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24/01/2013

Lubrizol : que s’est-il réellement passé ?

201304_rouen_lubrizol.pngDe source AFP le Parquet de Rouen a indiqué qu’une enquête judiciaire pour "mise en danger de la vie d'autrui" a été ouverte mardi  à la suite du dégagement d’un gaz malodorant à l'usine Lubrizol de Rouen.

Cette enquête a été confiée aux gendarmes de la Section de recherches (SR) de Rouen, dirigée par le lieutenant-colonel Franck Auneau. De son côté, la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, qui s’est rendue sur le site a annoncé mardi soir l'ouverture d'une enquête administrative.

Rappel des faits !

Depuis lundi des émanations très malodorantes se sont répandues, poussés par les vents, sur un très large 201304_lubrizol.pngterritoire – de Paris au Sud de l’Angleterre depuis Rouen – dues à l’échappement de gaz, générés par un incident survenu chez Lubrizol sur la ligne de production de dithiophosphate de zinc où s’est produit une réaction chimique «inattendue» et «non contrôlée» dans un bac de 35 m3.

Depuis lundi, la préfecture, les médias, l’industriel et les bandeau_bureau.jpgélus de Rouen, Yvon Robert, de la Créa Frédéric Sanchez et de la Région, Alain Le Vern ne cessent de nous expliquer que tout cela ne présente pas de danger, que tout est sous contrôle, qu’il convient juste de patienter un peu.

Il n’y pas de danger dit-on, en réalité tout porte à croire au contraire que si !

Plusieurs décisions importantes ont été décidées et des mesures d’urgence ont été prises.

Un arrêté préfectoral a imposé la mise en œuvre d'un PPI – plan particulier d'intervention –,  le match de 16e de finale de la Coupe de France de football qui devait opposer mardi soir Rouen à Marseille a été reporté au mercredi 30 janvier. Des restrictions de circulation aux abords de l'usine ont été mises en place.

5116420.jpgDe plus une enquête judiciaire pour « mise en danger de la vie d'autrui » a été ouverte ainsi qu’une enquête administrative. L’usine a été arrêtée !

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, tout en ne s’avançant pas sur une possible «erreur humaine ou faute technologique» a, quant à elle, estimé mercredi sur Europe 1, que «sans doute» il y avait «eu une négligence ou une faute qui a entraîné cette réaction chimique».

L’industriel de son côté a mis en œuvre une procédure de neutralisation de la réaction chimique dont le moins que l’on puisse dire est qu’il peut «déraper». 

150px-Ethanethiol-3D-balls.pngLe mercaptan est un acide soluble dans l’eau, qui réagit avec les acides et les bases fortes jusqu’à pouvoir provoquer  des incendies ou des explosions.

Or le choix de transvaser les 30 tonnes de produits incriminés – qui, si l’on en croit la direction Lubrizol, largue actuellement dans l’atmosphère du mercaptan – dans une solution sodée n’est rien d’autre que de mettre en présence un acide et une base.

Cette solution de neutralisation n’est donc pas non sans chimiquement présenter un risque donc un danger.

Des questions se posent désormais.

Au-delà de ces aspects «visibles» dirons-nous, cet accident ne laisse pas chaque riverain, chaque salarié de l’usine, chaque militant politique responsable, chaque écologiste militant sans se poser des questions !

c776179e-653b-11e2-9c01-ca946b45cafc-493x178.jpgSi la situation après l’incident, qui en réalité est un accident avéré, dans l’usine classée Seveso 2  était si peu grave, pourquoi toutes ces décisions qui sont loin d’être anodines ?

Pourquoi avoir lancé une enquête judiciaire pour « mise en danger d’autrui » et dès lors pourquoi ne pas avoir été plus ferme avec les conseils de confinement aux habitants ? Pourquoi avoir laissé les écoles ouvertes ?

Si les humains ont la capacité de faire état des bronchite-chronique_1.jpgindispositions dont ils sont victime,  - il a fallu répondre à de nombreux appels de gens qui ont souffert de maux de têtes, de nausées et de d’irritations aux yeux – la nature elle ne se plaint pas.

Le mercaptan entre dans la composition des produits phytosanitaires agissant comme composant « mouillant » pour permettre aux composants actifs de pénétrer à abeille.jpgl’intérieur de la plante que l’on veut éradiquer.

Des études ont-elles été diligentées pour évaluer les conséquences de cet accident sur la faune, la flore et les milieux aquatiques en surface et sous-terrain de la région touchée par le nuage acidifiant ?

La question vaut également pour les populations qui ont été touchées très directement par les émanations. Il 919998.jpgconvient à ce propos de se rappeler que depuis lundi du Sud de l’Angleterre à Paris le climat a été particulièrement humide et que des précipitations d’eau ont été observées.

Le gaz qui s’échappé de l’usine est-il le même que celui qui est ajouté au gaz de ville pour en repérer les fuites?

On peut très légitimement en douter.

