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28/09/2013

Syrie, victoire diplomatique russe à l’ONU : Fillon 1, Fabius 000

François Fillon considère à juste titre que  l'adoption cette nuit d'une résolution sur la Syrie par le Conseil de sécurité de l'ONU lui donnait raison, taclant au passage François Hollande : «face au drame syrien» le Président a «fait preuve de précipitation» en se positionnant «sans prudence dans les sillage» des Etats-Unis en «oubliant le rôle de la Russie »

«Comme je l'avais indiqué, le rôle de la Russie a été déterminant et les autorités américaines ont su le comprendre », a indiqué sur son blog l’ancien premier ministre. 

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Le 19 septembre, en présence du président russe Vladimir Poutine, François Fillon dans une classique posture gaullienne avait souhaité que « la France retrouve cette indépendance et cette liberté de jugement et d'action qui, seules, lui confèrent une autorité ».

Ses propos avaient soulevé une polémique de la part des va-t’en guerre de la diplomatie française,  de l’opposition interne copéiste de la droite dure et décomplexée ainsi que celle des soutiens inconditionnels de l’opposition syrienne à Bachar El-Assad composée d’islamistes radicaux et d’anciens militaires qui ont déserté l’armée loyaliste.

Que cela plaise ou non, l’adoption à l’unanimité d’une résolution sur la crise syrienne par le Conseil de Sécurité de l’ONU donne raison à François Fillon contre le belliciste obsessionnel Laurent Fabiusqui, jusqu’au bout, a tenté d’imposer contre vents et marées, un projet  d’intervention militaire en Syrie sans mandat international, alors même que les USA avaient changé de ligne depuis les premières déclarations russes ouvrant la voie à une résolution politique de la crise.

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Jeudi encore, à la veille du vote, la France a organisé une réunion avec l’opposition rebelle syrienne à laquelle participait Laurent Fabius s’attirant, après le vote de la résolution, les foudres de l’ambassadeur syrien Bachar Jaafari qui a fustigé l’amateurisme de la diplomatie française.

«Je conseille aussi au ministre français des Affaires étrangères de lire la résolution avec attention», a indiqué l'ambassadeur syrien

«Le ministre conclura qu'à partir de maintenant, ni lui ni son pays ne seront autorisés à violer la provision de cette résolution. Elle  interdit au gouvernement français d'inciter au terrorisme, d'inciter à la violence en Syrie. Elle interdit à Paris et au ministre des Affaires étrangères de contribuer à aggraver la situation militaire en Syrie en procurant des armes et un soutien politique" à l'opposition, martelant «La diplomatie française a commis beaucoup d'erreurs».

Certes aujourd’hui avec cette résolution, il n’est pas mis fin au conflit syrien – dont il convient de rappeler qu’il a fait à ce jour plus de  110000 victimes –.

Probablement que d’âpres et longues négociations seront encore nécessaires pour dénouer les fils des enjeux géostratégiques dans lesquels sont emprisonnées les malheureuses populations syriennes  sans oublier celles du Liban frontalier où les risques sont grands de voir la guerre civile se propager.

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L’acquis principal  de ce vote unanime, qui vient après que ces deux dernières années Moscou et Pékin aient usé de leur droit de veto à des textes qui proposaient des sanctions contre le régime du Président Bachar Al-Assad, tient au fait que soit consacrée, dans un texte validé par la totalité des membres du Conseil de Sécurité, la destruction de l’arsenal chimique syrien dans une région éminemment sensible.

C’est à n’en pas douter une avancée capitale et l’on peut aisément imaginer que Moscou ne laissera pas Damas en contourner l’application tant sa crédibilité diplomatique sur la scène internationale en serait entachée.

Cela compense largement la non-inscription de sanctions automatiques à l’égard de la Syrie en cas de non-respect de ses engagements.

François Fillon conclue « Cette résolution doit être un tremplin pour d'autres initiatives ».

Oui cette victoire du bons sens diplomatique qui a prévalu au Conseil de sécurité de l’ONU grâce aux initiatives russes doit rapidement se concrétiser par de nouvelles avancées pour la Paix de la Région.

Genève 2 doit rapidement démarrer.

La participation des forces  parties prenantes au conflit doit officiellement y être actée. Cela vaut pour tant pour l’Iran que pour l’opposition nationaliste laïque  syrienne et la Ligue arabe.

Quant à la France, le Président Hollande serait bien avisé de procéder à une inflexion de la ligne diplomatique de la France lui donnant les coudées plus franches pour tenter de revenir dans un jeu où pour l’instant  notre Pays fait figure de petit pantin excité et désarticulé.

Ultime démonstration s’il en était de ce lamentable état de fait, la dernière déclaration de Laurent Fabius, plus malin à trouver des formules qu’à faire avancer des solutions concrètes et valorisantes pour la France et pour la Paix.

Ce dernier,  après le vote de la résolution historique, a affiché sa satisfaction en soulignant que cette résolution s’inscrivait dans «l’esprit» du chapitre 7 » de la Charte des Nations Unies.

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L’  «esprit» c’est peut-être ce qui manque le plus à notre pitoyable ministre des Affaires Etrangères qui sur ce dossier a été constamment à côté de la plaque.

S’il fallait à la manière des agences de notation attribuer une note à sa gestion du dossier syrien, on ne voit pas très bien comment on pourrait hésiter à lui attribuer un triple zéro

18/09/2013

Situation intenable à l'Hôpital Raymond Poincaré de Garches!

Alors que la pérennisation de l'Unité d'Oncologie pédiatrique, de l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches, après le départ à la retraite du Docteur Nicole Delépine en Juillet 2014, fait l’objet de discussions au Ministère de la Santé, au quotidien la tension monte, chez les médecins, les infirmiers, les aides-soignants et les parents des malades.

Rien ne filtre sur les intentions réelles de Marisol Touraine, de l’ARS Ile de France et des fonctionnaires du Ministère concernant cette unité dont il faut rappeler qu’elle est un caillou qui dérange la mécanique huilée de la cancérologie pédiatrique dans notre pays dont les orientations sont décidées à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif et à l’Institut National du Cancer.

La tension monte, l’ambiance générale de l’Unité se dégrade.

En cause, le refus de l’administration de l’hôpital d’accéder aux justes demandes « récurrentes »   de recrutement d'un médecin pour lesquelles manifestement les décideurs s'ingénient à user de manœuvres dilatoires justifiant ainsi leurs refus systématiques de recruter.  

La situation est désormais devenue intenable, les médecins en place sont épuisés et  le sous-effectif conduit inévitablement à des tensions préjudiciables à une marche normale du service.

Toutes ces difficultés ne sont pas de nature à permettre aux petits malades d'être soignés dans de bonnes conditions, conditions que chacun est en droit d'exiger du service public de santé.

Le directeur des Hôpitaux universitaires Paris-Ile de France Ouest  a été saisi depuis plus d’une semaine.

S’agissant de la pérennisation de l’Unité, un rendez-vous doit être mis en place sous 1 mois avec une délégation de parents afin de les informer de la décision du Ministère.

Quant au recrutement rien n’est encore annoncé dans un sens ou dans l’autre. Hors il y a urgence. La continuité de la qualité des soins deviens chaque jour plus aléatoire, le risque de « pépin médical » n’est plus à écarter.

Le ton monte car il devient chaque jour de plus en plus incompréhensible aux parents et aux médecins que la décision de redonner à l’unité sa capacité d’action « médicale » fasse l’objet de tant d’obstructions et d’un mépris aussi grand des enfants qui méritent d’être considérés pour ce qu’ils sont.

A savoir : des êtres humains qui n’ont pas demandé à se trouver dans la situation de vulnérabilité et de dépendance qui est la leur et qui attendent un peu de sollicitude et de mieux-être au quotidien.

Très vite, dans les jours qui viennent une mobilisation et des actions publiques vont s’organiser. Vous serez tenus informés.

Pour l’heure et dans le but de conforter les positions déjà prises en vue de pérenniser l’Unité et lui assurer des moyens afin de garantir les soins dans des conditions normales, selon le choix des parents et des médecins, vous êtes invités à signer la pétition en ligne sur :

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/?cvstKab

Ou sur :

http://www.mesopinions.com/petition/sante/soutien-unite-oncologie-pediatrique-docteur-nicole/4593

 

Si vous avez déjà signé l’une ou l’autre de ces pétitions, c’est bien, et nous vous en remercions vivement.

 

Aujourd’hui nous attendons de vous une contribution de plus dans votre soutien à la cause qui nous est chère. Nous vous demandons d’informer votre entourage, parents, amis et collègues de travail pour les inciter à  soutenir cette action de pérennisation de l’Unité d’Oncologie Pédiatrique de l’Hôpital Henri Poincaré de Garches en signant la pétition en ligne sur :

 

http://www.avaaz.org/fr/petition/La_perennite_de_lUnite_dOncologie_Pediatrique_de_Lenny_Beatrice_James_et_les_autres_SAUVONS_LUNITE/?cvstKab

 

Ou sur :

 

http://www.mesopinions.com/petition/sante/soutien-unite-oncologie-pediatrique-docteur-nicole/4593

 

Nous devons faire en sorte que cette campagne de signature rassemble dans les délais les plus courts au moins 15000 signataires. C’est possible, nous pouvons y arriver! 

Les Enfants en oncologie pédiatrique ont besoin de votre soutien!

Merci de signer pour eux!

 

Po AMETIST Bernard FRAU

Délégué Général HER (**)

 

Pour en savoir plus sur le sujet :

 

Un article très documenté rédigé, le 8 aout 2013, par Pauline ANDRE, une jeune journaliste indépendante et de talent, membre de l’ONG Fondation européenne de l’information « Global Magazine ».

 

Orage sur l’île des cancéreux

 

http://www.globalmagazine.info/2013/08/05/lile-des-cancereux-menacee-1375687509

 

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© Michel Monteaux

Dirigé depuis 1998 par le docteur Nicole Delépine, le service d’oncologie pédiatrique de Garches est, par ses méthodes, unique en France et fait l’objet d’un intérêt médical international. Unique parce qu’imperméable à la pression des laboratoires pharmaceutiques et parce que résistant à la normalisation administrative qui submerge l’hôpital depuis vingt ans. Depuis juin, des soignants, des patients et leur famille dénoncent un plan de fermeture du service. Rumeur ou complot, nous sommes allés sur place enquêter.

