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04/11/2013

Unité Onco Garches: Communiqué de presse AMETIST.

 

SOS Leny, AMETIST, Unité d'oncologie pédiatrique de Garches, Carine Curtet, Bernard FRAU, Nicole Delepine, Zineb Medjouari, Christelle Mathillon, Regarde la Vie,  Humanisme-Ecologie-République appelle tous ses amis et militants à soutenir la manifestation organisée par AMETIST, SOS LENNY et Regarde la Vie.

Rejoignez-nous, signez la pétition.

Le combat est digne de l'encouragement de tous les humanistes qui veulent un monde meilleur, plus éclairé où la technique ne dépasse pas les hommes au point de devenir avec l'argent et la bureaucratie le centre de tout projet proposé pour l'avenir par les bien-pensants pour l'avenir.

Bernard FRAU Délégué général

sos leny,ametist,unité d'oncologie pédiatrique de garches,carine curtet,bernard frau,nicole delepine,zineb medjouari,christelle mathillon,regarde la vie

IL FAUT SAUVER L’UNITÉ d'ONCOLOGIE PÉDIATRIQUE 

de

Garches

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/

 Les associations SOS Lenny, Regarde la vie, et Ametist vous invitent à vous mobiliser pour lutter contre la fermeture du service d'oncologie pédiatrique de l'hôpital de Garches en venant nous soutenir et remettre la pétition de plus de 14 000 signatures à Madame La Ministre de la Santé.

R.D.V le mardi 12 novembre 2013, à 16 h

Ministère de la Santé

14, avenue Duquesnes, 75007 Paris

Métro : Ecole Militaire

  

Venez nombreux nous soutenir !

Avec vos amis vos voisins vos relations et vos amis musiciens ce sera la nouvelle fête de la musique du 12 novembre 2013 d'autant que, pour l'instant, la ministre ne veut pas nous recevoir trop occupée pour les enfants cancéreux sûrement !

Ils nous envoient à un conseiller "territorial" quand on parle de soins on vous répond territoire !

Scandaleux hurlez votre rage et venez faire du bruit en musique pour que, peut-être ils nous entendent enfin !

Carine CURTET - Zineb MEDJOUARI - Christelle MATHILLON

AMETIST/ SOS LENNY Regarde la Vie

 

Contact Presse :   Bernard FRAU Port : 06 63 24 00 66

Courriel : bernard.frau@sfr.fr

ASSOCIATION A.M.E.T.I.S.T. : 01.43.81.51.84 /01.43.71.37.70

BAT C 50 bis bd de la république
93190 Livry-Gargan

 

 

16/10/2013

Légiférer sur le vivant est toujours arbitraire

 

Entre le plus petit des homo-sapiens (120 cm) et le plus grand (240 cm), le rapport est de deux. Entre le plus léger et le plus lourd, le rapport est de 8. Entre le plus rapide et le plus lent, il est environ de 10. Nous pourrions estimer d'autres rapports entre personnes sans handicap, par exemple 15 pour le saut en hauteur et 20 pour l'haltérophilie, et à l'avenant pour toutes les performances physiques.

Quant aux capacités sensorielles, mnésiques, cognitives, oniriques, créatrices ou affectives il est évidemment difficile de les chiffrer, car les instruments et leurs mesures sont toujours contestables. Mais au vu des ratios physiques sus mentionnés, il semble difficile ici d'en imaginer un seul qui soit supérieur à 30.

Le XX° siècle qui a tenté des évaluations pseudo-scientifiques en ces domaines ayant conduit aux horreurs totalitaires que l'on sait, il ne nous reste donc plus que la législation pour décréter, par exemple, qu'aucun homme ne peut en valoir plus de trente fois un autre.

Cette loi ne serait ni plus ni moins arbitraire, ni plus ni moins contestable que toutes celles qui concernent le vivant. Dire que la vie embryonnaire laisse place à la vie fœtale à huit ou douze semaines est un postulat n'ayant d'utilité que pour les lois sur l'IVG. Décider qu'un fœtus de moins de 180 jours ne peut être déclaré à l'état civil relève d'un sens que certains ne trouveront pas être le bon sens.

L'âge de la majorité sexuelle, le taux d'alcoolémie compatible avec la vigilance ou encore l'hétérosexualité obligatoire du couple parental semblent désormais ne devoir relever que de décrets ou de lois.

A ma connaissance, malgré le caractère toujours arbitraire de ces lois sur le vivant, toutes les nations qui en ont promulgué s'enorgueillissent aujourd'hui de leur œuvre civilisatrice. 

Voilà pourquoi je suis surpris par les cris d'effraie que poussent les présidents lorsqu'on leur suggère de légiférer sur la valeur salariale des hommes. Qui pourrait être choqué par un ratio à trente de cette valeur, empêchant tout footballeur, PDG ou comédien d'avoir un revenu annuel (primes et options comprises) dépassant trente fois le SMIC.

L'argent serait-il devenu, pour le législateur, plus tabou que le sexe, l'alcool ou la vie embryonnaire ?

Quant aux financiers qui s'alarment de lois qui risquent d'être contre-productives, leur langue de bois ne peut ignorer que toute législation nouvelle entraîne inévitablement sa marge d'hérésies temporaires.

Ce ratio arbitraire de 30 pour la valeur des hommes, en plus de sa valeur morale, pourrait avoir une certaine valeur esthétique, car il siérait au plus grand nombre.

Il faudrait cependant s'abstenir d'y adjoindre des valeurs inverses pour incompétence, car le rapport entre le coût de l'incompétence du PDG et celle du cheminot ou du mineur de fond est si élevé que l'établir serait inélégant et franchement inesthétique. 

Source :"Humeurs médicales" Le blog du généraliste. 

http://www.lucperino.com/blogs/echelle_salaires.php

A propos de l’Auteur de l’article : 

"Humeurs médicales" fait référence au titre de l'un des essais de Luc Perino. Ce médecin généraliste continue ici, comme dans la plupart de ses ouvrages, à promouvoir la médecine clinique et à susciter la réflexion sur nos excès sanitaires.

Luc Perino continue inlassablement à y militer pour plus de rigueur clinique et scientifique tout en dénonçant les dérives du système sanitaire et sa soumission au marché ou à la démagogie.

Ces chroniques destinées aux professions de santé, aux acteurs institutionnels et au public intéressé par les sujets de santé, paraissent trois à quatre fois par mois dans le journal "Le Monde", puis dans la revue professionnelle "Le Généraliste".

Elles sont reprises sur le site "Humeurs médicales" en accord avec ces deux journaux.

 

Date de publication : 28/03/2013

Lu sur: HER

http://humanisme-ecologie-republique.blog4ever.com/blog/l...

humeurs médicales, Le Généraliste, Luc Périno,  l'argent, Entrer des mots clefs

 

 

18:53 Écrit par Bernard FRAU dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humeurs médicales, le généraliste, luc périno, l'argent | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

18/09/2013

Situation intenable à l'Hôpital Raymond Poincaré de Garches!

Alors que la pérennisation de l'Unité d'Oncologie pédiatrique, de l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches, après le départ à la retraite du Docteur Nicole Delépine en Juillet 2014, fait l’objet de discussions au Ministère de la Santé, au quotidien la tension monte, chez les médecins, les infirmiers, les aides-soignants et les parents des malades.

Rien ne filtre sur les intentions réelles de Marisol Touraine, de l’ARS Ile de France et des fonctionnaires du Ministère concernant cette unité dont il faut rappeler qu’elle est un caillou qui dérange la mécanique huilée de la cancérologie pédiatrique dans notre pays dont les orientations sont décidées à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif et à l’Institut National du Cancer.

La tension monte, l’ambiance générale de l’Unité se dégrade.

En cause, le refus de l’administration de l’hôpital d’accéder aux justes demandes « récurrentes »   de recrutement d'un médecin pour lesquelles manifestement les décideurs s'ingénient à user de manœuvres dilatoires justifiant ainsi leurs refus systématiques de recruter.  

La situation est désormais devenue intenable, les médecins en place sont épuisés et  le sous-effectif conduit inévitablement à des tensions préjudiciables à une marche normale du service.

Toutes ces difficultés ne sont pas de nature à permettre aux petits malades d'être soignés dans de bonnes conditions, conditions que chacun est en droit d'exiger du service public de santé.

Le directeur des Hôpitaux universitaires Paris-Ile de France Ouest  a été saisi depuis plus d’une semaine.

S’agissant de la pérennisation de l’Unité, un rendez-vous doit être mis en place sous 1 mois avec une délégation de parents afin de les informer de la décision du Ministère.

Quant au recrutement rien n’est encore annoncé dans un sens ou dans l’autre. Hors il y a urgence. La continuité de la qualité des soins deviens chaque jour plus aléatoire, le risque de « pépin médical » n’est plus à écarter.

Le ton monte car il devient chaque jour de plus en plus incompréhensible aux parents et aux médecins que la décision de redonner à l’unité sa capacité d’action « médicale » fasse l’objet de tant d’obstructions et d’un mépris aussi grand des enfants qui méritent d’être considérés pour ce qu’ils sont.

A savoir : des êtres humains qui n’ont pas demandé à se trouver dans la situation de vulnérabilité et de dépendance qui est la leur et qui attendent un peu de sollicitude et de mieux-être au quotidien.

Très vite, dans les jours qui viennent une mobilisation et des actions publiques vont s’organiser. Vous serez tenus informés.

Pour l’heure et dans le but de conforter les positions déjà prises en vue de pérenniser l’Unité et lui assurer des moyens afin de garantir les soins dans des conditions normales, selon le choix des parents et des médecins, vous êtes invités à signer la pétition en ligne sur :

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/?cvstKab

Ou sur :

http://www.mesopinions.com/petition/sante/soutien-unite-oncologie-pediatrique-docteur-nicole/4593

 

Si vous avez déjà signé l’une ou l’autre de ces pétitions, c’est bien, et nous vous en remercions vivement.

