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27/05/2012

Shame on You Ms Christine Lagarde !

6fe9e994-c7e7-11e0-be7b-3e283aca3183.jpgIl n’aura pas fallu très longtemps pour que de vives réactions se multiplient après que la directrice général du FMI, Christine Lagarde, dans une interview au Gardian ait invité les Grecs à acquitter leurs impôts.

Celle-ci ajoutant, pour illustrer un peu mieux ses propos, qu'elle « pense davantage à ces petits enfants d'une école d'un petit village du Niger qui n'ont que deux heures de cours par jour, qui partagent une chaise pour trois et qui cherchent passionnément à avoir accès à l'éducation ».

Sans introduire de sélectivité à propos de la compassion que tout un chacun est en droit d’avoir envers la souffrance humaine en général, pourquoi les enfants du Niger et pas les innombrables autres enfants qui souffrent.

Ceux, par exemple, du Tamil Nadu en Inde (*), qui ont vu leur emmacollage.JPGécole ravagée par le cyclone Thane le 30 décembre 2011, ou ceux des populations de l’état d’Alberta au Canada dont on détruit la forêt boréale pour le seul profit des compagnies pétrolières, ou ceux encore des régions de la Corne Somalienne voués depuis plusieurs années à la famine et à la mort prématurée.

Et encore enfonçant le clou, comme s’il fallait nous expliquer « Je pense à eux en permanence, parce que je pense qu'ils ont davantage besoin d'aide que la population d'Athènes.». Quelle ignoble manière d’argumenter pour faire passer le message de l’austérité dont les peuples ne veulent plus connaître à l’heure où les paradis fiscaux ont encore de beaux jours devant eux!

grece-503809-jpg_344511.JPG« Je pense qu'ils devraient s'aider mutuellement (...) en payant tous leurs impôts » a-t-elle expliqué au journaliste du Guardian, en parlant de « tous ces gens qui tentent en permanence d'échapper à l'impôt ».

Madame Lagarde pense ! Excellente nouvelle ! En tout état de cause si, l’avocate internationale, ancien ministre des finances de Nicolas Sarkozy, pense elle ne fait pas preuve d’un grand courage dans ses admonestations.

Car, si elle en avait eu ne serait-ce qu’un peu, de ce courage qui fait les grands dirigeants, elle se serait adressée plus particulièrement et de manière claire à ceux des Grecs qui effectivement ne payent pas l’impôt et qui pourtant sont richissimes, repus et assurés quoi qu’il arrive de s’en sortir.

Mais évidemment, personne n’ignore qu’il est plus facile de s’en prendre à la cohorte des humbles, des chômeurs, des salariés et des fonctionnaires, dont l’impôt en Grèce, faut-il le rappeler, est prélevé à la source, plutôt que de dénoncer les turpitudes des élites que l’on fréquente dans les grandes réunions internationales avec force risettes et congratulations hypocrites.

Christine Lagarde moins que personne n’ignore cela, c’est pourquoi ses propos sont minables!

Pourquoi l’Eglise Orthodoxe n’apporte-t-elle pas sa part 1646229_3_2232_le-pope-de-la-paroisse-sainte-sophie-une_1cfd27c94a086491e2b9616b3f762411.jpgcontributive à la solidarité de l’Etat ? Pourquoi les richissimes armateurs planquent-ils leurs avoirs en Suisse ou dans les paradis fiscaux européens et mondiaux ? Pourquoi ne prennent-ils pas leurs responsabilités en commençant par donner l’exemple de leur bonne foi et de leur confiance dans leur pays? Et pourquoi ne les oblige t-on pas ?

grece-crise-quotidien-inside_0.jpgEst-il raisonnable, comme le fait Christine Lagarde, de s’en prendre à un peuple qui lors des dernières élections législatives a sanctionné les partis qui soutiennent une politique d’austérité dont le résultat concret fait qu’en Grèce un jeune sur deux est au chômage ?

Décidemment nos élites, ou le personnel qui en sert, sont devenues autistes et incapables de sortir d’une idéologie fanatique qui les fait prendre l’équilibre financier, la compétitivité, et l’austérité pour l’alpha et l’oméga de la pensée politique moderne.

A moins qu’il ne faille comprendre à travers cette intervention brutale, immorale, irresponsable, honteuse et scandaleuse que le Fond Monétaire International pousse à l’exaspération la population grecque avec le secret espoir que celle-ci finira se déchainer et prendre la rue.

