainsi que sur celles des patients en imposant leurs démarches thérapeutiques et en diabolisant les autres voies possibles.

 

Les économies  rapidement obtenues par votre seule volonté Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,politique seront la récompense au courage qu’il ne manquera pas de vous falloir pour affronter tous les bénéficiaires de ces petites combines organisées qui permettent aux hauts fonctionnaires de se recaser après un changement de gouvernement et aux fonctionnaires de bénéficier de salaires non limités dès lors qu’ils sont affectés hors du ministère.

 

3) Abrogation de la loi «Hôpital patients santé territoire» promulguée par vos adversaires politiques et que vous maintenez en l’état malgré les «promesses de campagne» du président Hollande qui s’appuie pourtant souvent sur celles-ci pour faire passer des lois qui divisent les Français. Pourquoi cette promesse est-elle oubliée ? Pourquoi ?

 

En conclusion, et avec ces quelques propositions que nous pourrions développer à votre demande, peut-être éviterions nous ensemble que notre hôpital public et nos patients ne subissent de fait une euthanasie au moins passive.

 

Quant à la médecine de ville que vous maltraitez tellement pour des raisons qui paraissent obscures, ce sera l’objet d’une autre lettre probablement mieux rédigée par mes collègues qui la vivent tous les jours mais partagent avec moi cette sensation terrible de destruction rapide de notre système de santé malgré son coût faramineux, un des plus élevés du monde.

 

Je vous conseille de suivre régulièrement leur actualité en consultant « les médecins ne sont pas des pigeons ». Cela vous permettra, Madame la Ministre d’éviter d’être coupée du monde réel comme le sont trop souvent les ministres. Je crains, Madame que vous n’y échappiez pas.

 

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,prêter à ces propositions raisonnables et rapidement applicables. Je  vous adresse mes sentiments respectueux.

 

Dr Nicole Delépine Pédiatre Oncologue. Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.

 

(1)   Le livre des Pr Debré et Even « avertissement aux malades, aux médecins et aux élus  2002 avait déjà mis en exergue cette extraordinaire multiplication des administratifs (détournant de plus  des soignants médecins et infirmiers  formés pour en faire des « cadres ») dans les hôpitaux bientôt constitué d’une armée de colonels sans soldats au front. La situation n’a fait qu’empirer avec la multiplication des agences sanitaires, la création des pôles, le regroupement des hôpitaux qui reconduisent les hiérarchies en rajoutant une couche supplémentaire. Les économies doublées d’une efficience meilleure sont faciles à trouver en supprimant purement et simplement ces échelons.

 

(2)   Vous trouverez  toutes sortes de témoignages de patients d’associations sur internet tous plus poignants le sens que les autres démontrant que les accidents et incidents hospitaliers ne sont plus à la marge mais bien le résultat de politiques successives de normalisation et accréditation au service de l’argent roi servi par tous ceux qui ont un temps bénéficié du système mais se voient rapidement rattrapé par l’affaire Cahuzac . Pas assez vite néanmoins.

26/04/2013

Lettre ouverte du Dr Nicole Delépine(*) à Marisol Touraine

Drancy, le 16 mars 2013

Madame le Ministre,

Sous la présidence précédente votre groupe a dénoncé les conflits d’intérêt avec pugnacité et souligné que leur existence entraînait des choix souvent contraires à l'intérêt général. Les scandales du médiator et des pilules de dernières générations qui secouent actuellement l’opinion en sont des exemples démonstratifs.

Le même type de scandale sanitaire a frappé les USA où le président Obama a promulgué le Sunshine Act visant à instaurer une réelle transparence sur les conflits d’intérêts dans le domaine de la santé.

A la suite du rapport de la cour des comptes sur le sujet une loi destinée à assainir ces conflits a été votée en décembre 2011, sous la présidence précédente, reprenant la majorité des prescriptions du Sunshine Act et en particulier la publication des liens d’intérêts des experts sur Internet.