«Pourquoi vouloir fermer ce service, le seul qui peut soigner nos enfants ? ». Sous les arcades imposantes de l’hôpital Raymond Poincaré à Garches, une réunion s’ouvre dans les hauteurs du bâtiment. Une dizaine de parents de jeunes cancéreux sont reçus par la direction de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. Dans la salle, la tension est palpable et un léger malaise se lit sur les visages des délégués du Directeur. Car, ce 12 juillet 2013, les parents et représentants d’associations espèrent enfin interpeller une direction qui « joue la diversion » depuis des mois.

« A quoi ça nous sert de monter ici toutes les semaines, on a besoin de réponses concrètes aujourd’hui : Pourquoi ne pas avoir renouvelé le contrat de Madame Dieuzaide qui avait ramené la sérénité dans le service ? Pourquoi nous avoir supprimé deux lits et déplacé l’atelier d’animation qui désormais se meurt ? Quid de l’injonction qui interdit subitement l’accueil des plus de dix-huit ans ? Que comptez-vous faire pour pérenniser ce service ? Sachez que pour nous, c’est un petit coin de paradis en enfer … » Ce que sont venus défendre aujourd’hui ces parents d’enfants hospitalisés dans l’unité dirigée par le docteur Nicole Delépine, c’est « un service unique ».

Un coin de ciel bleu

Le long des voûtes apaisantes de l’ancien cloître devenu hospice, cette unité semble avoir hérité de l’esprit d’hospitalité qu’incarnaient les premiers hôpitaux. Hospices ou hospes, qui signifie « hôte » en latin. Ici, depuis 2006, les jeunes cancéreux viennent de nombreux pays, envoyés par des médecins admiratifs de la qualité des soins dispensés. Pour certains patients et leurs parents, le service d’oncologie pédiatrique fait figure d’asile inespéré.

« Ici, l’humain est au centre de tout, on vit ensemble comme une famille ». Durant trois ans, Joëlle Maryniak y a accompagné son fils Jonathan, atteint d’une tumeur osseuse à vingt ans : « On m’a permis de vivre ici avec lui, alors qu’il était majeur. Parents, patients, médecins, soignants, on prenait nos repas souvent ensemble, et on organisait des fêtes dans la cour pour les anniversaires, les noëls… Ça n’arrive pas ailleurs, ici il n’y a pas de contraintes horaires pour les chimios, pas de décision médicale imposée sans discussion. On respecte la voix du malade et l’avis de la famille ».

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© Michel Monteaux

Dans le bureau de Nicole Delépine, les parents se succèdent ce jour-là. « Bonjour Nicole ! Je vous ai apporté une photo de Lenny ». La porte est souvent entrouverte et le téléphone portable du médecin prêt à répondre à ses patients qui ont tous son numéro personnel. « Vous en connaissez beaucoup des médecins qui vous donnent leur numéro de portable ? ». C’est au près d’un confrère espagnol, qu’Alexandre Garcina obtenu sans effort le sésame qui lui a permis de sauver son fils Lenny, atteint d’un neuroblastome. « Je me souviens de notre premier contact. Je l’appelle, c’était un dimanche. Elle répond, très détendue, en train de faire la fête dans le service... Je lui explique la maladie de mon fils. Elle me dit : oui, c’est une saloperie. Je ne vous promets rien mais venez, on se débrouillera toujours pour vous trouver un lit. Je ne vous promets rien sauf une chose : vous n’êtes plus tout seul. »

Le père de Lenny a roulé toute la nuit, depuis les Landes vers la capitale. Avec, sur la banquette arrière, son fils de quatre ans, presque mourant. A son arrivée, il vient trouver Nicole Delépine dans son bureau, croquant généreusement une orange au milieu d’un monticule de dossiers. « Une autre ambiance, rien à voir avec l’hôpital de Bordeaux. » Quelques mois plus tard, après deux cures d’Endoxan®, un médicament avéré depuis trente ans, Lenny revit. Envoyé en soins palliatifs à Bordeaux, transporté d’urgence vers Garches avec un « poumon blanc » (métastases au poumon, NDRL), un an plus tard, il n’y a plus de traces de métastases. « A Bordeaux, il n’a pas été suivit personnellement, on a appliqué des traitements standardisés alors que l’Endoxan® est un classique contre le neuroblastome ».

Un traitement individualisé et adapté à chacun ; sa morphologie, l’état de son cancer, sa réaction à la chimio… C’est cette prise en charge globale et presque « artisanale » que viennent chercher les malades dans ce service. Le seul en France, en cancérologie pédiatrique à pratiquer ce type de traitements. Parce que « l’humain n’est pas une probabilité et la médecine n’est pas statistique», précise le docteur Delépine. Mais depuis quelques mois, aux dire de nombreux de ses pratiquants, le service souffre d’asphyxie.

Avis d’asphyxie

C’est l’appel que Nicole Delépine a publié sur son site il y a quelques semaines. Car, au quotidien, il devient difficile d’assurer les soins dans de bonnes conditions. La nuit, il n’y a plus qu’un seul infirmier de garde contre trois auparavant. Ni internes, ni externes ; ce qui rend impossible la formation de jeunes médecins, la transmission du savoir acquis dans ce service. Depuis la fin du mois de juin 2013, l’équipe d’infirmier-ère(s) n’a plus de responsable : le contrat de la « cadre de soin » Chantale Dieuzaide, n’a pas été renouvelé. Ses compétences ont pourtant été saluées par tous, y compris la direction de l’hôpital. Le service attend une nouvelle cadre à la rentrée mais en attendant, c’est la « cadre de pôle » qui prend le relais. Le cadre de soin dépendant du cadre de pôle dans la hiérarchie administrative instaurée à l’hôpital avec la loi Evin de 1991, renforcée par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires, en 2009, c’est donc l’administratif qui commande le médical. 

 

Asphyxie en personnel et manque d’espace. Alors que depuis 2006, le service disposait de treize lits, il ne fonctionne plus qu’avec onze malgré une constante demande d’admission de malades. Comment un médecin ayant prêté le serment d’Hippocrate peut-il refuser de soigner s’interroge le docteur Delépine ? Asphyxie par manque de chirurgiens acceptant d’opérer les malades du service. Nicole Delépine peine à trouver des chirurgiens en France, alors, à plusieurs reprises, ces derniers mois, le service est contraint d’envoyer ses malades se faire opérer en Allemagne, en Italie ou au Canada, avant de les rapatrier dans l’unité pour poursuivre les soins individualisés.

Refuser d’accueillir des patients. C’est la dernière injonction en date de l’Agence Régionale de Santé qui a demandé à Nicole Delépine de ne plus prendre en charge les malades de plus de 18 ans à compter du 1er juillet 2013. Une décision qui inquiète les familles de patients majeurs et, au-delà, qui laisse perplexe sur la versatilité des diktats administratifs. En effet, si l’on remonte un peu en arrière, avant d’être à Garches, le service était à l’hôpital Avicenne : là, la direction  avait demandé au médecin de ne pas prendre les moins de 15 ans et 3 mois. Plus en amont encore, quand Nicole Delépine était à l’hôpital Robert Debré, l’injonction directoriale concernait au contraire les plus de 15 ans et 3 mois (l’âge officiel de la pédiatrie va de 0 à 15 ans et 3 mois).

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© Michel Monteaux

Asphyxie morale aussi. Depuis quelques mois, le personnel est sous pression. Des pressions qui, aux dires des parents et de certains membres de l’équipe médicale de Garches, émanent de responsables administratifs. En témoigne les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 4 au 5 mars dernier. Un infirmier de nuit a demandé au médecin de garde « d’endormir » un malade en grande souffrance avec de l’hypnovel®. Un euphémisme qui signifie euthanasie. Malgré les explications du médecin qui a souligné la volonté exprimée par le patient, musulman, de se battre jusqu’au bout et du risque de mort irréversible en cas de nouvelles injections, l’infirmier s’en est remis à la cadre de pôle pour obtenir ce droit d’euthanasier.

Prévenue par une aide-soignante, présente cette nuit-là, la famille est arrivée en trombe à l’hôpital. Le malade a échappé à «l’endormissement». L’infirmier frôle l’entrave à la loi Leonetti selon laquelle : «La décision de cesser l’administration d’un traitement […] doit être collégiale et ne peut être prise qu’après consultation de la « personne de confiance», de la famille, à défaut d’un de ses proches et des « directives anticipées » du patient » (articles 1 à 9). Le comble est que le « chef de pôle » se permet de traiter d’incompétent le médecin de garde (un praticien expérimenté de l’équipe Delépine) et que prévenue seulement le lendemain des faits par l’administration, Nicole Delépine se voit, elle aussi, reprocher l’incompétence de son équipe médicale.

Voilà donc un médecin dont le diagnostic et la décision sont bafoués par un infirmier encouragé par l’administration à commettre un acte gravissime. A Garches,  l’administration hospitalière se mêle donc de décision médicale. Qui plus est d’une décision, la mort volontaire, qui n’appartient qu’au malade en dialogue intime, secret, avec son médecin, ou tout au plus à la famille et à l’équipe médicale.

Autant d’évènements poussent les parents et patients à croire à une tentative d’asphyxie volontaire. Pour Nicole Delépine et son équipe historique, ce n’est qu’une nouvelle preuve de « l’asphyxie organisée » contre laquelle elle se bat depuis 30 ans. « Ca fait 30 ans qu’on existe, 30 ans qu’on doit fermer demain… », Précise-t-elle en souriant. Mais pourquoi vouloir fermer un service qui soigne si bien depuis 30 ans? Parce que cette unité d’oncologie pédiatrique, transférée d’hôpital en hôpital depuis des années, dérange. Elle est un grain de sable dans le monde de la cancérologie infantile en France.