Ceci permettant de justifier par la suite un coup d’état, ourdi pour imposer une junte militaire favorable au plan des grandes autorités internationales financières à défaut de celles tenant de la conscience morale politique humaniste et universelle.

grece.jpgLa Grèce est en crise, les plans d’austérité, imposés par les « hommes en noir » de la troïka – BCE, FMI et UE  réunis –, se succèdent sans résultats concrets ni perspective de redressement économique.

Dans ce contexte de crise généralisé, en pleine campagne législatives, les déclarations de la directrice générale du Fond Monétaire International constituent une intrusion inacceptable dans le champ politique  et démocratique grec.

1537287_3_2d0f_evangelos-venizelos-au-parlement-grec-a.jpgDans un discours où il interpelle la directrice du FMI, lui demandant de « reconsidérer ses déclarations », le leader du Parti socialiste - Pasok - , Evangelos Venizélos, a accusé celle-ci d'avoir « humilié » le peuple grec. « Personne ne peut humilier le peuple grec en cette période de crise et je dis ça tout particulièrement à l'adresse de Mme Lagarde ». Comment ne pas lui donner raison ?

Devant le flot de critiques, Christine Lagarde s’est contentée d’expliquer sur sa page Facebook: « Ainsi que je l'ai dit à de nombreuses reprises par le passé, j'éprouve beaucoup de sympathie pour le peuple grec pour les défis auxquels il est confronté (...) Une part importante de cet effort réside dans le fait que chacun assume sa part du fardeau».

Bien peu de personnes ne sont convaincues par cette déclaration surréaliste qui ne fait que confirmer les propos initiaux de cette « dame patronnesse » qui voudrait nous faire croire qu’elle a du cœur en tentant de faire pleurer dans les chaumières sur le compte des enfants du Niger.

Cette nouvelle intervention, sur Facebook – quel mépris ! –, n’apporte aucun élément nouveau permettant de dire que le FMI est en mesure de proposer une contribution efficace au dénouement de la crise qui assaille la zone euro dans son ensemble.

La réalité et la lucidité aujourd’hui, au lieu de focaliser les débats sur le plus faible des 27, commande, aux chefs des états européens, de dire que la solution pour la zone euro réside prioritairement dans une renégociation générale des traités européens.

Il faut sortir de cette impasse qui est en train de faire de europe-crise-traite.jpgl’Europe  une vaste zone  de libre-échange inféodée, sous parapluie militaire de l’Otan, aux intérêts financiers du monde anglo-saxon et dirigée par une Allemagne inflexible et triomphante qui impose ses « nein » à répétition avec l’assentiment résigné de la France comme cela a été le cas avec Nicolas Sarkozy.

La solution doit être politique avant d’être financière !

Quoi qu’il arrive, la rigueur et l’orthodoxie dans la gestion des deniers de l’état sont nécessaires et tout manquement doit être sanctionné. Quel dirigeant conséquent, quel citoyen responsable pourrait ne pas être d’accord avec cela?

Mais quoi qu’il arrive aussi, rien ne pourra se faire sans que les peuples, qui n’ont que leur seule force de travail  à offrir comme contribution à la pérennisation de la solidarité collective, puissent être assurés de disposer, d’une activité qui leur permette, dans des conditions justes d’assurer le développement harmonieux et paisible de leurs familles.

Nos dirigeants, partie prenante à la crise européenne, auront-ils la sagesse, l’intelligence, la volonté et le sens des responsabilités pour, dans la transparence,  reconnaître que rien ne sera désormais possible sans une modification des traités européens effectuée dans un cadre pacifique et démocratique ?

En Grèce, le parti néo-nazi Chryssi Avghi – Aube Dorée –, a obtenu de 7% des voix aux dernières élections législatives, selon les derniers sondages sa présence au parlement grec serait assurée.

Les peuples à force d’être méprisés finissent toujours par se retourner contre leurs élites dirigeantes dont ils s’accommodaient bon gré mal gré jusqu’au moment ou ils décident qu’ils n’ont plus rien à perdre.

A force d’avoir méprisé l’Allemagne après 1914 en 220px-Bundesarchiv_Bild_102-13229,_Heinrich_Brüning.jpgs’époumonant « l’Allemagne paiera » les Européens et la France ont récupéré après que les Allemands, n’en pouvant plus ont choisit, en 1933, de porter au pouvoir Adolph Hitler alors que le chancelier Brüning scandait à longueur de discours depuis 1930 à un peuple allemand exsangue « austérité, austérité ».

