Avertir le modérateur

09/08/2011

Note dette souveraine des Etats Unis: Pékin est rouge de colère !

L’affaire couvait depuis un certain temps. Finalement Standard & Poor’s, l’Agence de notation – elles sont trois plus une chinoise dans le monde – a franchi le Rubicon.

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,Pour la première fois depuis 1917, dans la nuit de vendredi à samedi 5 aout, une agence de notation, S&P, a officiellement dévalué la note de la dette publique américaine d’un cran, la passant du niveau AAA au niveau AA, le tout assorti d’une perspective négative. C’est la note souveraine des Etats-Unis qui vient d’être dégradée en raison en particulier du déficit croissant du pays et de l’augmentation de son endettement.

En clair l’Agence considère que les Etats-Unis n’ont pas la capacité de mettre en œuvre un programme de remise en ordre de leurs finances publiques et que cela pose désormais la question du remboursement d’une dette colossale.

Dette à ce point importante qu’une erreur de 2000 milliards de dollars commise par S&P dans les projections à 2021, n’a pas été jugée significative, par l’agence pour remettre en cause na notation.

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,Rappelons nous, à ce jour la dette américaine est chiffrée 14300 milliards de dollars et le déficit de l’Etat fédéral se situe au niveau du PIB du Canada – 1500 milliards de dollars –.

C’est la panique totale sur la planète finance et politique. Les Bourses s’effondrent, en Europe les dirigeants européens cherchent par tous les moyens à rassurer les marchés tout en n’étant pas au clair sur le fond des solutions à mettre en œuvre.

Ça tire à hue et à dia!

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,Français Allemands, Anglais Italiens, Espagnols vont de conciliabules en conciliabules privés bilatéraux et vidéoconférences secrètes. Devant les caméras, on affiche de grands sourires entre Allemands et Français mais derrière on ne pousse pas les mêmes solutions.

La Banque Centrale Européenne fait de son mieux pour rassurer «les marchés» mais l’Allemagne refuse d’augmenter les moyens du Fond de 476 milliards d’Euro pour s’affranchir du risque sur les dettes italienne, espagnole et portugaise.

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,L’euro est menacé à un moment ou plus que jamais il doit être renforcé face au dollar pour constituer une valeur alternative d’échange.

De son côté Washington proteste, l’agence de notation, elle, persiste et signe en indiquant très sérieusement que la note des Etats-Unis pourrait encore baisser d’un cran d’ici 16 à 24 mois.

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,Nicolas Sarkozy apporte un soutien sans faille à l’Amérique. Il s’en prend «à l’irrationalité des investisseurs, l’inconséquence des banques et l’inculture des agences de notations» bref il tacle ces institutions addicts aux principes de l’idéologie néo libérale-conservatrice qui depuis plus de 30 ans ont fait la pluie et le beau temps aux Etats-Unis avec le résultat que nous subissons aujourd'hui.

Pas un mot de sa part sur les dirigeants politiques qui continuent de ne pas regarder plus loin que le bout de leur prochaine campagne électorale et sur leur irresponsabilité qui les entrave alors qu’il importe en ce moment et plus que jamais que le «Politique» reprenne la main.

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,Le spectacle américain du débat Républicains/Démocrate au Congrès à propos du relèvement du plafond de la dette américaine a été lamentable.

Celui des Européens concernant le soutien à la Grèce et la mise en œuvre de dispositions pour faire face aux attaques contre les dettes souveraines de l’Espagne du Portugal et de l’Italie n’ayant pas été plus brillant.

Un verrou vient de sauter!

Mais, au de la de la crise à laquelle le système économique et financier mondial va une fois de plus devoir faire face – depuis 1971, date de la rupture unilatérale des accords de Bretton Woods par les Etats-Unis, nous avons connus 124 crises bancaires, 205 crises de crédit, 63 crises d’états souverains* –, au-delà des insuffisances des dirigeants politiques, ce dont il faut bien s’imprégner reste qu’un verrou qui vient de sauter.

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,Pour s’en convaincre il n’est qu’à lire et bien méditer les déclarations de l’agence Chinoise Xinhua que curieusement tant les journalistes que nos responsables politiques n’ont pas vraiment commentés.

Pékin est rouge de colère et tance les US!

