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25/01/2012

Centrale nucléaire de Civaux : rapport accablant .

centrale-de-Civaux_pics_180.jpg13 janvier 2012 alerte au site Nucléaire de Civaux dans la Vienne, lors d’un contrôle de la qualité des eaux souterraines sous la centrale, des agents constatent une présence anormale de tritium dans la nappe phréatique – taux indiqué par EDF 540 becquerels/litre d’eau alors que le taux attendu est de 8.

Un tel niveau de mesure signifie qu’une fuite importante existe et qu’il convient d’abord de la situer puis de la circonscrire car le produit est dangereux.

Le tritium est, en effet, un produit issu de la réaction nucléaire, généralement stocké dans la centrale, dont le rejet ne peut s’effectuer, sous forme liquide, que, dans le cas présent, dans la Vienne qui se trouve à proximité. Qui plus est les rejets de tritium, lorsqu’ils sont effectués, sont soumis au respect d’un cadre précis de  procédures.

Après recherche, il apparaît que la fuite résulte d’une double défaillance qui touche à l’étanchéité d’un robinet ainsi qu’à celle d’une bâche de rétention du produit. L’eau chargée au tritium, mélangée à d’autres effluents radioactifs, contenue dans le réservoir de stockage, s’écoule dans le sous-sol en direction de la nappe.

EDF.jpgInterrogé par les médias, le directeur du parc nucléaire d’EDF répond : «  ce n’est pas normal. Ce genre de chose ne doit pas arriver. Mais la fuite a été stoppée jeudi, les travaux sont encours et il n’y aura aucune conséquence sur la santé ».

Puis la communication de l’opérateur EDF, se poursuit sur le thème : l’eau de la nappe ne sert ni à la consommation d’eau potable ni pour des besoins agricoles précisant que la concentration de tritium relevée dans les prélèvements est très inférieure à la limite de potabilité de l’eau que l’OMS – Organisation mondiale de la Santé – a fixée à 7800 becquerels par litres.

Si nous devions nous en tenir aux propos lénifiants de ce responsable important d’EDF, on pourrait au fond se dire que: bon, il y a eu un incident mais tout cela a été pris en main rapidement. De plus il n’y a pas d’incidence pour la santé. Tout va bien nous sommes revenus à la normale.

Sauf que, c’est grave et scandaleux !

La référence à la norme OMS est une manipulation grotesque que le Président de la Criirad – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – Roland Desbordes dénonce avec véhémence.

Cette référence est « scandaleuse » dit-il, «  Plus personne n’utilise cette norme tant elle ne veut rien dire. La recommandation européenne fixe un seuil d’alerte à 100 Becquerels par litres. Au Canada le seuil est à 20 ». Pour mémoire les prélèvements à Civaux font état d’un niveau de contamination à 540 becquerels par litre.

Mais il y a plus grave et plus inquiétant !

L’Autorité de Sureté Nucléaire, à la suite de la découverte de la fuite d’eau contaminée, s’est transportée sur le site pour prendre, par elle-même, la mesure effective de la situation.

Le retour d’information est accablant pour l’opérateur EDF qui a sciemment minimisé la gravité de la situation.

logo_asn.pngSelon Anne-Cécile Rigail – chef de la division de l’ASN Bordeaux – l’état général des installations de stockage est «  tout à fait inadapté. Le revêtement du bassin de rétention, en résine, était fissuré, craquelé ». Cette situation est révélatrice «  des défaillances tout à fait notables chez EDF » et surtout  « une application insuffisante de la réglementation ».

Cette visite a fait l’objet d’un rapport d’inspection détaillé qui a été envoyé à la direction de la Centrale le 23 janvier.

Ce rapport pointe de façon nette les manquements d’EDF dont les principaux sont :«Une attention insuffisante aux risques de contamination par le tritium, tant en ce qui concerne l'état de la capacité de rétention, les programmes de surveillance du génie civil, le choix des méthodes de mesures employées par le service de prévention des risques et la formation des agents».

Il y est par ailleurs indiqué qu’«à l'intérieur de la capacité de rétention, des fissures sont présentes dans le béton, dont certaines ont manifestement fait l'objet d'une réparation d'étanchéité à l'aide de mastics ou de gels de silicone»

De même le rapport attire l’attention sur la présence de cloques percées dans le revêtement armé des bassins «révélant la présence de liquide entre le revêtement et le béton qu’il est censé protéger»

Jacques-Repussard_pics_390.jpgCes trois remarques éclairent d’une lumière crue le jugement porté par Jacques Repussard – directeur général de l’Institut de Radioprotection (IRSN) – lors d’une interview accordée au JDD le 1er Janvier où il répondait à la question : «Estimez-vous que les centrales françaises ne sont pas sures ?».