Malheureusement, sans aucune justification réelle, les décrets d’application publiés par votre ministère ont vidé cette loi de toute efficacité en rendant tout contrôle public très difficile au point qu’après les protestations des associations anti corruption, le Conseil de l’Ordre des médecins a publiquement déclaré ne plus pouvoir exercer le contrôle éthique qu’il est en charge d’exercer sur les médecins experts.

Sans au minimum transparence totale et au mieux éradication des conflits d’intérêts des experts de votre ministère et des agences de santé, de nouvelles catastrophes sanitaires sont inéluctables dont vous serez responsable.

Ce qui a été fait aux USA est possible en France !

Madame la Ministre,

Pensez-vous corriger les décrets incriminés et sinon quelles sont les motivations de vos décisions ?

Nous vous remercions de l’attention que vous prêterez à cette lettre qui met en cause des faits lourds de conséquences sur la santé de nos concitoyens. Je vous prie de croire, Madame en toute ma considération respectueuse.


(*) Le Dr Nicole Delépine est responsable de l'unité d'oncologie 2067749_14423969-delepine2colmax-20130412-r145g_298x224.jpgpédiatrique de l'Hôpital universitaire Raymond-Poincaré à Garches (92). Depuis 20 ans elle mène, dans des conditions particulièrement difficiles un combat pour l’amélioration de la prise en charge des malades atteints du cancer, pour le respect du droit des patients au choix thérapeutique et des soins personnalisés.

Avec l’association Amétist, Nicole Delépine mène le combat pour maintenir l’activité de l’unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital universitaire Raymond-Poincaré à Garches menacé de fermeture.

Plus d’informations sur le sujet

http://www.jolpress.com/sante-chirurgie-paiement-a-lacte-hopitaux-article-818565.html

http://www.jolpress.com/blog/frederic-zenouda-et-kevin-finel-medicaments-visiteurs-medicaux-business-cholesterol-diabete-818235.html

 

20/02/2013

Nicole Delépine aux 4èmes Etats généraux des infections nosocomiales et de la sécurité du patient

Nicole Delépine, fille de l'un des fondateurs de la Sécurité sociale, est responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'hôpital universitaire Raymond-Poincaré à Garches. Courageuse, opiniâtre, elle est entièrement dévouée à la cause de ses patients et à la liberté de choix thérapeutique. Nicole Delépine vient de publier aux Editions Michalon un livre choc, un livre de combat : «"Le cancer, un fléau qui rapporte" » 

Ce praticien de santé est une femme qui  ne passe pas par des chemins détournés pour dire ce qu’elle a à dire. Elle va droit au but : «Le cancer tue chaque année en France environ 150.000 personnes. Il en fait vivre bien davantage !». Le propos est net. Il est courageux et vigoureux, il vise  le lobby du « big pharma » au service d’une industrie pharmaceutique et de ses actionnaires qui prospèrent sur le « fléau qui rapporte".

Dans son livre elle n’hésite pas à s’attaquer aux pontes de la cancérologie française et aux  politiques qui les ont soutenus. Elle les accuse d’avoir mis en place des plans cancer en 2003-2007 et 2009-2014 coûteux et inefficaces. Plus largement, sa critique porte sur tout le système d'organisation des soins et de la recherche mis en place après la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

Nicole Delépine a assisté les 14 et 15 Février 2013 aux 4èmes Etats Généraux  des infections nosocomiales et de la sécurité du patient, où nous l’avons rencontrée et lui avons demandé de se prêter au jeu des questions réponses concernant cette manifestation. Ce qu’elle accepté avec beaucoup de gentillesse.

Bernard FRAU

Question 1 : Madame Nicole Delépine vous venez d’assister aux  4èmes  assises des maladies nosocomiales et de la sécurité des patients. Quel est votre sentiment général après ces deux jours de débats ?