 

Aujourd’hui nous attendons de vous une contribution de plus dans votre soutien à la cause qui nous est chère. Nous vous demandons d’informer votre entourage, parents, amis et collègues de travail pour les inciter à  soutenir cette action de pérennisation de l’Unité d’Oncologie Pédiatrique de l’Hôpital Henri Poincaré de Garches en signant la pétition en ligne sur :

 

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/?cvstKab

 

Ou sur :

 

http://www.mesopinions.com/petition/sante/soutien-unite-oncologie-pediatrique-docteur-nicole/4593

 

Nous devons faire en sorte que cette campagne de signature rassemble dans les délais les plus courts au moins 15000 signataires. C’est possible, nous pouvons y arriver! 

Les Enfants en oncologie pédiatrique ont besoin de votre soutien!

Merci de signer pour eux!

 

Po AMETIST Bernard FRAU

Délégué Général HER (**)

 

Pour en savoir plus sur le sujet :

 

Un article très documenté rédigé, le 8 aout 2013, par Pauline ANDRE, une jeune journaliste indépendante et de talent, membre de l’ONG Fondation européenne de l’information « Global Magazine ».

 

Orage sur l’île des cancéreux

 

http://www.globalmagazine.info/2013/08/05/lile-des-cancereux-menacee-1375687509

 

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© Michel Monteaux

Dirigé depuis 1998 par le docteur Nicole Delépine, le service d’oncologie pédiatrique de Garches est, par ses méthodes, unique en France et fait l’objet d’un intérêt médical international. Unique parce qu’imperméable à la pression des laboratoires pharmaceutiques et parce que résistant à la normalisation administrative qui submerge l’hôpital depuis vingt ans. Depuis juin, des soignants, des patients et leur famille dénoncent un plan de fermeture du service. Rumeur ou complot, nous sommes allés sur place enquêter.

«Pourquoi vouloir fermer ce service, le seul qui peut soigner nos enfants ? ». Sous les arcades imposantes de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches, une réunion s’ouvre dans les hauteurs du bâtiment. Une dizaine de parents de jeunes cancéreux sont reçus par la direction de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. Dans la salle, la tension est palpable et un léger malaise se lit sur les visages des délégués du Directeur. Car, ce 12 juillet 2013, les parents et représentants d’associations espèrent enfin interpeller une direction qui « joue la diversion » depuis des mois.

« A quoi ça nous sert de monter ici toutes les semaines, on a besoin de réponses concrètes aujourd’hui : Pourquoi ne pas avoir renouvelé le contrat de Madame Dieuzaide qui avait ramené la sérénité dans le service ? Pourquoi nous avoir supprimé deux lits et déplacé l’atelier d’animation qui désormais se meurt ? Quid de l’injonction qui interdit subitement l’accueil des plus de dix-huit ans ? Que comptez-vous faire pour pérenniser ce service ? Sachez que pour nous, c’est un petit coin de paradis en enfer … » Ce que sont venus défendre aujourd’hui ces parents d’enfants hospitalisés dans l’unité dirigée par le docteur Nicole Delépine, c’est « un service unique ».

Un coin de ciel bleu

Le long des voûtes apaisantes de l’ancien cloître devenu hospice, cette unité semble avoir hérité de l’esprit d’hospitalité qu’incarnaient les premiers hôpitaux. Hospices ou hospes, qui signifie « hôte » en latin. Ici, depuis 2006, les jeunes cancéreux viennent de nombreux pays, envoyés par des médecins admiratifs de la qualité des soins dispensés. Pour certains patients et leurs parents, le service d’oncologie pédiatrique fait figure d’asile inespéré.

« Ici, l’humain est au centre de tout, on vit ensemble comme une famille ». Durant trois ans, Joëlle Maryniak y a accompagné son fils Jonathan, atteint d’une tumeur osseuse à vingt ans : « On m’a permis de vivre ici avec lui, alors qu’il était majeur. Parents, patients, médecins, soignants, on prenait nos repas souvent ensemble, et on organisait des fêtes dans la cour pour les anniversaires, les noëls… Ça n’arrive pas ailleurs, ici il n’y a pas de contraintes horaires pour les chimios, pas de décision médicale imposée sans discussion. On respecte la voix du malade et l’avis de la famille ».

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© Michel Monteaux

Dans le bureau de Nicole Delépine, les parents se succèdent ce jour-là. « Bonjour Nicole ! Je vous ai apporté une photo de Lenny ». La porte est souvent entrouverte et le téléphone portable du médecin prêt à répondre à ses patients qui ont tous son numéro personnel. « Vous en connaissez beaucoup des médecins qui vous donnent leur numéro de portable ? ». C’est au près d’un confrère espagnol, qu’Alexandre Garcina obtenu sans effort le sésame qui lui a permis de sauver son fils Lenny, atteint d’un neuroblastome. « Je me souviens de notre premier contact. Je l’appelle, c’était un dimanche. Elle répond, très détendue, en train de faire la fête dans le service... Je lui explique la maladie de mon fils. Elle me dit : oui, c’est une saloperie. Je ne vous promets rien mais venez, on se débrouillera toujours pour vous trouver un lit. Je ne vous promets rien sauf une chose : vous n’êtes plus tout seul. »

Le père de Lenny a roulé toute la nuit, depuis les Landes vers la capitale. Avec, sur la banquette arrière, son fils de quatre ans, presque mourant. A son arrivée, il vient trouver Nicole Delépine dans son bureau, croquant généreusement une orange au milieu d’un monticule de dossiers. « Une autre ambiance, rien à voir avec l’hôpital de Bordeaux. » Quelques mois plus tard, après deux cures d’Endoxan®, un médicament avéré depuis trente ans, Lenny revit. Envoyé en soins palliatifs à Bordeaux, transporté d’urgence vers Garches avec un « poumon blanc » (métastases au poumon, NDRL), un an plus tard, il n’y a plus de traces de métastases. « A Bordeaux, il n’a pas été suivit personnellement, on a appliqué des traitements standardisés alors que l’Endoxan® est un classique contre le neuroblastome ».

Un traitement individualisé et adapté à chacun ; sa morphologie, l’état de son cancer, sa réaction à la chimio… C’est cette prise en charge globale et presque « artisanale » que viennent chercher les malades dans ce service. Le seul en France, en cancérologie pédiatrique à pratiquer ce type de traitements. Parce que « l’humain n’est pas une probabilité et la médecine n’est pas statistique», précise le docteur Delépine. Mais depuis quelques mois, aux dire de nombreux de ses pratiquants, le service souffre d’asphyxie.

Avis d’asphyxie

C’est l’appel que Nicole Delépine a publié sur son site il y a quelques semaines. Car, au quotidien, il devient difficile d’assurer les soins dans de bonnes conditions. La nuit, il n’y a plus qu’un seul infirmier de garde contre trois auparavant. Ni internes, ni externes ; ce qui rend impossible la formation de jeunes médecins, la transmission du savoir acquis dans ce service. Depuis la fin du mois de juin 2013, l’équipe d’infirmier-ère(s) n’a plus de responsable : le contrat de la « cadre de soin » Chantale Dieuzaide, n’a pas été renouvelé. Ses compétences ont pourtant été saluées par tous, y compris la direction de l’hôpital. Le service attend une nouvelle cadre à la rentrée mais en attendant, c’est la « cadre de pôle » qui prend le relais. Le cadre de soin dépendant du cadre de pôle dans la hiérarchie administrative instaurée à l’hôpital avec la loi Evin de 1991, renforcée par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires, en 2009, c’est donc l’administratif qui commande le médical. 

 

Asphyxie en personnel et manque d’espace. Alors que depuis 2006, le service disposait de treize lits, il ne fonctionne plus qu’avec onze malgré une constante demande d’admission de malades. Comment un médecin ayant prêté le serment d’Hippocrate peut-il refuser de soigner s’interroge le docteur Delépine ? Asphyxie par manque de chirurgiens acceptant d’opérer les malades du service. Nicole Delépine peine à trouver des chirurgiens en France, alors, à plusieurs reprises, ces derniers mois, le service est contraint d’envoyer ses malades se faire opérer en Allemagne, en Italie ou au Canada, avant de les rapatrier dans l’unité pour poursuivre les soins individualisés.

Refuser d’accueillir des patients. C’est la dernière injonction en date de l’Agence Régionale de Santé qui a demandé à Nicole Delépine de ne plus prendre en charge les malades de plus de 18 ans à compter du 1er juillet 2013. Une décision qui inquiète les familles de patients majeurs et, au-delà, qui laisse perplexe sur la versatilité des diktats administratifs. En effet, si l’on remonte un peu en arrière, avant d’être à Garches, le service était à l’hôpital Avicenne : là, la direction  avait demandé au médecin de ne pas prendre les moins de 15 ans et 3 mois. Plus en amont encore, quand Nicole Delépine était à l’hôpital Robert Debré, l’injonction directoriale concernait au contraire les plus de 15 ans et 3 mois (l’âge officiel de la pédiatrie va de 0 à 15 ans et 3 mois).

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© Michel Monteaux

Asphyxie morale aussi. Depuis quelques mois, le personnel est sous pression. Des pressions qui, aux dires des parents et de certains membres de l’équipe médicale de Garches, émanent de responsables administratifs. En témoigne les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 4 au 5 mars dernier. Un infirmier de nuit a demandé au médecin de garde « d’endormir » un malade en grande souffrance avec de l’hypnovel®. Un euphémisme qui signifie euthanasie. Malgré les explications du médecin qui a souligné la volonté exprimée par le patient, musulman, de se battre jusqu’au bout et du risque de mort irréversible en cas de nouvelles injections, l’infirmier s’en est remis à la cadre de pôle pour obtenir ce droit d’euthanasier.

Prévenue par une aide-soignante, présente cette nuit-là, la famille est arrivée en trombe à l’hôpital. Le malade a échappé à «l’endormissement». L’infirmier frôle l’entrave à la loi Leonetti selon laquelle : «La décision de cesser l’administration d’un traitement […] doit être collégiale et ne peut être prise qu’après consultation de la « personne de confiance», de la famille, à défaut d’un de ses proches et des « directives anticipées » du patient » (articles 1 à 9). Le comble est que le « chef de pôle » se permet de traiter d’incompétent le médecin de garde (un praticien expérimenté de l’équipe Delépine) et que prévenue seulement le lendemain des faits par l’administration, Nicole Delépine se voit, elle aussi, reprocher l’incompétence de son équipe médicale.