C’est le professeur André Charcot qui l’a affirmé à la presse : «comme ce gaz a été produit lors d'une réaction incontrôlée, il ne peut absolument pas s'agir de la forme Lubrizol, mercaptan, Roeun, Paris, Londres, Pollutions, Ineris, Yvon Robert, Créa, Ville de Rouen, Frédéric Sanchez, Région Haute-Normandie, Alain Le Vern, dithiophosphate de zinc, Enquête judiciaire affaire Lubrizol, Mise en danger vie d'autrui, faute professionnelle, Ministère de l'Ecologie, Cyrille Vanlerberghe, Pétition Change.org lubrizol, André Charcot, Frédéric Henry directeur Lubrizol France, Union des Industries chimiques en Normandies, chimique du mercaptan qui est injectée dans le gaz de ville pour le rendre odorant, comme l'avaient pourtant affirmé les autorités» et il poursuit : «ce qui a été émis à Rouen doit donc être des composés linéaires soufrés, qui sont eux toxiques, contrairement à la forme que l'on met dans le gaz de ville, qui est extrêmement odorante, inoffensive mais difficile à produire».

Ces deux points, nature des produits émis et impact sur la santé des personnes et des espaces naturels touchées ont-ils été intégrés au cahier des charges établit par les services de l’Etat pour l’étude confiées à l’Ineris?

Enfin derniers points et non des moindres!

sans-titre.pngDelphine Batho a pour l’instant écarté la possibilité d’une « erreur humaine ou faute technologique » à l’origine de l’accident, évoquant plutôt une négligence ou une faute. Mais une faute ou une négligence de qui ou de quoi ? Il faut être précis !

Une négligence dans le suivi des procédures de production, de surveillance ou d’entretien est une faute, une faute grave même, s’agissant d’une usine Seveso2, qui peut être imputable à un salarié, certes,  mais qui engage la responsabilité personnelle de la direction d’entreprise !

En l’occurrence ici c’est de Frédéric Henry, le sémillant directeur général de Lubrizol France – jusqu’à tout récemment président de l’Union des industries chimiques en Normandie – dont il s’agit.

Celui-ci parle, bien inconsidérément,à propos de cette sipa-rex-1050233-jpg_911233.jpggrave pollution qui a porté jusqu'en Angleterre, «d’un incident avec de très faibles concentrations de mercaptan libérées» ajoutant comme pour se défausser et minimiser la gravité de l’accident dont son usine est responsable : «je pense qu’on a eu une météo extrêmement défavorable, avec des inversement de température» (**).

Il faut lire cette interview donnée à Paris-Normandie. Elle est particulièrement gratinée et scandaleuse de mépris pour les populations touchées par ce dégueuli à odeur d’œuf pourris, déversé dans le ciel, «qui est visible parce qu’on le sent» !

Non ! Les centaines de gens incommodés, soumis à des 5118521.jpgdangers et des risques dont on ne leur dit pas la nature  ne «se lâchent» pas, ils sont simplement inquiets et révoltés parce qu’un peu évolués et informés – un peu seulement – ils ne gobent plus les coups de pipeau qu’on leur joue pour les faire taire et avancer comme des bœufs.

Cet impertinent monsieur Henry ne mérite qu’une chose qu’on lui cloue le bec une bonne fois pour toute ! Les enquêtes à venir devraient permettre d’engager les actions en justice pour y parvenir.

Il reste à élucider une question majeure.

Au-delà  des toujours possibles «erreurs humaines» ou «faute technique» voire de mise en doute de la «qualité des produits utilisés en production» la piste d’un acte notoirement malveillant, pour ne pas dire plus, doit être envisagée et évaluée.

Les différentes enquêtes ouvertes devront sur ce point apporter une réponse claire aux habitants qui ne comprennent pas la légèreté des propos tenus par les différents responsables publics et privés qui s’expriment sur le dossier .

(*) Source « Le mercaptan, un gaz soufré toxique et nauséabond » par Cyrille Vanlerberghe AFP, AP, Reuters Agences - le 22/01/2013

(**) Source interview Paris-Normandie du 23 janvier 2013

Pétition de Thomas Pinet

Lundi matin, une fuite de gaz dans l'usine Lubrizol de Rouen a recouvert le ciel des départements de Seine-Maritime, de l'Eure et de l'île de France. Alors que les autorités assurent qu'aucun risque n'est encouru pour la population, nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette fuite et cette pollution.

hBuygnhNbVKlgaE-556x313-noPad.jpgLa préfecture et les médias ont affirmé que ce gaz n'était pas toxique, cependant de nombreux commentaires indiquent des maux de têtes, nausées et piquements aux yeux.

Il est inquiétant de constater que les autorités prennent cette fuite à la légère.

Nous demandons au gouvernement, à la préfecture de Rouen et à la société Lubrizol de mener des enquêtes exhaustives sans délai, pour établir tous les risques et toutes les responsabilités sur cette fuite de gaz.

Un clic sur le lien ci-dessous pour exiger la clarté

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/lubrizol-corp-enqu%C3%AAtez-sur-les-odeurs-de-gaz-du-lundi-21-janvier-2013-lubrizol-rouen-mercaptan#share

 

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