Avertir le modérateur

07/05/2010

La crise grecque volet (2)

euro-dollar_469_300_20468b.jpg

110 Milliards d’euros sur trois ans, et des mesures d’une violence sans pareil pour le peuple grec dont la part, il faut encore une fois le marteler, n’est pas la plus importante dans l’échelle des responsabilités qui ont conduit le pays dans les difficultés qu’il connaît.

 Au menu :

Entrée : Hausse des impôts et Taxes (TVA à 23% au lieu de 21% et augmentation des taxes de 10% sur les carburants, l'alcool et le tabac

Plat de résistance : Baisse des rémunérations, (gel des salaires et retraites du secteur public

Dessert :Baisse des prestations sociales, (relèvement de l’âge de la retraite à 60 ans)

575x385_1621432_0_013a_ill-1345077-529d-255000.jpgLa Grèce s’est engagée à ramener son déficit budgétaire à 8,1% du PIB en 2010, contre 13,6% l'an dernier, à 7,6% du PIB en 2011 et à 6,5% en 2012. Il lui est par ailleurs « accordé » deux ans pour revenir au sacro saint seuil de 3% du pacte de stabilité !

Pour l’anecdote l’on notera la grande marque de solidarité des « sauveteurs » européens de la Grèce. Ils prêtent à 5% ce qu’ils empruntent à 3% !

Le FMI lui prête à 4.5%, bel effort, mais à taux variable ! La nuance est importante car à tous les coups les taux aux US vont bientôt grimper et avec eux celui du prêt du FMI à la Grèce.

Dominique Strauss-Kahn a beau raconter qu’il « comprends tout à fait la colère de la population grecque », qu’il « mesure les sacrifices qui sont nécessaires », « et qu’ « il n’y a pas d’autres solutions », le grec moyen dont le salaire est loin très loin de celui que perçoit le ci-devant directeur du FMI porte flingue en chef des banquiers anglo-saxons, (325000 euro net annuel, valeur 2007) est dans la rue pour clamer sa colère.

La police d'athènes 05 05 2010.jpgAthènes a mercredi été placée en "état d'alerte générale" pour faire face au déchaînement de violences et le plan que d’aucun qualifie « de soutien », d’autres de « de sauvetage », d’autres encore « de rigueur » compte ses trois premiers morts.

Dominique Strauss-Kahn a beau dire qu’ « Il faut réussir à éviter la contagion », qu’il s’y emploie, les marchés, qui se foutent de ce qu’il raconte, ont repris, leur spéculation dévastatrice contre l’euro et l’on s’attend à une dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie!

La monnaie européenne est descendue sous la barre de 1.26 $ pour un euro et personne n’est en mesure de dire à quel étiage elle se stabilisera.

Les banques de plusieurs pays européens dont le Portugal, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande et le Royaume-Uni seraient selon l’agence américaine de notation, Moody's, exposée de faon importante au risque de contagion de la crise grecque.

Les membres du cercle minable des politiciens-ventilateurs ont perdu la main et déjà pour se requinquer certains ont lancé des imprécations menaçantes, l’Europe en tant que projet politique serait menacée,

919035-1087635.jpgAngela Merkel, prévient "Ceux qui ne remplissent pas les critères de Maastricht doivent renoncer à une partie des fonds structurels ou des fonds pour l'agriculture.

"S'il y avait des manquements" aux engagements pris par le gouvernement grec, "les versements seraient stoppés. Et alors le défaut de paiement menacerait à nouveau Athènes", surenchéri le ministre allemand des Finances, le conservateur Wolfgang Schäuble.

"Nous n'allons pas les laisser tranquilles", averti le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker M. Juncker, "nous allons constamment demander où les Grecs en sont dans leur programme de réformes".

"Quand on voit les mouvements de protestations en Grèce, notre patience, à moi et au reste de l'Europe, est quasiment à bout", a pour finir déclaré le vice-chancelier autrichien Josef Proell.

Les dirigeants européens en place − à commencer par Jose Manuel Barroso et Herman van Rompuy − n'ont pas de projet politique qui permettrait de relancer la machine européenne pour faire face aux enjeux. La volonté politique du couple franco-allemand, au delà des déclarations creuses auxquelles plus personne ne croit, est à son plus bas niveau tant les divergences sont grandes entre la France et l’Allemagne.

Face au probable bouleversement des rapports de forces mondiaux, dont la crise grecque n’est la pointe visible d’un immense iceberg qui rempli la mer, la question se pose : qui des Marchés ou de la volonté Politique, à condition qu’elle veuille bien se manifester, finira par l’emporter ?

1550490444.jpgDu fanatisme des uns à l’impuissance actuelle des autres dépend désormais le destin des Peuples ! L’heure en tout cas ne doit pas être à la résignation populaire mais à la résistance lucide, prudente et exigeante de ceux qui veulent encore croire que « la machine à emboutir » ne finira pas par les engloutir.

La crise grecque volet (1)

Ce plan d’austérité, économiquement, financièrement et socialement irréaliste que Bruxelles et les experts du FMI ont concocté à l’intention du peuple hellène c’est chronique d’un désastre politique et social annoncé!

C’est aussi une formidable mise en scène destinée à conditionner les opinions publique européennes aux nécessités d’une rigueur que l’on veut nous faire croire qu’elle sera salvatrice.

Sur l’analyse d’abord ! Non le peuple grec à qui la note est présentée aujourd’hui, n’a pas à assumer seul la responsabilité de la crise à laquelle la Grèce est confrontée.

6a00d83451b56c69e2012877b06237970c-320wi.jpgLes banquiers voyous de Goldman Sachs, et ses obligés des agences de notation, qui ont participé au maquillage de la situation réelle des finances de l’Etat hellène depuis son entrée dans la zone euro portent une responsabilité majeure dans la gravité de la situation du Pays.

Personne ne nous fera croire que dans les milieux autorisés tant à Bruxelles qu’à Francfort on ne savait pas ce qui se tramait !

La camarilla des, soi-disant, experts européens qui durant toutes ces années ont fermé les yeux sur ce qui se passait sont tout aussi coupables, au mieux de négligence au pire de complicité de fraude vis-à-vis des autres partenaires européens.

