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15/06/2011

Plusieurs dizaines de milliers de Grecs dans la rue: Papandreou impuissant, et l’Europe avec lui !

128900_des-milliers-de-personnes-manifestent-devant-le-parlement-grec-contre-les-mesures-d-austerite-lors-d-une-greve-generale-le-15-juin-2011.jpgLa fronde gronde à Athènes, place Syntagma, où des milliers de personnes, encadrées par un dispositif policier impressionnant, manifestent, devant le parlement, leur refus de la nouvelle cure d’austérité que veut imposer le gouvernement socialiste en place.

C’est la troisième fois depuis le début de l’année que les Grecs répondent «présent» aux syndicats qui les ont à nouveau appelés à descendre dans la rue. Plus important, et c’est nouveau, cette fois les citoyens grecs se sont mobilisés après que le mouvement de protestation populaire des «Indignés», lancé en Grèce le 25 mai sur le modèle espagnol, les ait sollicités pour manifester leur colère.

296647.jpgLes contacts avec les forces de police sont rugueux. Aux jets de pierres des protestataires qui s’en prenaient aux bâtiments publics et aux voitures officielles en criant «voleurs» à l’adresse de la classe politique, les policiers ont répondu par des coups de matraque et des jets de gaz lacrymogènes. Des blessés ont déjà été évacués!

Le premier ministre, Georges Papandreou, dans un entretien avec le chef de l’Etat grec, Carolos Papoulias, a confirmé que son gouvernement allait «assumer ses responsabilités, continuer d'avancer et prendre les mesures nécessaires pour sortir le pays de la crise»

Papaandréou.jpgAprès la vague de mesures d'austérité imposées en 2010 et sous la pression des marchés financiers Georges Papandreou présente, au parlement ce mercredi, un nouveau projet de loi de finance «presse-purée» qui doit être voté fin juin. Ce plan d’austérité renforcée prévoie des économies nouvelles à hauteur de 28,4 milliards d'euros d'ici à 2015 et un train de privatisations massives.

Selon le chef du gouvernement, le versement de la cinquième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé en 2010 par l'UE et le FMI – 53 milliards ont déjà été versés à aujourd’hui – est subordonné au vote de ce projet de loi de finance par le parlement.

Tous les clignotants sont au rouge:

731043821.jpgLa majorité au parlement de Georges Papandreou est en train de se réduire des députés socialistes commencent à faire défection. Le dernier en date a quitté le groupe parlementaire mardi soir en déclarant que le gouvernement «avait échoué».

L’opposition refuse d’aller à une solution de consensus politique, que réclament les autorités financières bailleurs de fonds potentiels.

Les créanciers de la zone Euro et du FMI n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les solutions à mettre en œuvre pour sauver la Grèce d’un naufrage financier.

Les Agences de notation ont décidés d’attribuer à la Grèce une note CCC négative qui place le pays en situation d’être déclaré en défaut de paiement et rend toute possibilité de solution quasi impossible.

1875654.jpgLa Grèce est désormais au bord de la faillite et cela met en grave danger l’ensemble de la communauté européenne.

Les agences de notation, bras armé des marchés financiers qui veulent soumettre les peuples et les démocraties à leurs lois se livrent en réalité, à travers le cas grec, à une attaque en règle contre l’euro mais aussi et surtout contre toute tentative de la part des états de se sortir des difficultés par des solutions politiques sur lesquelles par définition elles ne pourraient pas avoir prise.

Combien de temps encore allons-nous accepter de poursuivre avec un système qui, les mêmes causes produisant les mêmes effets, conduit inexorablement les Peuples européens plus profondément dans les crises sociales et politiques pendant que les grands spéculateurs et les grands argentiers internationaux continuent leur «buissness as usual»?

520614.jpgL’Europe qui a été la grande absente de la campagne présidentielle de 2007 devra en 2012 faire l’objet d’un débat sans tabou s’agissant de la remise en question du Traité scélérat de Lisbonne qui interdit toute solution politique régulatrice au profit d’un libre échangisme intégral et sans limite.

Il n’est pas juste que des grecs fortunés puissent mettre leurs avoirs à l’abri en Suisse pendant qu’il est demandé citoyen moyen des efforts pour sortir le pays de ses difficultés. Des règles doivent être mise en place pour la circulation des capitaux.

Il est anormal que les états soient contraints de refinancer leurs dettes auprès des organismes privés. La Banque centrale européenne doit avoir un rôle qui dépasse le simple fait de contenir l’inflation.

justice-300x200.jpgIl est incongru que dans la même zone monétaire la règle d’harmonisation fiscale ne soit pas rigoureusement établie. La concurrence et le dumping fiscaux doivent tout simplement être interdits.

Peut-être faudra-t’il se poser la question de la mise en place d’une monnaie commune stabilisée, dans le cadre d’un système européen, en remplacement d’une monnaie unique qui, de fait, fait de la question sociale et de l’emploi la variable d’ajustement de politiques économiques qui aujourd’hui n’ont de nationales que la dénomination.

europe.jpgLa liste n’est pas limitative des questions que la grave crise grecque soulève quand au devenir du projet européen qui reste dans un monde multipolaire une nécessité à la fois culturelle, politique et géostratégique. En 2012 il appartiendra aux futurs candidats de préciser sur quelles orientations ils entendront, au nom de la France, intervenir, dans les grandes instances mondiales et européennes, lorsque le temps des vraies réformes sera venu.

