Avertir le modérateur

06/04/2011

Technologie EPR : report de décision des autorités britanniques

262981.jpgDéjà circonspectes, à propos des systèmes de sûreté des réacteurs nucléaires EPR, pour lesquels elles avaient émis des réserves le lundi 2 avril 2010, les autorités de sureté de Grande-Bretagne viennent cette fois de décider du report de l'autorisation de principe de l'utilisation de la technologie EPR poussée par la filière électro-nucléaire française. L'annonce de ce report est consécutive à la catastrophe de FUKUSHIMA au Japon, pour laquelle les leçons doivent être tirées avant toute nouvelle mise en construction.

Source AFP Le Moniteur 05 04 2011

Les autorités britanniques du nucléaire ont annoncé mardi 5 avril un report de leur décision sur une autorisation de principe de la technologie EPR proposée par les groupes français Areva et EDF, afin de s'assurer que les "leçons ont été tirées des événements du Japon".

Cette autorisation de principe, qui concerne également le réacteur AP1000 de l'américain Westinghouse (groupe Toshiba), était attendue en juin. Elle ne pourra plus intervenir qu'après la remise, en septembre, d'un rapport commandé par le gouvernement à un responsable du superviseur britannique du nucléaire, Mike Weightman, ont expliqué dans un communiqué conjoint les deux agences chargées du dossier.

Le rapport de M. Weightman doit "tirer les leçons" de l'accident de Fukushima sur la relance du nucléaire britannique. Les deux agences concernées, la Direction de la santé et de la sécurité (HSE) et l'Agence de l'environnement, ont expliqué qu'elles avaient en conséquence "besoin de temps supplémentaire" pour se prononcer sur l'EPR et l'AP1000 et finaliser leurs recommandations.

Le report permettra de "s'assurer que les modèles des réacteurs proposés prennent en compte toutes les leçons devant être tirées des événements au Japon", ont-elles ajouté.

Le groupe français EDF, qui a déjà arrêté son choix sur l'EPR et s'est allié avec le groupe local Centrica, est sur les rangs pour construire au moins deux nouvelles centrales au Royaume-Uni. Le premier réacteur doit entrer en service en 2018.

Source AFP Le Moniteur 05 04 2011

 

11:00 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : epr, leçons, fukushima, edf, areva | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

04/04/2011

L'entretien accordé par le patron de l'ASN au quotidien "Le Monde"

André-Claude Lacoste patron de la sécurité nucléaire en France a accordé une interview au quotidien Le Monde daté 31 mars 2011. Les choses de l’atome relèvent, dans notre beau pays, de l’opacité la plus dense quand elles ne flirte pas avec et le mensonge le plus grotesque – confère le nuage de Tchernobyl s'arrêtant à la frontière de la France – . Chacun aura noté que de ce point de vue le Japon n'est pas en reste. Les propos d' André-Claude Lacoste méritent une attention particulière tant ils sont différents des ministres Luc BESSON et Nathalie KOSSUSCO-MORISSET. En particulier il faut lire et méditer cette phrase du Président de l'Autorité française de sureté nucléaire (ASN): “On ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident grave en France”.

Japan_Nuclear.jpgTels des docteurs Frankenstein, les nucléocrates de tous bords, de droite comme de gauche – ici encore nous noterons les convergences entre DSK et NS –, en France mais aussi ailleurs dans le monde nous exposent à la folie de la créature dont ils sont impuissants à maîtriser les méfaits et les menaces.

Cet entretien est révélateur de cette réalité que l'on veut nous dissimuler, chaque nouvelle implantation d'un réacteur nucléaire dans le monde nous rapproche un peu plus de l'enfer.

*********

Le monde: Quel regard portez-vous sur la crise nucléaire à Fukushima ?

André-Claude Lacoste : Le Japon vit un drame absolu, effroyable. Le séisme et le tsunami ont fait au moins 25 000 morts, sans compter les sans-abri. L’accident nucléaire n’est qu’un élément de cette tragédie. Concernant l’état de la centrale, deux éléments sont positifs : les Japonais ont remplacé l’eau de mer par de l’eau douce pour refroidir les cuves des réacteurs et maintenir le niveau d’eau dans les piscines de combustibles usés ; et nous avons moins d’inquiétudes sur l’état de ces piscines. Pour autant, nous sommes toujours face à une crise majeure. L’issue dépend de deux facteurs : le rétablissement d’un refroidissement permanent des installations par de l’eau douce et la disponibilité d’une source froide. Il faudra un nombre considérable de semaines ou de mois, d’autant qu’il y a maintenant des fuites permanentes de radioactivité, sans qu’on sache très bien d’où elles émanent.

» Les conditions d’intervention sont extrêmement difficiles. Il ne s’agit pas d’”opérations suicide”: on n’envoie pas les travailleurs à la mort. Mais leur temps d’intervention est très limité: on parle d’une vingtaine de minutes, ce qui est très court.

Qu’en est-il de la contamination de la région de Fukushima ?

Sur le site, la radioactivité est très intense. Alentour, il faut attendre de disposer de chiffres pour se prononcer. Tout dépend des concentrations que l’on trouvera, notamment en iode et en césium radioactifs. J’ai le sentiment que la zone d’évacuation de la population [dans un rayon de 20 km] et celle de mise à l’abri [10 km supplémentaires] représentaient des périmètres raisonnables. Mais il est clair qu’il existe une dispersion de radioactivité au-delà des 30km en “taches de léopard”. La gestion de ces territoires contaminés va durer des années, sinon des décennies.

Quelle assistance la France peut-elle apporter ?

Areva a des compétences sur les réacteurs à eau bouillante, héritées de Siemens. Le Commissariat à l’énergie atomique a des capacités de recherche. Ces entreprises peuvent fournir des esprits neufs, moins englués dans la gestion quotidienne de cette crise effroyable.
En ce qui concerne l’ASN, nous menons depuis 2005 une réflexion sur les situations post-accidentelles, avec un comité directeur (Codirpa) qui associe une centaine de personnes. On n’a, Dieu merci, pas d’expérience pratique, mais des idées sur la façon de gérer le moins mal possible. Notre offre d’assistance intellectuelle sera confirmée à l’occasion du déplacement du président de la République et de la ministre de l’écologie, jeudi 31 mars à Tokyo.