Dans une déclaration au ton très peu amène, voir virulent, les choses ont été clairement dites par l’agence Xinhua – Chine nouvelle –. «Le seul moyen que les Américains ont trouvé pour améliorer la croissance économique a été de contracter de nouveaux prêts pour financer les anciens», et d’ajouter comme pour bien se faire comprendre, «Le gouvernement américain doit se résigner à un état de fait douloureux: le bon vieux temps où il n’y avait qu’à emprunter pour se tirer du pétrin qu’il avait lui-même créé est terminé».

pékin,sarkozy,déficit,dette souveraine,agences de notation,standars & poor's,bce,allemagne,france,italie,espagne,portugal,grèce,euro,europe,etats-unis,chinePuis après la critique la sentence sans appel: «La Chine, premier créancier de la seule superpuissance mondiale, est dorénavant dans son droit d’exiger des Etats-Unis qu’ils affrontent le problème de leur dette structurelle et assure la sécurité des actifs chinois en dollars».

Pékin ne s’est d’ailleurs pas contenter de parler aux Etats-Unis. A l’adresse des autres parties prenantes de l’économie mondiale – le G18, soit le G20 moins la Chine et les Etats-Unis – la Chine a annoncé la couleur: «Il faut mettre en place une surveillance internationale sur la question du dollar américain et une nouvelle monnaie de réserve, stable et sûre, peut aussi être une option pour éviter qu’une catastrophe soit provoquée par un seul pays».

La réalité des développements de cette crise restera d’abord et avant tout ces déclarations qui ouvrent une nouvelle perspective pour le leadership politique de la planète.

Plus rien ne sera comme avant la nuit du 5 au 6 Août 2011.

pékin,sarkozy,déficit,dette souveraine,agences de notation,standars & poor's,bce,allemagne,france,italie,espagne,portugal,grèce,euro,europe,etats-unis,chineLa Chine dont il y a beaucoup à dire, s’agissant de son soutien implicite aux dérives des Etats-Unis – nous y reviendrons dans un prochain billet –, vient de siffler la fin d’une partie. Une partie qui a vu les Etats-Unis conduire le monde en fonction de ses seuls intérêts.

Une nouvelle confrontation, car il n’est pas imaginable que les choses se passent tranquillement, va commencer dont l’issue est pour l’instant particulièrement incertaine.

Comble de l’ironie, c’est le PC Chinois qui tient désormais le sifflet.

Pékin, Sarkozy, Déficit, Dette souveraine, Agences de notation, Standars & Poor's, BCE, Allemagne, France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Euro, Europe, Etats-Unis, Chine,L'Europe et les Européens dans ce moment doivent très rapidement prendre les décisions qui lui conserveront un rôle de puissance d'avenir dans un mode multipolaire que la Chine va vouloir dominer.

Dire que certains avaient pu croire, la lors de la chute du PC soviétique, que l’Histoire pouvait s'arrêter.



* source Édouard Tétreau «Quand le dollar nous tue» chez Grasset.

23/07/2011

Crise de la dette : un palliatif de 160 milliard d’€uros…... et après ?

bce_0.jpgEn réunion au sommet, jeudi à Bruxelles, les dirigeants européens, sont finalement parvenus à accorder leurs violons pour permettre à la Grèce de ne pas sombrer en entraînant toute la zone euro avec elle.

Quelles sont les grandes données du mécano financier qui a été imaginé pour venir en aide à la Grèce?

Globalement, avec ce nouveau plan la Grèce a obtenu, via le FESF – Fond Européen de Stabilité Financière – le maintien de son financement. Des moyens supplémentaires sur une durée plus longue et avec des taux d’intérêts moins élevé ainsi qu’une restructuration partielle de sa dette lui sont accordés.

En plus des 110 milliards d’€uros obtenus l’an dernier le nouveau plan se chiffre à 160 milliards d’€uro sur 3 ans, dont 50 milliards en provenance du secteur privé – banques assurances et fonds d’investissement – le solde étant apporté par le FMI et l’Union européenne. Afin de diminuer la charge de la dette le taux des intérêts d’emprunt passera de 4.5% à 3.5%. Enfin la Grèce aura plus de temps pour rembourser puisque la durée des prêts sera portée de 7 ans à 15 ans au minimum.

Les créanciers privés sont également mis à contribution.

Il leur est demandé d'échelonner les remboursements des dettes contractées ou d’accepter un rachat de leurs créances à prix «cassé» - 60% de la valeur d’émission» - des obligations d'Etat qu’ils ont acquis.