Une île de résistance

Ce qui vaut à l’équipe de Nicole Delépine à la fois griefs et respect, c’est sa position inébranlable sur le traitement des cancers de l’enfant. Depuis 30 ans, elle résiste à la systématisation des essais thérapeutiques sur ses patients. Ce qu’elle dénonce ce n’est pas la recherche scientifique, dont la médecine a nécessairement besoin, mais la tendance à la standardisation des traitements.
« Ce qui est inacceptable, c’est que cette systématisation des essais est inscrite dans la loi HPST depuis 2009. C’est devenu obligatoire. En tant que médecin, on perd notre liberté de choix thérapeutique. Une liberté pourtant inscrite dans le
Code de santé publique et le serment d’Hippocrate.» Une liberté de laquelle dépend aussi celle des malades de pouvoir choisir leur médecin et leur traitement, selon la loi du 4 mars 2002 : «Le droit du malade au libre choix de son praticien et de son établissement de santé est un principe fondamental de la législation sanitaire

Au nom de quoi cette liberté est-elle sacrifiée ?

La réponse n’a rien d’original, depuis plusieurs années déjà, certains dénoncent les conflits d’intérêts entre l’industrie pharmaceutique et la systématisation d'essais thérapeutiques « payés par la Sécurité Sociale ». Des liens que dénonçait déjà Claire Brisset, la Défenseure des enfants en 2001 à la suite de quoi, le ministère de l'emploi et de la solidarité demanda l'ouverture d'une enquête de l'Inspection Générale des Affaires Sociales dans une lettre adressée à Marie-Caroline Bonnet-Glazy, chef de mission à l'IGAS : «Des dysfonctionnements graves ont été signalé [...] Les pratiques de l'Institut Gustave Roussy, en particulier, les liens existant entre certaines équipes de chercheurs et l'industrie pharmaceutique sont mise en cause ». Par là-même, Nicole Delépine s’élève contre le monopole des traitements exercé en cancérologie en France et qui s’appuie, selon elle, sur la bureaucratisation galopante de l’hôpital public depuis la loi Evin jusqu’à la loi HPST en 2009.

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© Michel Monteaux

Sa pratique indépendante portée par son service depuis 30 ans, est confortée par l’afflux de malades désemparés. Certains ont porté plainte suite à l’échec ou aux conséquences d’essais thérapeutiques qui ont mal tourné. Le scénario est souvent le même, explique-t-elle : « Découverte du cancer, inclusion dans un essai en cours, explication des médecins sur le "protocole" de traitement proposé et présenté comme la seule possibilité sans jamais évoquer les autres schémas ayant fait leur preuve. Le rouleau compresseur de la pensée unique, qui passe en médecine par le mythe des essais thérapeutiques et des traitements uniformisés, est en marche ».

Au vu de ses résultats, le service d’oncologie pédiatrique de Garches - qui se permet de soigner avec des « vieux » médicaments, qui ne livre pas ses patients aux expériences avec de nouvelles molécules lucratives - est un obstacle au développement de l’industrie pharmaceutique. Pire, il révèle la perversité du système hospitalier aujourd’hui otage des profits des laboratoires privés.

Ce service est une brèche dans la muraille hospitalière qui révèle les dérives éthiques de notre système de santé. Au nom de la qualité des soins donnés aux patients, de la compétence de l’équipe médicale et de valeurs humanistes partagées, des parents, patients, médecins, responsables politiques se mobilisent pour défendre le service de Nicole Delépine. Une nouvelle fois. Une mobilisation portée par l’association Ametist qui défend l’unité d’oncologie pédiatrique depuis 23 ans.

Une lutte vitale

« Madame la ministre, pour que nos enfants puissent continuer à être suivis par cette Unité qui n'existe nulle part ailleurs nous vous interpellons une nouvelle fois. […] Nous avons le droit de profiter des progrès de la médecine de ces trente dernières années et pas seulement d'être les cobayes pour les prochaines décennies. » Le 27 juin 2013, forte de nombreux soutiens français et internationaux, Ametist publie une pétitionà l’attention de la ministre des Affaire Sociales et de la Santé, Marisol Touraine. L’appel, relayé sur Internet compte aujourd’hui plus de 7 000 signatures. Deux mois plus tôt, c’est le docteur Delépine, qui interpellait le ministère pour pointer la « soviétisation destructrice » de l’hôpital public. « Madame la ministre, en quarante ans l’hôpital fut détruit ! Que s’est–il passé?»

Face aux nombreux courriers restés lettres mortes, les défenseurs du service multiplient les alertes, les demandes de rendez-vous, les courriers recommandés. Officiellement, dans les rares réponses reçues, la direction assure n’avoir  «pas de volonté de fermer l’unité». Seulement des « contraintes et restrictions budgétaires qui ne sont pas propre à ce service mais à tout l’hôpital public ». Par contre, dans leurs lettres de soutien, certains parents ou patients soulignent le poids de la bureaucratie dans l’hôpital. On peut y ajouter le coût  que l’on aimerait mettre en regard du manque de lits et d’emplois. Nul besoin d’un diplôme de l’Ecole nationale d’administration pour s’apercevoir que tant de frontières administratives érigées entre malade, infirmier et médecin annihilent les liens vitaux de confiance réciproque indispensables au diagnostic et aux soins. Soignée par deux fois par le docteur Delépine, le 27 juin 2013, Virginie Heurtin écrit : « Ce médecin SOIGNE ! […] Nous avons autre chose à faire que de nous battre contre l’administration médicale pour faire valoir nos droits ! […] Nous avons besoin de nos médecins de l’unité d’oncologie de Garches, entièrement dévoués à leurs patients !».

Plus récemment, c’est Valérie Gentil, mère de Colin, qui adresse trois courriers en recommandé dans les hautes instances de l’AP-HP. « En tant que MERE, FEMME, et CITOYENNE, je trouve ignoble et inhumain, que mon fils, et tous les autres enfants de l’unité, soient soumis à une double peine. Si Colin, actuellement en rémission, était mis à la porte de cette unité, j’ai l’intention ferme de faire livrer le cercueil de mon fils en présence de journalistes dans votre bureau ou celui de Mr Cazejust».

A étudier le dossier, la mobilisation pour le maintien du service d’oncologie pédiatrique ne réclame rien d’autre à la direction de l’hôpital que le respect d’un accord, signé en 2004, par le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy qui scelle l’installation définitive du service à l’hôpital de Garches. Sollicitée par un courrier daté du 1er mai 2013, la ministre de la Santé renvoie Nicole Delépine vers l'Agence Régionale de Santé d'Ile-de-France. ARS qui semble ignorer l’engagement politique de 2004. A moins que, confirmant les craintes des personnels soignants et des patients recueillies dans cette enquête, la pérennité du service soit remise en cause par la politique de santé de la ministre en place, Marisol Touraine. Cette dernière se trouverait alors en flagrant délit de contradiction avec son discours du 28 mai 2013 où elle s’engageait à «tenir la belle promesse républicaine de l'égalité devant la santé ». Promesse qui par définition républicaine passe autant par la liberté. Liberté des patients de choisir leur médecin. Liberté des médecins de choisir les traitements. Liberté bafouée par le non-respect d’un accord. Liberté asphyxiée par une politique administrative plus inspirée par les ratios économiques que par les résultats sanitaires et les bénéfices humains.

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Extrait protocole d'accord du 19 octobre 2004 précisant l'installation définitive de l'Unité à Raymond Poincaré.

 

Contacts:

 

UOPI(*) :        Nicole Delépine  06 07 97 63 63

http://www.nicoledelepine.fr

Ametist (***): Carine CURTET 06 08 41 7112

http://www.ametist.org/index.php

H-E-R   :         Bernard FRAU   06 63 24 00 66

http://humanisme-ecologie-republique.blog4ever.com/

Global Magazine: Fondation européenne de l'info ONG : 

Pauline ANDRE  06 86 22 53 40

http://www.globalmagazine.info/

 

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(*) Unité d'Oncologie Pédiatrique Individualisée Hôpital Raymond Poincaré 104 BD R Poincaré Garches 92380

 

(**) Humanisme-Ecologie-République

 

(***) Aide aux Malades en Traitement Individualité en Spécialité Tumorale

 

17/09/2013

Syrie : le vrai visage des rebelles

 

Enlèvements, meurtres... ceux qui combattent le régime d'Al-Assad montrent en ce moment un côté obscur. Qui sont-ils ? Peut-on parler d'un seul et même ensemble ? Luttent-ils tous pour la même cause ?

syrie, rapport ONU, Bachar Al-Assad,Domnico Quirico, Nora Benkrich, Al-Qaïda,Aron Lund, Armée syrienne Libre, Front Al-Nosra,Etat islamique d'Irak et du Levant,

Un ancien soldat du régime, qui a rejoint les rebelles à Alep, en janvier 2013. (AAMIR QURESHI / AFP) Par Pauline Hofmann

 

Par: Francetv info

Article mis à jour le 12/09/2013 | 23:54 , publié le 12/09/2013 | 16:04

 

"Des meurtres, des exécutions sans procédure régulière, des actes de torture, des prises d'otages et des attaques contre des objets protégés." Le rapport de l'ONU rendu mercredi 11 septembre n'est pas tendre avec les rebelles en Syrie. Les experts internationaux n'épargnent pas plus le régime de Bachar Al-Assad, accusé de "crimes contre l'humanité".

Qui sont ces rebelles, certains aussi violents que les soldats du dictateur ? France tv info répond aux questions que vous vous posez sur ceux qui combattent Bachar Al-Assad.

Les rebelles ont-ils commis des crimes ?

Ex-otage d'un groupe d'insurgés, précise La Stampa, le journaliste italien Domenico Quirico évoque des bandits qui profitent du chaos qui règne dans le pays pour "s'emparer de pans entiers du territoire, rançonner la population, enlever des gens et se remplir les poches", raconte-t-il dans une interview au Monde. Cependant, tous ceux qui combattent Al-Assad ne sont bien sûr pas des criminels.