"Nous considérons le manque de préoccupation face la situation de la Grèce comme une erreur de négligence moyennement grave", a déclaré, en février dernier, Jean-Claude Juncker, qui préside actuellement l'Eurogroupe. De qui se moque-t-on ?

L’Allemagne de son côté a une part non négligeable dans l’aggravation de la situation! En tergiversant, pour ne pas dire en pratiquant une obstruction coupable, depuis de trop nombreuses semaines, elle a contribué à alourdir le service de la dette grecque donc à dégrader la situation de la Grèce.

banque_centrale_euro_18898b.jpgLa politique de l’Euro fort a largement contribué à affaiblir les comptes de la Grèce dont l’économie est structurée autour des services de faibles productivité – agroalimentaire, tourisme et industrie du transport commercial – largement concurrencés par des pays hors zone euro.

De même que l’absence totale de coordination économique, sociale et fiscale des politiques des pays de la zone euro dont la nécessité était d’autant plus de mise depuis la crise financière dont nous ont gratifié les banquiers et les spéculateurs anglo saxon logés à Wall Street et à la City.

Nonobstant, tout cela bien sur n’est pas pour escamoter le fait que la Grèce pêche par un certain nombre de côtés, au premier rang desquels sont à inscrire l’évasion fiscale, le travail non déclaré (évaluation à 30% du PIB), la folle politique d’armement et l’incurie du gouvernement Caramanlis. Il appartient désormais au gouvernement Papandréou de corriger avec énergie ces graves problèmes faute de quoi le naufrage serait irrémédiable.

Mais il faut que cesse cette fixation insupportable sur le soi-disant mauvais élève de la classe Europe qui selon les uns ou les autres, « magouille ses comptes », « ne travaille pas », « profite des subventions de l’Europe ».

En 2004, Goldman Sachs associé à Deutsch Bank a mis en place un montage ("Aries Vermoegensverwaltungs") qui a permis à l'Allemagne de camoufler une dette afin que celle-ci n'apparaisse pas dans les comptes publics. La France de son côté ne s’est pas privée de pratiquer ce sport bien connu de la « comptabilité créative".

Facade wall street.jpgLe système dans sa globalité est malade, malade de ses excès, malade de la situation financière des Etats-Unis et de l’Europe réunis, malade du fanatisme de Wall-Street et de la City, malade de l’incapacité des dirigeants occidentaux à penser autrement le futur. La Grèce, dans cette affaire, n’est qu’un épiphénomène, grossit à l’excès pour faire peur et ainsi mieux faire passer la grande lessive européenne des restrictions sociales, déjà programmée, que vont entreprendre ensemble, sous la houlette du FMI et des marchés, conservateurs et sociaux démocrates réunis.

DSK 2.jpgLes « il n’y a pas d’autre solution » de DSK, « Les Grecs sont responsables » de Laurent Fabius qui, évoquant "une baisse de pouvoir d'achat de 10 à 30% pour la population" a lâché « C'est très dur mais cet effort est nécessaire » ne font que traduire cette connivence inavouable mais bien réelle.

13:26 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : échec, austérité, goldman sachs, allemagne, wall street, city | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

27/04/2010

Que veut l'Allemagne?

87946_merkel-papandreou-unejpg.jpgDepuis le début de la crise grecque l’Allemagne n’en finit pas de jouer « le cul de plomb » dès lors que des solutions semblent se profiler pour permettre au gouvernement hellène une sortie de crise sans catastrophe sociale pour le pays. A ce jeu c’est l’ensemble des pays de la zone euro qui risquent bientôt de se trouver en difficulté.

 

Mercredi 17 mars, tout en émettant l’idée, «en dernier recours»,  d'exclure un pays de la zone euro en cas d'infractions répétées aux règles de Maastricht, Angela Merkel, rejetait devant le Bundestag, la possibilité d’une aide rapide à la Grèce.  Enfonçant le clou, la Chancelière allemande a précisé qu’il ne fallait pas «apporter une aide prématurée, mais mettre de l'ordre dans tout cela».

 

Certes l’opinion publique allemande est loin d’être favorable, voire hostile, à toute  politique de la main tendue envers un pays et une population qu’elle considère comme laxiste.

 

Angéla Merkel est d'autant plus sensibilisée par cette opposition que des élections locales difficiles pour son parti auront lieu à la mi-mai en Allemagne. De plus son gouvernement de coalition est divisé sur la question grecque.

 

Tout cela ne justifie en aucune manière que la solidarité européenne ne joue pas pour soutenir l’actuel chef de gouvernement grec, qui très courageusement fait face, de son côté, à une montée en puissance des mécontentement que soulève le plan d’austérité mis en place pour donner des gages sur la bonne conduite des affaires de l’Etat grec pour le futur.

 

Au-delà de la crise du financement de sa dette, le pays, très dépendant de la conjoncture générale européenne et mondiale pour son économie doit amortir un recul important de l’activité de secteurs traditionnellement forts. Ainsi en matière de tourisme le recul se chiffre à 13%, pour la construction navale et le transport maritime à 7,8%.

 

Le plan de redressement va imposer une cure d'austérité sans précédent au pays, qui viendra se surajouter aux difficultés réelles économiques. Ce plan aura, à n’en pas douter, des conséquences sur les investissements et la demande des ménages.

 

Pour mémoire le programme d’assainissement prévoit une augmentation de la TVA de 19 à 21%, un relèvement des Impôts et des taxes à la consommation, une réduction des salaires dans le secteur public qui représente 32 % des salariés du pays, moins 60% du quatorzième mois et moins 30 % du treizième mois ainsi qu’un blocage général des retraites.

Nonobstant, Wolfgang Schäuble le ministre des Finances CDU de la coalition Merkel en remet une couche. Alors que la Grèce a, ce vendredi, officiellement demandé l’aide de l’Union Européenne et du FMI, celui-ci lui réclame de nouvelles mesures d'austérité. Faute de quoi, Berlin pourrait mettre son veto à la mise en place du plan européen aide à Athènes.