Voilà donc un médecin dont le diagnostic et la décision sont bafoués par un infirmier encouragé par l’administration à commettre un acte gravissime. A Garches,  l’administration hospitalière se mêle donc de décision médicale. Qui plus est d’une décision, la mort volontaire, qui n’appartient qu’au malade en dialogue intime, secret, avec son médecin, ou tout au plus à la famille et à l’équipe médicale.

Autant d’évènements poussent les parents et patients à croire à une tentative d’asphyxie volontaire. Pour Nicole Delépine et son équipe historique, ce n’est qu’une nouvelle preuve de « l’asphyxie organisée » contre laquelle elle se bat depuis 30 ans. « Ca fait 30 ans qu’on existe, 30 ans qu’on doit fermer demain… », Précise-t-elle en souriant. Mais pourquoi vouloir fermer un service qui soigne si bien depuis 30 ans? Parce que cette unité d’oncologie pédiatrique, transférée d’hôpital en hôpital depuis des années, dérange. Elle est un grain de sable dans le monde de la cancérologie infantile en France.

Une île de résistance

Ce qui vaut à l’équipe de Nicole Delépine à la fois griefs et respect, c’est sa position inébranlable sur le traitement des cancers de l’enfant. Depuis 30 ans, elle résiste à la systématisation des essais thérapeutiques sur ses patients. Ce qu’elle dénonce ce n’est pas la recherche scientifique, dont la médecine a nécessairement besoin, mais la tendance à la standardisation des traitements.
« Ce qui est inacceptable, c’est que cette systématisation des essais est inscrite dans la loi HPST depuis 2009. C’est devenu obligatoire. En tant que médecin, on perd notre liberté de choix thérapeutique. Une liberté pourtant inscrite dans le
Code de santé publique et le serment d’Hippocrate.» Une liberté de laquelle dépend aussi celle des malades de pouvoir choisir leur médecin et leur traitement, selon la loi du 4 mars 2002 : «Le droit du malade au libre choix de son praticien et de son établissement de santé est un principe fondamental de la législation sanitaire

Au nom de quoi cette liberté est-elle sacrifiée ?

La réponse n’a rien d’original, depuis plusieurs années déjà, certains dénoncent les conflits d’intérêts entre l’industrie pharmaceutique et la systématisation d'essais thérapeutiques « payés par la Sécurité Sociale ». Des liens que dénonçait déjà Claire Brisset, la Défenseure des enfants en 2001 à la suite de quoi, le ministère de l'emploi et de la solidarité demanda l'ouverture d'une enquête de l'Inspection Générale des Affaires Sociales dans une lettre adressée à Marie-Caroline Bonnet-Glazy, chef de mission à l'IGAS : «Des dysfonctionnements graves ont été signalé [...] Les pratiques de l'Institut Gustave Roussy, en particulier, les liens existant entre certaines équipes de chercheurs et l'industrie pharmaceutique sont mise en cause ». Par là-même, Nicole Delépine s’élève contre le monopole des traitements exercé en cancérologie en France et qui s’appuie, selon elle, sur la bureaucratisation galopante de l’hôpital public depuis la loi Evin jusqu’à la loi HPST en 2009.

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© Michel Monteaux

Sa pratique indépendante portée par son service depuis 30 ans, est confortée par l’afflux de malades désemparés. Certains ont porté plainte suite à l’échec ou aux conséquences d’essais thérapeutiques qui ont mal tourné. Le scénario est souvent le même, explique-t-elle : « Découverte du cancer, inclusion dans un essai en cours, explication des médecins sur le "protocole" de traitement proposé et présenté comme la seule possibilité sans jamais évoquer les autres schémas ayant fait leur preuve. Le rouleau compresseur de la pensée unique, qui passe en médecine par le mythe des essais thérapeutiques et des traitements uniformisés, est en marche ».

Au vu de ses résultats, le service d’oncologie pédiatrique de Garches - qui se permet de soigner avec des « vieux » médicaments, qui ne livre pas ses patients aux expériences avec de nouvelles molécules lucratives - est un obstacle au développement de l’industrie pharmaceutique. Pire, il révèle la perversité du système hospitalier aujourd’hui otage des profits des laboratoires privés.

Ce service est une brèche dans la muraille hospitalière qui révèle les dérives éthiques de notre système de santé. Au nom de la qualité des soins donnés aux patients, de la compétence de l’équipe médicale et de valeurs humanistes partagées, des parents, patients, médecins, responsables politiques se mobilisent pour défendre le service de Nicole Delépine. Une nouvelle fois. Une mobilisation portée par l’association Ametist qui défend l’unité d’oncologie pédiatrique depuis 23 ans.

Une lutte vitale

« Madame la ministre, pour que nos enfants puissent continuer à être suivis par cette Unité qui n'existe nulle part ailleurs nous vous interpellons une nouvelle fois. […] Nous avons le droit de profiter des progrès de la médecine de ces trente dernières années et pas seulement d'être les cobayes pour les prochaines décennies. » Le 27 juin 2013, forte de nombreux soutiens français et internationaux, Ametist publie une pétitionà l’attention de la ministre des Affaire Sociales et de la Santé, Marisol Touraine. L’appel, relayé sur Internet compte aujourd’hui plus de 7 000 signatures. Deux mois plus tôt, c’est le docteur Delépine, qui interpellait le ministère pour pointer la « soviétisation destructrice » de l’hôpital public. « Madame la ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit ! Que s’est–il passé?»

Face aux nombreux courriers restés lettres mortes, les défenseurs du service multiplient les alertes, les demandes de rendez-vous, les courriers recommandés. Officiellement, dans les rares réponses reçues, la direction assure n’avoir  «pas de volonté de fermer l’unité». Seulement des « contraintes et restrictions budgétaires qui ne sont pas propre à ce service mais à tout l’hôpital public ». Par contre, dans leurs lettres de soutien, certains parents ou patients soulignent le poids de la bureaucratie dans l’hôpital. On peut y ajouter le coût  que l’on aimerait mettre en regard du manque de lits et d’emplois. Nul besoin d’un diplôme de l’Ecole nationale d’administration pour s’apercevoir que tant de frontières administratives érigées entre malade, infirmier et médecin annihilent les liens vitaux de confiance réciproque indispensables au diagnostic et aux soins. Soignée par deux fois par le docteur Delépine, le 27 juin 2013, Virginie Heurtin écrit : « Ce médecin SOIGNE ! […] Nous avons autre chose à faire que de nous battre contre l’administration médicale pour faire valoir nos droits ! […] Nous avons besoin de nos médecins de l’unité d’oncologie de Garches, entièrement dévoués à leurs patients !».

Plus récemment, c’est Valérie Gentil, mère de Colin, qui adresse trois courriers en recommandé dans les hautes instances de l’AP-HP. « En tant que MERE, FEMME, et CITOYENNE, je trouve ignoble et inhumain, que mon fils, et tous les autres enfants de l’unité, soient soumis à une double peine. Si Colin, actuellement en rémission, était mis à la porte de cette unité, j’ai l’intention ferme de faire livrer le cercueil de mon fils en présence de journalistes dans votre bureau ou celui de Mr Cazejust».

A étudier le dossier, la mobilisation pour le maintien du service d’oncologie pédiatrique ne réclame rien d’autre à la direction de l’hôpital que le respect d’un accord, signé en 2004, par le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy qui scelle l’installation définitive du service à l’hôpital de Garches. Sollicitée par un courrier daté du 1er mai 2013, la ministre de la Santé renvoie Nicole Delépine vers l'Agence Régionale de Santé d'Ile-de-France. ARS qui semble ignorer l’engagement politique de 2004. A moins que, confirmant les craintes des personnels soignants et des patients recueillies dans cette enquête, la pérennité du service soit remise en cause par la politique de santé de la ministre en place, Marisol Touraine. Cette dernière se trouverait alors en flagrant délit de contradiction avec son discours du 28 mai 2013 où elle s’engageait à «tenir la belle promesse républicaine de l'égalité devant la santé ». Promesse qui par définition républicaine passe autant par la liberté. Liberté des patients de choisir leur médecin. Liberté des médecins de choisir les traitements. Liberté bafouée par le non-respect d’un accord. Liberté asphyxiée par une politique administrative plus inspirée par les ratios économiques que par les résultats sanitaires et les bénéfices humains.

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Extrait protocole d'accord du 19 octobre 2004 précisant l'installation définitive de l'Unité à Raymond Poincaré.

 

Contacts:

 

UOPI(*) :        Nicole Delépine  06 07 97 63 63

http://www.nicoledelepine.fr

Ametist (***): Carine CURTET 06 08 41 7112

http://www.ametist.org/index.php

H-E-R   :         Bernard FRAU   06 63 24 00 66

http://humanisme-ecologie-republique.blog4ever.com/

Global Magazine: Fondation européenne de l'info ONG : 

Pauline ANDRE  06 86 22 53 40

http://www.globalmagazine.info/

 

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(*) Unité d'Oncologie Pédiatrique Individualisée Hôpital Raymond Poincaré 104 BD R Poincaré Garches 92380

 

(**) Humanisme-Ecologie-République

 

(***) Aide aux Malades en Traitement Individualité en Spécialité Tumorale

 

14/09/2013

Armes chimiques : ce que les médias ne disent pas

Par Jean-Marc Dupuis

François Hollande et Barack Obama veulent déclencher la guerre pour « punir » le président de la Syrie, Bachar el-Assad, qui a tué de nombreuses personnes avec du gaz sarin, un horrible poison.

Mais les médias n'expliquent pas assez, à mon avis, que le sarin n'est qu'une catégorie particulière de composés organophosphorés, ceux-là même qui sont utilisés continuellement, et dans le monde entier, comme pesticides.

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 En 2007, la France a utilisé 2,9 kg de pesticides par hectare cultivé. Le plus gros utilisateur de produits phytosanitaires est la Colombie, essentiellement pour protéger les plans de café : elle a eu recours à 15,3 kg de pesticides par hectare. Les Bahamas sont en tête du classement, avec 59,4 kg. © Lite-Trac, Wikipédia, cc by sa 3.0

Le Roundup, le malathion – antiparasitaire très utilisé en Chine, ex-URSS et aux USA, interdit depuis 2007 dans l'Union Européenne –  et le Phosmet – utilisé sur les pommiers –, par exemple, sont des composés organophosphorés.