"Ce qui m'étonne, moi, c'est qu'on soit surpris par ces exactions", s'énerve Nora Benkorich, chercheuse à la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France. "Les gens, y compris les soldats, n’ont plus à manger depuis plusieurs mois. Certains font appel à des méthodes crapuleuses pour gagner de l’argent, pour pouvoir manger et s’acheter des munitions, continue la chercheuse pour France tv info. Je ne les excuse pas, j’essaye de les comprendre." 

Des comités locaux, des groupes d'habitants, ont essayé de faire signer des sortes de "chartes de bonne conduite" aux insurgés, sans se faire d'illusions. Ces tentatives se sont en effet révélées infructueuses auprès des éléments les plus cruels de la rébellion.  

Qui est responsable des meurtres de sang-froid, des enlèvements, des pillages ?

Depuis le début du conflit, des vidéos circulent sur internet, montrant des rebelles décapitant, violant, tuant. Le New York Times s’est fait le relais de l'une d'entre elles sur laquelle on voit des insurgés abattre sommairement des soldats loyalistes. Difficile d’en retracer l'origine. Les prises de vue amateurs sont parfois remises en cause. Des rebelles accusent des militaires du régime de se faire passer pour des islamistes barbares afin de décrédibiliser leur mouvement, sans que cela puisse être affirmé indubitablement.

Nora Benkorich rappelle aussi qu'au début de la révolution, en 2011, Bachar Al-Assad a ouvert les portes des prisons, laissant s'échapper des détenus peu dangereux, mais aussi des grandes figures de l'islamisme et des meurtriers, qui ont depuis opéré une reconversion dans la rébellion laïque et islamiste. Quirico assure, lui, avoir été enlevé par "des gens du coin, plus bandits qu'islamistes ou révolutionnaires".

Les rebelles sont-ils tous islamistes ?

Depuis quelques mois, le constat est clair : les islamistes infiltrent de plus en plus la rébellion syrienne. Certains sont affiliés à Al-Qaïda. Aron Lund, un expert suédois de l'islamisme en Syrie, explique dans un rapport que les "groupes jihadistes jouent un rôle en Syrie - limité, certes, mais en expansion rapide". "Même des rebelles sans véritable idéologie adoptent la rhétorique islamiste", continue-t-il.

Anciens soldats du régime qui ont déserté, musulmans radicaux, combattants venus de l'étranger... les rebelles ne sont pas un groupe uni, homogène. The Independent (en anglais) résume l'étude d'Aron Lund, qui décrit trois ensembles distincts de rebelles, islamistes ou non, et des dizaines de sous-ensembles, bataillons de quelques centaines d'hommes, ou brigades plus grandes. Chaque brigade, chaque groupe d'hommes a sa propre idéologie, plus ou moins proche de l'islam. Contrairement aux islamistes, les "laïcs", musulmans, ne souhaitent pas instaurer un Etat dont leur religion serait le moteur. 

Pourquoi rejoignent-ils les jihadistes s'ils n'adhèrent pas à leurs idées ?

La raison est simple : pour l'argent. "Une brigade entière s'est laissée pousser la barbe parce que le seul argent qu'ils pouvaient avoir pour se faire payer venait de réseaux religieux", raconte Nora Benkorich. "Mais des rebelles assurent que si demain, une autre source de financement, non-islamiste, se présente, ils tombent la barbe." 

Peut-on pour autant parler d'opportunisme ? "Non, il s'agit d'une question de survie", insiste la chercheuse, alors que les conditions de vie en Syrie sont de plus en plus précaires, selon un communiqué de Médecins sans frontières remontant à mars. 

Pourquoi parle-t-on de la rébellion, comme si elle était unie ?

Malgré toutes leurs différences, les rebelles ont un point commun : ils veulent faire tomber Bachar Al-Assad. Et pour cela, il faut parfois s'allier pour être plus puissant contre le régime.

La guerre en Syrie se joue surtout à l'échelle des villes, des régions. Chaque petite avancée compte, et les grandes branches rebelles ne maîtrisent pas forcément les hommes qui se battent en leur nom. Chaque chef noue donc les alliances qui l'avantagent localement, rappelle Nora Benkorich. Chaque petit bataillon louvoie au gré de ses besoins financiers et stratégiques. Ainsi, l'Armée syrienne libre (ASL), laïque, le Front Al-Nosra et l'Etat islamique d'Irak et du Levant, des islamistes, s'entendent pour gérer Raqqa, dans le nord, et s'écharpent ailleurs dans le pays.

Les rebelles se battent-ils entre eux ?

Chaque groupe a son propre agenda politique, sa propre vision de la révolution et cela mène à des tensions. Jeudi 11 juillet, un convoi de l'ASL, la branche de la rébellion la plus proche des Occidentaux, trouve sur sa route un barrage tenu par l'Etat islamique d'Irak et du Levant. Le chef de l'ASL, connu et craint dans la région, veut savoir qui tient ce barrage et sous quel prétexte. La conversation s'échauffe avec l'émir islamiste et se solde par une balle dans la tête de l'officier de l'ASL. Cette dernière, sous-équipée et pauvre, ne peut répliquer contre les dollars des associations religieuses du Golfe, qui arrosent certains groupes islamistes, selon Nora Benkorich.

Cet épisode montre que les accrochages entre "laïcs" et islamistes existent. Mais les relations ne sont pas au beau fixe non plus à l'intérieur du clan des islamistes, eux aussi divisés. Récemment, le chef d'Al-Qaïda en Irak a unilatéralement décidé de fédérer le Front Al-Nosra, un des groupes islamistes les plus radicaux. Certains, au Front, ont fait sécession : les idées d'Al-Qaïda, qui dépassent les frontières syriennes, sont peu au goût de ces nationalistes, comme le rappelle Libération.

Source :

http://www.francetv.fr/

http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/syrie-le-vrai-visage-des-rebelles_408981.html#xtor=SEC-69

 

15/09/2013

Il y a 40 ans un autre 11 septembre: Salvador Allende est renversé!

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Au Chili l’on évoque la mémoire d’une des grandes figures incontestée de la gauche  socialiste. Salvador Allende qui fut le 32ème président du Chili de 1970 à 1973.

Dans les villes françaises où existe une rue ou une avenue à son nom les municipalités, communistes en général, ont déposé le 11 septembre 2013 un bouquet de fleurs sur les plaques qui portent le nom de Salvador Allende le 32ème président du Chili de 1970 à 1973.

"Merci à la vie", morceau que joue Maria Paz en ce 40ème anniversaire de la mort de Salvador Allende

A l’heure l’on évoque la mémoire de cette grande et  incontestée figure de la gauche  socialiste il paraît opportun de revenir sur les évènements qui ont marqué de manière indélébile l’histoire de la nation chilienne.

Le 4 septembre 1970 après avoir mené une campagne sur le thème des nationalisations et de la souveraineté du pays vis-à-vis du capital étranger Salvador Allende est, démocratiquement, élu président du Chili.

Cette élection n’était pas du goût des USA qui avaient des intérêts commerciaux au Chili qu’ils considéraient être menacés. Avant la victoire d’Allende,  le 27 juin 1970 Henry Kissingerconseiller à la Sécurité Nationale du président Richard Nixon, avait eu cette phrase incroyable « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester sans rien faire pendant qu’un pays sombre dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple» (*)

A coup de millions de dollars, durant trois ans, avec cynisme et cruauté, la CIA et ses relais dans l’armée et la droite dure chilienne aux ordres de Washington, furent à la manœuvre pour saborder le gouvernement d’Union Populaire d’Allende.

Le 13 aout 1973, alors qu’une vague d’attentats se répand et ensanglante la nation chilienne, Salvador Allende indique : «Le pays est au bord de la guerre civile»

L’opération de déstabilisation bien entamée, le terrain bien préparé il ne restait plus qu’à porter l’estocade.

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Le Président Salvador Allende et son gouvernement d’Union Populaire renversés, il s’en suivit alors une terrible répression dans tout le pays.

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Le Peuple chilien, sous la poigne de fer du général Pinochet, dans les griffes des séides, tortionnaires et assassins, du dictateur, vivra alors de trop longs moments de  misère, de terreur et de torture sadique victime d’un état policier et d’une économie ultra libérale.

Durant toutes ces années de plomb qui dureront de 1973 à 1990, 3 216 personnes ont officiellement été recensées comme victimes de « disparition » ou de meurtre politique et plus de 38 000 citoyens opposés à la dictature seront soumis à la torture.

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Le 19 avril 1978, la dictature militaire pour se dédouaner, adoptera, sans scrupule aucun, un décret-loi d’amnistie pour dispenser de leur responsabilité pénale la totalité des « bouchers image.jpgde la dictature» –  militaires, policiers et agents de sécurité du régime –  accusés de s’être prêtés  à des actes de violation des droits de l’homme, des crimes et des délits durant la période du 11 septembre 1973 au 10 mars 1978.

Ce 11 septembre1973, ayant compris l’issue fatale pour la démocratie de son pays que constituait l’assaut du général et des militaires félons, Salvador Allende s’adressera une dernière fois à son peuple dans un message d’une extraordinaire puissance éthique: "Je ne démissionnerai pas et paierai de ma vie la loyauté au peuple".  

Porté par une exigence personnelle de loyauté envers son pays, préférant perdre la vie plutôt que de rendre les armes, Salvador Allende se donnera la mort dans le salon Toesca, un des salons du palais présidentiel de la Moneda, à Santiago.

Ainsi finira celui qui le 4 novembre 1970 lors de son installation à la Présidence du Chili, avait déclaré au grand dam des dirigeants américains de l’époque : « Nous en finirons avec les monopoles qui livrent à quelques familles le contrôle de l’économie….Nous allons mettre en œuvre une authentique réforme agraire. Nous en terminerons avec le processus de dénationalisation de nos industries qui nous soumet à l’exploitation étrangère. Nous allons restituer à notre peuple les grandes mines de cuivre, de charbon et de salpêtre» (**).

Au cours des trois ans que durera sa présidence, Salvador Allende en dépit des menaces, des retraits massifs de capitaux, des grèves, une atmosphère de guerre dans le pays et l’organisation du chaos par la coalition créée pour l’abattre, ne lâchera pas et surtout ne vendra pas son âme dans quelque compromission ou arrangement politicien sordide que ce soit.