Dans la foulée, Hans-Peter Friedrich, un des hauts responsables de la CSU, parti conservateur bavarois, considère lui que « la Grèce devrait envisager sérieusement de quitter la zone euro », pendant que Werner Langen l’actuel chef du groupe conservateur allemand, CDU/CSU, au Parlement européen, martèle, «la véritable alternative» serait qu'Athènes «quitte la zone euro et redevienne compétitive à l'aide de rudes réformes structurelles ».

 

Toute cette agitation provoque un affolement des marchés mais également une colère de la rue à Athènes.

Les taux grecs à 10 ans sont montés à un niveau record lundi dépassant le seuil de 9%. Cette tension s’est traduite par un relèvement des taux  au Portugal, en Espagne et en Irlande laissant craindre une contagion de la crise à d’autres pays fragilisés de la zone euro.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’à ce stade la situation devient assez imprévisible. Le remède de cheval que veut  imposer l’Allemagne à la Grèce risque d’être plus négatif que positif. A force d’exiger plus d’économies et d’efforts c’est à une déroute économique et sociale que le pays va être conduit, qui ne sera pas sans conséquences pour l’ensemble de l’Europe.

 

Que veut l’Allemagne ? Le retour des colonels en Grèce ? Au rythme des déclarations de ses dirigeants on pourrait le croire. Que veut l’Allemagne ? Se payer à bon compte «  Quelques Iles » ? «On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou »  comme le dit le journal allemand Bild.

Quelle honte, quelle arrogance ! D’autant que dans cette histoire de financement de la dette grecque, il n’est pas question de « don » de la part de qui que ce soit, mais bien de prêts adossés à des taux d’intérêts largement rémunérateurs pour les pays contributeurs. Pour mémoire pour prêter à la Grèce à un taux de 5%, l’Allemagne emprunterait à 1.5%.

Pourquoi l’Allemagne dont la part dans le commerce mondial des armes et systèmes d’armements atteint plus de 11%. ne recommande-t-elle pas à la Grèce une réduction drastique de ses budgets d’armement ? La réponse est claire, la Grèce, éternel rival de la Turquie, 5ème importateur mondial d’armement dont le budget défense est de 6 milliards d’Euro/an, représente 13% de ses ventes mondiales.

Il suffirait que l'Europe, à condition qu’elle existe en tant puissance politique et militaire souveraine, accorde sa protection à la Grèce contre toute agression, pour réduire dans un rapport deux ou trois les dépenses militaires de ce pays donc le budget général de l’état. Les marchands d'armes Allemands, Américains et Français seraient certes pénalisés, mais la dette et les déficits de la Grèce seraient très rapidement résorbés!

Il faut donc cesser cette hypocrisie générale qui se sert de la Grèce pour pousser les feux d’un projet politique allemand inavouable ! Il faut cesser de nous faire croire que la Grèce a trompé ses partenaires européens !

Depuis 2001, personne te surtout pas la Commission européenne ne pouvait ignorer la réalité des comptes de la Grèce. Il suffisait pour cela de vérifier les comptes des administrations centrales pour constater le déficit permanent du budget de l’État grec et voir que la dette officielle (rendue présentable pour intégrer la zone euro) annoncée ne correspondait pas à la réalité des finances du pays. Tout le monde savait mais personne n’a parlé! Pour des questions politiques et géostratégiques il fallait pousser à l’intégration de la Grèce dans la zone euro. A cette époque la France et l’Allemagne en étaient les plus ardents partisans.

En défendant la Grèce «nous défendons le territoire de l'euro»  a  déclaré  dimanche Christine Lagarde, ajoutant fort justement, «Lorsqu'une partie de ce territoire est attaquée, et que notre devise commune est sous pression, on est tous tenus d'être solidaires».

Il est temps pour l’Allemagne de comprendre que, sauf à vouloir délibérément casser l’Union Européenne, la solidarité des européens dans cette affaire doit jouer, comme ce fut le cas au moment de la réunification.

Il est temps aussi pour la France de dire très clairement que ces atermoiements ne peuvent plus durer, comme ne peut plus durer cette arrogance teutonne qui veut faire marcher l’Europe au pas cadencé depuis Berlin.

Il faut très clairement que le 3 mai prochain, le parlement français qui va débattre du plan d'aide du gouvernement français à la Grèce signifie à Angela MERKEL la détermination de notre Pays.

Pas de Munich diplomatique ! La  France solidaire des pays méditerranéens  doit soutenir la Grèce, sans complaisance certes, mais sans arrogance ou marchandage boutiquier avec à l’esprit le sens de l’intérêt général des pays européens de la zone euro.  

08:55 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, portugal, espagne, merkel, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

16/04/2010

La crise grecque est révélatrice de disfonctionnements qu'il convient de traiter

C’est ainsi que ces dernières semaines l’on a pu lire dans différents journaux : « la note de la Grèce a été dégradée par Fitch à BBB ».

Qui sont ces agences de notations ?

fitch_desc.jpgPour l’essentiel ce sont trois sociétés américaines Fitch Rating, Standard & Poor’s et Moody’s. Ces trois sociétés détiennent 90 % du marché des notations. C’est dans les années 80, avec le développement de la globalisation financière, que leur champ d’action s’est porté en Europe.

Quel est leur rôle ?

Globalement leur rôle consiste à faire l’évaluation des risques liés à la « solidité financière » des émetteurs d’emprunts publics ou privés - entreprises, banques, compagnies d’assurance, collectivités locales ou Etats. Elles apportent également, leur expertise pour l’analyse et la notation des différents titres financiers qui circulent sur les marchés comme les obligations, les titres de créances négociables, les produits structurés.

Quelle est leur influence ?

A l’origine, le rôle des agences de notation, dont il convient de rappeler qu’elles sont des entreprises privées à but lucratif, était d’informer les épargnants. Aujourd’hui la réalité montre que les choses sont un peu plus compliquées. Au delà de leur rôle d’information les agences ont désormais un rôle de conseil qui, faute de règles déontologiques précises, engendre inévitablement des conflits d’intérêts bien au-delà de la sphère des marchés financiers. Leur implication, non contrôlée, dans le système financier globalisé les amène à influer sur l’application des décisions « politiques » des états en principe souverains.