Bonjour : il y avait là toutes sortes de personnes, de professions variées, et d’intention différentes. A côté de personnes  sincères désireuses de faire progresser la science et la sécurité des patients, et singulièrement les organisateurs d’autres étaient venus pour rassurer le peuple et leur faire avaler toutes sortes de contre vérités. Ces 4èmes  assises des maladies nosocomiales et de la sécurité des patients, comme d’ailleurs c’est généralement le cas avec ce type de réunion, me semble être l’offrande des autorités qui financent les états généraux pour les rassurer en utilisant des associations de bonne volonté.

Question 2 : N’êtes-vous pas un peu sévère ?

Franchement non, je suis désolée mais il s’agit pour moi d’une réelle différence dans l’approche  que j’ai de la relation du médecin avec son patient. Tenez par exemple  les fausses solutions qui font appel à l’aéronautique comme modèle semblent dépassées après l’accident de l’Airbus de 2011. Il est bien des études sociologiques qui démontrent que la multiplication des procédures tuent les procédures et aggravent l’insécurité qu’elles sont censées éviter. Les hôpitaux gèrent des hommes et non des machines. Le facteur individuel présent à tous niveaux ne peut être évacué. Les pilotes doivent éliminer le facteur humain les concernant mais envers une machine. Les soignants ne soignent pas des machines mais des humains ce qui complique singulièrement les procédures.

Question 3 : Sur quel point votre critique porte-t-elle plus particulièrement ?

Cette réunion me parait imprégnée de la folie de l’évaluation dénoncée par Roland Gori dans son livre. L’obsession des chiffres et des contrôles a envahi le milieu médical et fait reculer l’aspect humain de la médecine pourtant indispensable pour des soins efficaces et individualisés. Le plus regrettable est que les nombres ne mesurent jamais que les indicateurs des procédures et jamais leur efficacité sur la guérison des patients.

Question 4 : Quels ont été les moments que vous avez trouvés intéressants lors de ces assises ?

Les travaux concernant la résistance croissante aux antibiotiques m’ont paru un sujet essentiel. Néanmoins certaines solutions préconisées tel le référent antibiothérapie d’un établissement, peuvent être dangereuses. La coercition imposée à grande échelle dans de bonnes intentions a montré ses limites dans les grands hôpitaux de l’APHP qui ont imposé une seule combinaison d’antibiotiques autorisée à l’entrée des malades. Cette attitude rigide systématique ne tenant pas compte de la pathologie du patient ni de son histoire a conduit à des résistances rapides aux antibiotiques imposés, ce qu’on aurait pu rapidement imaginer sur une population large de nos grands hôpitaux. La réflexion là aussi doit être adaptée à chaque structure, à sa taille, aux pathologies. Les règles identiques imposées à tous au-delà de leur caractère autocrate,  ne marchent jamais.

Question 5 : D’autres points vous ont-ils parus aussi présenter un intérêt ?

Le chapitre sur l’utilisation des bactériophages est particulièrement intéressant. Cette pratique mise au point depuis plus d’un siècle est aujourd’hui abandonnée depuis l’ère des antibiotiques. Les résistances actuelles leur redonnent un regain d’intérêt mais il faut aller en Russie ou en Géorgie pour pouvoir en bénéficier. Bien que reconnue scientifiquement en France l’obtention « d’autorisation même temporaire d’utilisation » se heurte au véto administratif malgré les dossiers les mieux étayés. On peut supposer que le lobby des labos fabriquant les antibiotiques fortement onéreux voit arriver avec frayeur des traitements efficaces à 70 euros les six mois de traitement.

Question 6 : Que proposez-vous alors ?

Je propose de demander au ministère le même processus dérogatoire que celui qui permet aux thérapeutiques dites « innovantes » d’être administrées aux patients sur autorisation ministérielle après un simple dépôt de dossier tenant à prouver que « des études montreraient possiblement une efficacité importante pour les patients ». Ces molécules bénéficiant d’un remboursement à 100% de la sécurité sociale sur inscription d’une liste « en sus des GHM(*) » n’ont pas subi les étapes habituelles du circuit du médicament c'est-à-dire les phases 2 et 3.

