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02/05/2013

Le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy mettait fin à ses jours

C’était il y a vingt ans, un mois après avoir quitté Matignon suite pierre Bérégovoy, François Mitterrand, Laurent Fabius,Marie-Noëlle Lienman, Michel Rocard, Roger-Patrice Pelat, le Canard Enchainé, Théo Waigel, Pierre Mendè-France,à la déroute des socialistes aux élections législatives, le long d'un canal de la Nièvre, le résistant, membre du groupe « Résistance-fer», Pierre Bérégovoy, se tirait une balle dans le crane sans laisser un seul mot pour expliquer son choix désespéré.

Depuis des semaines le dernier Premier ministre socialiste de François Mitterrand, dans l’impossibilité de défendre sa probité, portait au tréfonds de lui-même une immense et destructrice détresse. Il avait le sentiment que les socialistes lui imputaient la lourde défaite de mars 1993 et ne se souciaient pas de lui, le laissant seuls avec les affres de son grand mal-être.

Lors de l’acquisition d’un appartement à Paris, alors qu’il était député de la Nièvre, Pierre Bérégovoy avait bénéficié en 1986 d’un prêt sans intérêt d’environs 150000€ régulièrement enregistré chez un notaire. Le préteur Roger-Patrice Pelat était un ami personnel de François Mitterrand.

Le 1er Février 1993, le Canard enchaîné en avait fait sa une et assez rapidement Pierre Bérégovoy avait dû affronter la rumeur et les soupçons nauséeux.


P. Bérégovoy / Discours anti-corruption / 8... par Bonzou

Celui qui le 8 avril 1992, devant la représentation nationale, dans son discours de politique générale avait choisi de mettre la lutte contre la corruption au cœur de son projet politique – «J'ai ici une liste... » voyait son intégrité mise en cause sans autre moyen pour prouver son innocence que de clamer sa bonne foi. «Qu'est-ce qu'il me veulent?», interrogeait-il inlassablement devant l’injuste mise en cause de sa personne et son honnêteté.

La campagne législative fût impitoyable, pratiquement seul à mener au plan national la bataille politique dans un climat de ralentissement économique et de montée du chômage il lui a fallu s’expliquer,  et s’expliquer toujours et encore sur ce prêt.

Il eut beau assurer qu’il avait remboursé sa dette pour moitié au moyen de meubles  et de livres anciens et avoir soldé le tout en  1992, rien n’y fit ; certains médias sont allés même  jusqu’à mettre en doute sa capacité à rembourser eut égard à ses modestes origines.

C’est vrai que ses origines étaient modestes et alors!

pierre Bérégovoy, François Mitterrand, Laurent Fabius,Marie-Noëlle Lienman, Michel Rocard, Roger-Patrice Pelat, le Canard Enchainé, Théo Waigel, Pierre Mendè-France,Doté d’une capacité exceptionnelle de travail, l’ancien cheminot, autodidacte, militant de gauche – il fut inscrit au PSU avec Michel Rocard avant de rejoindre le PS de François Mitterrand – a franchi patiemment tous les échelons  du pouvoir.

Secrétaire général de l'Elysée. 

Ministre des Affaires sociales.

Ministre de l'Economie.

Puis enfin la consécration : 1er Ministre.

Pierre Bérégovoy avait de l’ambition mais n’appartenait à aucun cercle. C’était un proche de Laurent Fabius qui jusqu’à ce jour est resté fidèle à sa mémoire.  

C’était un grand serviteur de la France : «Je savais que lorsque pierre Bérégovoy, François Mitterrand, Laurent Fabius,Marie-Noëlle Lienman, Michel Rocard, Roger-Patrice Pelat, le Canard Enchainé, Théo Waigel, Pierre Mendè-France,Mitterrand me nommerait Premier ministre, ce serait parce que c'est foutu», avait-il d'ailleurs confié à un journaliste de l'AFP peu de temps après avoir été nommé à Matignon.

Il ne s’est pas dérobé. Bravant l’impopularité sans jamais déroger à l’exigence de la vérité, il s’est dévoué corps et âme.

Comme son modèle en politique, Pierre Mendès France, Il aimait à se dévouer pour son pays dont il voulait  redresser l'économie comme il avait redressé les comptes sociaux en 83-84. Il ambitionnait de placer la France au plus haut possible parmi les grands de ce monde.

C’était l’époque où son ami Théo Waigel déclarait dans la presse allemande: «Le Franc est une monnaie légèrement plus forte que le Mark en raison des performances économiques de la France: inflation jugulée, excédent commercial, croissance soutenue».

C’était l’époque où le déficit de la France était le plus faible de l’Union européenne, 2,7%, en dessous des fameux 3%, pendant qu’en Allemagne il était de 5.5%, en Grande-Bretagne de 4.6%, en Espagne de 4.6% et en Italie de 11,3%.

Comparaison n’est pas raison, mais tout de même certains aujourd’hui devraient se souvenir qu’ils ont succédé à ce grand Homme d’Etat et s’interroger : qu’ont-ils fait de ce que leur a laissé Pierre Bérégovoy ? Cela les rendrait certainement un peu plus humbles à la condition expresse bien sûr qu’ils soient capables d’un minimum d’objectivité vis-à-vis d’eux-mêmes.

Son geste de désespoir, son suicide d'une violence indicible, a sonné comme un énorme tonnerre dans le Pays. Les Français furent bouleversés par la nouvelle.

Je me souviens encore de Marie-Noëlle Lienemann arrivant en pleurs à  l’hôpital du Val de Grâce, et de ces innombrables citoyens réunis complètement abasourdis attendant la dépouille de l’ancien 1er ministre.

A cet instant il me revient l’image de l’homme que j’ai eu pierre Bérégovoy, François Mitterrand, Laurent Fabius,Marie-Noëlle Lienman, Michel Rocard, Roger-Patrice Pelat, le Canard Enchainé, Théo Waigel, Pierre Mendè-France,l’honneur de rencontrer à Matignon pour un entretien juste après les élections régionales de 1992. J’ai, dans ce moment privilégié, parlé avec un homme foncièrement bon, à l’écoute, disponible, direct et ne s’embarrassant pas de manière. Non cet homme ne pouvait pas être suspecté des turpitudes dont on l’a accablé.    

Le 4 mai 1993 à Nevers, dont Pierre Bérégovoy était  le député-pierre Bérégovoy, François Mitterrand, Laurent Fabius,Marie-Noëlle Lienman, Michel Rocard, Roger-Patrice Pelat, le Canard Enchainé, Théo Waigel, Pierre Mendè-France,maire, François Mitterrand, la gorge nouée, avait lancé d’un ton particulièrement accusateur devant le cercueil de l'ancien Premier ministre «Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie»

Et pourtant 20 ans après, la leçon ne semble pas avoir été comprise, « les chiens » continuent de se mordre les flancs à belles dents !

La violence du débat politique, le déchainement médiatique, le climat délétère des affaires et des conflits d’intérêts n’a jamais été aussi  destructeur pour la France.

Comme le dit si justement Guy Birenbaum : «ce 1er mai 2013 sent aussi mauvais que le 1er mai 1993».

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