» Concernant ce Codirpa, certaines associations regrettent que les scénarios étudiés ne soient pas assez graves… Il a toujours été dans notre intention de couvrir une gamme de scénarios allant du plus probable au plus extrême. Il me paraît évident qu’on va intégrer, typiquement, ce qui se passe au Japon.

Un accident nucléaire majeur peut-il survenir en France ?

Je l’ai toujours dit : personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais un accident grave en France. Il convient de faire deux choses: essayer de réduire la probabilité que cela arrive, ainsi que les conséquences, si cela arrive. C’est toute la philosophie de la sûreté nucléaire. Quand survient une crise comme au Japon, il faut en tirer un retour d’expérience. Deux initiatives politiques vont en ce sens, portées par la Commission européenne, avec des stress tests, et par le premier ministre, François Fillon, qui nous a demandé un audit des centrales françaises. Celui-ci portera sur l’aléa sismique, l’inondation, la perte d’alimentation électrique, la perte de source de refroidissement, la gestion de crise et le cumul de ces difficultés.

» Nous sommes en train de bâtir ce programme. Je veillerai à sa cohérence avec les tests de résistance demandés par la Commission européenne. Avec mes homologues d’Europe de l’Ouest, nous avons publié une première proposition sur le contenu de ces tests. Pour nous, c’est une vérification des marges de sûreté. Prenons l’aléa sismique: on a vérifié que l’installation y répondait, voyons comment elle réagirait à un aléa plus fort. Existe-t-il un risque que ces “stress tests” répondent au plus petit dénominateur commun entre les autorités de sûreté ? Je ne crois pas. Pour chacun des chefs d’autorité nucléaire, ce qui se passe au Japon est un vrai choc. Nous prenons très au sérieux les conditions d’analyse.

En 2003, en France, il y a eu conflit entre EDF et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur cet aléa. Les antinucléaires vous accusent d’avoir tranché en faveur de l’électricien…

On va tout revisiter. En matière sismique, il y a des chapelles de spécialistes qui se battent avec furie. En l’occurrence, en 2003, j’ai tranché de façon que l’on arrive à une évaluation raisonnable du risque. Je n’ai strictement aucun regret. L’ASN a pour mission de trancher des débats techniques ou scientifiques.

Nicolas Sarkozy a dit que si un réacteur ne passait pas les tests, il n’hésiterait pas à le fermer. Quels sont ceux qui vous paraissent les plus faibles ?

Nous n’avons pas commencé ce travail. Si on trouvait matière à fermer, on le ferait. Mais en désigner à l’avance voudrait dire que nous n’avons pas fait notre travail par le passé. La déclaration du commissaire européen Günther Ottinger affirmant que certaines centrales ne vont pas passer le test me paraît de nature à décrédibiliser le système d’évaluation.

Avez-vous les moyens de conduire rapidement ces analyses ?

L’audit national et les stress tests porteront sur les cinq thèmes cités, à partir de données disponibles. S’il faut poursuivre les études, nous le ferons, mais il est légitime que nous rendions compte à la fin de l’année au Parlement. Il va falloir augmenter nos moyens pour éviter de baisser la garde sur nos contrôles habituels. On ne peut pas faire appel aux compétences étrangères, mobilisées sur leur propre terrain. Peut-on rappeler des retraités? Nous en sommes au tout début de la réflexion.

Vous attendiez-vous à ce qui s’est passé au Japon ?

Non, parce que la crise japonaise résulte d’un cumul d’agressions extérieures – un tremblement de terre, puis un tsunami – qui a surpris l’exploitant et nos homologues. En France, avec des phénomènes d’un ordre de grandeur très différent, nous n’avons pas étudié, par exemple, le cumul d’un tremblement de terre et d’une inondation. Il y a à l’évidence des problèmes nouveaux à se poser.

Comme la rupture de barrages…

Tout à fait. Mais ces questions dépassent, et de beaucoup, le seul domaine du nucléaire. Il faut avoir l’esprit totalement ouvert.

Source Le Monde : Propos recueillis par Pierre Le Hir et Hervé Morin

16:44 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : andré-claude lacoste, asn, fukushima, edf, tchernobyl | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

«Nicolas Hulot ne doit pas se placer sous la tutelle des Verts»

Communiqué de presse

Paris, le 1er avril 2011 En annonçant qu’il participera aux primaires, organisées par Europe Écologie-Les Verts pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2012, Nicolas Hulot vient de rompre avec la logique de lindépendance partisane qui a fait une grande part de sa notoriété et de sa crédibilité jusqu’à ce jour.

Pour Bernard Frau, secrétaire national d’Alliance Écologiste: «Aujourd’hui, en rejoignant Cécile Duflot et ses amis, qui ne font pas mystère de leur volonté de positionner à gauche le projet de l’écologie politique, Nicolas Hulot fait le choix de rallier le PCF de Paul Laurent, et le PS de Martine Aubry qui au soir du 1er tour des cantonales ont affiché l’unité retrouvée d’une gauche plurielle conservatrice ancrée sur un modèle de société bien éloigné du paradigme écologiste.»

Plus que jamais s’impose la nécessité de proposer à nos concitoyens un projet alternatif au modèle productiviste du PS et de l’UMP qu’ils ne sont pas prêts d’abandonner. Pas plus qu’avec la Droite qui n’a pas été au bout du Grenelle de l’environnement, Nicolas Hulot en montant dans la barque d’EELV, ne verra ses propositions réellement prises en compte par la Gauche si ce n’est à la marge.

Dès lors, radicalement attachée à la présence en 2012 d’une candidature écologiste non alignée, Alliance Écologiste appelle Nicolas Hulot à se ressaisir et à ne pas se placer sous la tutelle des Verts.

Face à la CDU et au SPD c’est l’indépendance qui a fait gagner les Écologistes en Allemagne, face au PS et à l’UMP c’est l’indépendance qui les fera gagner en France.

---------------------------------------------------------------

FYI: Crée en 2009 au moment des européennes où elle a fait près de 5 %, l’Alliance Écologiste Indépendante, composée de Génération Ecologie, du Mouvement des Écologistes Indépendants et de la France en Action est devenue en 2011 le parti unifié «Alliance Écologiste», qui prône une écologie politique indépendante.

Contact :

Alliance Ecologiste : Bernard Frau / 06 63 24 00 66 / bernard.frau@sfr.fr

11:43 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cdu, spd, alliance ecologiste, nicolas hulot, présidentielles 2012 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

16/03/2011

NUCLÉAIRE : NOUS VOULONS AVOIR LE CHOIX !