Servent-elles l’intérêt général européen en général et grec en particulier?

Dans le cdollar-en-liasse.jpgas de la Grèce, elles ont été, dès l’adoption de l’euro, avec leurs commanditaires banquiers – Goldman Sachs en l’occurrence – à l’origine des manipulations-conseils qui ont permis, moyennant honoraires, – 300 millions de dollars selon le New-York Times du 10 02 2010 – d’emprunter en secret des milliards et de contourner les règles européennes mise en place pour limiter les dettes publique.

Au bout de toutes ces manipulations un plan d’austérité d’une grande ampleur qui a provoqué une révolte sociale, jeté des millions de grecs dans la rue et provoqué une très forte tension parmi les partenaires de la zone Euro.

33e7bea0-42ee-11df-9705-abc676f19fb0.jpg

Récemment, alors qu’un accord a été obtenu au niveau européen pour permettre un financement de la dette grecque, à des conditions sans doute difficiles mais acceptables politiquement entre les membres de l’Union Européenne, l'agence de notation Fitch a pris la décision d’abaisser de deux crans la note de la Grèce.

Cette décision a relancé les attaques contre l’Euro et de fait, elle contrecarre les choix politiques entérinés par les Etats européens donc des populations respectives de ces pays. On pourrait d’ailleurs et de façon annexe s’interroger sur les finalités « politiques » qui ont présidé à cette décision scandaleuse et inappropriée.

Décision d’autant plus inacceptable que ces agences de notations ont une approche sélective de leurs jugements selon les pays où les clients privés qu’elles sont amenées à évaluer.

Pourq

uoi, par exemple, alors que le déficit budgétaire et la dette publique de ce pays y sont scandaleusement supérieurs à ceux de tous les autres grands pays,  les Etats-Unis sont-ils toujours notés au top de l’évaluation des agences? Pourquoi ?

Peut-on durablement accepter ces pratiques financières internationales?

L’exemple grec montre à quel point, au delà de la Grèce elle-même, qui n’est qu’un alibi commode pour men34ba13ec-c00c-11de-9e53-8220c692c248.jpger une stratégie inavouable, les intérêts des européens sont assujettis, pieds et poings, au bon vouloir d’un système bancaire international dont les centres de décisions/spéculations sont logés à Wall Street et à la City. C’est de ces deux places fortes du « capitalisme financier globalisé anglo-saxon » que tout se joue. Tout, y compris le plus scandaleux à savoir le maquillage et la falsification pour compte propre.

Après le scandale des subprimes, qui a conduit en septembre 2008 à la faillite du géant bancaire américain Lehman Brothers et dans lequel l’influence des agences a été déterminante – en assurant une notation maximum aux produits financiers toxiques – , après les bidouillages des déficits grecs par Goldman Sachs, l’on apprend aujourd’hui – source Wall Street Journal – que les grandes banques américaines, toutes parties prenantes du système, – Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup et treize autre banques – ont « trafiqués leurs comptes » durant les cinq derniers trimestres.

Chacune,6a00d83451b56c69e2012877b06237970c-320wi.jpg sans qu’aucune agence de notation ne se manifeste, s’est prêtée au jeu de mistigri consistant à jongler comptablement avec le niveau de sa dette à court terme en début et fin de période à hauteur de 42% des montants concernés. Une paille ! Un énorme coup de canif porté au ventre des marchés financiers et des concurrents notamment ceux de la zone euro.

Cette carambouille ne peut plus durer, comme ne peut plus durer le droit que s’est octroyé le système capitaliste fin

ancier globalisé sous tutelle anglo saxonne, depuis la décision de Richard NIXON le 15 08 1971 de mettre fin, pour les Banques Centrales à la convertibilité du dollar en Or. Depuis cette date, en effet, les monnaies devenues des marchandises comme les autres sont la proie des spéculateurs qui n'hésitent plus à les attaquer sur le marché des changes.

Quelles pistes ?

L’état de déliquescence dans lequel nous laisse patauger la crise mondiale qui n’en finit pas de « finir » invite à regarder la réalité en face et à agir rapidement pour redéfinir des règles du système économique, monétaire et financier mondial de sorte que ceux-ci soient rediriger au service de l’intérêt général des peuples. La question est politique et relève de la responsabilité des grands pôles économiques de la planète – Europe, Russie, Amérique, Asie, Inde

Plusieurs pistes devront être étudiées :

La premièrevise d’abord à mettre fin à cette pratique abusive et détestable du néolibéralisme anglo-saxon qui voit le marché partout ! On ne peut, s’agissant des sources de financement traiter les Etats comme on traite des Entreprises privées. Les banques centrales doivent être repositionnées comme « interlocuteur direct et prioritaire » des Etats.

La seconde piste consiste ensuite à exiger au plan international un retour à la parité des monnaies par rapport à un étalon fixe. Ceci afin d’éviter les sous évaluations comme les surévaluations qui faussent les données et les équilibres en matière de commerce international.

La troisième enfin s’attachera à mettre en œuvre un plan d’harmonisation fiscal, social et environnemental de nature à permettre une amélioration des conditions matérielles des populations et d’éviter toute pratique agressive de dumping.

S’agissan520614.jpgt de l’Europe et des Européens, cette crise doit amener une relance du concept « Europe puissance souveraine et solidaire » et conduire à une solidarité sans faille des membres de la zone Euro.

Charles De Gaulle pour qui la primauté du politique sur les humeurs irrationnelles du marché était essentielle, lors d’une conférence de presse tenue à l'Elysée le 28-10-1966 a déclaré : "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».

Le maître mot des prochaines présidences européennes doit exprimer le refus de la « Vielle Europe » de voir sa politique faite à Wall Street ou à la City.

14:12 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : anglo-saxon, marchés, notation, banques, or, parité, monaies | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

07/04/2010

Massacre au canon de 30 à Bagdad

Hélicoptère Apache, de l'armée américaine.