Ceux qui ignorent leur histoire, sont condamner à la revivre dit l’adage. Allons-nous être suffisamment aveugles pour ne pas voir, toutes proportions gardées, les grandes similitudes entre la Grèce de nos années 2010-2012 et celles de l’Allemagne des années 30.

europe.jpgL’Europe de Maastricht nous a été vendue au nom de la Paix, prenons garde que demain une Grèce surarmée aux mains d’irresponsables nationalistes nous apporte la guerre en Méditerranée.

Madame Lagarde vous fûtes bien légère en vous laissant aller à proférer, du haut de votre poste directorial, ces propos d’une inqualifiable bêtise. Shame on You, Ms Christine Lagarde!

 

(*) APRES SCHOOL  à Pondichéry. « Une école pour changer l’avenir des enfants les plus défavorisés » http://www.apresschool.org/

Source photo enfants d'APRES SCHOOL    www.emmacollages.com

13/02/2012

Athènes: l'austérité et le chaos!

Lundi dans la nuit les Députés conservateurs et sociaux démocrates réunis ont voté un nouveau Plan d’austérité – autant dire une nouvelle cure de réduction du pouvoir d’achat et de souveraineté pour le Peuple.

70032_anti-austerity-protester-waves-a-greek-flag-in-front-of-the-heavily-guarded-parliament-in-athens.jpgDimanche la rue qui s’était manifestée pacifiquement et calmement dans un premier temps s’est enflammée après la charge des policiers anti-émeutes, qui semble-t-il s’en sont pris aux manifestants avec des cocktails Molotov.

 grece-manifestations-austerite.jpgAthènes a été mise à feu et à sang. Des scènes de guérilla urbaine ont embrasé la ville millénaire, berceau de la Démocratie et des manifestations se sont également déroulées à Salonique.

 

Pendant que le gouvernement se couchait et proposait à la représentation nationale d’en faire autant, dehors, sur la place Syntagma, devant le Parlement, chez les manifestants, venus dire leur rage et leur indignation drapeau national grec en main, un seul cri à l’adresse des parlementaires en train de les trahir, « kleftes, kleftes ! »  – voleurs, voleurs –

1642329_3_6be0_la-police-anti-emeute-prend-place-devant-le_9b7d4f1ae59a19249a39fa5279eee226.jpgLa nuit ensuite n’a été que jets de pierre et cocktails Molotov. En face, la police y a répondu avec force coups de matraque et bombes lacrymogènes. Des deux côtés plusieurs dizaines de blessés. Des immeubles ont été incendiés. Des agences bancaires et des commerces ont été saccagés. Des cinémas ont été ravagés par les flammes. En centre ville l’air est rapidement devenu irrespirable à cause des fumées dégagées par les incendies et tant il a été fait usage de bombes lacrymogènes.

Parmi les manifestants, malgré leur grand âge, le compositeur Mikis Theodorakis, 86 ans, fondateur d'un nouveau parti nationaliste, était Mikis théodorakis touché par les gazs lacrymo.jpgprésent. Il voulait voir dans les yeux « ceux qui s'apprêtent à condamner à mort la Grèce ». Avec lui le héros de la résistance Manolis Glezos, 89 ans, dont on dit qu’il a retiré le drapeau nazi accroché à l'Acropole en 1941. Le vieil homme indigné a déclaré : «Est-il possible d’imposer ces mesures à coups de gaz lacrymogènes ? Elles n'ont pas reçu le vote du peuple grec»  

Le Pasok – parti social-démocrate grec  de Papandréou – et la Nouvelle Démocratie – parti de droite libérale conservatrice –  et 1768c1a0-54cd-11e1-bcc1-796320d8122d-150x150.jpgdeux membres du LAOS – extrême-droite grecque – ont donc ensemble, ce lundi à une heure du matin, adopté, par 199 voix  sur 300, la potion de cheval imposée par Bruxelles. Quarante députés de la coalition ont refusé d’obtempérer. Ils ont été immédiatement exclus de leur groupe. De son côté le LAOS qui dès le 10 février s’était retiré de la coalition, s’est tenue à l’écart.

L’heure est maintenant à Athènes à la casse et à la révolte face à des élites complices d’un système qui lorsqu’il est en crise, ne voit son salut que dans la mise en coupe réglée des faibles avantages acquis après des années de dur labeur par ceux-là même qui n’ont aucune prise sur les ressorts du mécanisme financier qui les broie.

Qui peut blâmer ces gens qui ne veulent plus qu’on les traite de fainéants et de tricheurs ?