Appel solennel au gouvernement français suite à la catastrophe nucléaire au Japon

Rassemblement unitaire le dimanche 20 mars à 15 h à Paris devant l'Assemblée nationale

Le peuple japonais affronte actuellement une tragédie sans précédent. Une catastrophe naturelle, avec des conséquences humaines, sanitaires et économiques. Et une catastrophe nucléaire majeure.

Centrale FUKUSHIMA.jpgA ce jour, quatre réacteurs nucléaires ont subi une série d’explosions, et connaissent actuellement de graves difficultés de refroidissement du cœur de chacun de ces réacteurs, partiellement en fusion. Une fusion totale des cœurs, voire une explosion avec une grande quantité de rejets radioactifs, n'est pas à exclure. Malgré une communication d'informations parcellaires ou contradictoires, nous pressentons que nous sommes face à une situation d'une gravité sans précédent.

La situation au Japon est d’ores et déjà alarmante et s’aggrave d'heure en heure. Des centaines de travailleurs japonais sacrifient actuellement leur vie pour tenter d’éviter que le pire ne se produise.

Alors même que la catastrophe est en cours, des quantités massives de substances radioactives ont été libérées dans l’atmosphère et l’océan. Des taux de radioactivité plusieurs centaines de fois supérieurs à la normale sont déjà mesurés à plus de 100 km de la centrale de Fukushima. C’est une vaste région du Japon qui subit à l’heure actuelle une contamination radioactive qui pourrait se propager à tout le pays, voire au-delà.

Nous, associations, syndicats et partis politiques, exprimons toute notre solidarité au peuple japonais et en premier lieu aux travailleurs du nucléaire qui tentent d’éviter le pire au péril de leur vie.

Cette situation alarmante nous rappelle que le nucléaire est une énergie qui n'est ni propre, ni sûre, ni à même de répondre au défi majeur du changement climatique, et qu'il soumet les populations et les travailleurs à des risques insensés, d’un bout à l’autre de la filière. Plus encore lorsque les centrales sont vieillissantes : au Japon, le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi devait être arrêté définitivement le mois dernier, mais la prolongation de son fonctionnement pendant 10 ans venait d'être décidée... Quel choix tragique !

Ce nouvel accident nucléaire majeur met à nouveau à jour les risques inhérents à toute installation nucléaire et met à mal de façon définitive et indéniable le mythe de la sûreté et de la sécurité du nucléaire.

L'impuissance dramatique de l'homme face à l'emballement des réacteurs au Japon a provoqué la remise en question immédiate du nucléaire dans plusieurs pays (Allemagne, Suisse, Inde, États-Unis...)

WEB-FranceNucleaire.jpgEn France, la politique énergétique a toujours échappé au débat démocratique, et plus particulièrement le développement de la filière électronucléaire. Les décisions sont prises au plus haut niveau de l'État, sans que les citoyens ne soient jamais consultés, alors que cette question concerne pourtant l’avenir de la population tout entière.

Sera-t-il nécessaire d’attendre un nouvel accident nucléaire pour que les autorités françaises organisent enfin un réel débat sur le modèle énergétique français en toute indépendance de l’industrie nucléaire et de son lobby ?

Pour faire face à la pénurie croissante des ressources fossiles, aux risques inacceptables du nucléaire, et à la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, les solutions alternatives existent, aujourd’hui. Elles s'appuient sur la réduction de nos consommations, par la sobriété et l'efficacité énergétique, et sur le développement des énergies renouvelables. Cette transition énergétique est inéluctable, ses modalités et sa planification nécessitent la tenue d'un grand débat démocratique et citoyen.

Le Président Sarkozy a annoncé que la France devait tirer les conséquences de l'accident japonais. Nous prenons aujourd'hui sa déclaration au mot.

delacroix-liberty.jpgNUCLÉAIRE : NOUS VOULONS AVOIR LE CHOIX !

Nous, associations, syndicats et partis politiques, adressons solennellement ces demandes communes au gouvernement français. Nous voulons:

  • L’arrêt de tous les projets électronucléaires en cours (EPR de Flamanville, ligne THT Cotentin-Maine, EPR de Penly, ITER, Bure et projets de centres de stockage des déchets nucléaires issus de la filière électronucléaire) tant que les citoyens n'auront pas été en mesure de se prononcer démocratiquement sur notre politique énergétique et sur le recours à l'énergie nucléaire, y compris si nécessaire par un référendum

  • Le renoncement à la prolongation de l’exploitation des réacteurs ayant atteint ou dépassé les 30 ans de fonctionnement

  • L’arrêt complet de tous les projets portés à l'étranger par l'industrie nucléaire française

    Parce que la situation au Japon exige de ne pas se taire sur le drame que ce pays subit et sur la menace permanente que l’industrie nucléaire fait peser sur les peuples, au Japon comme en France :

    Nous appelons tous les citoyens à manifester leur solidarité avec le peuple japonais et à se réapproprier la question du recours au nucléaire et de la politique énergétique, en organisant des rassemblements dans toutes les villes de France ce dimanche 20 mars 2011 à 15h.

    assemblée nationale.jpgNous appelons également tous les citoyen, associations, partis politiques, syndicats, artistes et personnalités à rejoindre un GRAND RASSEMBLEMENT à Paris ce même jour, dimanche 20 mars 2011, à 15 h devant l'Assemblée Nationale*.


    * Métro Assemblée nationale - Ligne 12.


    Liste des signataires:

    logo Alliance Ecolo11.jpgAlliance Écologiste Indépendante, Attac, Fédération Sud Etudiant, Fédération Sud Rail, France Libertés, Fraternité Citoyenne, Gauche Unitaire, Les Alternatifs, Les Amis de la Terre, Parti Communiste des Ouvriers de France, Réseau Action Climat, Réseau Sortir du nucléaire, Union syndicale Solidaires, Utopia, Votre Santé

 

15:20 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : solidarité, choix, japon, tragédie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Sur France 2 Dominique de Villepin dénonce un déni du gouvernement sur le nucléaire

Alors que l'UMP et le PS, de façon totalement indécente, repoussent, voir caricaturent, les légitimes intérrogations et demandes des Ecologistes, Dominique de Villepin vient de donner son point de vue sur le débat que suscite, en France, la tragédie nucléaire qui se déroule en ce moment au Japon. Dans un texte clair et précis Dominique de Villepin avance ses propositions et orientations sur la question. Force est de reconnaître que globalement le contenu qui nous est donné à lire constituerait une bonne base de départ pour ouvrir avec lui un dialogue constructif. Voyons donc point par point ce que dit l'ancien premier ministre aujourd'hui Président de "République Solidaire".