©Maria Marogianni/EPA

 

90140_une-apache.jpg

Le site Internet Wikileaks.org vient de rendre publique une vidéo qui montre un hélicoptère de l'armée américaine en mission dans le ciel de Bagad. Cette vidéo relate plus particulièrement une opération au cours de laquelle le 12 juillet 2007, une voiture civile, où se trouvaient des enfants clairement identifiés, a été mitraillée au canon de 30 millimètres. Ce jour là de deux journalistes de guerre de l'agence Reuters ainsi que plusieurs autres personnes sont morts.

 

En regardant la vidéo en question, nous sommes conviés à faire un retour brutal sur le film « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola qui en 1979 dénonçait la « déshumanisation » des soldats américains lors de la guerre du Viêt-Nam. En 1979 c’était un film là il s’agit de la réalité vécue. C’est l’horreur d’une guerre, déclarée il faut s’en souvenir sur une escroquerie abominable dont se sont rendus coupables les USA et la Grande-Bretagne : le mensonge d’état des prétendues armes de destruction massives qui auraient été, à l’époque, détenues par l’Irak.

 

La bande son qui reprend les échanges entre les pilotes de l’hélicoptère Apache et les équipes de contrôle au sol, permet de qualifier les actes repris par les images tournées depuis l'appareil de l’armée américaine d’abominables « crimes de guerre ».

 

L’acharnement mis, tant à réclamer les autorisations de feu –alors que rien ne menaçait l’appareil – qu’à mitrailler la voiture et les gens  qui tentaient d’évacuer les blessés, ainsi que les autocongratulations et les rires des mêmes après qu’un blindé arrivé sur les lieux    fut passé sur le corps d’un cadavre, ajoutent à l’horreur!

 

Faut-il rappeler que les Conventions de Genève I et II article 12 protègent les blessés et que les enfants jouissent par ailleurs quelque soient les circonstances d’une protection particulière ?

 

Cette affaire, mise sous le boisseau depuis 3 ans par l’armée américaine, est accablante pour ce pays, les USA, qui ne rate jamais une occasion de nous dire qu’il combat toujours au nom de la défense de la Démocratie et des Libertés dans le monde!

 

Liberté que de saloperies l’Amérique commet en ton nom!

 

Il faut qu’une fois pour toute cela cesse. L’ordre américain, la « Pax Americana », n’est qu’une manipulation ignoble menée au seul profit des multinationales de la finance, du pétrole et des fabricants d’armes, jamais rassasiés.

 

La France après avoir refusé de participer à la seconde guerre du Golfe s’honorerait aujourd’hui en décidant un retour unilatéral et sans condition de ses soldats en poste en Afghanistan pour protester devant l’attitude inqualifiable de son allié fort peu démocrate, manipulateur, menteur et assassin de civils et d’enfants innocents : les civils et les enfants sont toujours innocents.

 

13:47 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : accablant, guerre, crime, saloperies, liberté, acharnement, irak, retour, soldats, innocents | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

27/02/2010

Israël : 600 nouveaux logements en territoire occupé

2009-09-06T193943Z_01_APAE585130H00_RTROPTP_3_OFRWR-PROCHE-ORIENT-20090906.jpgA l’heure où des efforts de relance de pourparlers sont engagés en vue de conclure une paix israélo-palestinienne, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu Jérusalem du moratoire de 10 mois qu’il avait annoncé en novembre sur les constructions de nouveaux logements dans les implantations juives de Cisjordanie et annonce la construction de 600 nouveaux logements dans Jérusalem Est occupé depuis 1967.

De source bien informée – quotidien Haaretz – l’on « précise que les nouveaux logements doivent être construits près du quartier de Pisgat Zeev et le secteur palestinien de Chouafat. Le projet initial prévoyait 1.100 nouveaux logements, un nombre ramené à 600 quand il s’est avéré qu’une partie de la terre était détenue à titre privé par des Palestiniens ».

 

De son côté le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’appuyant sur la "feuille de route" validée en 2003, en préalable à une reprise des négociations, réaffirme l’absolue nécessité d’un gel total des activités de colonisation de la part de l’Etat d’Israël.

 

Une vague de protestations s’est élevée dans le monde arabe après l’annonce dimanche, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, son projet d’inscrire au patrimoine d’Israël, le caveau des Patriarches, à Hébron, et le tombeau de Rachel, à Bethléem. Ces deux lieux sont considérés comme des « lieux saints » à la fois pour les juifs et les musulmans. Hébron est désormais à nouveau le théâtre d’affrontements entre Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes et c’est à nouveau l’impasse et le désordre.

 

Combien de temps encore le monde va-til assister, impuissant à ce drame qui n’en finit pas de semer la révolte, la haine, la mort et l’indignité ? Chacun peut aujourd’hui s’interroger sur les motivations réelles de l’actuel gouvernement d’Israël dont il est patent qu’il montre chaque jour un peu plus sa non-volonté d’aboutir une quelconque solution de Paix.

 

2 peuples 2 états.jpgCette posture politique de maintien d’un climat permanent de guerre n’est plus acceptable et ne doit plus être acceptée par la communauté internationale. Celle-ci doit désormais imposer au gouvernement  Nétanyahou-Libermann d’abord de cesser toutes nouvelles implantations en territoires occupés et de respecter le droit international.

 

Peut-être est-il venu pour l’ONU le moment de se montrer ferme et de décider l’envoi dans les territoires occupés d’une mission destinée à faire respecter ses décisions ?

Hébron d’affrontements entre Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes

11:46 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lieux saints, hebron, onu, paix, territoires occupés, 1967 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

17/01/2010

Solidarité avec le Peuple haïtien dans la détresse

haiti-ile-Hispaniola.gifLe séisme  dévastateur qui a surpris les Haïtiens vient de causer des milliers de victimes innocentes morts, blessés et disparus. Au nom des militants et sympathisants de l’Alliance Ecologiste Indépendante, je veux ici, en témoignage de notre solidarité, adresser nos sincères condoléances aux familles des disparus, et leur dire combien nous sommes sensibles à leur douleur que nous partageons.

