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03/09/2013

« Il n'y a pas d'autre option que la solution à deux Etats »

Samedi 17 août 2013 par Nicolas Zomersztajn

Les positions sur le conflit israélo-palestinien de Yaïr Lapid, israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,chef de file du parti centriste Yesh Atid, n’ont jamais été clairement définies depuis qu’il a fait son entrée éclatante en politique. Dans divers entretiens qu’il a accordés à la presse internationale cet été, il se montre favorable à la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël… tout en apportant des nuances très centristes.

Mais que pense donc le ministre israélien des Finances en ce qui concerne la solution à apporter au conflit qui oppose Israël aux Palestiniens ? Au regard des négociations qui reprennent, cette question n’est pas accessoire dans la mesure où Yesh Atid est la deuxième force politique de la Knesset et de la coalition gouvernementale.

Dans un entretien que Yaïr Lapid a accordé au Washington Post israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,en juin dernier, il déclare « qu’il n’y a pas d’autre option que la solution à deux Etats. Les israéliens doivent comprendre que les Palestiniens doivent avoir leur propre Etat ». En ajoutant qu’il a l’intention de faire le maximum dans cette direction, il a précisé qu’il ne le fait pas «par amour pour les Palestiniens, mais pour les intérêts d’Israël».

On ne peut lui reprocher cette précision puisqu’il s’agit d’un processus politique et non pas d’une histoire d’amour où tout le monde s’embrasse. Seul le résultat compte.

Comment envisage-t-il alors la question épineuse des colonies de israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,Cisjordanie et leur démantèlement ? « Comme nous entrons dans une solution de deux Etats, il faudra évacuer les implantations, il n’y a pas d’autre option », a répondu Yaïr Lapid. Israël devra libérer de nombreux territoires en Judée Samarie. Toutefois, il a précisé que les grands blocs de colonies comme Ariel, Maale Adumim et le Goush Etzion ne seront pas démantelées, ils seront annexés à Israël.

Dans un entretien accordé cette semaine au quotidien français Le Figaro, Lapid a expliqué avec plus de précisions ce qu’il entend par « libérer de nombreux territoires » : «Nous ne pouvons pas iisraël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,gnorer les précédentes négociations, et tout le monde sait de quoi je veux parler : les blocs de colonies resteront en Israël, Jérusalem restera israélienne, mais nous savons que la grande majorité des territoires sera rendue, donc que beaucoup de colonies seront évacuées. Je pense que ça me place de façon très claire sur l'échiquier politique».

Yaïr Lapid est centriste et il le revendique haut et fort : « Comme sur beaucoup de sujets, je ne suis ni de droite, ni de gauche: je suis au centre ». Il représenterait donc ce marais censé détenir la clé de la solution.

Yaïr Lapid n’ignore pas cet élément déterminant : « La majorité des Israéliens sont modérés et comprennent très bien ce qui est nécessaire pour parvenir à la paix. Je suis un réaliste, un pragmatique, mais ça ne veut pas dire que je sois dépourvu de convictions. Je crois profondément au processus de paix, et aussi dans l'importance de la classe moyenne israélienne, qui comme partout dans le monde, connaît une crise globale en voyant son pouvoir d'achat se réduire. En tant que ministre des Finances et en tant que représentant du parti Yesh Atid, je ne pense pas qu'il soit judicieux de dépenser de l'argent dans des colonies qui seront évacuées. Mais aussi longtemps que des gens y vivent, le pays ne peut pas les ignorer ».

Bien qu’il ne tienne pas le discours de Shalom Archav et qu’il ne ponctue son propos d’aucune considération éthique sur la corruption morale et politique qu’entraînent l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie et Jérusalem-Est, Lapid annonce malgré tout clairement ce qu’il est prêt à faire.

Ce qui n’est absolument pas le cas de Benjamin Netanyahou, le chef du gouvernement dans lequel Lapid siège.

Concernant Netanyahou, Yaïr Lapid vient de critiquer israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,publiquement sa décision d’autoriser la construction de plus de 900 logements à Gīlo (Jérusalem-Est) et de plus de 2.000 autres en Cisjordanie alors que les négociations entre Israéliens et Palestiniens reprennent après trois ans de suspension. « Je pense que c'est une décision qui intervient à un très mauvais moment, à la veille de la reprise des négociations avec les Palestiniens et alors que nous devons faire preuve de bonne volonté », déclare Yaïr Lapid aux journalistes du Figaro.

Une fermeté que les militants du camp de la paix apprécient. Mais le problème c’est que Yaïr Lapid est centriste. Cette condamnation ne l’empêche nullement de demeurer attaché à l’indivisibilité de Jérusalem. «Sur le fond, cette décision [d’autoriser la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est] ne change pas grand-chose. Comme une majorité d'Israéliens, je pense que le statut de Jérusalem n'est pas en question et que la ville ne doit pas être divisée».

Pourtant Yaïr Lapid entend ne pas s’en tenir à une simple déclaration dans les média. « Mais quand bien même, il n'y a pas de raison pour annoncer juste à ce moment des mesures qui pourraient discréditer un processus déjà entouré de méfiance mutuelle et de mauvais souvenirs. Je suis donc allé contre mon habitude de jouer collectif, et j'ai décidé de m'opposer clairement et ouvertement à cette décision. Même si ces appels d'offres ne sont qu'une étape dans une procédure complexe, c'est d'une certaine façon encore pire. Je veux être sûr que mes partenaires dans la coalition comprennent que je ne laisse pas passer ça ».

Si Yaïr Lapid fait ce qu’il et dit ce qu’il pense, on pourrait considérer que le centre israélien a bien changé et qu’il ne se contente plus du traditionnel « ni, ni ».

Les militants du camp de la paix ne se satisferont sûrement pas israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,des déclarations de Lapid et c’est normal. Ils ne doivent pourtant pas négliger la portée des propos d’un homme politique qui a fait une percée électorale sans jamais se prononcer sur la question des territoires palestiniens pendant la dernière campagne.

Et un ministre des Finances qui fait le lien direct entre dépenses publiques et colonisation, c’est un bon début.

Source : info@cclj.be Centre Communautaire Laïc Juif David Süsskind asbl, Rue de l'Hôtel des Monnaies 52 à 1060 Bruxelles - Tel: +32 2 543 02 70 - 

http://www.cclj.be/article/2/4652

 

30/11/2012

La Palestine Etat observateur à l'ONU : Pour 138, Contre 9, Abstention 41

Jeudi 29 novembre, jour oh combien symbolique qui ONU Timothy A clary.jpgmarquait le 65e anniversaire du vote en 1947, d'une résolution de l’ONU portant partage de la Palestine mandataire entre un Etat juif et un Etat arabe, Mahmoud Abbas  a plaidé avec  succès, à New York, devant les membres de cette même Assemblée, pour  faire aboutir une motion déposée en vue du rehaussement du statut de la Palestine.

Une très large majorité de 138 Etats, dont la France et la Russie, lui a répondu favorablement.

1794548_3_28d8_un-enfant-palestinien-a-gaza-le-22-novembre_ab37d8d80216c0c2c59a83cf4870f333.jpgJusqu'à ce jour  simple observateur, la Palestine acquiert à l’issu de ce votez un statut d’Etat observateur non membre, identique à celui dont dispose le Vatican.

Une majorité simple aurait suffi. Les Palestiniens ont rallié au-delà des deux tiers des délégués des pays représentés aux Nations unies.

C’est un succès diplomatique indéniable pour le président de l'Autorité palestinienne.

Neuf Etats ont voté contre, Israël, les Etats-Unis, le Canada et la République tchèque.  Quarante et un pays ont fait le choix de l'abstention. Parmi eux  une dizaine de pays de l’UE parmi lesquels l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Bulgarie.

Les débats qui ont précédés ce vote historique ont clairement marqués les positions respectives des parties en présence.

Des deux côtés, israélien et palestinien, ont été réaffirmés, parfois de façon virulente, les droits «inaliénables» de chacun à vivre indépendants et en paix  sur cette terre des fils d’Abraham !

1798182_3_b3e9_mahmoud-abbas-a-la-tribune-des-nations-unies_a4ec260fcca8a0259bed6b3c563753b3.jpgPour les Palestiniens il s’agissait d’accorder  "un certificat de naissance" à un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale et une solution négociée pour les réfugiés.

Côté Israélien l’intervention de l’ambassadeur chargé de répondre au leader palestinien a montré que l’état d’Israël n’était pas convaincu par l'initiative palestinienne qui selon lui  "ne fait pas avancer, mais reculer la paix".

Indiquant que sa démarche ne cherchait en aucune manière à délégitimer Israël, rappelant sa disponibilité à placer sa démarche comme une tentative pour  « un dernier effort sérieux pour faire la paix », Mahmoud Abbas n’en a pas moins dénoncé avec force la politique de Tel-Aviv dans les territoires occupés, mettant en garde les autorités israéliennes : « une fenêtre d'opportunité se referme, le temps commence à manquer »!