Pour agir ainsi il a fallu à cet homme exceptionnel faire preuve de grandes qualités intellectuelles et morales. Qualités dont on peut chaque jour constater qu’elles font généralement cruellement défaut à la grande majorité de la classe politique actuelle de notre pays.

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Salvador Allende avait une haute opinion de sa fonction au service de la Patrie et de son Peuple, un respect indéfectible pour les engagements pris vis-à-vis du Peuple dont on tient ses mandats. Il avait surtout chevillés au corps un idéal politique et philosophique construits à partir de convictions inébranlables.

 

Pour cela il était prêt à donner sa vie, il l’a prouvé, nous devons lui en rendre hommage.

Combien de nos hommes politiques actuels seraient prêts aujourd’hui à faire ce sacrifice suprême ? Eux qui au premier revers de sondage s’inquiétant  de la pérennisation de leur mandat n’hésitent pas à renvoyer aux calendes grecques la réalisation de leurs promesses de campagne. Combien ?

Au moment de son allocution interrompue qui a précédé l’assaut du palais présidentiel de la Moneida, Salvador Allende dira à son Peuple une dernière fois : « Vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie » ajoutant «Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure».

Ce message résonne fort à la conscience de ceux qui pensent qu’il appartient aux citoyens de ne pas abandonner leur destin entre les mains de représentants, même en Démocratie, qui auront vite fait de s’installer et d’oublier qui les a faits « roi » au point de tourner le dos aux promesses électorales et d’ignorer ce à quoi la majorité du corps de la Nation attend d’eux.

Savoir, une humanité meilleure et plus éclairée  prélude à un monde juste fait d’hommes et de femmes libres partageants durablement les ressources d’une planète enfin pacifiées.

http://www.legrandsoir.info/le-renversement-d-allende-raconte-par-washington.html (*)

http://www.liberation.fr/monde/1998/11/14/chili-les-annees-pinochet-pinochet-seize-ans-de-dictature_250885 (**)

 

Sources :

http://www.mondialisation.ca/allende-le-mythe-vivant-une-inspiration-pour-ceux-qui-sont-epris-dun-monde-juste/5349778

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/40-ans-apres-salvador-allende-la-memoire-schizophrene-du-chili_1280414.html#hjGK4XjlvvxTS4HL.99

http://new.humanite.fr/monde/pourquoi-ont-ils-tue-salvador-allende-548807

http://www.leparisien.fr/reactions/val-de-marne-94/celebration-de-l-anniversaire-de-la-mort-de-salvador-allende-10-09-2013-3124575.php

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/le-chili-de-pinochet-dictature-ou-regime-militaire_1068799.html

http://www.ndf.fr/article-2/15-09-2013/strategie-du-toc

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Chili-2013/p-26228-Il-y-a-quarante-ans-l-autre-11-septembre.htm

 

A suivre :

 

AllendeHuchon.jpgUn documentaire « Allende, c'est une idée qu'on assassine »(Upside Télévision), réalisé par Thomas Huchon, sera diffusé sur la chaîne Public Sénat les 9, 14, 15, 16, 21 et 22 septembre.

 

Sciences Po organise un colloque international, "Chili, 11 septembre 1973 : un événement mondial", les 17, 18 et 19 septembre, à Paris, en collaboration avec l'Institut des hautes études d'Amérique latine, l'Institut des Amériques et l'université de Versailles-Saint-Quentin. Parmi les participants figurent Manuel Antonio Garreton, Jacques Chonchol, Alain Touraine et Armand Mattelart.

 

 

"Le sacrifice ne sera pas vain"

 

 

Les dernières paroles d'Allende

11 septembre, 8 h 45. «Camarades qui m'écoutez. La situation est critique. Nous faisons face à un coup d'Etat auquel participe la majorité des Forces armées. En cette heure funeste, je veux vous rappeler quelques-unes de mes paroles prononcées en 1971, je vous les dis avec calme, avec une totale tranquillité, je n'ai pas vocation d'apôtre ni de messie.

Je n'ai pas l'âme d'un martyr; je suis un lutteur social qui remplit une tâche que lui a confié le peuple. Mais que ceux qui veulent arrêter l'Histoire et ignorer la volonté majoritaire du Chili l'entendent: sans avoir l'âme d'un martyr, je ne ferais pas un pas en arrière. Qu'ils le sachent, qu'ils l'entendent, qu'on le leur grave profondément: je quitterais La Moneda quand mon mandat sera terminé. Je défendrais cette révolution chilienne et je défendrais le gouvernement. Je n'ai pas d'autre choix. Il faudra me cribler de balles pour m'empêcher de réaliser le programme du peuple. Et si on m'assassine, le peuple suivra sa route. Peut-être sera-ce plus difficile, plus violent, car ce sera une leçon objective très claire pour les masses: ces gens ne reculent devant rien. (...)»

9 h 03. «En ce moment, des avions nous survolent. Il est possible qu'ils nous mitraillent. (...) Au nom des plus sacrés intérêts du peuple, au nom de la Patrie, je vous appelle à avoir la foi. L'Histoire ne se détient ni par la répression ni par le crime. (...) Il est possible qu'ils nous écrasent. Mais le futur appartiendra au peuple, aux travailleurs. L'humanité avance vers la conquête d'une vie meilleure. (...)»

9 h 10. «C'est certainement la dernière opportunité que j'ai de vous parler. L'aviation a bombardé les antennes de Radio Magallanes. Mes paroles ne sont pas amères mais déçues. Qu'elles soient une punition morale pour ceux qui ont trahi leur serment. (...) Face à ces évènements, je ne peux dire qu'une chose aux travailleurs: Je ne renoncerai pas! Dans cette étape historique, je paierai par ma vie ma loyauté au peuple. J'ai la certitude que la graine que l'on a confiée à la conscience de milliers et de milliers de Chiliens ne pourra pas être détruite définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais ne bloqueront pas les processus sociaux, ni avec le crime, ni avec la force. L'Histoire est à nous, c'est le peuple qui la fait!

Travailleurs de ma Patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez déposé sur un homme qui n'a été que l'interprète du grand désir de justice, qui a juré de respecter la Constitution et la loi, et qui l'a fait.

En ce moment crucial, la dernière chose que je voudrais vous dire est que j'espère que la leçon sera retenue: le capital étranger, l'impérialisme, unis à la réaction ont créé le climat qui a poussé les Forces armées à rompre leur tradition (...).

Je me dirige à vous, et en particulier à la modeste femme de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à la mère qui comprit notre préoccupation pour les jeunes.

Je m'adresse aux fonctionnaires, à ces patriotes qui ont continué à travailler contre la sédition promue par ceux qui ne défendent que les avantages d'une société capitaliste.

Je m'adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur esprit de lutte.

Je m'adresse au Chilien, ouvrier, paysan, intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme est présent, déjà depuis un moment, dans les attentats terroristes, en faisant sauter des ponts, en coupant les voies ferrées, en détruisant les oléoducs et gazoducs; face au silence de ceux qui avaient l'obligation d'intervenir. L'Histoire les jugera.

Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe. Vous continuerez à m'écouter, je serai toujours près de vous. Au moins vous aurez le souvenir d'un homme digne, loyal à la Patrie.

Le peuple doit se défendre, mais ne pas se sacrifier. Il ne doit pas se laisser écraser, mais ne pas non plus se laisser humilier.

Travailleurs de ma Patrie, j'ai confiance dans le Chili et en son destin. D'autres hommes dépasseront ce moment gris et amer où la trahison prétend s'imposer. Allez de l'avant en sachant que bientôt s'ouvriront de grandes avenues où passera l'homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili! Vive le peuple! Vive les travailleurs!

Ce sont mes dernières paroles, j'ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu'au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison

 

14/09/2013

Armes chimiques : ce que les médias ne disent pas

Par Jean-Marc Dupuis

François Hollande et Barack Obama veulent déclencher la guerre pour « punir » le président de la Syrie, Bachar el-Assad, qui a tué de nombreuses personnes avec du gaz sarin, un horrible poison.

Mais les médias n'expliquent pas assez, à mon avis, que le sarin n'est qu'une catégorie particulière de composés organophosphorés, ceux-là même qui sont utilisés continuellement, et dans le monde entier, comme pesticides.

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 En 2007, la France a utilisé 2,9 kg de pesticides par hectare cultivé. Le plus gros utilisateur de produits phytosanitaires est la Colombie, essentiellement pour protéger les plans de café : elle a eu recours à 15,3 kg de pesticides par hectare. Les Bahamas sont en tête du classement, avec 59,4 kg. © Lite-Trac, Wikipédia, cc by sa 3.0

Le Roundup, le malathion – antiparasitaire très utilisé en Chine, ex-URSS et aux USA, interdit depuis 2007 dans l'Union Européenne –  et le Phosmet – utilisé sur les pommiers –, par exemple, sont des composés organophosphorés.

Pourquoi les organophosphorés sont si efficaces pour tuer

Les pesticides organophosphorés agissent comme le sarin : ils bloquent le cerveau. Lorsque votre cerveau cesse de fonctionner, votre cœur continue à battre provisoirement, car les cellules du cœur sont autonomes, mais vous perdez connaissance – coma – et, surtout, votre respiration s'arrête, ce qui entraîne l'asphyxie et la mort.

Les composés organophosphorés produisent cet effet en empêchant vos neurones de communiquer entre eux. Vos neurones sont les cellules de votre cerveau. Ils communiquent entre eux grâce à des produits chimiques appelés « neurotransmetteurs ».

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Structure de l'acétylcholine

L'un des plus importants de ces neurotransmetteurs est l'acétylcholine. Sans acétylcholine, les neurones ne peuvent plus se parler : vous ne pouvez plus penser, votre cerveau ne peut plus donner aucun ordre à votre organisme.

Or, les composés organophosphorés bloquent la fabrication de l'acétylcholine. Il suffit qu'une très faible dose entre dans votre organisme pour que vos neurones soient privés d'acétylcholine, ce qui bloque votre cerveau, et vous tue.