Pourquoi les organophosphorés sont si efficaces pour tuer

Les pesticides organophosphorés agissent comme le sarin : ils bloquent le cerveau. Lorsque votre cerveau cesse de fonctionner, votre cœur continue à battre provisoirement, car les cellules du cœur sont autonomes, mais vous perdez connaissance – coma – et, surtout, votre respiration s'arrête, ce qui entraîne l'asphyxie et la mort.

Les composés organophosphorés produisent cet effet en empêchant vos neurones de communiquer entre eux. Vos neurones sont les cellules de votre cerveau. Ils communiquent entre eux grâce à des produits chimiques appelés « neurotransmetteurs ».

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Structure de l'acétylcholine

L'un des plus importants de ces neurotransmetteurs est l'acétylcholine. Sans acétylcholine, les neurones ne peuvent plus se parler : vous ne pouvez plus penser, votre cerveau ne peut plus donner aucun ordre à votre organisme.

Or, les composés organophosphorés bloquent la fabrication de l'acétylcholine. Il suffit qu'une très faible dose entre dans votre organisme pour que vos neurones soient privés d'acétylcholine, ce qui bloque votre cerveau, et vous tue.

L'importance de bien laver ses fruits et légumes

Vous ne mourrez pas en avalant des résidus de pesticides organophosphorés sur les fruits et légumes que vous aurez oublié de laver, mais ils peuvent malgré tout perturber votre organisme.
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Une étude de 2010 a montré que chaque augmentation d'un facteur 10 de la concentration urinaire de métabolites organophosphorés était associée à une augmentation de 55 % à 72 % des risques d'apparition du TDA/H chez l'enfant. (2)

Les pesticides ont encore d'autres effets délétères sur le cerveau : d'après une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), ils augmentent aussi le risque de développer la maladie de Parkinson (3)

Il est donc absolument capital, lorsque vos fruits et légumes ne sont pas bio, de bien les laver avant de les manger, surtout si vous les mangez crus et/ou avec la peau, si possible avec une brosse à légume dont vous vous équiperez spécialement à cet effet.

Une découverte issue de la recherche sur les armes chimiques

Les pesticides organophosphorés sont le fruit des recherches sur les gaz de combat entamées lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont remplacé, dans les années 70, les organochlorés, dont le chef de file était le DDT.

La plupart des armes chimiques aujourd'hui sont des organophosphorés.

L'objectif ultime d'un régime belliqueux, en effet, est de trouver un produit aux effets immédiats, définitifs, et assez puissant pour tuer des dizaines de milliers, et si possible des centaines de milliers de personnes d'un coup.

Comprenez, les gaz utilisés durant la Première Guerre Mondiale – chlore et gaz moutarde, qui brûlaient les yeux et les poumons –  parvenaient rarement à faire plus de quelques milliers de morts d'un coup, ce qui était loin d'être suffisant au goût des dirigeants politiques et militaires.

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formule gaz sarin

C'est en 1939 que des chercheurs allemands trouvèrent enfin la solution « miracle », avec le sarin. Les inventeurs, de la firme chimique IG Farben, en furent si fiers qu'ils baptisèrent ce gaz d'après les lettres de leurs noms, afin d'être sûrs de rester dans l'histoire – Gerhard Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der LINde –

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le sarin est inodore, incolore et volatile, et capable de traverser la peau. Vous ne voyez rien, vous ne sentez rien, mais il suffit que quelques molécules vous touchent ou entrent dans vos poumons – une concentration de 10 parties par milliard est déjà fatale – et vous êtes mort.

Diffusé dans les rues d'une ville ou dans un métro, alors que personne ne se doute de rien, le sarin provoque une scène cauchemardesque où tous les passants, jeunes et vieux, grands et petits, s'effondrent paralysés puis meurent d'asphyxie (le cerveau arrêtant de fonctionner), sans que quiconque assistant à la scène puisse comprendre ce qui se passe ou réagir.

Il s'agit donc véritablement de l'arme de l'Apocalypse, au même titre que l'arme nucléaire, ce qui l'a fait classer par l'ONU dans la catégorie des armes de destructions massives (résolution 687). A ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993.

Malheureusement, l'actualité toute récente a montré que ce beau rêve de la disparition des armes de destructions massives n'était pas pour demain.

Mon opinion sur la Syrie

Bien que personne ne m'ait demandé mon avis, je vais quand même le donner. C'est hors-sujet, mais la question me tient vraiment à cœur.

J'ai longuement sillonné la Syrie en auto-stop, des côtes montagneuses à l'ouest jusqu'aux rives de l'Euphrate à l'est, ce qui m'a permis de rencontrer quantité de Syriens, manger avec eux, loger chez eux, et recueillir toutes sortes de confidences effrayantes sur les méthodes de la police du régime.

Je n'ai donc aucune sympathie pour Bachar el-Assad qui est, c'est évident, un criminel. Le problème, selon moi, est que les rebelles sont certainement aussi violents voire pires que Bachar el-Assad. Mais ce n'est que mon avis et, encore une fois, personne ne me l'a demandé... A votre santé !


Sources : de l’article

(1)  Maryse F. Bouchard, David C. Bellinger, Robert O. Wright & Marc G. Weisskopf ; Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder and Urinary Metabolites of Organophosphate Pesticides : Revue Pediatrics (online 17 mai 2010) Vol. 125 No. 6 June 2010, pp. e1270-e1277

(2)  Medscape.com

(3)  Pesticides : Effets sur la santé : une expertise collective de l’Inserm

Pour en savoir plus voir le site source : logo_sni_little.png

 

http://www.santenatureinnovation.com/quels-problemes-de-s...

 

Plus info: Rôle de l'acétylcholine dans les systèmes nerveux central et périphérique

http://www.linternaute.com/science/biologie/dossiers/06/0...

 

15/08/2013

Poissons d'élevage chinois: enquête sur les risques sanitaires

Médicaments, aliments de toutes sortes fabriqués au delà des frontières européennes, en total mépris des normes des contôles sanitaires. Combien de temps encore, nous autres citoyens consommateurs, allons-nous laisser nos dirigeants, au nom du libéralisme économique mondialisé, fermer les yeux sur une situation qui pourri notre santé, qui pèse sur les comptes sociaux de la Nation et qui plus est met nos entreprises face à une concurrence déloyale tant sur le plan économique, social, écologique et sanitaire? Combien de temps? Cette enquête est édifiante Il nous appartient de réagir vigoureusement!

Bernard FRAU

Poissons d'élevage chinois enquête d'Harold Thibault

Leur production se retrouve au rayon des surgelés européens ou américains. Mais, dans nombre de fermes piscicoles, les normes sanitaires sont moins respectées que celles du rendement... Plongée dans un monde opaque qui n'hésite pas à frauder.

Alertes dans nos assiettes, L'Express, L'Expansion, Harold Thibault, Ferma pscicole chinoises,

 

 

 

 

 

 

 

La Chine assure la moitié de la production mondiale de tilapia, le troisième poisson le plus populaire de la planète. Ici, l'usine Go-Harvest, à Zhanjiang.

© Harold Thibault

D'emblée, Steven avait prévenu son prétendu client : son usine n'a pas reçu la licence CIQ, du nom de l'Administration chinoise du contrôle de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine. En principe obligatoire, ce certificat représente la garantie par les services de l'hygiène de Pékin qu'un producteur respecte bien les normes en vigueur pour l'exportation vers l'Union européenne. L'entreprise Hi-Taste ("goût exquis") n'a jamais obtenu le sésame. Qu'à cela ne tienne...

"Franchement, assure Steven, il ne faut pas s'inquiéter pour ça." Il suffira d'utiliser les documents d'une autre usine dont il connaît bien le gérant : "Nous vendrons sous leur nom, explique Steven. Au début, je sais, cela étonne. Mais tous les clients finissent par comprendre." Si l'opération tourne mal et que les douanes du port européen détectent un produit chimique illégal, par exemple, il suffira de montrer aux agents les papiers de l'usine prête-nom.

Le manager de Hi-Taste a déjà eu recours à cette combine pour expédier des conteneurs vers l'Espagne. Ce que confirme volontiers Simon, l'un des patrons de Kelong, l'usine complaisante que Steven se propose de solliciter en échange d'une commission : ce mode opératoire a aussi été utilisé il y a quelques mois par une entreprise française, assure-t-il. Mais il refuse de donner son nom.

Une fois précisée cette formalité à propos de laquelle "il n'y a vraiment pas à s'en faire", Steven, assis dans son bureau orné d'un portrait de Mao, prodigue ses conseils en affaires. A son avis, puisque l'économie marque le pas en France, le plus judicieux serait de se lancer dans le trading vers l'Afrique. C'est en direction de ce continent que partent les filets de poisson les moins beaux, parfois cassés ou un peu marron. "C'est plus simple, ajoute Steven. En Afrique, personne ne contrôle."

Dans le sud-est de la Chine, dans la très industrielle province du Guangdong, la ville de Zhanjiang est désormais la capitale planétaire de deux marchés mondialisés- la crevette et un poisson, le tilapia. Ici, les producteurs proposent des filets de toutes tailles, avec tous les niveaux de glaçage d'eau possibles : une fine couche d'eau glacée entoure les filets achetés au rayon surgelé afin d'éviter que le froid ne brûle le produit. Selon les demandes des marques, 10, 20 ou 30 % du poids total du filet peut donc être de l'eau glacée. En fonction des exigences des douaniers de chacun des pays du monde et selon les besoins des négociants, toutes les pratiques ont cours. Qu'elles soient légales ou non.

L'espèce se reproduit sans peine

Ici, à Zhanjiang, les industriels de la filière piscicole se sont pris d'amour pour un poisson en particulier, le tilapia. En octobre 2010, une spécialiste de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture constatait dans une note de recherche que la production mondiale de ce poisson avait explosé depuis deux décennies, passant de 830 000 tonnes en 1990 à 1,6 million en 1999 et à 3,5 millions en 2008, avant d'enregistrer une légère décélération. La République populaire demeure de très loin le premier fournisseur de la planète et ses fermes d'élevage assurent à elles seules la moitié de la production mondiale. Une part d'autant plus remarquable que le tilapia, originaire d'Afrique, n'a été introduit qu'en 1978 en Chine, dans la province centrale du Hubei.