Question 7 : Quels types de produits par exemple?

Les bactériophages pourraient être autorisés, - en attendant les résultats des essais thérapeutiques longs et couteux – dans le même cadre législatif au grand bénéfice des patients qui meurent trop souvent d’infection à pyocyanique ou staphylocoque doré résistant alors que cette technique aurait pu les sauver . En prime la sécurité sociale ferait  de larges économies et la résistance aux antibiotiques ne serait  pas  aggravée. Qu’attend-t-on, Mme le ministre ?

Question 8 : Lors de la dernière table ronde ont été abordées  les questions  relatives à la judiciarisation de la relation patient/praticien. Quels est selon vous le risque sous-jacent le plus important lié à la modification de cette relation?

Le risque le plus important est celui de la modification des pratiques médicales qui ne seront plus déterminées par la balance bénéfice-risque du malade mais par celle du risque assurantiel du praticien. Cette évolution très préoccupante est déjà très avancée aux Etats-Unis .On peut en citer trois exemples qui illustrent bien le propos : les fractures  de jambe, les tumeurs cérébrales malignes et les sarcomes des membres. Dans les trois cas la tendance est à l’orientation de l’acte médical dans le sens d’une protection accrue du praticien vis-à-vis d’une plainte potentielle de la part de son patient.

Question 9 : Le Président Obama a réussi à imposer  en 2011, aux  Etats-Unis,  le Sunshine Act. Cette disposition  impose la transparence totale des relations entre l’administration et  l’industrie pharmaceutique pour lutter contre la corruption et les conflits d’intérêt. En France, une loi similaire a été votée le 29 décembre 2011, que pouvons-nous dire la mise en œuvre de cette loi plus d’un an après son adoption ?

La loi initiée votée en France est satisfaisante. Mais les décrets d’application rédigés il y a deux mois par le ministère sous la pression du lobby des laboratoires (le LEEM) l’ont totalement vidée de sa substance en organisant de nouveau l’opacité sur les liens d’intérêts des experts : pas de base de données nominales des liens d’intérêts des experts, pas d’informations sur les sommes réellement touchées, interdiction de logiciels qui permettraient de les rechercher. De nouveau on se moque de la sécurité médicamenteuse...

Même l’ordre des médecins qui n’avait jusqu’ici pas été en pointe contre les conflits d’intérêts a protesté.  En vain.

Question 10 : Y a-t-il des points que vous auriez aimé voir abordés et développés et qui ne l’ont pas été ou insuffisamment ?

Le thème même des états généraux était la sécurité des patients. Il sera fondamental dans un prochain colloque d’aborder avec des intervenants libres de parole les méthodes et procédures utilisées dans nos hôpitaux à ce sujet et de se demander pourquoi les accidents se multiplient au lieu de diminuer malgré les efforts de tous , les sommes consacrées en particulier les postes budgétaires retirés du lit des patients au bénéfice des fonctions transversales le plus souvent de bonne volonté mais inefficaces parce que loin de la vraie vie.

Question 11 : « Le cancer un fléau qui rapporte (**) » vient de paraître vous en êtes l’auteur. Si vous deviez résumer d’une phrase  ce livre important, que diriez-vous ?

delepine 2.jpgCe livre expose l’organisation actuelle de la prise en charge des cancers en France depuis 2004, système autocratique qui bafoue deux principes essentiels : le malade a le libre choix de son médecin, celui-ci ne doit en aucun cas renoncer à son indépendance professionnelle. Ce travail démontre que malheureusement cette destruction de notre système de soins met en cause les bases mêmes de la sécurité sociale et se fait au bénéfice du capitalisme financier.

(*)Groupes Homogènes de Maladies

(**)"Le cancer, un fléau qui rapporte" de Nicole Delépine, (Michalon, 263 pages, 19 euros).

 
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