 

Je formule le vœu que, puisant aux sources séculaires de force et de détermination qui l’ont toujours caractérisé au cours de l’histoire, le Peuple haïtien survivant saura encore une fois surmonter l’épreuve présente.

 

Si les écologistes, savent que les forces de la nature, lorsqu’elles se déchaînent, ne sont pas contrôlables à l’échelle des hommes, ils savent aussi que les conséquences des catastrophes naturelles  sont toujours plus dévastatrices lorsqu’elles atteignent des zones de population soumises à un environnement de pauvreté, de vulnérabilité et d’exclusion.

 

Au-delà des appels justifiés à la solidarité internationale envers les survivants pour aider à reconstruire Haïti dévasté, ils posent, (les Ecologistes de l'Alliance Indépendante), une question fondamentale.

 

g20-plan-action-declaration-document.jpgPourquoi, la communauté internationale, celle des riches, celle du G20  mobilise-t-elle, avec force caméra, des ressources alors même  que le reste du temps elle ferme les yeux sur un monde d’injustice, d’iniquité, de pauvreté, qu’elle contribue à créer par son égoïsme ?

 

Car il faut s’en rappeler et le dire, les facteurs amplificateurs, en terme de victimes, du désastre que vient de connaître aujourd’hui Haïti, comme ce fut le cas hier en Indonésie, sont le haut niveau de pauvreté des populations touchées, le manque total de moyens de prévention et  d’anticipation dont dispose ces pays et l’impuissance de leur état à faire face dans l’urgence aux crises auxquelles ils sont confrontés, par défaut de richesse.

 

Oui il est heureux que des aides soient envoyées, c’est le minimum. Mais que l’on cesse de nous abreuver de discours larmoyants et hypocrites tout juste destinés à nous déculpabiliser et ne pas nous laisser prendre conscience que nous appartenons à un monde occidental riche aux mains de dirigeants inféodés à un système prédateur, égoïste et cynique.

 

549716_photo-1245136683173-1-0_150x113.jpgJ’invite ceux qui pourraient s’insurger de ces propos, alors que la générosité populaire dans nos pays se mobilise, à faire l’addition des crédits consacrés à la guerre aux endroits chauds de la planète – Irak, Afghanistan, Palestine Yémen, Soudan….. etc.  – et d’en comparer le total à celui des aides de solidarité et de générosité qui seront collectées pour soutenir Haïti et son peuple.

14:09 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : riche, égoïste, cynique, prédateur, désastre, ecologistes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

07/11/2009

"Tant va la cruche à l'eau, qu'elle finit par casser"

SIGE_02Aabbas_apx_470_.jpgJeudi soir, 5 novembre Mahmoud Abbas a annoncé sa décision de ne pas être candidat pour un second mandat à la présidence de l'Autorité palestinienne.

L’annonce solennelle en a été faite jeudi soir au siège de l'Autorité, à Ramallah en Cisjordanie occupée.

Le président israélien Shimon Peres, inquiet du vide de pouvoir que cette décision risque de créer aurait aussitôt décroché son téléphone, pour tenter de décider le président palestinien de revenir sur son choix.

« Si vous abandonnez le peuple palestinien, il perdra toute chance de créer son propre État » aurait dit Shimon Peres à  Mahmoud Abbas, ajoutant « Restez en place pour le salut du peuple palestinien ! »

images.jpgSi la douche semble froide au président israélien, est-elle pour autant inattendue ?

On craint aujourd’hui à Jérusalem, une crise majeure au sein de l'Autorité palestinienne et la prise de contrôle de la Cisjordanie par le Hamas !!!

Benjamin Netanyahou ne semble pas vouloir « s’immiscer » dans les affaires palestiniennes, mais dans son entourage on n’hésite semble-t-il pas à faire état d’une préférence : « Il est de l'intérêt d'Israël de renforcer Mahmoud Abbas à la tête de l'Autorité palestinienne. »

Il fut une époque pas si lointaine où l’on a cru bon à Jérusalem de soutenir le Hamas contre Yasser ARAFAT, avec le résultat que tout le monde connaît ! Voila qu’aujourd’hui on se mettrait à assurer Mahmoud Abbas d’un soutien bien encombrant dans la mesure où pour les Palestiniens Israël est un occupant détesté.

Cette décision pendait au bout du nez des dirigeants israéliens.

benjamin-netanyahu.jpgIsraël veut la Paix ! Alors il faut que ses dirigeants décident d’abord d’arrêter définitivement la colonisation en Cisjordanie afin d’en relancer le processus. Il n’y a pas d’autre solution raisonnable envisageable !

Pour la suite, les bases sont connues de tous. Elles ont reçu l’agrément des autorités internationales, il suffit donc de se mettre autour de la table des négociations avec une réelle volonté d’aboutir. Cela, même au prix de concessions qui pourraient être douloureuses.

Faute de quoi, il est à craindre que côté Palestinien on ne se résolve au bout du bout à considérer que la solution d’un Etat national est finalement devenue impossible par la colonisation et qu’il vaut mieux y renoncer en dépit des sacrifices faits pendant toutes les années de luttes et de résistances.

 

Les Palestiniens pourraient être enclins désormais  à réclamer des droits dans le cadre d'un seul État binational. État où la perspective pour les juifs serait à terme de devenir minoritaire.

Autant dire que dans ces conditions la Paix n’est pas encore pour demain au Moyen Orient.

Pour faire la paix il faut la vouloir

apreslavisite1.jpg

Il faut aussi être en mesure d’en déclencher le processus. L’offre de paix appartient à celui qui sur le terrain est le plus fort économiquement et militairement! C’est le cas d’Israël ! C’est donc tout naturellement à ses dirigeants  qu’il appartient maintenant de montrer qu’ils veulent en finir avec cette situation qui pourri la vie de ce bout de planète et qui empoisonne les relations internationales depuis trop longtemps.

 

Benjamin Netanyahou se rendra dimanche à Washington où l’attend le président Obama. La sortie de l’impasse est-elle envisageable ? Elle est en tout cas souhaitable et souhaitée. A minima il faudrait que le chef du gouvernement israélien annonce la fin de la colonisation en Cisjordanie.