L'importance de bien laver ses fruits et légumes

Vous ne mourrez pas en avalant des résidus de pesticides organophosphorés sur les fruits et légumes que vous aurez oublié de laver, mais ils peuvent malgré tout perturber votre organisme.
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Une étude de 2010 a montré que chaque augmentation d'un facteur 10 de la concentration urinaire de métabolites organophosphorés était associée à une augmentation de 55 % à 72 % des risques d'apparition du TDA/H chez l'enfant. (2)

Les pesticides ont encore d'autres effets délétères sur le cerveau : d'après une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), ils augmentent aussi le risque de développer la maladie de Parkinson (3)

Il est donc absolument capital, lorsque vos fruits et légumes ne sont pas bio, de bien les laver avant de les manger, surtout si vous les mangez crus et/ou avec la peau, si possible avec une brosse à légume dont vous vous équiperez spécialement à cet effet.

Une découverte issue de la recherche sur les armes chimiques

Les pesticides organophosphorés sont le fruit des recherches sur les gaz de combat entamées lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont remplacé, dans les années 70, les organochlorés, dont le chef de file était le DDT.

La plupart des armes chimiques aujourd'hui sont des organophosphorés.

L'objectif ultime d'un régime belliqueux, en effet, est de trouver un produit aux effets immédiats, définitifs, et assez puissant pour tuer des dizaines de milliers, et si possible des centaines de milliers de personnes d'un coup.

Comprenez, les gaz utilisés durant la Première Guerre Mondiale – chlore et gaz moutarde, qui brûlaient les yeux et les poumons –  parvenaient rarement à faire plus de quelques milliers de morts d'un coup, ce qui était loin d'être suffisant au goût des dirigeants politiques et militaires.

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formule gaz sarin

C'est en 1939 que des chercheurs allemands trouvèrent enfin la solution « miracle », avec le sarin. Les inventeurs, de la firme chimique IG Farben, en furent si fiers qu'ils baptisèrent ce gaz d'après les lettres de leurs noms, afin d'être sûrs de rester dans l'histoire – Gerhard Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der LINde –

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le sarin est inodore, incolore et volatile, et capable de traverser la peau. Vous ne voyez rien, vous ne sentez rien, mais il suffit que quelques molécules vous touchent ou entrent dans vos poumons – une concentration de 10 parties par milliard est déjà fatale – et vous êtes mort.

Diffusé dans les rues d'une ville ou dans un métro, alors que personne ne se doute de rien, le sarin provoque une scène cauchemardesque où tous les passants, jeunes et vieux, grands et petits, s'effondrent paralysés puis meurent d'asphyxie (le cerveau arrêtant de fonctionner), sans que quiconque assistant à la scène puisse comprendre ce qui se passe ou réagir.

Il s'agit donc véritablement de l'arme de l'Apocalypse, au même titre que l'arme nucléaire, ce qui l'a fait classer par l'ONU dans la catégorie des armes de destructions massives (résolution 687). A ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993.

Malheureusement, l'actualité toute récente a montré que ce beau rêve de la disparition des armes de destructions massives n'était pas pour demain.

Mon opinion sur la Syrie

Bien que personne ne m'ait demandé mon avis, je vais quand même le donner. C'est hors-sujet, mais la question me tient vraiment à cœur.

J'ai longuement sillonné la Syrie en auto-stop, des côtes montagneuses à l'ouest jusqu'aux rives de l'Euphrate à l'est, ce qui m'a permis de rencontrer quantité de Syriens, manger avec eux, loger chez eux, et recueillir toutes sortes de confidences effrayantes sur les méthodes de la police du régime.

Je n'ai donc aucune sympathie pour Bachar el-Assad qui est, c'est évident, un criminel. Le problème, selon moi, est que les rebelles sont certainement aussi violents voire pires que Bachar el-Assad. Mais ce n'est que mon avis et, encore une fois, personne ne me l'a demandé... A votre santé !


Sources : de l’article

(1)  Maryse F. Bouchard, David C. Bellinger, Robert O. Wright & Marc G. Weisskopf ; Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder and Urinary Metabolites of Organophosphate Pesticides : Revue Pediatrics (online 17 mai 2010) Vol. 125 No. 6 June 2010, pp. e1270-e1277

(2)  Medscape.com

(3)  Pesticides : Effets sur la santé : une expertise collective de l’Inserm

Pour en savoir plus voir le site source : logo_sni_little.png

 

http://www.santenatureinnovation.com/quels-problemes-de-s...

 

Plus info: Rôle de l'acétylcholine dans les systèmes nerveux central et périphérique

http://www.linternaute.com/science/biologie/dossiers/06/0...

 

Fukushima : à nouveau de la vapeur au-dessus du réacteur 3itre de la note

Quand c’est fini, ça recommence ! 

Vendredi matin 13 septembre à 8 heures (heure de Tokyo) un dégagement de vapeur a été constaté au-dessus du réacteur 3 de la centrale de Fukushima dévasté par le tsunami ravageur du 11 mars 2011 dont le bâtiment avait été gravement endommagé lors d’une très forte explosion d’hydrogène.

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Cette information a été annoncée par TEPCO (Tokyo Electric Power) qui, tout en précisant avoir la situation sous contrôle, indique ne pas connaitre la ou les raisons de ce nième incident.

Depuis le 18 juillet de cette année jusqu’au 7 aout des dégagements avait été observés sans que soient identifiées les raisons de ces défaillances........Lire la suite de l'article sur:

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http://humanisme-ecologie-republique.blog4ever.com/blog/l... 

 

 


Comprendre la situation à Fukushima en deux... par lemondefr

12:14 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International, Energie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fukushima, tepco, dégaements de vapeurs, her | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

12/09/2013

Appel des Ecologistes pour la Paix

« Dire NON à la Guerre, NON à la Destruction de la nature, NON à la Mort des humains et NON au chaos !

Un devoir impératif pour tous les Ecologistes»

**************

Après avoir d’abord adressé une lettre aux responsables du G20 qui se réunissaient vendredi 6 septembre à Saint Pétersbourg, après avoir lancé samedi 7 septembre, lors d'une veillée de prière, un ardent et émouvant appel à "travailler pour la paix et la réconciliation", qui a été diffusé aux hommes de bonne volonté de la planète, et après avoir demandé à mettre fin à la guerre "toujours une défaite de l'humanité", le Pape François s’est à nouveau exprimé dimanche soir pour redire son refus total de la guerre en Syrie.

Depuis la Place Saint-Pierre, le pape argentin a renouvelé son message  de samedi pour que soit trouvée «une juste solution au conflit fratricide» qui dévaste la Syrie qui menace d’embraser tout le Moyen Orient et de dégénérer en un désastre planétaire. «Cela implique, entre autres, de dire non à la haine fratricide et aux mensonges dont on se sert, à la violence sous toutes les formes, à la prolifération des armes et à leur commerce illégal» a-t-il martelé.

Au moment où convergent en Méditerranée les navires de guerre de plusieurs des grandes puissances partie prenantes au conflit – France, USA, Russie et Chine – que les armées d’Israël, d’Iran, de Turquie, d’Arabie Saoudite et du Qatar sont sur le pied de guerre et se disent prêtes à intervenir, cet appel historique du pape François, s’adressant aux chrétiens, mais aussi à tout homme, croyant ou pas, doit être entendu et soutenu.

Les responsables politiques en charge du pouvoir temporel des grandes puissances occidentales, contre la volonté de la majorité des hommes et des femmes qui les ont mandatés, font à propos du conflit syrien montre d’une irresponsabilité qui frise l’inconscience.

Les ambitions prédatrices et les  intérêts particuliers de l’industrie de l’armement et des projets des pétroliers ou gaziers ne  justifient pas que l’on  s’engage dans l’engrenage infernal dans lequel veulent nous  entraîner la  France, la Grande Bretagne et leur mentor l’Amérique d’Obama.

En France certains responsables d’EELV, ministres députés ou sénateurs, dont on devine les ressorts qui les motivent on devine les motivations, cherchent à convaincre les militants de leur mouvement à accepter une intervention armée – insensée – de notre Pays en Syrie. 

Parce que nous, « Ecologistes Indépendants » et « Citoyens libres », pensons que notre planète est suffisamment malmenée par les blessures sociales, économiques et écologiques que lui inflige un modèle économique et financier sans âme, nous vous appelons tous à soutenir sans réserve les appels pour  la Paix, la Justice et la Fraternité du Pape François.

Avec lui nous disons notre rejet absolu des frappes que la  France, la Grande Bretagne et l’Amérique envisagent contre la Syrie.

Nous appelons tous les écologistes et tous les citoyens de la société civile à se lever pour dire NON à une participation de la France dans une guerre occidentale qui n’affiche pas les raisons profondes de son projet d’intervention.

Marc Sangnier nous dit que : «la démocratie est l’organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chacun »

Nous qui vivons en démocratie, osons dire NON à la Guerre, NON à la Destruction de la nature, NON à la Mort des humains, NON au Chaos et demandons que la France soit force de proposition d’ un plan d’action pour relever la Syrie avec le soutien de tous les acteurs de la région. 

Nous les prenons à témoins et les appelons à dire avec le Pape François NON à des frappes occidentales en SYRIE.

 

*************

Pour le MEI : Mouvement Ecologiste Indépendant:

Jacques LANÇON Secrétaire National

Pour HER : Humanisme-Ecologie- République:

Bernard FRAU Délégué général

 

Premiers signataires :

Fabien NIEZGODA : Vice-président du  MEI : en charge des questions de société

Jean-Olivier DINAND : Société de Saint-Jean, responsable communication

Christian SAUVAIRE : Président Adévi – Association pour le veloppement de la prévention santé et de l’Art de Vivre au naturel.