19_04_Bourse_trader_Wall_Street-930_620_scalewidth_630.jpgLes «marchés», après avoir tant et plus perturbé la sérénité des négociations menées par les dirigeants des états européens pour trouver une solution à la crise des dettes souveraines, semblent accueillir ce plan positivement. Les cotations à la «corbeille» des valeurs européennes des secteurs de la banque et des assurances sont reparties à la hausse.

Pour autant si l’horizon semble dégagé sur les 3 années à venir s’agissant du cas de la Grèce, rien ne vient garantir que les difficultés de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne, voir de l’Italie et de la France ne vont pas à échéance plus ou moins rapprochée relancer la mécanique de la crise et des attaques des Agences de notation anglo-saxonnes dont on peut à bon droit se dire qu’elle pourraient assez facilement être considérées comme les mercenaires d’une guerre contre l’€uros face au $dollar américain.

03cc3d4c-98cc-11e0-83d0-6311d46fe47f.jpgDes réformes de fond importantes sont promises par les dirigeants européens, la France et l’Allemagne en particulier semble vouloir afficher une volonté de dépassement de leurs divergences de fond.

Cela reste à vérifier car de nombreuses questions ne sont pas réglées et restent en suspend!

Parmi elles, une est d’importance capitale et il va falloir désormais y apporter une réponse nette: Quelle Europe voulons-nous?

Cette question est pendante depuis la création de la monnaie unique sans mise en place d’une approche globale des politiques économiques et fiscales des états membres de l’Union et sans se doter des moyens d’une défense collective face aux attaques des spéculateurs financiers.

Le combat contre les attaques spéculatives vis-à-vis de l’un ou l’autre des états de l’Union sont insupportables et il doit être mis fin aux menées malsaines des agences de notations qui permettent aux spéculateurs de prospérer sur les difficultés nées des déstabilisations qu’elles provoquent.

Des mesures de taxation seraient les bienvenues pour mettre un terme à ces agissements inacceptables.

A l’heure qu’il est, ce plan d’aide à la Grèce dont la mise en place a été trop longue et qui, selon François Fillon, aura pour conséquence «une augmentation d’ici 2014 de notre niveau d’endettement, à hauteur d’environ 15 milliards d’€uros» permet de mettre un terme provisoire aux difficultés européennes. Ce n’est qu’un répit qui est accordé à la zone €uro.

ue-drapeaux-de-divers-pays-europeens-4504391tulrl_1713.jpgIl faut désormais aller plus loin et travailler d’arrache pied à la construction d’un édifice européen solide et durable. Faute de quoi les mêmes causes engendrant les mêmes effets demain nous amèneront face à de nouvelles crises qui cette fois pourraient s’avérer fatales à l’Union Européenne.

 

19/07/2011

Crise de la dette: Bayrou Borloo même combat!

1263d0d6-54ca-11e0-9cf7-aca042536d20.jpgLe 12 juillet 2011, le Président du Modem, le centriste François Bayrou, déclarait lors d’une interview sur RTL à propos de la crise de l’Euro, «Je pense que c’est nécessaire aujourd’hui que tous les responsables politiques prennent leurs responsabilités.

J’ai demandé audience au président de la République car il faut absolument que la France ait un message différent de celui qu’elle a eu jusqu’à ce jour pour qu’on ne tombe pas dans cet énorme risque qui nous est envoyé. "

jean-louis-borloo-le-14-mai-2011-10458921zvrgr_1902.jpgDe son côté, lundi 18 juillet, s’appuyant sur les nouvelles prérogatives ouvertes par l’article 18 de la Constitution, Le Président du Parti Radical, Jean-Louis Borloo, a adressé une lettre au président de la République, pour l’inviter à s’exprimer devant le Parlement réuni en Congrès» avant la rencontre des chefs d’État et de gouvernement de la zone Euro à propos du soutien à la Grèce.

{71D8BED2-0057-4A12-962C-02E30836EEFE}Picture.jpg«J'ai adressé une lettre au président de la République pour lui demander que le Parlement soit convoqué, que le Congrès se réunisse pour informer les Français de la situation de la crise, qui n'est pas seulement une crise grecque mais une crise de la zone euro, de la zone dollar», a-t-il déclaré lors d’un déplacement à Poitiers.

Jean-Louis Borloo, considère, en effet, que les décisions qui seront prises lors de cette réunion engageront la France «pour les décennies à venir» et que cela justifie «un débat démocratique» avec la représentation nationale ainsi qu’une «information transparente» en direction des citoyens.