27/10/2009

Amnesty : "l'accès à l'eau dans les territoires palestiniens est limité"

img-0002 l'eau en Israël.jpgSelon Associated Press, dans un rapport rendu public mardi l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International affirme qu’Israël limite l'accès à l'eau potable des territoires palestiniens :

"Israël ne laisse les Palestiniens accéder qu'à une infime partie des ressources communes en eau, qui se situent principalement en Cisjordanie occupée, tandis que les colonies israéliennes illégales en reçoivent des quantités pratiquement illimitées" est-il indiqué dans le rapport.

Amnesty International estime le nombre de Palestiniens qui n’ont pas accès à l'eau courante à près de 200.000. Les ratios de consommation moyenne donnés dans le rapport sont particulièrement éloquents !

En milieu urbain la consommation moyenne journalière s’établit ainsi 300 litres par personne pour les Israéliens, 70 pour les Palestiniens.  Pire dans les zones rurales la consommation journalière atteindrait à peine 20 litres.

De plus, le creusement de nouveaux puits ou la restauration des anciens, sont soumis à autorisation que les Palestiniens sont tenus de demander à l’Etat. Les permis lorsqu’ils ne sont pas refusés, ne sont accepté qu’après des délais importants.wasser_3.gif

Selon AFP, le porte-parole du gouvernement israélien Mark Regev dénonce des affirmations "complètement absurdes", et assure que l'Etat hébreu récupère beaucoup moins d'eau de l'aqueduc qu'en 1967. Accusant les Palestiniens de ne pas investir dans le développement en Cisjordanie, il a par ailleurs déclaré que depuis cette époque, la consommation des Palestiniens a triplé tout en indiquant que des puits déjà autorisés n’avaient pas été creusés!

Le rapport d’Amnesty International évoque aussi la situation dans la Bande de Gaza, où la situation serait critique. Outre le fait que les réservoirs d'eau et les égouts ont été endommagés lors du dernier conflit entre Israël et le Hamas, 90 à 95% des eaux seraient contaminées et impropres à la consommation.

L’Alliance Ecologiste Indépendante rappelle que l’eau est indispensable à la vie de chaque individu, que sa rareté est souvent signe d’augmentation de la pauvreté et que dès lors son inégale répartition dans un même territoire peut rapidement conduire à des situations conflictuelles qui risquent de devenir explosives et incontrôlables.

200px-BnotYaakovBridge jourdain.jpgAvant d’être une question d’argent, de tuyaux, de robinets, de procédés chimiques et biologiques de dépollution est une question qui touche à la vie, elle est bien commun inaliénable de l'Humanité.

Comme le déclarait RICARDO PETRELLA lors d’une conférence donnée à l’Université de Genève, le 30 octobre 2003, dans le cadre du cycle "Santé, droits de l'homme et nouvelles insécurités", l’Alliance Ecologiste Indépendante affirme avec lui : « Il y a un lien étroit entre pauvreté eau, accès à l’eau et droit à la vie »

Chacun pour vivre peut se passer de beaucoup de chose sauf de l’eau, aussi l’Alliance Ecologiste Indépendante s’associe à l’appel d’Amnesty international et invite le gouvernement français à demander à l'Etat hébreu à "mettre fin à ses politiques discriminatoires" et "à lever immédiatement les restrictions imposées aux Palestiniens pour accéder à l'eau".

 

29/09/2009

G20 rien de nouveau à l'ouest!

651877_photo-1253905720868-10-0.jpgAu théâtre ambulant du G20 la pièce de s’achever, ce vendredi 20 septembre le rideau est tiré ! La tournée se poursuivra avec pour prochaine étape juin 2010 le Canada puis en novembre  la  Corée du Sud et en 2011 la France.

 

Au sortir de leur prestation de Pittsburg les acteurs dirigeants des 20 pays les plus développés de la planète, tous aux ordres d’un pouvoir financier incontrôlable, ont l’air et la mine de gens, assez contents d’eux-mêmes.  Certes le boulet leur a sifflé près des oreilles mais ne leur a pas encore fracassé la tête, tout va bien !

 

Pittsburg pour eux c’est nous sommes les meilleurs !

 

8ff52e2c-829a-11de-863b-7c647ed9dd37.jpgLa preuve ils déclarent et la presse reprend « Nos pays avaient alors – G20 de Londres –  décidé de faire tout ce qui était nécessaire pour assurer la reprise, remettre en état nos systèmes financiers et préserver les flux mondiaux de capitaux….. Cela a marché ». Il est passé si près, le boulet,  qu’ils  n’entendent plus rien, la confiance est revenue et cela suffit à leur bonheur ! Même s’ils conviennent que « le sentiment de retour à la normalité ne doit pas nous conduire à un excès de confiance ».

 

La normalité selon les 20, c’est, ils le disent « Alors même que l’action en faveur de la reprise se poursuit, nous nous engageons à adopter les politiques nécessaires pour jeter les fondements d’une croissance forte, durable et équilibrée au XXIème siècle »

 

Pittsburg pour eux c’est nous sommes les meilleurs ! « Aujourd’hui, nous avons passé en revue les progrès accomplis depuis le sommet de Londres en avril. Les engagements que nous avons pris au niveau national pour rétablir la croissance ont constitué le soutien budgétaire et monétaire le plus vaste et le mieux coordonnée de tous les temps »

 

On a tout de même un peu parlé de lutte contre la faim

 

Pour faire bonne mesure on a parlé à Pittsburg de pauvreté et de faim dans le monde «  Avant même l’apparition de la crise, trop nombreuses étaient les personnes souffrant encore de la faim et de la pauvreté, et plus nombreuses encore celles n’ayant pas d’accès à l’énergie et aux financements » Quel aveux …..! «  Reconnaissant que la crise a exacerbé cette situation, nous prenons l’engagement de coopérer afin d’améliorer l’accès des pauvres à l’alimentation, à l’énergie et aux financements ! Doit-on comprendre que jusqu’à maintenant la coopération n’existait pas ?