La réponse a été on ne peut plus claire : «Il y a des vulnérabilités, il faut les traiter. Au quotidien, un certain nombre de manques existent. Parfois, des opérateurs manquent de vigilance, sur des problèmes de sous-traitance par exemple».

L’ASN a demandé à ce que soient réalisés dans les plus brefs délais les travaux nécessaires, que toutes les procédures – information, alerte, et contrôle – soient révisées et que soit entreprise une révision des formations des agents.

Ceci et bel et bon mais très largement insuffisant !

dkY8qgt7WpE4iqU5rYX2EXbWm4kDiR9iQuicklook.jpgAu mois de septembre 2011 une filiale d’AREVA a été condamnée par la cour d’Appel de Nîmes pour « déversement de substances toxiques dans les eaux souterraines » après qu’un débordement de cuve se soit produit sur le site du Tricastin.

Il faut qu’aujourd’hui l’état introduise une instance auprès des juridictions concernées, visant la direction d’EDF  et les responsables de la centrale de Civaux.

Sur un plan plus général il est manifeste que le passage au privé d’EDF se traduit par des restrictions à tous les niveaux de la gestion au quotidien des centrales nucléaires dont il faudra bien un jour décider la fermeture programmée.

nucleaire-non-merci.jpgPour la période de transition des règles strictes doivent être établies dont l’application devra être surveillée par un organisme indépendant, pour que les arbitrages économiques s’effectuent en priorité pour assurer la sureté des centrales et non pour améliorer le profit des actionnaires.

21:00 Écrit par Bernard FRAU dans Energie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : civeaux, centrale nucléaire, areva, edf, tritium, asn, criirad, jacques repussard, irsn, roland deborde, tricastin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

07/05/2011

Jacques Repussard DG de l'IRSN, et le risque de catastrophe nucléaire

PARIS (AFP) - La France doit accepter de se préparer à des accidents nucléaires "complètement inimaginables", qui représentent le plus grand danger pour ses installations, comme le prouve la catastrophe de Fukushima, a estimé jeudi le directeur général de l'IRSN, Jacques Repussard.

000_hkg4718188_1300792728.jpg"Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables parce que ce qui nous menace le plus, ce n'est pas un accident +standard+", a déclaré le responsable de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) lors d'une audition parlementaire.

En France, avec EDF, "nous avons un des opérateurs nucléaires parmi les plus compétents au monde, il est donc d'autant moins vraisemblable que nous soyons confrontés à un accident +standard+", a estimé M. Repussard.

"Si un accident se produit, le moins invraisemblable est que ce soit un accident absolument extraordinaire, lié par exemple à des effets dominos avec d'autres installations voisines, des aléas naturels ou des actes de malveillance. Il faut se préparer à ce type de scénarios", a averti le responsable de l'IRSN.

A la lueur de l'accident survenu dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, le gouvernement français a décidé de lancer un audit sur la sûreté des installations nucléaires de l'Hexagone prenant en compte des cas de figure extrêmes, jusqu'alors écartés par les opérateurs ou les experts chargés de la sûreté.

arton16397-fa73f.jpg"Pour les Japonais, ce n'était pas réaliste ce tsunami de 15 mètres de haut" alors que la digue protégeant la centrale de Fukushima n'avait été rehaussée que de 5,7 mètres, a relevé Jacques Repussard.

"Il faut faire des scénarios réalistes dans un contexte qui n'est pas réaliste pour notre imagination, c'est ce qui s'est produit au Japon", a-t-il conclu.

Le directeur de l'IRSN s'exprimait dans le cadre d'une audition de la mission parlementaire sur la sûreté des installations nucléaires, créée après la catastrophe de Fukushima et confiée à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST).

"Personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais d'accident nucléaire en France", a répété le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste, auditionné lui aussi.

Il revient "aux exploitants, aux autorités de contrôle, au gouvernement, de faire ce qu'il faut pour réduire cette probabilité. A nous tous de faire ce qu'il faut pour en réduire les conséquences, mais à l'évidence il faut que nous soyons capables de les gérer", a-t-il insisté.

263212.jpgL'audition parlementaire ouvrait un séminaire international consacré à la gestion post-accidentelle des crises nucléaires, organisé par l'ASN jusqu'à vendredi dans les locaux de l'Assemblée nationale.

Source © AFP

01:27 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irsn, asn, fukuschima, opecst | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
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