Il estime que toutes les options doivent mises sur la table devant les Français ceux-ci devant connaître le jugement précis que le gouvernement fait sur la crise. L’ancien ministre de l’écologie demande également que nos concitoyens soient informés de façon précise quant à l’exposition des banques et des institutions françaises face à la dette grecque.

article_euros.JPGDans sa lettre au Président de la République le leader centriste pose très directement la question de savoir «Comment seront précisément engagés les 400 milliards d'euros du Fond européen de stabilité financière (FESF)?»

Pourquoi cette démarche de Jean-Louis Borloo, complémentaire de celle de François Bayrou, est-elle à la fois intéressante et justifiée?

S’agissant de la Construction européenne force est de constater que celle-ci s’est faite progressivement d’abord le charbon et l’acier puis l’agriculture puis la justice enfin les frontières et la monnaie. Tout cela en passant de 6 à 27 pays.

A quel moment les citoyens ont-ils vraiment pu débattre des options choisies? Très rarement et à la marge et quand ils ont été consultés leur vote a été jeté à la poubelle – Traité de Lisbonne –.

merkel-und-sarkozy-lehren-aus-der-krise-ziehenpropertyposter1-300x208.jpgA force d’être mis de côté, les citoyens qui ne comprennent plus ce qui se joue sans eux, faisant le constat que tout va de mal en pis se retournent vers un «populisme» de désespérance né de leur impuissance à agir sur les mécanismes dont les effets les concerne au premier chef.

D'un autre côté la responsabilité des partis de gouvernement de gauche comme de droite est patente.

Quel fût le temps consacré, lors des dernières élections présidentielles et législatives, au débat sur l’Europe et son avenir face à la crise des dettes souveraines qui déjà étaient d’actualités? Rien nada!

Si l’on souhaite faire prospérer l’idée européenne et si l’on ne veut pas céder au repli sur soi que nous proposent les tenants d’une France rabougrie, il faut s’appuyer sur une «opinion publique commune» qui s’impose à la machine bruxelloise nourrie au carburant des lobbies dont l’intérêt premier n’est pas la démocratie mais le montant des profits qu’il pourront tirer d’un marché taillé à leurs convenances.

Si nous voulons que dans cette Europe, la France puisse jouer son rôle et faire valoir les valeurs qui sont les nôtres, alors il faut que les Français soient consultés informés et éclairés et mobilisés.

Pour cela l’initiative de Jean-Louis Borloo, mais également celle de François Bayrou, sont à soutenir et à saluer. Ces initiatives sont constructives et responsable.

On aimerait que l’ensemble de la classe politique s’en inspire au lieu de conserver le nez dans le guidon de la prochaine séquence électorale en ne proposant aux Français que des débats qui sont à mille lieux des défis que nous impose un monde aujourd’hui devenu volatile et dangereux.

18/07/2011

Le Crédit Suisse sous le coup d'une enquête du Fisc américain

A nouveau est posée la bataille entre l'Etat et les marchés. Alors que la bataille fait rage sur le front des dettes souveraines américaines et européennes, aux États-Unis s'engage une investigation, du Ministère de la justice, pour mettre à jour des fraudes fiscales.

Selon l’agence Reuters, la justice américaine aurait lancé, aux États-Unis, une enquête concernant les services internationaux de la deuxième banque privée helvétique, le Crédit Suisse. Cette enquête a pour objet de vérifier les moyens et l’aide mis en œuvre par la banque pour permettre à des citoyens américains de frauder le fisc de leur pays.

image_proces.jpgLe Crédit Suisse n’est pas la première banque touchée par de telles investigations de la justice américaine. Déjà en 2007, l’UBS – Union des Banques Suisses – avait été dans le collimateur. Pour éviter un procès en règle, l’UBS s’était résignée à payer une amende de 780 millions de dollars et s’était engagée, à la suite d’un accord entre les autorités américaines et helvétiques à révéler l’identité d’au moins 4400 contribuables américains soupçonner d’évasion fiscale détenteurs de comptes dans l’établissement.

Plusieurs autres banques dont la britannique HSBC, première banque européenne, seraient sur la sellette et feraient également l’objet de l’attention des enquêteurs du ministère de la justice des US – DoJ –

Jay Rubinstein, en charge de la fiscalité américaine au cabinet Withers de Zurich a déclaré à propos de ces enquêtes américaines, «ce n’est pas surprenant de voir le DoJ se concentrer sur les établissements présents aux Etats-Unis compte tenu des enjeux».

Facade wall street.jpgJay Rubinstein n’a pas tord de dire que les enjeux sont importants, l’heure est en effet à une reprise en main ferme de la part des responsables politiques pour mettre un terme aux «champions» de l’évasion fiscale mais également aux spéculateurs en tous genre qui jouent à s’enrichir sur le dos des plus faibles des États aujourd’hui en difficulté.

Il faut mettre un terme à ces jeux frauduleux qui donnent toujours plus de gras à ceux des puissants qui ne respectent pas leurs devoirs à l’égard de la collectivité au détriment des petits qui au final payent la douloureuse.

Le cas de la Grèce est de ce point de vue assez édifiant!

8634d6e0-3c1b-11df-8af1-503508d3954a.jpgOn aimerait qu’en France nos responsables politiques se préoccupent, un peu moins de leur calendrier électoral et un peu plus de ces questions d’évasions fiscales et sociales qui plombent les finances publiques et qui font croître l’endettement du Pays.

Plutôt que de nous abreuver de questions à deux balles – suppression du défilé du 14 juillet, suppression de l’interdiction de fumer dans les bistrots, débats sur la bi-nationalité et autres disputes sur les radars et la participation des officines dans l’affaire DSK toutes destinées à nous aveugler sur les réelles difficultés du Pays – , nos édiles politiques feraient mieux de rassembler leurs énergies pour apporter des réponses concrètes, durables et solides pour garantir l’avenir des générations futures et des institutions seules garantes avec les citoyens éclairés d’une possibilité de Paix et de progrès intellectuel et moral.

europe.jpgQu’il s’agisse des USA ou des pays de l’Union Européenne le retour de l’Etat, de sa souveraineté et de sa puissance est désormais la condition préalable à tout règlement des questions qui touchent à l’argent, à la fiscalité et à l’endettement. Tous doivent ensuite ayant mis de l’ordre dans leur propre pays doivent concourir ensemble à poser les règles qui feront que la logique des marchés ne puisse pas s’imposer aux puissances publiques.

20:53 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ubs, crédit suisse, doj, hsbc, jay rubinstein, grèce, usa, union européenne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

29/06/2011

Le parlement grec vote le plan d'austérité

papandreou-grece-premier-ministre-union-nationale-334261-jpg_212173.jpgAlors que la situation semble dégénérer ce mercredi à Athènes, où en face du parlement grec, place Syntagma les manifestants lancent des pierres sur les policiers qui répliquent avec du gaz lacrymogène. L’on apprend de source officielle que le parlement a voté le plan d’austérité du premier ministre socialiste Georges Papandréou.

«Le plan d'austérité portant sur la période 2012-2015, nécessaire à la Grèce pour sécuriser une nouvelle aide financière de ses créanciers, a été adopté aujourd'hui par le Parlement grec, selon un décompte des voix réalisé par les journalistes de l'AFP.

1875654.jpgA 13H02 GMT, le projet avait reçu 151 voix "pour" sur les 300 que compte le parlement. Les députés ont voté un par un à l'appel de leur nom par circonscription.

Depuis ce matin, l'Europe entière a les yeux braqués sur Athènes où les députés sont appelés à voter en faveur de ce projet, contesté par la rue mais jugé obligatoire par les partenaires de l'Europe pour la poursuite de leur soutien financier, afin d'éviter un défaut de paiement de la Grèce et de mettre en danger la zone euro»

article_gA_ce.jpg«Même moi je jette des pierres pour la première fois de ma vie, les gens ont tellement la haine», s'exclamait ce matin une femme professeur de philosophie de son état. L’on craint que la manifestation prévue pour ce soir 19h heure locale (18h heure française) ne tourne à l’émeute tant la rue est chauffée à blanc. Un important cordon de police est déployé.