Jusqu’à quelle limite les stratèges de l’Union Européenne, du FMI et de BCE vont-ils exiger de faire marcher ce supplice du «presse purée» contre le Peuple Grec ?

Et puis d’abord, en quoi ce Peuple est-il responsable de la crise qu’on veut aujourd’hui lui faire payer ? Qui se tortore les intérêts exorbitants.de la dette grecque ?

8e14ebf4-e9bf-11e0-bbdf-8f61412ee623.jpgQui aujourd’hui vend à la Grèce un matériel militaire destiné à verrouiller l’espace européen méditerranéen face aux prétentions de la Turquie à faire main basse sur les réserves de gaz naturels que l’on vient d’y découvrir?

Pourquoi les instances Européennes n’exigent-elles pas du clergé orthodoxe grec repus, bourré d’or et d’argent, de mettre la main dans ses réserves et d’apporter sa part contributive à la sortie de crise du Pays sur lequel il vit grassement ?

772533361.13.jpgOn n’a laissé aux Grecs humiliés qu’un seul choix celui de la révolte, même celui de se prononcer par référendum lui a été refusé lorsqu’au G20 Papandréou a du se plier aux exigences de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel les bons soldats du FMI et de l’Amérique.

Tout en se félicitant du vote du parlement, les capitales européennes se disent inquiètes de cette puissante révolte populaire. Elles ont raison de l’être.

by-default-2012-02-11-at-2.jpegDemain viendra le tour des masses espagnoles, portugaises, italiennes et françaises d’avoir à porter la révolte et à faire tomber les nouvelles Bastilles. Celles où l’on veut enfermer les peuples dans l’austérité et la régression sociales doivent être rasées et leur gardiens dégagés.

L’avenir que les élites nous dessinent à Bruxelles, Londres et Washington dans les temples de la finance internationale n’est en effet ni tolérable, ni acceptable.

La révolte est toujours au rendez-vous quand la colère des Peuples est poussée à son paroxysme face à des élites sourdes et aveugles, compromises, pourries et corrompues. De ce point de vue une réaction en France mérite d’être soulignée. Celle de Ségolène Royale.

h-4-2061491-1295541115.jpgEstimant que les événements grecs avaient pour cause : « la dégradation de la démocratie, un pouvoir contrôlé par quelques uns,  la collusion entre les intérêts financiers et politiques», elle a déclaré « Ce qui se passe aujourd'hui en Grèce est dramatique. On voit 20 % de diminution du smic et, à aucun moment, il n'est demandé à la Grèce de lutter contre la fraude fiscale qui atteint des sommets vertigineux de la part des grandes fortunes», enchaînant interrogative, « Ça flambe à Athènes où est M. Barroso, l'ultralibéral que les dirigeants ont remis à la tête de la commission européenne, que fait le Parlement européen, où sont les ministres du conseil des ministres européens ! ».

La charge de la Présidente de Poitou-Charentes est rude. Elle n’y va pas par quatre chemins «C'est encore le système financier qui dicte ses règles au peuple grec, qui va imposer de nouveaux sacrifices dont on sait à l'avance qu'ils ne produiront rien car c'est un nouveau plan d'austérité qui va aggraver la récession européenne. Et personne ne dit rien!».

860104_francois-hollande-socialist-party-presidential-candidate-for-the-2012-elections-attends-the-questions-to-the-government-session-at-the-national-assembly-in-paris.jpgReste maintenant à savoir si le camarade Hollande saura tirer les leçons de cette embardée grecque prémonitoire. Les déclarations-programmes  du candidat à la Présidence de la République pour le début de son prochain mandat à la tête du Pays (sic)  ne semblent pas vraiment, au-delà des mots aller, dans ce sens. Pas plus d’ailleurs que celles du couple Merkel-Sarkozy couple dans lequel on ne sait plus qui demain sera le président de la France.

Evangelos papademos.jpegLa révolte grecque est légitime, le premier ministre l’ex-banquier Loukas Papademos, et le ministre des Finances, le socialiste Evangelos Venizélos, ont beau promettre des élections législatives pour le mois d’Avril, rien n’y fera, la machine du rejet est en route et elle n’est pas prête de s’arrêter!

grèce,ue,fmi,loukas papadémos,evangélos venizélos,françois hollande,ségolène royale,pasok,nouvelle démocratie,laos,g20,manolis glesos,mikis theodorakisLes autres dirigeants européens devraient y réfléchir très sérieusement pour eux-mêmes. Nous sommes tous aujourd’hui des Athéniens en devenir.

 

 
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