Jean BITTERLIN : Trésorier du  MEI 

Natalis BOUST: Conseiller municipal Grand-Couronne 76530 Délégué départemental Seine-Maritime 76

Philippe HACHET: Délégué départemental HER Eure 27

Salwa ALKHALAF: Pédiatre

Jacques MARET: Délégué départemental HER Charente-Maritime 17

09/09/2013

Syrie: la lettre d'un ancien ambassadeur de France à François Hollande

HER V3 SOLEIL.jpgDepuis le Mexique où il réside, Pierre Charasse, ancien ambassadeur de France, désormais à la retraite, vient d'adresser à François Hollande, à propos de la crise syrienne, une lettre où l’ironie du ton le dispute à la cruauté cinglante du propos. Un modèle du genre, à la diffusion duquel je ne peux résister. Bernard FRAU Délégué général HER


Mexico, le 2 septembre 2013

Monsieur le Président de la République,

Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une  intervention militaire chirurgicale en Syrie.

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger »s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu'ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci  ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

Quant aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre,  et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

Après cette victoire  pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donné la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par  la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année  du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme  « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays  se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, «ensemble gazeux et incertain» comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de  moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le «Charles de Gaulle» rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses.  Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Kadhafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur,  serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est  bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction  des moyens  du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

« O tempora ! O mores ! » Comme a dit Cicéron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler  que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez  aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées  par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour  mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

Une telle cohérence dans l’application de «l’obligation de protéger» honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.

Pierre Charasse (*), Français de l'étranger, contribuable et électeur

Source : PAR LES INVITÉS DE MEDIAPART

(*) Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales

05/09/2013

Syrie: le jour d'après

ingérence, libye, syrie, intervention au sénat, onu, maliIntervention de Jean-Pierre Chevènement, dans le cadre du débat sur la situation en Syrie au Sénat, le 04 septembre 2013.

Monsieur le Ministre,

Les circonstances nous donnent un peu de temps pour la réflexion. Sachons utiliser ce répit pour éviter des décisions précipitées qui pourraient s’avérer funestes. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de vous exprimer ainsi qu’au Président de la République ma préoccupation, et cela dès juin 2012, quant à la définition de notre politique vis-à-vis de la Syrie.

Je n’exprime pas ma seule préoccupation. Elle est aussi celle de Robert Hue et de plusieurs sénateurs du groupe Rassemblement Démocratique Social et Européen (RDSE). En fait nous avons hérité de cette orientation politique. Quand vous êtes arrivé au Quai d’Orsay, notre ambassade à Damas avait déjà été fermée.

De même l’exigence, avant toute transition, du départ d’Assad, déclaré assassin de son peuple, affaiblissait toute démarche de négociation visant à faire pression sur le régime de Damas.

En réalité, c’est la nature même de la guerre engagée en Syrie qui faisait et fait encore problème aujourd’hui. C’est une guerre civile et plus que cela une féroce guerre interconfessionnelle. Assad, dictateur brutal, défend les prérogatives d’une minorité, celle des Alaouites qu’il sait soutenus par d’autres minorités, chrétiennes par exemple mais aussi par une fraction de la majorité sunnite qui a longtemps bénéficié de la stabilité des courants d’affaires.

L’expression « Assad doit partir ! » sous-estimait à l’évidence les appuis dont il disposait.

La seule issue de cette guerre civile barbare est une issue négociée entre les deux camps.

Les Sunnites ou du moins une majorité d’entre eux veulent l’effacement des Alaouites. Ils doutent d’y réussir par la force. Ils comptent sur l’intervention extérieure, à l’exemple de ce qui s’est passé en Libye. Mais comparaison n’est pas raison.

La résolution 1973 sur la Libye a été prise grâce à l’abstention de la Russie et de la Chine. Cette résolution a été évidemment interprétée dans le sens d’un changement de régime. Je me suis moi-même abstenu quand le gouvernement a demandé, le 12 juillet 2011, l’autorisation de prolonger l’intervention de nos forces.

Le résultat est là : si l’opération militaire a été brillamment conduite, Kadhafi a été assassiné. Les milices tribales et le plus souvent islamistes se sont rendues maîtresses du terrain. Le port de Derna est aux mains d’Al Qaïda, le Mali a été déstabilisé.

Sans l’intervention de la France dans le cadre des résolutions de l’ONU que j’ai soutenue fortement, le Mali serait devenu aujourd’hui un sanctuaire de l’islamisme radical, dominé par des groupes terroristes djihadistes.

Enfin, par l’interprétation qui a été faite en Libye de la résolution 1973, la notion de responsabilité de protéger a été passablement discréditée aux yeux de la Russie, de la Chine, mais aussi de la plupart des pays émergents qui refusent la notion d’ingérence, elle-même proscrite par la Charte des Nations Unies.

L’occidentalisme peut se camoufler en droit de l’hommisme. Celui-ci ignore ou, de manière plus perverse, veut occulter les réalités et les choix politiques.

Or, la France doit d’autant plus se placer sur le terrain du droit international qu’elle est elle-même l’un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est son intérêt. Pour être une puissance repère, comme l’ont souhaité le Président de la République et vous-même, dans votre brillante intervention en conclusion de la Conférence des Ambassadeurs, la France ne doit pas s’affranchir du Droit.

Or, le droit d’ingérence n’existe pas au regard de la Charte des Nations Unies.

La mise en œuvre de la responsabilité de protéger, énoncée par l’Assemblée Générale des Nations Unies dans son document final de 2005, souligne que cette responsabilité incombe d’abord à chaque Etat et à défaut à la communauté internationale, je cite : « par une action collective résolue, par l’entremise du Conseil de Sécurité, conformément à la Charte, notamment son chapitre VII. Voilà ce que dit le droit.

ingérence, libye, syrie, intervention au sénat, onu, maliDes frappes aériennes sur la Syrie ne pourraient ainsi s’effectuer qu’en dehors du cadre de la légalité internationale.

Vous invoquez la légitimité et même vous essayez d’invoquer une autre source de droit en vous référant à la convention ancienne et aujourd’hui dépassée de 1925 interdisant l’utilisation, en temps de guerre, des armes chimiques dont la Syrie et pour cause – elle était alors sous mandat français – n’était pas partie prenante.

Quant à la Convention plus récente sur l’interdiction des armes chimiques signée à Paris le 13 janvier 1993, vous savez pertinemment que ni la Syrie ni l’Egypte ne l’ont signée, le négociateur égyptien de l’époque, M. Amr Moussa, ayant alors expliqué que son pays y adhérerait quand les armes de destruction massive, nucléaires, bactériologiques et chimiques auraient été éliminées du Proche-Orient, la détention d’une telle arme contribuant, selon lui, à un équilibre de dissuasion régional.

La Conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération (TNP) de mai 2010 vise la création d’un Moyen-Orient dénucléarisé. C’est dans ce cadre général qu’il faut agir pour préserver dans cette région les équilibres de sécurité.

A l’heure actuelle, deux Etats ont signé mais n’ont pas ratifié la Convention d’interdiction des armes chimiques : la Birmanie et Israël, et six autres demeurent en dehors : Angola – Corée du Nord – Egypte – Somalie – Soudan du Sud – Syrie.

Vous évoquez la notion de crime contre l’humanité mais j’observe que le statut de Rome, portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI), définit celui-ci très largement dans son article 7, mais ne mentionne pas spécifiquement l’utilisation d’armes chimiques.

Dans la logique morale où vous vous placez, qui ne faut-il pas punir ?

Les utilisateurs de bombes à fragmentation, de bombes au napalm, les pays qui refusent de signer les conventions d’interdiction des armes chimiques, bactériologiques, nucléaires, ceux qui n’ont pas ratifié le traité d’interdiction des essais nucléaires, ceux qui répriment par balles leur opposition ?

La liste serait longue des Etats qu’il faudrait punir.

Aussi bien est-on sûr à 100 % de l’origine des frappes ? Or, n’ont été produits jusqu’à présent, au dire même de nos autorités, que des « faisceaux d’indices ».

Exerçons le doute méthodique cher à Descartes.

ingérence, libye, syrie, intervention au sénat, onu, maliL’hypothèse qu’un groupe extrémiste comme le Front Al Nosra alimenté par des fournitures d’armes extérieures ou par des stocks qu’il aurait pu détourner, ait pu perpétrer ce crime abject pour entraîner une intervention occidentale n’a pas été sérieusement examinée.

Or, chacun sait que les déclarations du Président Obama d’août 2012 faisant de l’utilisation d’armes chimiques la ligne rouge légitimant une intervention militaire, ont provoqué depuis lors une surenchère d’accusations parmi les groupes d’opposition et leurs relais.

Nous savons depuis les guerres yougoslaves que des populations d’un des belligérants peuvent être choisies comme cibles pour justifier une intervention extérieure.

Dans une guerre intercommunautaire féroce comme celle-là, nous ne pouvons pas avoir un degré absolu de certitude. Aussi bien on ne discerne pas clairement quel eût été l’intérêt du régime syrien qui avait pris le dessus par des moyens conventionnels, d’ailleurs tout aussi barbares.

Ainsi la morale remplace le droit. Ce n’est pas un progrès car seul le droit protège tandis que la morale d’où procède la sanction est à l’appréciation des plus forts.

La France doit être le soldat du Droit. L’esprit de défense n’a rien à gagner à ce que la France confectionne un droit à sa mesure, en marge du droit international reconnu par l’ONU.

J’en viens maintenant au fond politique de cette affaire.

Quels sont nos objectifs politiques ?

L’opposition syrienne démocratique est divisée. La guerre l’a marginalisée au profit de groupes extrémistes. Le cours des révolutions arabes en Tunisie et plus encore en Egypte doit nous rendre prudents. Le premier acte ne pouvait que recueillir notre sympathie. Le second acte a vu l’islamisme politique prendre le pas sur les revendications démocratiques initiales et tendre à la confiscation du pouvoir. Des minorités de plus en plus importantes se sont senties menacées.

En Egypte, l’armée a interrompu le processus, avec d’ailleurs – je le note – le soutien de l’Arabie Saoudite. Est-ce là notre référence ?

Quelle cohérence y a-t-il entre notre combat justifié au Mali contre les groupes djihadistes armés et la complaisance dont nous ferions preuve à l’égard de ces mêmes groupes dans la guerre civile qui déchire la Syrie ? La France doit soutenir partout non pas l’islamisme politique mais la démocratie, au Mali, au Niger, en Libye, en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Arabie Saoudite, au Qatar, à Bahreïn, dans le respect du principe de non-ingérence, bien sûr, et sous le contrôle du Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU).

Quel effet des frappes américaines et françaises, même brèves et limitées, auront-elles ? D’ores et déjà la menace des frappes a fait se gonfler le flot des réfugiés aux frontières du Liban et de la Jordanie. On ne pourra pas éviter les dommages collatéraux, surtout si les stocks d’armes chimiques sont visés.

Que se passera-t-il le jour d’après ?

D’autres frappes ? Sur la Syrie ? Il serait terriblement imprudent de cibler l’arsenal chimique syrien. Ou sur l’Iran ? Un engrenage incontrôlable risque de se mettre en marche. Encore une fois restons fidèles à Descartes et traitons séparément des dossiers dont la solution doit rester distincte : la Syrie, la Palestine, l’Iran.

La « fabrication d’un ennemi » est chose facile. Elle sert rarement la cause de la paix.

Le rôle de la France doit être de faire pression pour que l’opposition syrienne désigne ses représentants à la Conférence de Genève II et que celle-ci puisse se réunir dans les prochaines semaines. Cette négociation peut se faire par des rencontres bilatérales dans les couloirs du G20, à Saint-Pétersbourg, mais le G20 n’a pas vocation à remplacer le CSNU.

C’est dans le cadre de celui-ci que nous pouvons obtenir une trêve dans la guerre civile et un compromis qui préserve autant que possible l’unité de la Syrie. La balkanisation de la Syrie serait, comme nous le voyons aujourd’hui en Irak, la source de malheurs encore plus grands. Des frappes militaires risquent non de faciliter un compromis mais de reporter aux calendes la négociation nécessaire.

Il faut mettre un peu de cohérence dans notre politique :
C’est une facilité de crier « Munich ». C’est du même niveau que Guy Mollet assimilant Nasser à Hitler. Ce n’est pas digne des républicains que nous devrions être.

Le bilan des ingérences passées – Irak, Kosovo, Libye – n’est pas reluisant. Sachons tirer les leçons de l’expérience.

Pour définir notre attitude et le sens même de notre diplomatie, pensons à servir la France et à défendre la paix. Défions-nous de l’occidentalisme.

La France ne se définit pas, comme le disait M. Sarkozy, par son appartenance à la famille des nations occidentales. Elle ingérence, libye, syrie, intervention au sénat, onu, maliappartient avant tout à la grande famille des nations humaines. La Révolution de 1789 visait à l’universalité.

La France doit servir de pont entre toutes les nations et ne pas se couper des pays dits émergents. Le Président de la République souligne à juste titre la nécessité de préserver notre souveraineté. La souveraineté va avec l’indépendance qui est la condition de la grandeur de la France. Celle-ci n’est pas une question de taille mais de hauteur de vues.

Mais qu’en est-il, dans la situation présente, je ne dis pas de l’indépendance mais de l’autonomie même de la France ? Où sont passés nos alliés européens ?

ingérence, libye, syrie, intervention au sénat, onu, maliJe souhaite de tout cœur, Monsieur le Ministre, éviter l’enlisement de la France dans une guerre qui serait contraire à ses intérêts et j’ajoute à sa vocation. Je souhaite que vous usiez de votre influence qui est grande pour contribuer à la réunion aussi rapide que possible de la Conférence de Genève II.

La France vous en serait reconnaissante. Il ne faut pas effacer la brillante réussite malienne, qui nous doit aussi beaucoup, par une erreur qui, elle, serait gravissime pour l’ensemble de notre politique étrangère et pour nos intérêts dans le monde.

17:39 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International, 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ingérence, libye, syrie, intervention au sénat, onu, mali | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

03/09/2013

« Il n'y a pas d'autre option que la solution à deux Etats »

Samedi 17 août 2013 par Nicolas Zomersztajn

Les positions sur le conflit israélo-palestinien de Yaïr Lapid, israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,chef de file du parti centriste Yesh Atid, n’ont jamais été clairement définies depuis qu’il a fait son entrée éclatante en politique. Dans divers entretiens qu’il a accordés à la presse internationale cet été, il se montre favorable à la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël… tout en apportant des nuances très centristes.

Mais que pense donc le ministre israélien des Finances en ce qui concerne la solution à apporter au conflit qui oppose Israël aux Palestiniens ? Au regard des négociations qui reprennent, cette question n’est pas accessoire dans la mesure où Yesh Atid est la deuxième force politique de la Knesset et de la coalition gouvernementale.

Dans un entretien que Yaïr Lapid a accordé au Washington Post israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,en juin dernier, il déclare « qu’il n’y a pas d’autre option que la solution à deux Etats. Les israéliens doivent comprendre que les Palestiniens doivent avoir leur propre Etat ». En ajoutant qu’il a l’intention de faire le maximum dans cette direction, il a précisé qu’il ne le fait pas «par amour pour les Palestiniens, mais pour les intérêts d’Israël».

On ne peut lui reprocher cette précision puisqu’il s’agit d’un processus politique et non pas d’une histoire d’amour où tout le monde s’embrasse. Seul le résultat compte.

Comment envisage-t-il alors la question épineuse des colonies de israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,Cisjordanie et leur démantèlement ? « Comme nous entrons dans une solution de deux Etats, il faudra évacuer les implantations, il n’y a pas d’autre option », a répondu Yaïr Lapid. Israël devra libérer de nombreux territoires en Judée Samarie. Toutefois, il a précisé que les grands blocs de colonies comme Ariel, Maale Adumim et le Goush Etzion ne seront pas démantelées, ils seront annexés à Israël.

Dans un entretien accordé cette semaine au quotidien français Le Figaro, Lapid a expliqué avec plus de précisions ce qu’il entend par « libérer de nombreux territoires » : «Nous ne pouvons pas iisraël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,gnorer les précédentes négociations, et tout le monde sait de quoi je veux parler : les blocs de colonies resteront en Israël, Jérusalem restera israélienne, mais nous savons que la grande majorité des territoires sera rendue, donc que beaucoup de colonies seront évacuées. Je pense que ça me place de façon très claire sur l'échiquier politique».

Yaïr Lapid est centriste et il le revendique haut et fort : « Comme sur beaucoup de sujets, je ne suis ni de droite, ni de gauche: je suis au centre ». Il représenterait donc ce marais censé détenir la clé de la solution.

Yaïr Lapid n’ignore pas cet élément déterminant : « La majorité des Israéliens sont modérés et comprennent très bien ce qui est nécessaire pour parvenir à la paix. Je suis un réaliste, un pragmatique, mais ça ne veut pas dire que je sois dépourvu de convictions. Je crois profondément au processus de paix, et aussi dans l'importance de la classe moyenne israélienne, qui comme partout dans le monde, connaît une crise globale en voyant son pouvoir d'achat se réduire. En tant que ministre des Finances et en tant que représentant du parti Yesh Atid, je ne pense pas qu'il soit judicieux de dépenser de l'argent dans des colonies qui seront évacuées. Mais aussi longtemps que des gens y vivent, le pays ne peut pas les ignorer ».

Bien qu’il ne tienne pas le discours de Shalom Archav et qu’il ne ponctue son propos d’aucune considération éthique sur la corruption morale et politique qu’entraînent l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie et Jérusalem-Est, Lapid annonce malgré tout clairement ce qu’il est prêt à faire.

Ce qui n’est absolument pas le cas de Benjamin Netanyahou, le chef du gouvernement dans lequel Lapid siège.

Concernant Netanyahou, Yaïr Lapid vient de critiquer israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,publiquement sa décision d’autoriser la construction de plus de 900 logements à Gīlo (Jérusalem-Est) et de plus de 2.000 autres en Cisjordanie alors que les négociations entre Israéliens et Palestiniens reprennent après trois ans de suspension. « Je pense que c'est une décision qui intervient à un très mauvais moment, à la veille de la reprise des négociations avec les Palestiniens et alors que nous devons faire preuve de bonne volonté », déclare Yaïr Lapid aux journalistes du Figaro.

Une fermeté que les militants du camp de la paix apprécient. Mais le problème c’est que Yaïr Lapid est centriste. Cette condamnation ne l’empêche nullement de demeurer attaché à l’indivisibilité de Jérusalem. «Sur le fond, cette décision [d’autoriser la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est] ne change pas grand-chose. Comme une majorité d'Israéliens, je pense que le statut de Jérusalem n'est pas en question et que la ville ne doit pas être divisée».

Pourtant Yaïr Lapid entend ne pas s’en tenir à une simple déclaration dans les média. « Mais quand bien même, il n'y a pas de raison pour annoncer juste à ce moment des mesures qui pourraient discréditer un processus déjà entouré de méfiance mutuelle et de mauvais souvenirs. Je suis donc allé contre mon habitude de jouer collectif, et j'ai décidé de m'opposer clairement et ouvertement à cette décision. Même si ces appels d'offres ne sont qu'une étape dans une procédure complexe, c'est d'une certaine façon encore pire. Je veux être sûr que mes partenaires dans la coalition comprennent que je ne laisse pas passer ça ».

Si Yaïr Lapid fait ce qu’il et dit ce qu’il pense, on pourrait considérer que le centre israélien a bien changé et qu’il ne se contente plus du traditionnel « ni, ni ».

Les militants du camp de la paix ne se satisferont sûrement pas israël, Palestine, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Benjamin Netanyahou,Yesh Atid, Yaïr Lapid, David Süsskind,des déclarations de Lapid et c’est normal. Ils ne doivent pourtant pas négliger la portée des propos d’un homme politique qui a fait une percée électorale sans jamais se prononcer sur la question des territoires palestiniens pendant la dernière campagne.

Et un ministre des Finances qui fait le lien direct entre dépenses publiques et colonisation, c’est un bon début.

Source : info@cclj.be Centre Communautaire Laïc Juif David Süsskind asbl, Rue de l'Hôtel des Monnaies 52 à 1060 Bruxelles - Tel: +32 2 543 02 70 - 

http://www.cclj.be/article/2/4652

 

 
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