Source: AFP/ le Figaro Economie 29/06/2011 | Mise à jour : 15:05

16:00 Écrit par Bernard FRAU | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : athènes, plan d'austérité, georges papandréou, grèce, émeute, manisfestants, police, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

28/06/2011

Pascal Lamy: "la Grèce ce n'est que 5% de l'éconmie européenne"

pascal-lamy-omc-geneve_238.jpgInterrogé par Agnès Soubiran de France Info, à propos de la crise grecque, le socialiste Pascal Lamy actuel directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce a déclaré, «La Grèce ce n’est que 5% de l’économie européenne» ajoutant: "La crise grecque est une crise de la dette, de la Grèce. C’est l’histoire classique d’un petit pays qui pendant longtemps a dépensé plus qu’il n’a gagné. On trouvait ça pas très correct d’aller chercher des poux dans la tête des grecs, parce que leurs statistiques étaient bidonnées. Et tout ça a duré des décennies. Et se paye".

Quel mépris, quelle arrogance, mais aussi quel niveau de bêtise crasse dans les propos puants de ce minable?

sipa_ap21039793_000002.jpgFaut-il rappeler à ce sinistre individu, que la Grèce c’est d’abord et avant tout plus de 11 millions d’habitants. Faut-il aussi lui remettre en mémoire, lui le détenteur de nombreux diplômes, que la Grèce la région qui a été le berceau de la culture européenne. C’est dans les citées grecques que des hommes ont inventé la philosophie, la démocratie, le théâtre et les jeux olympiques?

Faut-il également rappeler à Pascal Lamy que la Grèce c’est un formidable patrimoine culturel et touristique qui fait l’objet de convoitises énormes de la part d’investisseurs privés qui n’attendent qu’une chose la chute du Pays et la mise en œuvre d’un plan de privatisation général?

Un peu de mesure et un peu plus d’humanité dans la bouche d’un social-démocrate, fussent-il un des plus haut-fonctionnaires que compte le monde fermé des grands dirigeants au service de la mécanique financière et commerciale de la planète aurait été apprécié.

Ce coup de gueule en guise de préalable posé venons-en au fond du discours de Pascal Lamy!

Qui sont ces «on» qui n’ont pas trouvé «ça très correct d’aller chercher des poux dans la tête des Grecs, parce que leur statistiques étaient bidonnées» et qui ont laissé faire pendant des décennies.

h-20-2505821-1306333857.jpgQui? DSK l’ex patron socialiste du FMI? Qui? Pascal Lamy lui-même? Qui encore? José-Manuel Barroso le patron de la Commission européenne? Jean-Claude Trichet le patron de la Banque européenne?

Tous ont été mouillés dans la carambouille mise en place par les banquiers voyous de Goldman Sachs sous le regard plus que complaisant des agences de notation. Tous ont finalement participé au maquillage de la situation réelle des finances de l’Etat hellène depuis son entrée dans la zone euro.

Dans un article paru dans ce blog le 7 mai 2010 j’affirmais, «Personne ne nous fera croire que dans les milieux autorisés tant à Bruxelles qu’à Francfort on ne savait pas ce qui se tramait».

Aujourd’hui Pascal Lamy qui vient d’indiquer dans cette interview qu’à l’OMC au moins on savait, trouve finalement normal de présenter benoitement la note aux Grecs tout en faisant remarquer que «le laxisme ça se paye» ! Quel culot!

grece-manif.jpgSeulement le Peuple grec ne veut pas avaler une deuxième potion amère servie par un autre social-démocrate, 1er ministre de son état Georges Papandréou. Il est dans la rue pour dire Non. Il a raison.

En mai 2010 confronté à une dette importante qu’elle n’était pas en mesure de financer sur les marchés à des taux raisonnables, le gouvernement avait sollicité une aide de 110 milliards d’euros auprès du FMI et de l’Union Européenne en échange de la mise en place d’un vigoureux plan d’austérité. Bon gré mal gré les Grecs se sont pliés aux décisions.

Loin de permettre un redressement des finances hellènes ce plan a au contraire provoqué une aggravation de celle-ci au point de plonger le pays dans une récession insupportable qui touche les catégories sociales grecques en général et les jeunes en particulier dont le taux de chômage atteint près de 40%.

papandreou-grece-dette-abaisser-note-agence-notati-332889-jpg_211087.jpgCette fois Georges Papandréou, en bon soldat de l’adjudant Pascal Lamy, vient leur proposer un tour de visse supplémentaire, c’est l’édition 2011 du programme des festivités des 5 prochaines années «pour une austérité nouvelle» qui doit être soumise au vote du parlement.