 Alertes dans nos assiettes, L'Express, L'Expansion, Harold Thibault, Ferma pscicole chinoises,

 

 

 

 

Dans les usines, il est courant de se procurer la marchandise dans des fermes qui n'ont pas les licences requises.

Depuis, la hausse de la demande internationale a poussé les fermiers du Guangdong à franchir le pas. Car le tilapia a toutes les qualités : il grandit vite, tombe peu malade, se reproduit sans peine, offre de forts rendements. Le tilapia est devenu le troisième poisson d'élevage le plus populaire de la planète, après la carpe et le saumon. On le trouve en filets dans tous les supermarchés d'Amérique du Nord et d'Europe, lorsqu'il n'est pas utilisé comme matière première dans les plats surgelés. Bref, tout le monde apprécie ce poisson d'eau douce... sauf, précisément, les habitants de la région qui s'étend de Zhanjiang à Maoming, dans le Sud-Est chinois, d'où ont surgi des dizaines d'usines et un nombre incalculable de petits éleveurs. La raison en est simple : dans ce secteur proche de la mer de Chine méridionale, les habitants trouvent que cette espèce d'eau douce, qu'ils élèvent, n'a pas de goût.

"Le poisson d'eau de mer a bien plus de saveur", affirme Li Jie, l'air amusé, un producteur dont les bassins sont situés à proximité de la zone urbaine de Zhanjiang. Son élevage de tilapias rapporte entre 2 000 et 3 000 yuans par mois (entre 250 et 370 euros) à ce père de trois enfants - tout juste de quoi couvrir les besoins essentiels de la famille, mais pas assez pour vivre dans l'aisance. Voilà pourquoi, sans doute, près de 30 % des éleveurs piscicoles des environs de Zhanjiang ont changé d'activité ces deux à trois dernières années. "Certains parlent des aléas de la météo, explique Li Jie.

Mais la raison principale est ailleurs : les usines nous achètent le poisson à un prix trop faible. Les patrons nous disent qu'ils n'ont pas le choix s'ils veulent conserver leurs clients à l'export." C'est ça aussi, la mondialisation. La moitié de la production mondiale de tilapia est basée en Chine, car les producteurs de ce pays ont accepté de rogner sur les prix.

A la pression sur les marges s'ajoute le manque de formation des patrons de petites fermes piscicoles. Li Jie le reconnaît : "La plupart ont une faible connaissance de la science de l'élevage, ils ne savent pas qu'il faut davantage oxygéner l'eau l'été, par exemple. Personne ne les conseille, alors les pertes grimpent." Dans le même temps, les prix des granulés d'alimentation pour ses tilapias n'en finissent pas d'augmenter : ils atteignent l'équivalent de 14 à 16 euros les 25 kilos selon la qualité. Au cours de la dernière année, explique Li Jie, la nourriture des poissons a coûté environ 21 000 euros, auxquels s'ajoutent les salaires et la location du terrain. "Les affaires ne sont pas bonnes", dit-il.

Nombre d'usines et de petites fermes piscicoles de Zhanjiang abandonnent, mais d'autres ont ouvert ailleurs, notamment sur l'île voisine de Hainan, moins développée. Là-bas, explique Lau Jamark, un commercial de Joinwealth, la licence CIQ, destinée à rassurer les douaniers européens, s'obtient en vingt-cinq jours. Il faut patienter une quarantaine de jours pour obtenir une certification dans la région de Zhanjiang.

Un futur tilapia plus performant...

Le gouvernement chinois est sensible aux difficultés des éleveurs, qui se plaignent d'être écrasés par le marché. Dans la province du Guangxi, une "équipe d'innovation pour le tilapia", financée par l'Etat, aurait créé une nouvelle espèce, le "Baigui no 1", capable d'atteindre un bon poids - et un prix correct - en deux mois à peine.

En attendant la commercialisation de ce prodige, les producteurs subissent les pressions économiques de leurs clients, occidentaux en particulier. L'usine Joinwealth a parfois travaillé avec la Fishin' Company, fournisseur de Walmart, la chaîne américaine de supermarchés discount, mais ses patrons ont dû attendre trois mois, après l'envoi de la commande, pour être enfin payés. Cette entreprise, basée à Seattle, a même essayé de convaincre son fournisseur de récupérer une partie de sa commande déjà livrée outre-Pacifique, après avoir constaté un trop-plein de ses stocks, ce qui ne facilite pas la tâche pour les usines chinoises.

Cette pression incessante sur les prix a un impact sur la qualité. Certains éleveurs sont tentés de donner davantage d'antibiotiques aux poissons, car ils craignent de gagner trop peu. Steven, le manager de Hi-Taste, explique que les petits exploitants de fermes piscicoles sont très malins dans ce domaine : "Si on leur donne une nouvelle liste de produits chimiques interdits sur les marchés à l'export, ils vont immédiatement utiliser autre chose."

Quant à Li Jie, l'éleveur, il rogne sur les frais de nourriture des poissons : à proximité de ses bassins, il a créé une porcherie, de sorte que les excréments de ses cochons sont déversés dans le bassin des tilapias, même s'il prend soin de préciser qu'il ne s'agit là que d'une portion de leur régime alimentaire. Agé de 31 ans, dont sept dans le métier, l'éleveur ignore dans quels pays partent ses poissons une fois coupés en filets et surgelés.

De fait, la traçabilité est inexistante jusqu'au bassin d'élevage : un intermédiaire vient simplement relever la production de son bassin, la paie au prix du marché, puis la livre aux usines de la région, qui se chargent de l'expédition sans distinguer entre les éleveurs.

A l'usine Kelong, Simon s'appuie sur un réseau d'une vingtaine de producteurs environ, dont il assure qu'ils ont tous fait l'objet d'une inspection des services de l'hygiène chinois, mais l'irrégularité des commandes est telle qu'il se fournit parfois ailleurs. Si l'un de ses gros clients, tel Beaver Street Fisheries, un fournisseur de Walmart, lui passe une commande de 10 à 15 conteneurs, à honorer en quelques semaines, il est bien obligé de se procurer la marchandise dans d'autres fermes, qui n'ont pas les licences requises. Kelong travaille aussi pour Froconsur, un agent néerlandais qui vend par conteneurs à des clients européens.

Les normes de l'UE divergent parfois de celles du marché américain. Le traitement au monoxyde de carbone, par exemple, est interdit dans l'Union européenne... mais presque systématiquement exigé par les distributeurs américains. Ce procédé permet au filet de tilapia de conserver longtemps sa couleur initiale ; il en améliore l'aspect extérieur, mais réduit d'autant l'alerte naturelle que constitue, pour le consommateur, le changement de teinte d'un filet de poisson au réfrigérateur.

Li Jie a créé une porcherie, de sorte que les excréments de ses cochons sont déversés dans le bassin des poissons

A l'usine Go-Harvest, la directrice commerciale, Lucy Zhong, explique qu'elle tient à sa licence d'exportation vers l'UE, obtenue au prix d'investissements et d'efforts sur le plan de l'hygiène considérables : "Certains de mes concurrents acceptent d'appliquer un traitement au monoxyde de carbone sans le marquer sur le papier, mais, si le conteneur est inspecté à l'arrivée sur le marché européen et que vos douaniers s'aperçoivent de quelque chose, ce sera déclaré à la Chine et je peux perdre ma licence CIQ. C'est un risque que je ne veux pas prendre." Tout au plus reconnaît-elle que les poissons sont plongés dans une eau à laquelle est ajouté un anesthésiant chimique durant le transport entre les fermes et l'usine. Un procédé habituel qui permet d'éviter que les poissons, entassés en grandes quantités durant le transit, ne se tuent ou n'aient la peau abîmée.

Un truc pour franchir la douane

Les normes européennes amusent beaucoup Steven. Dans son bureau de l'usine Hi-Taste, il prend à témoin le visiteur : "Pour obtenir la fameuse licence, il faudrait que le lieu de production soit à plus de 50 mètres des dortoirs des ouvriers. Totalement irréaliste !" Ici aussi, un carton de la Fishin' Company, posé sur la table, confirme qu'une bonne partie de la production finira dans les supermarchés Walmart. A la fin de la conversation, alors qu'il fait découvrir son usine, Steven précise qu'il n'est pas nécessaire de changer ses chaussures car les employés sont en pause déjeuner.

D'ailleurs, un rinçage à l'eau est effectué chaque jour. La demande de tilapia est telle qu'il va ouvrir une deuxième ligne de production, explique-t-il. Les machines sont déjà en place. Liaquath Ali Khan, un ressortissant indien, sert d'intermédiaire avec les grands distributeurs. Ses deux principaux clients sont Walmart et Aldi, confie cet homme originaire d'Hyderabad, qui se targue d'avoir développé un truc pour franchir la douane aux Etats-Unis : les sept premiers conteneurs feront l'objet d'une inspection rigoureuse, mais, s'ils parviennent à passer, le contenu des 10 à 15 suivants ne sera sans doute pas analysé. Le tour est joué.

"Ce sont des problèmes de gouvernements", renchérit Steven. Son objectif est de les surmonter afin de résoudre une équation plus fondamentale : produire à un prix satisfaisant pour le client étranger. D'ailleurs, les bassins de taille réglementaire, dont dispose son entreprise, sont uniquement destinés à satisfaire les exigences des inspecteurs : "95 % du poisson vient des fermes et, à vrai dire, les fermiers sont au-delà de notre contrôle."

Source : L’expansion

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/poisson-d-elevage-chinois-enquete-sur-les-risques-sanitaires_398513.html?xtor=EPR-3124-[xpn_18h]-20130814--28791833@256639258-20130814183605#AaH1YPFwP10MfsAE.99

Rédacteur : Harold Thibault envoyé spécial de L'Express

Publication : le 14/08/2013 à 16:19

Photos : © Harold Thibault

Pour en savoir plus : Retrouvez le dossier complet: Alertes dans nos assiettes

16/06/2013

Appel des 1000 : POUR UN AUTRE PLAN AUTISME 2013

29293_10150180153680507_8043101_n.jpgL’annonce du plan autisme était attendue par les professionnels (soignants, enseignants, éducateurs, etc.) et les familles : le manque de moyens en termes de places et de personnels entraine de tels dysfonctionnements, de tels délais d’attente, de telles ruptures de prise en charge, de telles souffrances parentales qu’il était urgent et indispensable de proposer un plan présentant une grande ambition.

Or si on retrouve dans ce plan quelques points attendus (comme le dépistage précoce), les moyens supplémentaires alloués sont dérisoires, voir nuls dans la psychiatrie publique et l’Education nationale, et ne règleront aucun des graves problèmes de pénurie.

Mme Carlotti, ministre déléguée en charge du dossier, a accompagné l’annonce de ce plan par des propos inacceptables à l’égard des approches fondées sur la psychanalyse. Ces propos s’appuient sur les recommandations de la HAS et structurent le plan Autisme 2013 d’un seul point de vue, sans nuance, niant les critiques, les communications et les travaux les plus récents.

Les recommandations de la HAS, Haute Autorité de Santé, ne font pas consensus, elles se parent d’une scientificité qui n’est en rien démontrée, ce que la revue Prescrire dans son numéro d’avril 2013 a très bien énoncé. Elles obèrent les choix éclairés des professionnels comme des familles.

La pluralité des approches est nécessaire en face d’une réalité psychique complexe, celle de chaque sujet en souffrance, qui ne saurait se réduire à une seule dimension, à un seul registre de la connaissance et du savoir. Nous demandons donc le retrait des recommandations de la HAS.

Qui plus est la confusion continue d’être entretenue entre les plans éducatifs, pédagogiques et thérapeutiques.

Le plan Autisme 2013 organise les préconisations dans le parti pris d’un seul point de vue exclusif, non-recevable. Ces recommandations se fondent en fait sur une lecture idéologique et normative de l’autisme pour dénoncer des recherches et des pratiques qui n’auraient pas fait leurs preuves.

Aujourd’hui c’est de l’autisme qu’il s’agit, mais le risque est inévitable d’une généralisation de la méthode suivie pour ce plan à l’ensemble du champ éducatif, pédagogique et soignant. Alors demain un plan pour les troubles bipolaires ou la schizophrénie ? Il n’y aura plus de maladies seulement des anomalies à corriger ?

Nous ne voulons pas d’une HAS qui par ces recommandations univoques interdit l’esprit du doute nécessaire à l’approche scientifique et à la recherche, qui ne saurait restreindre son effort de façon unidimensionnelle. 

Nous ne voulons pas d’une HAS qui interdit la prise en considération des pratiques soignantes, éducatives et sociales qui ont fait leurs preuves et sont approuvées par des familles qui n’ont pas été entendues, alors qu’elles dénoncent les excès d’approches uniques quelles qu’elles soient. 

Nous ne voulons pas d’une HAS, outil de l’Etat. Le choix et la nomination des dirigeants de cet outil par l’exécutif de l’état confirment sa dépendance. Les proximités avec l’industrie pharmaceutique signent une orientation thérapeutique.

Cette HAS n’est indépendante ni de l’Etat ni du monde pharmaceutique

Nous ne voulons pas d’une HAS dont les recommandations empêchent la pensée des professionnels et des citoyens et autorisent les politiques à imposer au bout du compte ce qui s’apparente à une science d’état. 

Nous ne voulons pas non plus d’une HAS qui par ces recommandations orientent les formations initiales et continues des professionnels du soin et des travailleurs sociaux de ce seul point de vue, niant ainsi une des compétences premières de ceux-ci à savoir l’accueil de la personne en souffrance, de la personne en difficulté, en attente d’une attention et d’une écoute avant les réponses thérapeutiques, éducatives et sociales indispensables.

Ne plus penser sa pratique pour un professionnel, fait de celui-ci un agent de l’ordre social et non plus un soignant.

Ne plus exercer son libre arbitre dans la rencontre singulière, c’est se soumettre à une autorité bureaucratique.

Nous réaffirmons la nécessité d’un engagement fort de l’Etat par un débat préalable à la promulgation d’une loi cadre pour la refondation de la psychiatrie de secteur et les moyens de la mettre en œuvre avec les professionnels, qu’il s’agit de former à la complexité, et avec les usagers qui sont aujourd’hui partie prenante, pour une psychiatrie fondée sur l’hospitalité et non sur la ségrégation et le formatage.

L’empêchement de penser, donc de créer, pour les patients, pour les professionnels, et pour les familles, est une atteinte à la démocratie et à la culture.

 

C’est pour cela que nous tous ici réunis appelons à un autre plan Autisme, au retrait de la recommandation de l’HAS sur l’autisme et à la remise en cause de cette HAS Là !


POUR LE RETRAIT DE LA RECOMMANDATION DE L’HAS SUR L’AUTISME

Pétition en ligne : http://www.hospitalite-autistes.org/spip.php?article1

 

Sur le même sujet :

logodes39.jpgLettre ouverte à Monsieur de Président de la République10 mai 2013

Par Collectif des 39 : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?author=1

 

 

 

16/05/2013

Hôtel-Dieu de Paris : Lettre ouverte à Marisol Touraine

Hospitel-Hotel Dieu Paris

L’appel de l’Hôtel-Dieu de Paris: des médecins contre la restructuration aberrante de cet hôpital

Madame  la  Ministre,

Les  soins  à  l’Hôtel-Dieu  de  Paris  sont  sacrifiés  au  mépris  de ses  patients  et  des  besoins  de  la   population.

Pourtant, avant les autres, l’Hôtel-Dieu fut un hôpital innovant tout en restant conscient des impératifs économiques : acquis  à la prise en charge ambulatoire des patients chaque fois que possible et à la prévention, il a développé en même temps une médecine de  pointe. Son budget n’était  pas  déficitaire.

Les  professionnels  de  l’Hôtel-Dieu  savent :

1) qu’il  n’est pas raisonnable de  supprimer toute possibilité d’hospitalisation des patients dans une  structure destinée à recevoir en consultation programmée ou en urgence des centaines de personnes  malades chaque jour,

2)  qu’il  n’est  pas  raisonnable de se passer d’un vrai service   d’urgences dans une structure destinée à être ouverte  24 heures  sur  24.

Le simple affichage par l’AP-HP d'un ambitieux projet de transformation de l’Hôtel-Dieu en «hôpital universitaire de santé publique» et en «hôpital debout» exclusivement ambulatoire, ne doit et ne peut pas servir de  caution  à  la suppression du  service d'accueil des urgences, des lits  d'aval et des moyens qui soutiennent  leur  fonctionnement.  

Pour ne pas limiter  l'offre à des consultations externes déjà largement proposées par  la médecine  de ville,  les centres  ou  maisons  de santé  parisiens,  des  moyens humains et  techniques solides  doivent permettre d'assurer  une réelle permanence  des  soins.

Le  projet  de  l’AP-HP  ne  correspond :

 ni  aux  besoins  des  patients  présentant  une  pathologie  lourde  ou  urgente,   

ni  à  la  réalité  médicale  hospitalière,                                
ni même  à une  organisation  pertinente  de  l’accès aux soins.    
Le démantèlement  de cet hôpital  (suppression  des urgences et des lits) impacterait l’ensemble des hôpitaux parisiens, déjà saturés, alors que l’Hôtel
Dieu apporte excellence et  proximité.  

Ce  démantèlement doit sarrêter puisquun projet médical alternatif cohérent et économiquement équilibréexiste.

Pour  répondre à sa mission de service public, l’Hôtel-Dieu doit conserver  une  activité  de  soins  et  d’hospitalisation à la  fois d’excellence et de  proximité (urgences1, lits de    médecine interne polyvalente et psychiatrie, service de  radiologie et chirurgie ophtalmologique  et  ambulatoire).

Les  locaux où s’exercent aujourd’hui ces activités sont neufs  ou rénovés depuis  moins  de  5  ans.  

Pourquoi fermer ces structures médicalement et financièrement performantes qui  donnent entière satisfaction aux patients et aux soignants?  

Ces activités  sont  complémentaires  et indispensables  à  une  offre de soins «debout»  de qualité  et en toute  sécurité.

Vous vous engagez, Madame la Ministre, dans le cadre  de votre «pacte de confiance» pour l’hôpital, à ce que les personnels et médecins soient eux-mêmes  acteurs  des  projets.  

Tenez compte des alertes  réitérées des professionnels de santé. Sinon, c’est la  situation de  l’ensemble des filières de soins qui s’aggravera.

L’appel de l’Hôtel-­Dieu

1)    Nous,  médecins, ne pouvons être les complices passifs  de décisions  bureaucratiques  qui  nous privent des  moyens de soigner les  malades.

2)    Nous, médecins, affirmons et démontrons  qu’il  faut  des lits pour soigner les malades, même et peut-être surtout dans  le cadre d’une prise en charge essentiellement ambulatoire disponible 24 heures sur 24.

3)   Nous, médecins, réclamons, l’arrêt du processus de fermeture de l’Hôtel-Dieu: les urgences doivent  être maintenues, les lits nécessaires doivent être conservés, la chirurgie ophtalmologique et ambulatoire doit être soutenue, le  plateau technique doit être développé pour assumer les flux de patients très importants qu’implique la prise en charge ambulatoire d’une population de plus en plus précaire.

Recevez, Madame la ministre, l’assurance de notre détermination à remettre l’hôpital public au cœur du système de soins et l’expression de notre haute considération.

 

Signataires:  


Docteur  Gérald  KIERZEK, urgentiste
Professeur  Robert  ZITTOUN, hématologue
Professeur  Jean-­Marc LEGEAIS, ophtalmologiste
Professeur Dominique VADROT,
 radiologue
Docteur Christophe PRUDHOMME, urgentiste, collectif m
édecins CGT
Docteur Olivier VARNET, neurologue, secr
étaire général du SNMH-­FO
Docteur
 François  DHERMIES,  ophtalmologiste
Professeur Jean-Paul VIARD, sp
écialiste de linfection par le VIH
Docteur Dinah VERNANT, m
édecin de ladolescence, espace Santé Jeunes                                        

1) Urgences médico-chirurgicales, médico-judiciaires  et ophtalmologiques toutes deux uniques à lAP-HP, accueillant 120.000 patients par an.  