Ron Prosor, l'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, sur le mode de la surprise feinte à propos du choix du Ron Prosor et Suzan Rice.jpgprésident de l’Autorité palestinienne de venir à New-York plutôt qu’à Jérusalem (*) pour faire valoir ses aspirations, s’est contenté de conclure, il faut le dire de façon un peu « méprisante» mais aussi «très politique» que celui-ci, Mahmoud Abbas, dans l’incapacité de se rendre dans une partie du territoire – Gaza sous contrôle du Hamas – qu’il revendique pour son état (**), ne souhaitait pas en réalité répondre positivement  à l’offre israélienne pour engager de véritables négociations.

Ron Prosor a conclu en direction de l’auditoire par une déclaration en forme d’avertissement : «N'encouragez pas les Palestiniens dans cette marche folle».

Il n’a pas été suivi ! Ce qui, le résultat connu, a déclenché l’ire de Benyamin Netanyahou qui a très 4759156.jpgvivement réagit à l’intervention du leader palestinien dont il a dénoncé «un discours diffamatoire et venimeux rempli de propagande fallacieuse contre l'armée israélienne et les citoyens d’Israël » ajoutant «Quelqu'un qui veut la paix ne parle pas comme cela»

Cette prise de position, qui sonne comme une fin de non470420.jpg-recevoir à toute ouverture au dialogue, d’un Premier ministre en campagne électorale, est intervenue au moment où dans un communiqué, comme  Susan Rice l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU et la Grande-Bretagne, la présidence française a appellé à «l'ouverture immédiate de négociations » sans conditions préalables.

Il faut espérer que, passé le temps de la campagne électorale et de ses excès,  Benyamin Netanyahou saura se mettre à la hauteur des enjeux supérieurs de la région – la sécurité des deux Etats garantis par une paix durable conclue après 65 ans de conflits permanents – et qu’il fera oublier tranquillement ses déclarations qu’il faut  mettre sur le compte de la mauvaise humeur du moment et de l’emballement médiatique qu’a pu susciter cette décision historique .

En tout état de cause, sur le fond, cette surenchère 1483533_3_8942_en-2007-la-conference-d-annapolis-aux_781b129d1624f51f4f5210436bc56515.jpgmédiatico-diplomatique, n’apporte rien car elle ne plaide pas en faveur de la paix. Une paix d’ailleurs voulue par de nombreux israéliens eux-mêmes. Elle n’est surtout n’est pas adaptée à la nouvelle donne née au Moyen-Orient des récentes révolutions arabes.

«La décision de l'ONU ne changera rien sur le terrain» ! Et pourquoi donc ?

«Il n'y aura pas d'Etat palestinien sans arrangements garantissant la sécurité des citoyens d'Israël». Qui oserait aujourd’hui affirmer le contraire ?

« En présentant leur demande à l'ONU, les Palestiniens ont violé leurs accords avec Israël, et Israël agira en conséquence », a indiqué le leader israélien, visiblement fermé à toute réouverture d’un dialogue interrompu depuis deux ans.

Cette position est intenable, comme est intenable celle  de Dany Ayalon – le vice-ministre des affaires étrangères israélien – qui, de son côté,  emboitant le pas de Netanyahou a été encore plus violent : «Aujourd'hui, nous ne sommes plus tenus par nos accords avec les Palestiniens, et nous agirons en fonction de nos intérêts... La Communauté internationale a une fois de plus fait la preuve de son irresponsabilité».

Le seul soutien des Etats-Unis ne suffira pas à Israël pour trouver les voies de la Paix et de la Sécurité. Surtout si les dirigeants israéliens se figent dans une posture d’intransigeance diplomatique !

29 11 2012.jpgQuoi qu’en disent Benyamin Netanyahou, Avigdor Libermann et les faucons du Likoud et des Partis religieux, ce vote ouvre aux Palestiniens des possibilités diplomatiques importantes. Israël devra en tenir compte à un moment ou à un autre.

(*) Si pour la communauté internationale Tel-Aviv est la capitale officielle de l’Etat d’Israël, dans l’esprit d’une large majorité de diplomates israéliens Jérusalem reste la seule véritable capitale possible de l’Etat hébreux. Dans son intervention Ron Prosor  a d’ailleurs rappelé avec force « les droits du peuple juif sur la terre d'Israël ».

(**) L’initiative de Mahmoud Abbas avait le soutien explicite des autorités du Hamas en place à Gaza ainsi que de celle de Khaled Mechaal, Le chef du Hamas en exil. «Le Hamas salue toute initiative, y compris celle consistant à aller aux Nations unies, tant que cela ne porte pas préjudice aux droits des Palestiniens», a déclaré à l'AFP le porte-parole officiel du mouvement palestinien à Gaza, Sami Abou Zouhri.

 

 
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