 

17:47 Écrit par Bernard FRAU dans 7. Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : athènes, papandréou, euro, crise, 2012, ue, fmi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

07/09/2009

François BAYROU : Le cap n’a pas changé seule la voilure est modifiée.

article_Bayrou SIPA CHAMUSSY.jpg

 

Clôturant les travaux de  l’université de rentrée de son mouvement, qui s’est tenue ce week-end à La Grande-Motte, François Bayrou a levé le voile sur son plan de bataille en vue des élections de 2012. Pour lui  désormais ce n’est plus « Tout Sauf Sarkozy »  mais « Tous contre Sarkozy »

 

Offre publique de dialogue en direction du PS

 

 

Jusqu’aux européennes il a ferraillé seul contre tous et surtout contre le chef de l’Etat, entrainant son parti à devoir enregistrer une défaite électorale cuisante !

 

Le voilà revenu à la manœuvre, toujours candidat à la présidentielle de 2012, posant les bases  d’un plan tactique en vue de lui permettre d'être, au soir du premier tour, devant le candidat socialiste face à Nicolas Sarkozy.

 

Manip intelligente, il faut bien le reconnaître, mais ficelle un peu grosse tout de même que cette « offre publique de dialogue (…) à toutes les familles politiques qui veulent une alternance ». Cette opération de diversion a le mérite de confirmer et d’accentuer les lignes de fractures au PS !

 

627830_photo-1252082470305-1-0_150x113.jpgPEILLON et VALLS manifestent leur accord, l’un expliquant que François BAYROU est de gauche dès lors qu’il est dans l’opposition et l’autre se déclarant d'accord pour "dialoguer" afin de bâtir "un contrat de quinquennat, un contrat présidentiel" dans la perspective de 2012.

 

Benoît HAMON, proche de Martine AUBRY et porte parole du PS, est lui plus dubitatif. Sans repousser l’offre faite à son parti, il se contente de faire remarquer que le Modem siège au parlement européen dans un groupe - le groupe libéral – qui est favorable au  démentiellement des services publics.

 

François Bayrou va devoir donner des gages !

Manuel Valls lui a déjà tendu la perche en expliquant que conclure "un pacte de gouvernement des régions" serait "une bonne formule pour ne pas tromper les électeurs".

Lequel Bayrou lui a répondu par avance en précisant que l’accord régional sera discuté nationalement et rendu public au congrès programmatique de son parti qui se tiendra les 5 et 6 décembre à Arras.

Tout en voulant affirmer l’identité de son parti, François Bayrou vient de faire un pas à gauche et du coup s’est très clairement dans les partisans de la bipolarisation de la politique française : « Il y a deux camps, a-t-il indiqué. Il y a ceux qui signent pour que le régime actuel dure dix ans. Et il y a le camp de l’alternance. »

 

Finie la 3ème voie arbitre au centre et choisissant entre la gauche et la droite de gouvernement l’objectif est désormais d’être le premier à gauche pour affronter le candidat de l’autre bord.

 

Fini aussi le rêve d’un grand parti démocrate écologique humaniste et social incarnant la modernité, que souhaitent une très large partie des français et qui reste à construire.

 

Si François Bayrou se donne les moyens de tenter une opération de sauvetage de meubles après son échec aux européennes, il fait fi, en même temps, de tout ce qu’il pouvait y avoir de novateur dans la démarche qu’il a proposée au 1er tour de l’élection présidentielle passée.

 

Il faut désormais que les écologistes du Modem se positionnent.

 

corinne_lepage.jpgCorinne Lepage qui, dans un excellent article paru dans Marianne a déclaré, «  Le système droite-gauche est obsolète. Le vivre autrement doit se conjuguer avec le politique autrement» est la première concernée !

 

Elle qui, dans le même article, ajoutait «  La réalité est qu’il existe aujourd’hui deux manières de voir le monde. La première consiste à adapter à la marge (plus ou moins grande) le système actuel » …. « La seconde manière est celle du XXIe siècle. Elle repose sur l’acceptation de la finitude du monde qui exige de repenser en totalité nos modes de production et de consommation mais aussi notre comptabilité et notre organisation » peut-elle rester sans réagir ?

 

Peut-elle cautionner le nouveau positionnement de François Bayrou  qui, en réalité en proposant l’alternance, ne fait que proposer une nouvelle variante de la guerre interminables de productivistes contre  d’autre productivistes qui n’ont pour seul véritable horizon que le retour impossible du cycle infini de croissance?

 

Le choix est désormais entre Anciens et Modernes !

 

Oui nous pensons comme Corine Lepage que le choix, s’il reste binaire, n’est plus entre droite et gauche mais entre Anciens et Modernes. C’est pourquoi nous lui tendons la main pour construire non pas l’alternance à l’UMP mais autre chose.

 

Autre chose, pas une 3ème voie ! Un autre chemin, qui transcende à la fois la gauche et la droite sur lequel la famille écologiste doit se retrouver pour être résolument engagée face aux défis de notre temps !

 

21:53 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dialogue, modem, ps, ump, 2012, bayrou, peillon, lepage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
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