Les signatures sont à renvoyer à l'adresse suivante:


gkierzek@yahoo.fr

08/05/2013

Lettre ouverte du Dr Nicole Delépine à Mme le Ministre de la Santé contre l’asphyxie accélérée de l’hôpital

L’objet de cette longue lettre ouverte est, pour son auteur, un Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,plaidoyer pour un Hôpital Public humain tourné d’abord vers les patients. Un Hôpital Public où soignants et médecins, qui comme leurs patients sont actuellement insidieusement au désespoir, retrouvent la sérénité et la fierté d’être au seul service fraternel envers l’autre rendu vulnérable par sa maladie.

 

Cette lettre ne se contente pas de décrire le désarroi d’un médecin qui refuse de  voir sa mission polluée par une sorte «d’hubris gestionnaire» qui l’étouffe et qui l'empêche de faire son métier.

 

Cette lettre met en avant des propositions raisonnables pour éviter la destruction programmée de l’Hôpital Public dont il faut rappeler qu’il est d’abord celui des Citoyens qui le financent, tant par l’impôt que par les cotisations sociales.

 

Bernard FRAU

 

Le premier mai 2013

 

Madame la Ministre,

 

Médecin pédiatre depuis plus de 40 ans à l’hôpital public, j’ai fait la nuit dernière ce rêve étrange et pénétrant d’un hôpital qui soigne,  accueille, aime,  cajole, réconforte, améliore, soulage, répare le patient, du petit au plus âgé, du moins atteint au plus handicapé, du plus faible au plus armé pour la vie, du plus riche au plus pauvre, du plus fou au plus normal, de l’illettré au savant, du bien tonique au mourant.

 

Cet hôpital avait pour mission de soigner, guérir si on le pouvait et non pas de tuer .On n’avait pas encore imaginé la trouvaille de l’année 2013, formations multiples aux LATA, je vous le donne en mille : «limitations et arrêt de thérapeutiques actives».

 

Et les hérétiques qui n’accepteront pas ces nouvelles formes de «soins» seront jetés au feu comme tous les dissidents. Ils le sont déjà. Mais ce cri d’alarme contre l’euthanasie sera l’objet d’un autre plaidoyer qu’on ne peut limiter à quelques lignes.

 

Quand j’arrivai pour  la première fois dans une grande salle commune de l’hôpital saint Antoine à Paris en 1965 en tant que stagiaire, je fus frappée par une grande chaleur humaine qui régnait malgré la promiscuité. La propreté aussi  sautait aux yeux, le sol brillait ! Cela sentait bon l’eau de javel qui ne coutait pas cher et surtout l’amour diffusé partout. Chacun à son niveau se savait utile et ne mettait pas son ego à toutes les sauces.

 

La femme de ménage qu’on n’appelait pas encore technicienne de surface comprenait instinctivement l’importance de son office tant pour le confort que pour le bien des patients et leur guérison. On ne parlait pas de sécurité, mais elle existait et chacun en était garant.

 

Le malade qui appelait trouvait un relais auprès du voisin pour interpeler  l’aide-soignante qui ne se disait pas « attendez, je suis en pause » et ne se trouvait pas en salle de repos pour parler du dernier feuilleton télé avec les collègues.

 

Pendant les heures de travail, on travaillait, c’est très bête évidemment et cette remarque me vaudra les gémonies de beaucoup, mais d’autres, à commencer par les patients seront d’accord avec moi pour dire que les infirmières dans le bocal (les locaux sont transparents quand des affiches multiples et variées n’ont pas cachées ce qu’on ne saurait voir..) cela suffit.

 

Sous prétexte de transmission, de tâches administratives, de préparations etc., le malade doit toujours attendre et attendre. Certes le nom de «patient» ne date pas d’aujourd‘hui mais quand on dépense 13 % du PIB pour la santé on pourrait espérer ne pas redescendre au Moyen âge.

 

La multiplication des cases à cocher sur le papier puis sur lNicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,’écran, des formulaires à remplir a désinvesti les soignants, médecins inclus, pour lesquels le respect des règles qui seront contrôlées  par les multiples audits a remplacé l’obsession du patient  par celle de la «réglementation».

 

Que s’est-il passé ? Comment en est-on arrivé là ?

 

Dans mon rêve, une grande salle commune, d’innombrables lits serrés les uns contre les autres, des mamans serrant dans leurs bras un enfant hospitalisé et des soignants à l’écoute, des patients accueillis même s’il fallait mettre un lit supplémentaire.

 

Bêtement à l’époque, les soigner paraissait plus important que les accueillir en client comme au Hilton et les laisser dehors si l’hôtel était plein. Personne n’eut imaginé refuser les malades graves sous prétexte de normes de qualité, de sécurité, de responsabilité etc.

 

Personne n’eut imaginé que quelques décennies plus tard ce serait le directeur d’hôpital qui aurait l’autorité pour « admettre » les patients et menacerait  les docteurs de sanction s’ils voulaient accepter un malade en plus du quota prévu.

 

Et quels moyens pour échapper à ce diktat puisque tout un réseau « sanitaire » a été mis en place pour empêcher les docteurs de soigner!

 

Les empêcheurs de soigner en rond, flattés de leur pouvoir sur les médecins qui les dominaient depuis des lustres (avant la tragique loi de 1991), ont été créés à tour de bras : surveillantes dénommées cadre de soin, de pôle, directeur de soins de l’hôpital et du groupe, directeur du site et du groupe, chef de pôle, président de la commission d’établissement etc. L’APHP a de plus le privilège d’avoir un «siège» fort qui double encore ces mêmes fonctions.

 

L’autoritarisme règne en maître avec des incohérences permanentes au sein des établissements. Comment expliquer les si nombreux brancards dans les couloirs des services d’urgence de l’APHP et le refus dans cette même institution d’un lit supplémentaire en oncologie pédiatrique un vendredi soir même si une chambre est libre ?

 

L’autocratie aveugle, subjective et partisane règne partout sans respect de l’intérêt des malades, les grands oubliés des bureaucrates gestionnaires.

 

Comment résister à cette soviétisation destructrice de l’hôpital ?

 

Le malade vient consulter un médecin, mais entre eux deux qui devraient pouvoir bénéficier d’un «colloque singulier», les interférences sont légion, érigeant un mur de Berlin, entraînant le désespoir voire le renoncement de trop d’entre nous (rappelons que les suicides de médecins et soignants sont beaucoup plus fréquents que dans la population générale et qu’à France Télécom).

 

Les inquisiteurs nommés des Agences régionales de santé (ARS) font régner l’ordre, leur ordre ; et leurs capos, les directeurs d’hôpitaux et leurs subordonnés  jouissent de leurs petites prérogatives.

 

Comment résister, protéger les patients ?

 

Impossible, d’où cette lettre ouverte, seule issue visible pour un simple médecin des hôpitaux en dehors de l’abandon, de la fuite, ou du suicide.

 

Un seul exemple : j’ai reçu la semaine dernière par mail un ukase de la cadre de pôle exigeant que les médecins de l’unité annulent à 13 heures les malades prévus dans l’après midi (certains venaient de province).

 

Ces patients devaient être hospitalisés pour recevoir leur traitement de chimiothérapie dont chacun sait (ou devrait savoir) que le retard à l’administration entraine des pertes de chance de survie.

 

Ce mail m’était adressé en tant que responsable de l’unité et également à neuf cadres  impliqués par cette injonction de ne pas soigner.

 

Parmi eux au moins trois infirmières montées en grade, et qui en d’autres temps, eussent pris, pour quelques heures, le relais auprès des patients, de leurs subordonnés qu’elles sont censées encadrer.

 

Quant au nombre d’administratifs qui se multiplient comme des petits pains, ils sont là pour gérer la pénurie (sauf la leur), imposer leur pouvoir qui satisfait leur ego et oublier le malade qui n’est qu’un gêneur encombrant. (1)

 

Mme la Ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit !  Que s’est–il passé?

 

Comme le reste de la société à partir des années Reagan, Thatcher, et Mitterrand en France, l’argent devint roi, le modèle fut le «golden boy» et l’hôpital devint «entreprise».

 

Comment  imaginer il y a quarante ans que les mutuelles assurances seraient cotées en Bourse… que les médecins seraient sommés de tenir compte de la tarification à l’activité pour prescrire des actes supplémentaires invasifs et souvent inutiles, et raccourcir ou allonger la durée d’hospitalisation des patients en fonction des bornes hautes ou basses de la classification sécurité sociale permettant de rapporter plus d’argent à l’hôpital (et de couter plus cher à la sécurité sociale) … cherchez la logique du système !

 

Ne croyez pas que j’exagère, tout le monde le sait maintenant ! Alors plutôt que de vous donner mille exemples (2) de cette dégénérescence de notre médecine au milieu de la destruction globale de la société, il me semble plus positif de vous proposer quelques sujets de réflexion voire quelques propositions susceptibles de redorer le blason de votre ministère et d’améliorer le sort des patients.

 

Madame la Ministre, n’ayant pas le loisir dans une simple lettre ouverte de vous proposer un programme de restauration du système de la santé en France, je me contenterai ici d’aborder trois problèmes cruciaux dont la solution transformerait déjà rapidement le climat, redonnant fierté, estime de soi aux médecins jusque-là stigmatisés, dévalorisés, déprimés, ainsi qu’à leurs incontournables alliés auprès des malades, toutes les catégories de soignants qui subissent les mêmes tracas.

 

1) S’attaquer sans complaisance aux conflits d’intérêt qui ruinent l’image des politiques, des experts et ruinent le budget  de la Sécurité Sociale

 

Je vous proposerai donc de vous attaquer sans attendre aux conflits d’intérêt entre l’industrie pharmaceutique, la politique et les leaders d’opinion universitaires.