 

h_9_ill_1199060_21c8_dollar.jpgPour autant le dogme de la globalisation des économies est réaffirmé avec force « Nous demeurons résolus à poursuivre la libéralisation des échanges » et d’enfoncer le clou, « la reprise des échanges et des investissements mondiaux est indispensable pour rétablir la croissance mondiale. Nous devons impérativement faire front ensemble pour lutter contre le protectionnisme » !

 

En fait ce G20 c’est :

 

  • l’affirmation forte d’un modèle de développement, « un cadre qui définisse les politiques et la manière dont nous agirons ensemble pour parvenir à une croissance mondiale forte, durable et équilibrée »
  • plus d’ouverture des marchés, plus de croissance, plus de concurrence, plus de circulation des capitaux « pas d’obstacles aux investissements ou aux échanges de biens et de services ou d’en imposer de nouveaux » –  exit la Taxe Tobin ou la Taxe carbone aux frontières de l’Europe – 

·         des promesses pour faire social et écolo : coopération avec les pauvres, et engagement « de stimuler les investissements dans les énergies propres et renouvelables et l’efficacité énergétique et de fournir un appui technique et financier à ce type de projets dans les pays en développement »

·         silence radio sur les paradis fiscaux véritable scandale du système qui permet aux plus riches de s’exonérer d’une contribution à l’effort général en rapport avec leurs revenus. S’il est indiqué que les paradis fiscaux seront sanctionnable dès mars 2010,  rien n’est précisé s’agissant des critères et des sanctions qui seraient applicables.

·          Aucune obligation concrète en ce qui concerne les bonus des traders, autre scandale de notre beau modèle. Le G20 « approuve totalement » l’idée que le montant global de la rémunération variable d’une banque pourra « désormais être limité à un pourcentage des revenus nets totaux, lorsque celui-ci n'est pas compatible avec le maintien d'une base de capital solide ». Autant dire que les banques continueront, comme le passé, à faire ce qu’elles veulent comme elles veulent.

·         Pas de décision claire pour la nécessaire réforme du système financier mondial

 

Sans vouloir jouer les cassandres et dire que ce sommet est un sommet pour rien qui nous prépare à vivre la prochaine crise il est tout de même troublant de voir les similitudes entre les deux crises que nous venons de vivre en  moins de 10 ans.

 

2001, 2008 deux crises similaires

 

Dans les deux crises  on a commencé par une spéculation folle – la nouvelle économie avant hier, les subprimes hier – avec au bout un effondrement de la bulle – krach boursier avant-hier crise financière hier. Dans les deux cas une récession économique qui entraîne pertes de d’emploi et baisse du pouvoir d’achat.

 

Les deux crises sont l’occasion de faire apparaître des scandales d’une ampleur incroyable – Enron, Madoff –  par le montant des sommes engagées, des personnalités impliquées et des moyens utilisés pour tromper les investisseurs.

 

Mêmes cris, mêmes exclamations des dirigeants du monde occidental « plus jamais ça ! ».

 

Mêmes promesses aussi nous mettons en œuvre une réflexion collective en vue d’élaborer un mécanisme de contrôle et de régulation de  l’économie mondiale globalisée.

 

La différence entre la crise que nous vivons, dont il est faux de dire qu’elle terminée, et celle de 2001 est qu’aujourd’hui la crise a éclaté dans une économie mondiale fragilisée à peine remise des coups porté à la confiance et au système par la précédente.

 

Le monde occidental est délabré

 

549716_photo-1245136683173-1-0_150x113.jpgRien n’y fera et surtout pas les bobards des experts qui savent tout sur tout et qui se trompent et nous trompent sur commande, le monde occidental est dans un état de délabrement incroyable dont certain commencent à dire « qu’il nécessite un conflit armé pour en sortir ».

 

La dette des pays s’est démesurément enflée pour endiguer la crise de liquidité engendrée par la crise de l’éclatement de l’économie virtuelle, permise par la dérégulation aveugle née de la mondialisation voulue par le sois disant nouvel ordre mondial au service des intérêts anglo-saxon.

 

L’emploi est en chute libre et la fin de  l’année verra des faillites retentissantes venir gonfler le nombre déjà impressionnant des demandeurs d’emploi.

 

2009-09-27T085150Z_01_SIN904_RTRMDNP_3_IRAN-MISSILES-WARGAMES-432.jpgLes points de conflits armés impliquant l’occident en faillite, se multiplient sans que des solutions ne s’entrevoient,  Palestine, Liban, Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen. Ils constituent autant de menaces pour la paix mondiale et font peser sur les états une charge financière  qui trouverait à être mieux utilisée pour lutter contre la faim dans le monde, pour aider au développement des pays pauvres et pour investir dans un autre modèle de société mondiale.

 

La dernière bataille pour faire échec au candidat égyptien Farouk Hosni à la  direction de l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (Unesco) est un affront fait au monde arabe et musulman  qui tôt ou tard nous reviendra à la figure comme un boomerang 

 

Le capitalisme anglo-saxon continue d’imposer son vieux modèle

 

Rien n’y fait G20 après G20, Le capitalisme anglo-saxon continue d’imposer son vieux modèle qui ne sert que les intérêts de ses riches au détriment de l’intérêt général de l’Humanité et de la Planète.  Même vert il ne faut pas imaginer qu’il n’échappera pas à ses démons que sont l’égoïsme, le cynisme et le bellicisme.

 

sarkozy-Merkel-Brown_pics_180.jpg

L’Europe, malgré les auto-satisfécits de ses dirigeants, n’est pas à la hauteur des enjeux et n’arrive pas à imposer une voie politique souveraine capable de faire contrepoids à la machine anglo-saxonne.  

 

Dans ces conditions, comment ne pas être pessimiste sur les possibilités d’un retour rapide à une économie réelle pourvoyeuse d’un équilibre durable pour les peuples, social, écologique et pacifique ?

 

Non, décidément Pittsburg et ses policiers, qui tabassent les contestataires venus protester contre ce monde que l’on veut imposer, ne nous fait pas rêver ! Il nous fait craindre le pire n’est pas encore advenu

02:18 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, anglo-saxon, dette, emploi, faim, policiers, canada, corée du sud, france, rêver | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu