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24/12/2012

C'est Noël: "Kala Christouyenna"!

sans-titre.pngKala Christouyenna c’est ainsi que les Grecs se disent « Joyeux Noël », j’ai pensé que pour ce Noël 2012 se souhaiter une bonne fête dans la langue des pères de la démocratie pourrait être une bonne façon de rendre hommage à ce peuple qui aujourd’hui paye le prix fort d’un système mondial rendu fou par les dérives que lui impose quelques idéologues anglo-saxon et de leurs émules bêlantes qui ont fait de l’argent, du profit, de la technoscience et de l’individualisme les muses maléfiques de leurs ténèbres infernales.

Bien sûr les Grecs et leurs enfants ne sont pas les seuls à souffrir !

Mes pensées vont aussi aux populations de tous ces pays ravagés par la folie prédatrice et guerrière qui démoli tout, les villes, les villages, les mausolées, les écosystèmes, les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards.

Rien ne trouve grâce  au cœur des cyniques – en ont-ils un d’ailleurs ? – qui pensent que le prix de leur réélection vaut bien quelques massacres de populations civiles innocentes, largement médiatisés par une corporation-médiatique servile qui pousse les sujets « à la une » comme on pousse les poulets aux chaines de mise sous vide.

Loin de moi l’idée de stigmatiser tel ou tel pays, telle ou telle religion tel ou tel rédacteur en chef, chacun saura faire le tri. Il faut toutefois bien reconnaître que dans cette folie le monde occidental joue en première division, quelquefois bien sponsorisé par des Emirs soucieux de placer leur « saloperie » de pétrodollars…

Faut-il pour autant gâcher le peu qui reste encore au creux de nos esprits devenus, par la force des choses, quelque peu chagrin ? Le monde peut bien aller où il veut, Noël, quoi qu’il arrive reste la fête de la famille universelle qui dans la célébration de la naissance de l’enfant voit le signe d’une espérance, toujours renaissante, symbolisée par le soleil qui au solstice d’hiver entame sa nouvelle course victorieuse sur les ténèbres.

« Kala Christouyenna » à vous tous qui régulièrement, partagez à travers ce média, mes espoirs, mes craintes et mes indignations avec une mention toute particulière à ceux pour qui le chant de cette espérance natale peut ne pas résonner, en mode majeur ou mineur, d’un même accord.

En cadeau pour l’année 2013 ce conte merveilleux que nous a laissé Hans Christian Andersen ce poète du Nord qui a illuminé nos années enfantines. Encore aujourd’hui  le plaisir est grand de le redécouvrir. Bernard FRAU

"La petite fille aux allumettes"

la petite fille aux allumettes.gifIl faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.

Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.

Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons, sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.

Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.

L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.

Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.

L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu.

«Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.

- Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! Tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.

Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.

Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.

- Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité

12:34 Écrit par Bernard FRAU dans 12. Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noël, kala christouyenna, joyeux noël | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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