 

Si la population toujours désinformée par les médias n’en a peut-être pas pris la mesure, vous ne pouvez pas ignorer que l’affaire Cahuzac n’est que la face émergée de l’iceberg et que les rapports incestueux des  décideurs sont fort partagés dans le milieu des premiers cercles du pouvoir.

 

Monsieur Cahuzac, loin d’être une exception représente le mode Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,de fonctionnement de nombreux décideurs. Nous vous le démontrerons si nécessaire, mais vous avez surement conscience comme moi qu’une grenade dégoupillée vous menace et qu’il serait plus raisonnable d’aborder tout de suite ce dossier brûlant avant qu’il n’explose. à moins que vous ne le puissiez ?

 

Les économies engendrées par un choix impartial, sans influence de lobbys, des médicaments recommandés et autorisés par les agences (ou mieux le ministère lui-même) permettraient des économies de plusieurs milliards d’euros annuels. économies du budget de la sécurité sociale  soi-disant recherchées mais ces gisements évidents restent oubliés.

 

2) S’attaquer aux agences sanitaires multiples et variées  source de gabegie, de paralysie et d’inefficacité.

 

Dans un deuxième temps, je vous ferai quelques propositions pour assainir le pouvoir de décision en santé curieusement accordé aux multiples et une agences qui se permettent de faire la pluie et le beau temps en votre nom sur la vie et la mort des hôpitaux ainsi que sur celles des patients en imposant leurs démarches thérapeutiques et en diabolisant les autres voies possibles.

 

Les économies  rapidement obtenues par votre seule volonté Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,politique seront la récompense au courage qu’il ne manquera pas de vous falloir pour affronter tous les bénéficiaires de ces petites combines organisées qui permettent aux hauts fonctionnaires de se recaser après un changement de gouvernement et aux fonctionnaires de bénéficier de salaires non limités dès lors qu’ils sont affectés hors du ministère.

 

3) Abrogation de la loi «Hôpital patients santé territoire» promulguée par vos adversaires politiques et que vous maintenez en l’état malgré les «promesses de campagne» du président Hollande qui s’appuie pourtant souvent sur celles-ci pour faire passer des lois qui divisent les Français. Pourquoi cette promesse est-elle oubliée ? Pourquoi ?

 

En conclusion, et avec ces quelques propositions que nous pourrions développer à votre demande, peut-être éviterions nous ensemble que notre hôpital public et nos patients ne subissent de fait une euthanasie au moins passive.

 

Quant à la médecine de ville que vous maltraitez tellement pour des raisons qui paraissent obscures, ce sera l’objet d’une autre lettre probablement mieux rédigée par mes collègues qui la vivent tous les jours mais partagent avec moi cette sensation terrible de destruction rapide de notre système de santé malgré son coût faramineux, un des plus élevés du monde.

 

Je vous conseille de suivre régulièrement leur actualité en consultant « les médecins ne sont pas des pigeons ». Cela vous permettra, Madame la Ministre d’éviter d’être coupée du monde réel comme le sont trop souvent les ministres. Je crains, Madame que vous n’y échappiez pas.

 

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de Nicole Delépine, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP, Pr Debré, Pr Even, ARS, Cahuzac, Lettre ouverte à Mme le Ministre de la Santé, Hôpital Public, LATA, limitation et arrêt de thérapeutiques actives, APHP,  s'attaquer aux conflits d'intérêts, Cahuzac, Abrogation de la loi Hôpital patients territoire,prêter à ces propositions raisonnables et rapidement applicables. Je  vous adresse mes sentiments respectueux.

 

Dr Nicole Delépine Pédiatre Oncologue. Responsable de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Universitaire Raymond Poincaré Garches AP/HP.

 

(1)   Le livre des Pr Debré et Even « avertissement aux malades, aux médecins et aux élus  2002 avait déjà mis en exergue cette extraordinaire multiplication des administratifs (détournant de plus  des soignants médecins et infirmiers  formés pour en faire des « cadres ») dans les hôpitaux bientôt constitué d’une armée de colonels sans soldats au front. La situation n’a fait qu’empirer avec la multiplication des agences sanitaires, la création des pôles, le regroupement des hôpitaux qui reconduisent les hiérarchies en rajoutant une couche supplémentaire. Les économies doublées d’une efficience meilleure sont faciles à trouver en supprimant purement et simplement ces échelons.

 

(2)   Vous trouverez  toutes sortes de témoignages de patients d’associations sur internet tous plus poignants le sens que les autres démontrant que les accidents et incidents hospitaliers ne sont plus à la marge mais bien le résultat de politiques successives de normalisation et accréditation au service de l’argent roi servi par tous ceux qui ont un temps bénéficié du système mais se voient rapidement rattrapé par l’affaire Cahuzac . Pas assez vite néanmoins.

29/04/2013

SOS AVIS D’ASPHYXIE

Nicole Delépine est un médecin comme on les aime. Un médecin qui se bat avec force et courage pour pouvoir continuer d'exercer une médecine humaine, proche des patients, libre de choisir la thérapeutique adaptée au malade avec lequel elle entretient un lien de confiance fort.

Aujourd'hui l'Unité d'Oncologie Pédiatrique qu'elle dirige est menacée. Je ne m'apesantirai pas aujourd'hui sur les raisons des menaces qui pèsent sur le service. L'actualité médiatique des jours à venir y suffira pleinement.

Pour l'heure il est nécessaire de trouver d'urgence les médecins dont le service a besoin et d'assurer à l'équipe un grand soutien citoyen. Je vous invite à diffuser largement ce message auprès de vos amis et vous en remercie à l'avance. La cause le mérite grandement!

Bernard FRAU

APPEL du Dr Nicole Delépine

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Chers amis, patients et soutiens

Je fais appel à vos connaissances amies médecins pour essayer de nous trouver la perle rare.

Comme vous le savez la survie du service ne tient qu'à un fil malgré les soutiens nationaux et internationaux importants de nombreux d'entre vous.

La situation est la suivante : afin d'organiser la fermeture de cette unité indépendante nous avons vu disparaitre les internes et chefs de clinique au fil des ans. Pour éviter que notre unité ne perdure je fus blackboulée à plusieurs reprises au concours de professeur comme le Dr alkhallaf l'est également à plusieurs reprises au poste de médecin titulaire.

Nous pouvions embaucher comme jeunes médecins les médecins étrangers mais depuis quelques années on nous a supprimé la validation de la spécialité d'oncologie que nous avions depuis les années 98 (nous avons dû régresser).

En conséquence des médecins comme Faiez sont obligés de partir de notre service pour valider leur spécialité en France ! CQFD

Notre seule solution est de trouver un ou plusieurs médecins déjà spécialistes en pédiatrie ou oncologie désireux de travailler avec notre petite équipe et de l'aider à perdurer croitre et embellir.

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait ou l'un de vos amis contactez-moi sans délai ! Notre médecin plein temps est en RTT depuis ce jour et l'équipe est au bord de l'asphyxie ....

C’est le but recherché ! Merci de votre aide et de diffuser à vos réseaux ! Cela reviendra bien à nos ennemis mais ils connaissent déjà la situation dans laquelle ils nous ont mis au fil des ans !

MERCI Nicole Delépine

Contacts:

UOPI(*) : Nicole Delépine  0607976363 www.nicoledelepine.fr

Amétist : Carine CURTET   0608417112

H-E-R   : Bernard FRAU     0663240066

(*)Unité d'Oncologie Pédiatrique Individualisée Hôpital Raymond Poincaré 104 BD R Poincaré Garches 92380

26/04/2013

Lettre ouverte du Dr Nicole Delépine(*) à Marisol Touraine

Drancy, le 16 mars 2013

Madame le Ministre,

Sous la présidence précédente votre groupe a dénoncé les conflits d’intérêt avec pugnacité et souligné que leur existence entraînait des choix souvent contraires à l'intérêt général. Les scandales du médiator et des pilules de dernières générations qui secouent actuellement l’opinion en sont des exemples démonstratifs.

Le même type de scandale sanitaire a frappé les USA où le président Obama a promulgué le Sunshine Act visant à instaurer une réelle transparence sur les conflits d’intérêts dans le domaine de la santé.

A la suite du rapport de la cour des comptes sur le sujet une loi destinée à assainir ces conflits a été votée en décembre 2011, sous la présidence précédente, reprenant la majorité des prescriptions du Sunshine Act et en particulier la publication des liens d’intérêts des experts sur Internet.

Malheureusement, sans aucune justification réelle, les décrets d’application publiés par votre ministère ont vidé cette loi de toute efficacité en rendant tout contrôle public très difficile au point qu’après les protestations des associations anti corruption, le Conseil de l’Ordre des médecins a publiquement déclaré ne plus pouvoir exercer le contrôle éthique qu’il est en charge d’exercer sur les médecins experts.

Sans au minimum transparence totale et au mieux éradication des conflits d’intérêts des experts de votre ministère et des agences de santé, de nouvelles catastrophes sanitaires sont inéluctables dont vous serez responsable.

Ce qui a été fait aux USA est possible en France !

Madame la Ministre,

Pensez-vous corriger les décrets incriminés et sinon quelles sont les motivations de vos décisions ?

Nous vous remercions de l’attention que vous prêterez à cette lettre qui met en cause des faits lourds de conséquences sur la santé de nos concitoyens. Je vous prie de croire, Madame en toute ma considération respectueuse.


(*) Le Dr Nicole Delépine est responsable de l'unité d'oncologie 2067749_14423969-delepine2colmax-20130412-r145g_298x224.jpgpédiatrique de l'Hôpital universitaire Raymond-Poincaré à Garches (92). Depuis 20 ans elle mène, dans des conditions particulièrement difficiles un combat pour l’amélioration de la prise en charge des malades atteints du cancer, pour le respect du droit des patients au choix thérapeutique et des soins personnalisés.

Avec l’association Amétist, Nicole Delépine mène le combat pour maintenir l’activité de l’unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital universitaire Raymond-Poincaré à Garches menacé de fermeture.

Plus d’informations sur le sujet

http://www.jolpress.com/sante-chirurgie-paiement-a-lacte-hopitaux-article-818565.html

http://www.jolpress.com/blog/frederic-zenouda-et-kevin-finel-medicaments-visiteurs-medicaux-business-cholesterol-diabete-818235.html

 

 
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