Au menu, hausse de la TVA, gel du salaire des fonctionnaires, plan renforcé de privatisations, réduction des retraites, des allocations sociales et de la masse salariale, ainsi que du nombre des emplois du secteur public. Cerise sur le gâteau les privatisations du secteur public vont se poursuivre.

athenes_france_info.jpgTout ce couffin de mesures plus impopulaires les une que les autres, imposé par les cyniques comptables politiques de la mondialisation «malheureuse» que soutient Pascal Lamy, provoque, et c'est normal, la juste colère des Grecs.

Des Grecs qui viennent de recevoir un soutien inattendu.

L’ONU, en effet, dans son rapport annuel sur la situation sociale dans le monde, vient d’indiquer que les politiques d’austérité menacent la reprise économique.

Les économistes de l'Organisation des Nations Unies, invitent les gouvernements à «réagir avec prudence aux pressions en faveur de la consolidation budgétaire et de l’adoption de mesures d’austérité s’ils ne veulent pas risquer d’interrompre le redressement de leur économie».

Georges Papandréou et Pascal Lamy devraient peut-être trouver le temps de diversifier leurs relations et leur référents politiques.

Nous attendons avec impatience le résultat du Vote du Parlement Grec qui doit en principe avoir lieu tard dans la soirée.

19:34 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pascal lamy, dsk, barosso, jc.trichet, omc, fmi, union européenne, dette, grèce, geoges papandréou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

27/04/2010

Que veut l'Allemagne?

87946_merkel-papandreou-unejpg.jpgDepuis le début de la crise grecque l’Allemagne n’en finit pas de jouer « le cul de plomb » dès lors que des solutions semblent se profiler pour permettre au gouvernement hellène une sortie de crise sans catastrophe sociale pour le pays. A ce jeu c’est l’ensemble des pays de la zone euro qui risquent bientôt de se trouver en difficulté.

 

Mercredi 17 mars, tout en émettant l’idée, «en dernier recours»,  d'exclure un pays de la zone euro en cas d'infractions répétées aux règles de Maastricht, Angela Merkel, rejetait devant le Bundestag, la possibilité d’une aide rapide à la Grèce.  Enfonçant le clou, la Chancelière allemande a précisé qu’il ne fallait pas «apporter une aide prématurée, mais mettre de l'ordre dans tout cela».

 

Certes l’opinion publique allemande est loin d’être favorable, voire hostile, à toute  politique de la main tendue envers un pays et une population qu’elle considère comme laxiste.

 

Angéla Merkel est d'autant plus sensibilisée par cette opposition que des élections locales difficiles pour son parti auront lieu à la mi-mai en Allemagne. De plus son gouvernement de coalition est divisé sur la question grecque.

 

Tout cela ne justifie en aucune manière que la solidarité européenne ne joue pas pour soutenir l’actuel chef de gouvernement grec, qui très courageusement fait face, de son côté, à une montée en puissance des mécontentement que soulève le plan d’austérité mis en place pour donner des gages sur la bonne conduite des affaires de l’Etat grec pour le futur.

 

Au-delà de la crise du financement de sa dette, le pays, très dépendant de la conjoncture générale européenne et mondiale pour son économie doit amortir un recul important de l’activité de secteurs traditionnellement forts. Ainsi en matière de tourisme le recul se chiffre à 13%, pour la construction navale et le transport maritime à 7,8%.

 

Le plan de redressement va imposer une cure d'austérité sans précédent au pays, qui viendra se surajouter aux difficultés réelles économiques. Ce plan aura, à n’en pas douter, des conséquences sur les investissements et la demande des ménages.

 

Pour mémoire le programme d’assainissement prévoit une augmentation de la TVA de 19 à 21%, un relèvement des Impôts et des taxes à la consommation, une réduction des salaires dans le secteur public qui représente 32 % des salariés du pays, moins 60% du quatorzième mois et moins 30 % du treizième mois ainsi qu’un blocage général des retraites.

Nonobstant, Wolfgang Schäuble le ministre des Finances CDU de la coalition Merkel en remet une couche. Alors que la Grèce a, ce vendredi, officiellement demandé l’aide de l’Union Européenne et du FMI, celui-ci lui réclame de nouvelles mesures d'austérité. Faute de quoi, Berlin pourrait mettre son veto à la mise en place du plan européen aide à Athènes.

Dans la foulée, Hans-Peter Friedrich, un des hauts responsables de la CSU, parti conservateur bavarois, considère lui que « la Grèce devrait envisager sérieusement de quitter la zone euro », pendant que Werner Langen l’actuel chef du groupe conservateur allemand, CDU/CSU, au Parlement européen, martèle, «la véritable alternative» serait qu'Athènes «quitte la zone euro et redevienne compétitive à l'aide de rudes réformes structurelles ».

 

Toute cette agitation provoque un affolement des marchés mais également une colère de la rue à Athènes.

Les taux grecs à 10 ans sont montés à un niveau record lundi dépassant le seuil de 9%. Cette tension s’est traduite par un relèvement des taux  au Portugal, en Espagne et en Irlande laissant craindre une contagion de la crise à d’autres pays fragilisés de la zone euro.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’à ce stade la situation devient assez imprévisible. Le remède de cheval que veut  imposer l’Allemagne à la Grèce risque d’être plus négatif que positif. A force d’exiger plus d’économies et d’efforts c’est à une déroute économique et sociale que le pays va être conduit, qui ne sera pas sans conséquences pour l’ensemble de l’Europe.

 

Que veut l’Allemagne ? Le retour des colonels en Grèce ? Au rythme des déclarations de ses dirigeants on pourrait le croire. Que veut l’Allemagne ? Se payer à bon compte «  Quelques Iles » ? «On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou »  comme le dit le journal allemand Bild.

Quelle honte, quelle arrogance ! D’autant que dans cette histoire de financement de la dette grecque, il n’est pas question de « don » de la part de qui que ce soit, mais bien de prêts adossés à des taux d’intérêts largement rémunérateurs pour les pays contributeurs. Pour mémoire pour prêter à la Grèce à un taux de 5%, l’Allemagne emprunterait à 1.5%.

Pourquoi l’Allemagne dont la part dans le commerce mondial des armes et systèmes d’armements atteint plus de 11%. ne recommande-t-elle pas à la Grèce une réduction drastique de ses budgets d’armement ? La réponse est claire, la Grèce, éternel rival de la Turquie, 5ème importateur mondial d’armement dont le budget défense est de 6 milliards d’Euro/an, représente 13% de ses ventes mondiales.

Il suffirait que l'Europe, à condition qu’elle existe en tant puissance politique et militaire souveraine, accorde sa protection à la Grèce contre toute agression, pour réduire dans un rapport deux ou trois les dépenses militaires de ce pays donc le budget général de l’état. Les marchands d'armes Allemands, Américains et Français seraient certes pénalisés, mais la dette et les déficits de la Grèce seraient très rapidement résorbés!

Il faut donc cesser cette hypocrisie générale qui se sert de la Grèce pour pousser les feux d’un projet politique allemand inavouable ! Il faut cesser de nous faire croire que la Grèce a trompé ses partenaires européens !

Depuis 2001, personne te surtout pas la Commission européenne ne pouvait ignorer la réalité des comptes de la Grèce. Il suffisait pour cela de vérifier les comptes des administrations centrales pour constater le déficit permanent du budget de l’État grec et voir que la dette officielle (rendue présentable pour intégrer la zone euro) annoncée ne correspondait pas à la réalité des finances du pays. Tout le monde savait mais personne n’a parlé! Pour des questions politiques et géostratégiques il fallait pousser à l’intégration de la Grèce dans la zone euro. A cette époque la France et l’Allemagne en étaient les plus ardents partisans.

En défendant la Grèce «nous défendons le territoire de l'euro»  a  déclaré  dimanche Christine Lagarde, ajoutant fort justement, «Lorsqu'une partie de ce territoire est attaquée, et que notre devise commune est sous pression, on est tous tenus d'être solidaires».

Il est temps pour l’Allemagne de comprendre que, sauf à vouloir délibérément casser l’Union Européenne, la solidarité des européens dans cette affaire doit jouer, comme ce fut le cas au moment de la réunification.

Il est temps aussi pour la France de dire très clairement que ces atermoiements ne peuvent plus durer, comme ne peut plus durer cette arrogance teutonne qui veut faire marcher l’Europe au pas cadencé depuis Berlin.

Il faut très clairement que le 3 mai prochain, le parlement français qui va débattre du plan d'aide du gouvernement français à la Grèce signifie à Angela MERKEL la détermination de notre Pays.

Pas de Munich diplomatique ! La  France solidaire des pays méditerranéens  doit soutenir la Grèce, sans complaisance certes, mais sans arrogance ou marchandage boutiquier avec à l’esprit le sens de l’intérêt général des pays européens de la zone euro.  

08:55 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, portugal, espagne, merkel, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu