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23/06/2013

Entubé, farci, estampé : un couple gay « se fait mettre dans le baba » !

Début juin une vendômoise soupçonnée d’avoir maronné un couple d’homosexuels toulousain a été interpellée à son domicile et inculpée. L’affaire se déroule à Vendôme dans le Loir-et-Cher.

La femme, mère de quatre enfants, âgée de 34 ans, en échange d’une somme de 15000 euros, aurait accepté de porter un enfant conçu à partir du sperme de l’un des deux homosexuels toulousains.

A la naissance du bébé, malgré l’arrangement arrêté entre les parties et l’avance de 9000€ qu’elle avait reçue, la maman, Aurore, a fait croire que le garçon qu’elle a mis au monde était mort-né pour le revendre à un autre couple avec qui semble-t-il la transaction aurait été, selon le Point et La nouvelle République, encore plus lucrative.

Constatant que leur projet avait tourné court, et qu’ils s’étaient fait passer à la lime douce, les deux homosexuels toulousains se sont présentés à la maternité de la polyclinique où la femme avait accouché.

L’un des deux, répondant au prénom d’Alexandre,  aurait évoqué « un contrat de mère porteuse » et se serait présenté comme le père biologique du nourrisson.

La polyclinique a prévenu le Parquet de Blois et une plainte a été déposée par les victimes de l’escroquerie.

Une information judiciaire a été ouverte pour  «escroquerie, recel d’escroquerie, provocation à l’abandon d’enfant»

Vendôme, Blois, Toulouse, Aurore, Alexandre, entubé, farci, estampé, Autant dire que l’ensemble des protagonistes  – le couple gay, la femme-escroc, le couple qui a obtenu le nourrisson – sont visés par la Justice.

En effet au-delà de l’escroquerie sordide, il faut rappeler que la pratique qui consiste à porter un enfant pour autrui est encore interdite dans notre pays.

Jeudi, une demande de remise en liberté d'Aurore, a été rejetée par la chambre de l'instruction.

C’est que les policiers de la PJ de Tours en charge de l’enquête auraient mis en évidence qu’Aurore ne serait pas à sa première opération de procréation pour autrui. 

Elle aurait en 2008 donné naissance à une fille « confiée » sans contrepartie sonnante et trébuchante. Par contre en 2010 elle aurait cette fois porté un garçon dont elle aurait négocié et monnayé l’abandon.

Cette affaire n’est pas sans susciter bien des interrogations d’ordre juridique, moral et sociétal.

La maman naturelle, biologique si le terme devait ne pas convenir aux partisans de la GPA, a-t-elle renoncé à ses droits parentaux sur le petit garçon qu’elle a porté et mis au monde ?

Quel droit le couple à qui  a été confié le petit garçon pourra-t-il invoquer pour garder le bambin ?

Quel nom porte aujourd’hui le garçon qui démarre sa vie dans des conditions plutôt compliquées, comment a-t-il été déclaré aux autorités civiles?

Si Aurore avait tout simplement respecté les termes du contrat passé avec le couple gay de Toulouse, qui aurait entendu dire qu’en France on vend et on achète des enfants dans le dos de la société, de sa justice et de ses valeurs ? 

Combien d’autres cas similaires pour lesquels le silence ne permet pas que l’on en connaisse ?

Me Benjamin Girard, l’avocat d’Aurore, a choisi de plaider la misère sociale : «cette mère de famille était dans une situation financière difficile: elle était sans emploi et son mari, gravement malade, ne pouvait pas travailler ». Il ajoute « Aujourd'hui, elle a pris conscience de la situation, elle est désemparée et éprouve beaucoup de culpabilité ».

Le manque d'argent aurait donc été le carburant qui aurait alimenté le moteur de cette misérable histoire. Mais tout de même, sans préjuger des décisions de justice à venir, se faire négociant en enfants portés mais non inscrit dans un projet familial personnel en vue de d’obtenir un revenu pose question.

Dans quelle société vivrons-nous demain ?

Deux dernières questions qui ne visent pas à clore le débat interrogeons-nous sur l’avenir du petit bébé et des quatre gamins qu’Aurore élève.

Au terme de la procédure judiciaire qui s’annonce longue et complexe, que vont devenir les quatre enfants qui jusqu’à présent vivaient avec Aurore? Famille d’accueil, placement en institution publique …… ? Qui s’en préoccupe ?

Enfin, à qui l’enfant vendu deux fois sera-t-il confié pour construire sa vie ? Aux payeurs en dernier ressort, à la mère biologique, au père biologique acheteur ? A qui ?

Pour l’instant personne ne se préoccupe de ce petit bonhomme qui lui n’a rien demandé et surtout pas d’être plongé dans un tel «innommable bourbier».

09:04 Écrit par Bernard FRAU dans Justice | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vendôme, blois, toulouse, aurore, alexandre, entubé, farci, estampé | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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