Sur le référendum du nucléaire proposé par les écologistes.

110223101730933_27_000_apx_470_.jpgLa bonne idée, c’est d’avoir un débat sans tabou. Manifestement, nous ne pouvons pas ignorer ce qui vient de se passer au Japon, après plusieurs catastrophe: Three Mile Island au États-Unis, puis Tchernobyl et aujourd’hui le Japon; avec à chaque fois des circonstances particulières. Ce que je propose, c’est que nous puissions avancer par étape.

La première étape me semble être avoir le juste retour d’expérience de ce qui c’est passé au Japon. Demandons aux scientifiques de se réunir; pourquoi pas une conférence internationale sur la sécurité nucléaire à Paris, qui permettrait de rassembler tous les éléments disponibles.

Deuxième étape, il s’agit d’un grenelle de l’énergie. Mettons là encore, sur la table, tous les éléments de notre politique énergétique. Nous sommes dans une situation singulière: 75 à 80% de la production électrique française est d’origine nucléaire. Ce qui veut dire que nous devons avoir des garanties sur la sécurité nucléaire et, nous ne pouvons pas aujourd’hui basculer en un jour. Nous déciderions de fermer l’ensemble de nos centrales, que nous ne pourrions pas assumer les besoins énergétiques de la France. Donc, ce sont des décisions qui doivent être prises dans le temps et qui demandent une mure réflexion; au-delà de ce grenelle de l’énergie et au sortir de ce grenelle de l’énergie qui permettrait de solliciter l’ensemble des composantes de la société civile. Nous avons vu que ça marche avec le grenelle de l’environnement, alors pourquoi ne pas se poser une question par référendum, là encore sur la politique énergétique de la France. Donc, ne faisons pas ça dans la passion mais n’occultons pas les problèmes.

Nous le voyons en matière de sécurité, aujourd’hui nous pouvons faire mieux en France. Nous pouvons faire en sorte que l’autorité de sureté nucléaire soit vraiment indépendante. Nous devons faire en sorte que les sous-traitants dans le domaine du nucléaire soient bien encadrés avec toutes les garanties nécessaires, faire en sorte que dans l’entretien des centrales, dans le domaine de la prévention des rythmes sismiques, il y ait une garantie de financement de d'EDF pérenne. L’investissement qui a été faite dans les dernières années, 200 millions, pour la prévention des risques sismiques, apparait à beaucoup d’experts comme insuffisant, qui évaluent à presque 2 milliards l’investissement qui aurait dû être fait. Nous voyons qu’il y a beaucoup à faire.

centralejapon-271917-jpg_159016.jpgDernier domaine, nous ne pouvons pas, les yeux fermés, exporter notre savoir-faire n’importe où dans le monde. L’affaire japonaise nous rappelle nos devoirs, nous devons obtenir des garanties avant d’exporter du nucléaire civil, que les pays concernés seront capables de le maitriser, en terme de sécurité. La sécurité de la planète importe à tous, ce qui se passe au Japon concerne, non seulement le pacifique mais un peu tout le monde. Nous le savons depuis Tchernobyl, les nuages nucléaires voyagent donc cela concerne tout le monde, soyons donc responsables.

Sur la sortie de la France du nucléaire, pour Nicolas Sarkozy: «il est hors de question que la France sorte du nucléaire».

Il souligne une contrainte française. Nous avons fait le choix du nucléaire depuis de nombreuses années, depuis plusieurs décennies. Et ce choix du nucléaire nous oblige dans la situation actuelle. Ceci dit, nous pouvons préserver l’avenir. Nous pouvons imaginer par exemple, si cela s’avérait nécessaire, de passer de 80% de la production électrique à une perspective de 50%. Ça donne des objectifs, mais ça part d’abord d’une analyse et d’une évaluation de la sécurité de nos centrales, de l’évolution de nos technologies; analyse, qui à mon sens n’est pas suffisamment complète et qui doit être renouvelée à la lumière de ce qui vient de se passer au Japon.

On a beaucoup parlé de la centrale de Fessenheim; il est évident que la prise en compte de la cartographie, de la géographie, avec la question des failles, des zones inondables, toutes ces fragilités, tout ce qui peut menacer les centrales, qui en général sont construites à partir de la dernière catastrophe dans le temps, accidents sismiques ou inondations. Faisons en sorte d’élever nos seuils de protection, d’élever les garanties qui sont demandées pour véritablement prendre en compte tous les risques possibles.

Sur la communication du gouvernement sur l’affaire japonaise.

Il réagit comme souvent, le gouvernement, c’est-à-dire qu’il est dans le déni. Je ne crois pas qu’on rassure, je ne crois pas que face aux peurs, on puisse s’installer dans le déni. C’est en se posant les bonnes questions, en mettant les choses sur la place publique, en faisant preuve de transparence. Donner tous les moyens à l’indépendance de l’autorité de la sureté nucléaire, c’est pour les Français, une garantie que le débat ne sera pas biaisé. Évitons donc, que soit juge et partie les mêmes personnes. Nous sommes un pays responsable, nous sommes un pays qui aujourd’hui veut se tourner vers l’avenir, on doit avoir de vrais débats.

Sur le poids du lobby nucléaire en France.

Les certitudes, les compétences, l’expertise qui existent en France dans le domaine nucléaire, pèsent. Je ne peux pas dire que je l’ai moi-même subi, mais je sais que cela pèse beaucoup dans un certain nombre de directions techniques, de ministères techniques et que les choses remontent par porosité. Il est donc bon que les politiques aient la liberté de se poser davantage de questions. Cette liberté aujourd’hui, c’est un devoir, c’est une responsabilité. Donc, se remettre en cause, savoir remettre sur la table à l’occasion de grands rendez-vous, et le Japon nous interpelle. Nous voyons avec quelle dignité réagit le peuple japonais, avec cette discipline mais en même temps, il y a une exigence de transparence. Il y a un questionnement qui va apparaître au Japon. On va demander au premier ministre japonais des comptes et c’est normal.

Faisons en sorte, nous aussi d’être une démocratie adulte, que nous soyons capable de rendre des comptes, d’ouvrir des dossiers et de proposer aux Français, un certain nombre de réponses alternatives.

1395123_3_69c3_dans-quinze-jours-au-plus-tard-si-rien-ne.jpgJ’ai lancé, moi-même en 2006, la filière photovoltaïque, le développement de l’énergie solaire. Cette filière vient quasiment d’être démantelée par suppression d’un certain nombre de subventions. C’est 30000 emplois qui sont aujourd’hui menacés. Je crois que c’est une erreur. Même si les énergies alternatives, compte-tenu de leurs coûts, 5 à 10 fois plus chers, ne sont pas susceptibles de remplacer rapidement l’énergie nucléaire, nous devons nous poser davantage de questions et nous devons progresser.

Source République Solidaire : http://www.republiquesolidaire.fr/

 

21/02/2011

Severn la Voix de nos Enfants


Severn, la voix de nos enfants
envoyé par Jplusb. - Regardez des web séries et des films.

Après «Nos enfants nous accuseront», un nouveau film de Jean-Paul Jaud est à l’affiche: «Severn, la voix de nos enfants».

Plusieurs intervenants sont présents dans ce film, le Professeur Gilles-Eric Séralini (Président du Conseil Scientifique du CRIIGEN), Guy Kastler (Réseau Semences Paysannes), Sjoerd Wartena (Président de l’association Terre de liens), Nicolas Hulot ou encore Pierre Rabhi … tous parlent de questions importantes qui invitent à réfléchir.

En 1992 une grande manifestation mondiale: le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une enfant interpelle les responsables de la planète : “Je suis ici pour parler au nom des générations futures… Ce que vous faites me fait pleurer la nuit… S’il vous plaît, faites en sorte que vos actes reflètent vos paroles…”

Aujourd’hui en 2011, 19 ans plus tard, quel bilan. Les actes, ceux de nos dirigeants ont-ils été en accord les discours prononcés devant l’Humanité toute entière? Force est de reconnaître qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que l’état général de La Terre ne s’est pas vraiment amélioré.

Severn attend aujourd’hui son premier enfant. Elle reprend la parole pour nous alerter, pour dire qu’il est urgent d’agir, pour nous dire qu’il est encore possible de changer le cours des choses.

Dans ce film documentaire, réquisitoire sans appel sur l’état de la planète, Severn apparaît comme une référence pour ceux qui ne renoncent pas et qui, plein d’espoir et d’émotion, veulent faire entendre la voix de la Vie. Car respecter la biodiversité, il ne faut pas s’y tromper c’est respecter la Nature en général et l’Humanité en particulier.

Les Écologistes de l’Eure, à leur niveau, comme de nombreux autres en France et dans le monde se sont mobilisés pour que le plus grand nombre entende et réponde à l’appel de Severn.

Ils ont organisé une soirée-débat après la projection de «SEVERN LA VOIX DE NOS ENFANTS», le vendredi 25 février à 20h50 au Cin’ Evasion, Avenue Jean Jaurès 27600 Gaillon.

Pas de révolution, pas de leçon de morale, un seul objectif faire prendre conscience pour faire œuvre utile!

 

Contacts

Bernard FRAU : 06 63 24 00 66

Jean-Yves GUYOMARCH : 06 12 07 44 71

Philippe HACHET : 06 50 57 20 13

Jacqueline FIHEY : 06 88 90 28 01

 

13:19 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : severn, jean-paul jaud | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Où nous mène l'Agriculture chimique

21 Février 2011 Par Les invités de Mediapart

Édition : Les invités de Mediapart

«Après les médicaments toxiques et sans rendu médical effectif, combien de morts et de malades seront dus à la chimie agricole?», s'interroge Jacques Maret, auteur du Naufrage paysan. Il a déposé une demande de retrait de plusieurs Round Up en tant que simple «particulier ayant intérêt à agir. Nous publions son argumentaire ainsi que la liste de ses soutiens, de Sandrine Bélier à Jacques Testart en passant par Pierre Rabhi.

-------------

Il y a soixante ans, un contrat social a été passé entre la société et le monde paysan pour nourrir la population à bas prix, tout en fournissant des bras pour l'industrie et la reconstruction de l'après guerre. De paysan, ce monde est devenu agricole, puis agroalimentaire, par la mécanisation et l'énergie très bon marché.

Cette «révolution verte» n'a de verte que le nom, et doit tout à la chimie de synthèse.

Engrais et mécanisation ont déséquilibré cultures et «mauvaises herbes», devenues incontrôlables. Apparurent alors les désherbants, dont la toxicité ne fut étudiée qu'à court terme, sans tenir compte d'éventuels effets secondaires:

- risques pour les milieux et espèces commensales, parasites ou auxiliaires. Les insectes parasites se sont adaptés, comme les pucerons, et leurs destructeurs, comme les coccinelles, n'ont pas supporté et ont presque disparu. D'où la nécessité de détruire ces pucerons devenus nuisibles, ce qui a induit de nouveaux déséquilibres.

- risques pour la santé du consommateur, comme des utilisateurs directs de ces molécules. Ainsi l'atrazine, désherbant des maïs, fut présentée comme sans risque, voire buvable, en réunion de Développement Agricole, devant l'auteur de ces lignes... Polluant majeur des nappes, l'atrazine a été classé comme cancérigène par le Centre International de Recherche Contre le Cancer (CIRC), puis déclassé en «cancérigène probable». Il est maintenant reconnu comme perturbateur endocrinien probable... A en perdre son latin, ou sa confiance en «la science», non? L'atrazine est aujourd'hui remplacée par d'autres produits utilisés à des doses mille fois plus faibles: cinq à vingt grammes -épandus par du matériel de plein champ, dont la précision doit être diabolique- suffisent à désherber un hectare par an, au lieu de cinq kilos.

Si l'on sait maintenant que toutes ces molécules provoquent des effets directs sur la santé des agriculteurs, les études sur le cumul de doses et de produits sont inexistantes. Leurs actions se font sentir des dizaines d'années après le contact ou l'inhalation, ou parfois de façon quasi immédiate, ce qui permet alors de faire le lien entre produit, malaise ou maladie. Sait-on ce que deviennent ces molécules, une fois dégradées dans la nature? Comment se recombinent-elles, en quels produits, toxiques ou non? Des statistiques permettent de constater les dégâts sur les utilisateurs, mais pas sur les consommateurs, exposés, sauf exception, à des doses très faibles et trop diffuses, que l'on ne peut donc estimer facilement dans les échantillons de population qui sont à la base des études.

Le cas des désherbants

Pour être efficaces, les désherbants sont vendus sous forme de mélanges complexes. La loi, issue de la directive européenne 91/414, prescrit que chaque molécule ET chaque formulation soient étudiées de façon complète. Cette autorisation de mise sur le marché (AMM) doit être renouvelée tous les dix ans, et la formulation être «connue».

Dans les désherbants, les molécules «actives» ont besoin de transpercer la protection cireuse des plantes, grâce à un agent mouillant. Comme l'aiguille permet l'injection du contenu de la seringue... Encore faut-il que cette aiguille ne perturbe pas l'organisme traité (propreté, toxicité...). Pour prendre un exemple connu, la molécule active du Round Up, ou glyphosate, est toujours accompagnée d'un mouillant, souvent un poly oxyéthilène amine (POEA), molécules qui détiennent trois AMM.

Implicitement reconnue par l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, voir l'avis du 26 mars 2009), la présence conjointe du glyphosate et de POEA est pourtant absente des dossiers déposés par la firme demandeuse auprès de la Direction générale de l'alimentation (DGAL), qui instruit les dossiers (voir la lettre du ministre de l'agriculture datée du 14 octobre 2009). Alors que toutes les analyses confirment la présence d'agents mouillants. Ce ne sont pas toujours des POEA : il peut s'agir de Poly Oxy Propylène Amine, qui ne détiennent apparemment aucune AMM..., voire d'autres molécules, inconnues dans la liste des adjuvants détenant une AMM.

Par ailleurs, lors d'une Commission de toxicologie, dite ComTox, les experts présents ont à vérifier des centaines de dossiers, en quelques heures, ce qui est surhumain. A moins qu'il ne s'agisse d'une simple acceptation de «modification mineure de composition», ainsi que cela fut évoqué devant nous lors d'une rencontre à la DGAL... Mais peut on penser que de passer d'une molécule avec des radicaux à deux carbones ait le même effet qu'avec des radicaux à trois carbones? Un peu comme si du butane se comportait comme du propane, de l'éthanol comme du méthanol.

La loi est clairement contournée... Même si la publication de ces données n'est pas faite au public, l'administration devrait, pour le moins, exiger que les dossiers soient complets.

Et qu'en est-il de l'action de ces agents mouillants sur les sols et notamment la matière humique, énorme piège de carbone ? Sa dégradation a-t-elle été surveillée par les services publics comme l'Inra? Les radicaux mycéliens ont-ils la même mortalité lors d'une application de Round Up (donc des agents mouillants) que les cellules du cordon placentaire (voir l'étude de Gilles-Eric Séralini, décembre 2008)? Alors que certains pensent que la dégradation des sols participe au réchauffement climatique (voir Daniel NAHON, «l'épuisement de la Terre, l'enjeu du 21e siècle»), les tonnages de carbone ainsi émis sont colossaux.

Depuis le Grenelle de l'Environnement, des indices de fréquence de traitement (IFT) ont été mis en place grâce aux travaux de l'Inra. Pourquoi les traitements par enrobage ne sont-ils pas compris dans le calcul de ces IFT? Ne masquerait-on pas ainsi une utilisation massive de ces produits plus toxiques que tous les autres ?

Questions aux services de l'Etat

Pourquoi n'ont-ils pas étudié toutes les conséquences de leurs préconisations chimiques sur la santé, la qualité des aliments, la préservation des ressources en eau et la survie qualitative des sols agricoles ?

Pourquoi n'ont-ils jamais donné aux experts agréés les moyens de répondre à des questions simples sur le devenir des produits dans les sols, les conduisant par exemple à récuser une mission d'évaluation des risques de rémanence d'un produit pulvérisé dans les sols d'une parcelle labellisée en agrobio?

Pourquoi acceptent-ils que les firmes présentent les dossiers de toxicité dans des termes simplifiés et non prévus par la loi? Sinon pour autoriser ainsi des dizaines de mélanges non étudiés, comme ceux à base de glyphosate en mélange avec d'autres molécules (au hasard: sel isopropylamine ET glyphosate, ou glyphosate acide, oxadiazon ET diflufénicanil).

Pourquoi les firmes ne transmettent-elles que des études réalisées il y a quelques décennies? Cela leur permet-il d'économiser sur le coût des études complètes, pour la ré-actualisation des données sur la «formulation nouvelle»?

Pourquoi l'administration ne renouvelle-telle pas les AMM au moins tous les dix ans?

Pourquoi l'administration n'ouvre-t-elle pas exhaustivement les dossiers, et pourquoi rend-elle des «avis» qui ne sont souvent que des «copiés collés» des avis antérieurs (avis AFSSA du round up express du 16 04 07, avis Round up Energy et 680 du 16 04 07...) ?

Pourquoi l'administration rend-elle des avis, en reconnaissant sciemment que le«pétitionnaire n'a pas fait les études sur le public concerné» (avis AFSSA Round up express du 16 04 2007) ?

Pourquoi l'administration, quand elle réceptionne les dossiers de demande d'autorisations, ne demande-t-elle pas que la totalité des études fournies par les firmes soient publiques, voire publiées dans des revues soumises à des comités d'évaluation scientifique (relecture par les pairs)? Doit-on comprendre que les «secrets industriels» sont plus importants pour l'Administration que notre santé?

En voulez vous quelques preuves ?

Pourquoi l'administration ne voit pas les manipulations flagrantes dans les conclusions de certaines «études».

Ces conclusions mettent clairement en évidence que les résultats sont éliminés par la firme quand les réponses NE SONT PAS proportionnelles aux doses? (études 5.6.1/ de 01 à 04) ?


Ou que les effets des adjuvants sont bien réels mais niés, comme dans cette
étude sur chiens 5.8.2/03? De même lorsque les effets sont clairement différents entre mâles et femelles (étude sur rats 5.8.2/04)?

Pourquoi l'administration ne tient-elle jamais compte des données réelles de la dispersion des produits et de leurs résidus dans l'environnement et l'alimentation, mais seulement de données «calculées», et délivre-t-elle son avis sur ces estimations virtuelles prédictives? Les estimations, légitimes il y a quarante ans, sont prises en défaut par la situation des nappes et cours d'eau, la percolation des molécules. L'Institut français de l'environnement (Ifen) montre bien la non-pertinence des tests fournis par les firmes, de nombreux captages d'eau potable devant être fermés, de nombreuses analyses dépassent les LMR (limite maximale de résidus) dans les produits alimentaires. Quels seront les effets «cocktails» sur notre santé ?

Pourquoi l'administration ne tient elle pas compte de données annexes et pourtant essentielles, comme par exemple cette étude de l'Afsse qui a constaté que les gants et autres tenues de protection étaient inefficaces dans de nombreux cas ?

Comment développer l'agrobiologie?

Qu'en sera-t-il des dispositions du Grenelle de l'Environnement qui prévoit 6% d'agrobiologie en 2012, et 20% en 2020 ? Comment pourrait-on multiplier par dix la surface agrobiologique, alors que, par «l'inaction» de l'administration, par le manque de décision politique sous la pression de lobbies, nous stagnons aux alentours de 2% depuis environ 10 ans, et qu'en 2012, nous serons à peine à 3%? Alors que le budget 2011 prévoit de ramener le crédit d'impôt agrobiologique de 4 000 euros à 2 000 euros?

Comment peut-on croire que la diminution de l'usage des phytosanitaires, programmée à hauteur de 50%, va se mettre en place, alors qu'aucun calendrier n'est défini? Que signifie d'ailleurs une baisse de 50% alors que une dose d'imidaclopride, la molécule du Gaucho, a une toxicité environ 7200 fois plus élevée que le même poids de DDT, pourtant interdit?

Comment les administrations vont-elles pouvoir enfin favoriser les agriculteurs respectueux des milieux et de leurs consommateurs, alors que la FNSEA a lancé un appel pour faire arrêter ces mesures agri-environnementales (MAE), et a élu à sa tête un céréalier, actionnaire de Sofiproteol, organisme qui s'intitule lui même «partenaire durable de l'agro-industrie française». Ce syndicat affirme que ces MAE seraient un frein à la productivité, et demande que les normes environnementales, dans le cadre des bonnes conditions agro-écologiques (BCAE), soient encore assouplies, malgré leur faible niveau actuel.

Pourquoi, malgré les affichages du Grenelle de l'environnement, aussi peu de résultats dans le nombre de conversions vers l'agriculture biologique (CAB)? Pourquoi cette tiédeur de la modulation des aides de la PAC ? Une forte modulation pourrait permettre de financer ces CAB, justement, ou de nouvelles MAE, pour impulser efficacement une vraie conversion de notre agriculture, pour la sevrer de la chimie qui nous intoxique, nous et notre environnement.

Pourquoi la totalité de ces mesures favorisant l'environnement sont-elles toujours évaluées sur «le manque à gagner induit par des techniques non conventionnelles», sans jamais prendre en compte la préservation de la santé, des ressources en eau, de la biodiversité, toutes ces «menues choses» dont nos enfants auront besoin eux aussi? Ces«services de la biodiversité», comme le rappelle Bernard Chevassus-Au-Louis, n'ont-ils pas été évalués à 30 000 milliards de dollars, soit 2 fois le Produit mondial Brut?

Pourquoi ces mesures sont-elles accompagnées de dossiers lourds à gérer, de systèmes de contrôle ou de paiement très défavorisant comparativement à celui des primes PAC, mettant ainsi en jeu la survie économique de ces paysans respectueux de la santé des consommateurs?

J'affirme aux services de l'Etat, et à tous ses grands commis: Je n'aimerais pas être à votre place, après tant de laxisme, ou d'aveuglement...

Car lorsque les maladies se déclareront de façon épidémique, qui aura la responsabilité morale, médicale et donc financière?

Déjà les médecins s'alertent du nombre dramatiquement croissant de maladies liées à l'usage des phytosanitaires. Est-ce l'annonce de la vraie catastrophe sanitaire et sociétale où nous mène la chimie agricole ?

Puisque la Cour d'appel de Bordeaux a reconnu le titre de maladie professionnelle à un agriculteur de Charente, intoxiqué par l'herbicide «Lasso» de Monsanto, qui va payer l'augmentation des cotisations à l'avenir? La Cour a déjà donné la réponse: ce sera l'assureur de complémentaire santé Aaexa (assurance accident des exploitants agricoles) qui l'indemnisera, comme l'avait déjà affirmé le tribunal des affaires sociales d'Angoulême. Ce sera donc à la charge des autres cotisants, pas des fabricants, ni des signataires des autorisations...

Dans l'attente de réponses à toutes ces questions...

Alors que certains lanceurs d'alerte ont été poursuivis (mais sans succès) pour avoir dénoncé les pollutions chimiques de l'alimentation comme celle des raisins de table, alors que les adjuvants dans les plastiques sont retirés un peu partout pour évaluation erratique de leurs effets... N'est-ce pas le moment de tous nous mobiliser, consommateurs, citoyens, acteurs de l'alimentation et de la santé, pour enfin être entendus ?

En ces temps de négociation pour la réforme de la Politique Agricole Commune en 2013, soutenons les actions, associations, syndicats, ONG pour notre santé et l'environnement de nos enfants...!!!

Ou alors faudra-t-il que des ministres soient traînés devant la Haute Cour de Justice pour fraude à la loi manifeste, comme le Ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l'Aménagement du Territoire vient d'en effectuer une en réitérant une Autorisation Provisoire de Vente pour un produit, le Cruiser, que l'Allemagne a suspendu pour toxicité avérée sur les abeilles?

Un précédent procès avait conduit à interdire le Régent pour l'enrobage des semences( molécule Fipronil); les leçons n'ont pas servi ...

Avec le soutien de:

Sandrine Bélier, eurodéputée Europe Ecologie - Les Verts

Dominique Belpomme, professeur des universités, président d' Artac

Lilian Ceballos, consultant en écologie, docteur en pharmacie

Philippe Desbrosses, fondateur du réseau Intelligence Verte

Bernard Frau, ancien Président de l' INERIS

Frédéric Jacquemart, président du GIET

Dominique Marion, Président de la Fédération National Agrobiologique

Jean-Yves Martin, médecin en milieu rural

Pierre Menneton, chercheur INSERM, lanceur d'alerte

Serge Orru, directeur général du WWF-France

Christian Pacteau

Christian Portal, collectif Acecomed, auteur de «Pour une médecine écologique»

Pierre Rabhi, paysan, pionnier de l'agro écologie en France, membre des Colibris

Jacques Testart, fondateur de la Fondation pour une Science Citoyenne

Franz Vasseur, avocat au barreau de Paris

 

11:53 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chimie agricole, paysan, sergent, round up, afssa, afsset, ifen, séralini, cancer, daniel nahon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

11/02/2011

Qu'il se taise enfin!

 

Une fois de plus le Président de la République tente une opération de communication pour faire croire aux Français qu’il est aux commandes. Quatre après son entrée à l’Élisée Nicolas Sarkozy en est encore à nous refaire le catalogue des promesses. Nous sommes habitués il ne tiendra rien de ce qu’il annonce. Nous n’avons rien appris de nouveau si ce n’est que le chef de l’État est reparti en campagne électorale et que les journalistes présents ont été bien complaisants.

851502.jpgLa réalité pour les Français est à mille lieux du pénible spectacle auquel ils ont été conviés. Les magistrats et les policiers sont dans la rue, les jeunes sont dans la rue, les prix vont augmenter pendant que le pouvoir d’achat va subir les assauts d’une politique de rigueur inspirée par le FMI, l’OMC, Wall Street et la City.

La France aujourd’hui est partout à la remorque. Qu’il s’agisse de politique européenne où l’Allemagne décide, de la politique internationale où, là les États-Unis mènent leur stratégie en fonction de leurs intérêts nous n’avons plus en tant que puissance voix au chapitre. En quatre ans ce Président aura réussit à casser la boussole de la France qui n’a plus de cap et de repères. Voila le bilan de ce «Président Rolex, Rebane et Fouquet’s.

Nicolas Sarkozy concède que le «multiculturalisme» est un échec faisant échos en cela à Angela Merkel et à David Cameron, les Français auraient aimé l’entendre affirmer que la laïcité ne se discute pas dans notre République.

arton15584-36263.jpgEnfin les questions qui touchent à l’écologie au sens large, nucléaire, agriculture intensive, nouvelles énergies, relance du Grenelle de l’environnement, moratoire sur l’exploitation des gaz de schistes, rien de tout cela n’a été abordé.

Avec cette trop longue soirée le chef de l’État avait pour objectif de relancer le lien de confiance entre lui et les Français. C’est raté les Français en ont assez et dans leur grande majorité font le vœu qu’il se taise enfin.

 

18:07 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : promesses, complaisants, campagne, laïcité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

09/02/2011

D'Italie à la Hague: La longue promenade de déchets nucléaires dangereux!

 

Un convoi de déchets nucléaires hautement radioactifs a été acheminé, depuis le site de stockage du réacteur de Garigliano, dans le sud de l'Italie, arrêté en 1982, par un train qui a traversé la France en direction du Terminal Nucléaire de Valognes dans la Manche d’où ils rejoindront par la route l’usine de retraitement Areva à la Hague.

Après traitement sur place ces déchets seront réexpédiés en Italie où il semblerait qu’aucune solution n’est prévue pour les recevoir.

evreux08fevrier201a1.jpgCe train qui a quitté l’Italie dimanche 6 février aura traversé, ce mardi 8 Février, 12 départements français. Dans chaque gare traversée une haute protection policière a été déployée pour accueillir les militants antinucléaires dont le seul défaut est d’être le symbole de la mauvaise conscience d’un état qui de manière constante se conduit en soutient inconditionnel d’une industrie sale, dangereuse et coûteuse.

Une fois de plus, tant les élus que les populations concernés n’ont pas été informés du passage de ce convoi ainsi que des risques et dangers qu’il fait courir potentiellement aux habitants des régions traversées qu’on expose sans leur consentement .

L’opacité la plus complète préside à ces transports dont ont ne connaît jamais les dispositions prévues pour faire face en cas d’accident toujours possible.

La non-transparence qui caractérise les opérations de transport de ces matières dangereuses est inadmissible de la part d’un état qui se dit démocratique et qui ne se prive pas de donner des leçons sur le sujet à ces homologues européens, africains, arabes ou chinois.

Au moment où AREVA, à coup de millions d’euros engouffrés dans des campagnes de communication détestables, essaye de banaliser l’industrie nucléaire, il faut rappeler que les déchets nucléaires sont dangereux et que leur nocivité se compte en milliers d’années. Il faut dire et dire encore que le nucléaire nuit à la santé et tue.

A ce propos «Alliance Écologiste» et le MEI tiennent à remercier, les militants antinucléaires de toutes tendances, qui, malgré la présence des forces policières, ont organisé des rassemblements protestataires, sur l’ensemble du parcours empruntés par le convoi.

 

 

11:12 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déchets, la hague, areva, nucléaire, santé, accident, alliance Écologiste | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

08/02/2011

LeConseil National du MEI s’est réunit les 5 et 6 février 2011 à Paris

Prenant acte d’une décision du Conseil Fédéral d’Europe Ecologie Les Verts à propos des modalités de désignation d’un candidat à l’élection présidentielle de 2012, les membres du CN du MEI ont décidé qu’il n’y avait plus désormais d’intérêt, pour leur mouvement, de participer à des primaires qui ne répondent pas à une ouverture vers des partenaires naturels mais à des préoccupations internes du parti Vert.

30209.jpg

 

Les déclarations de Daniel Cohn-Bendit sur le retrait éventuel de la candidature écologiste si celle-ci devait gêner le candidat socialiste est venu renforcer la tendance des partisans déterminés de la ligne d’indépendance du MEI.

 

Attaché à la présence indispensable, dans la prochaine campagne présidentielle, d’une candidature capable d’incarner l’identité écologiste en dehors du clivage droite-gauche, le Conseil National du MEI a décidé, si les Verts (EELV) décidaient de renoncer à une telle candidature, de prendre l’initiative d’engager un processus de réunion de l’ensemble des écologistes non alignés à Droite ou à Gauche – Génération Ecologie, Alliance Écologiste, Cap21, Les Écologistes du Modem, les coopérateurs d’EELV –.

Cette décision marque la volonté du MEI:

nicolashulot2.jpg

  • d’organiser un lieu de coordination et de concertation de tous les écologistes indépendants

  • d’affirmer l’existence d’un pôle politique incarnant l’identité politique de l’écologie sans référence à la Droite et à la Gauche

  • d’envisager pour 2012 un candidat de tous les écologistes non alignés à Droite ou à Gauche et d'en faire la promotion avec l'appui de tous les écologistes.

S’agissant de la personnalité qui serait la plus à même de faire le consensus le plus large le Conseil National du MEI indiqué une préférence pour Nicolas Hulot.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu