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30/11/2012

La Palestine Etat observateur à l'ONU : Pour 138, Contre 9, Abstention 41

Jeudi 29 novembre, jour oh combien symbolique qui ONU Timothy A clary.jpgmarquait le 65e anniversaire du vote en 1947, d'une résolution de l’ONU portant partage de la Palestine mandataire entre un Etat juif et un Etat arabe, Mahmoud Abbas  a plaidé avec  succès, à New York, devant les membres de cette même Assemblée, pour  faire aboutir une motion déposée en vue du rehaussement du statut de la Palestine.

Une très large majorité de 138 Etats, dont la France et la Russie, lui a répondu favorablement.

1794548_3_28d8_un-enfant-palestinien-a-gaza-le-22-novembre_ab37d8d80216c0c2c59a83cf4870f333.jpgJusqu'à ce jour  simple observateur, la Palestine acquiert à l’issu de ce votez un statut d’Etat observateur non membre, identique à celui dont dispose le Vatican.

Une majorité simple aurait suffi. Les Palestiniens ont rallié au-delà des deux tiers des délégués des pays représentés aux Nations unies.

C’est un succès diplomatique indéniable pour le président de l'Autorité palestinienne.

Neuf Etats ont voté contre, Israël, les Etats-Unis, le Canada et la République tchèque.  Quarante et un pays ont fait le choix de l'abstention. Parmi eux  une dizaine de pays de l’UE parmi lesquels l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Bulgarie.

Les débats qui ont précédés ce vote historique ont clairement marqués les positions respectives des parties en présence.

Des deux côtés, israélien et palestinien, ont été réaffirmés, parfois de façon virulente, les droits «inaliénables» de chacun à vivre indépendants et en paix  sur cette terre des fils d’Abraham !

1798182_3_b3e9_mahmoud-abbas-a-la-tribune-des-nations-unies_a4ec260fcca8a0259bed6b3c563753b3.jpgPour les Palestiniens il s’agissait d’accorder  "un certificat de naissance" à un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale et une solution négociée pour les réfugiés.

Côté Israélien l’intervention de l’ambassadeur chargé de répondre au leader palestinien a montré que l’état d’Israël n’était pas convaincu par l'initiative palestinienne qui selon lui  "ne fait pas avancer, mais reculer la paix".

Indiquant que sa démarche ne cherchait en aucune manière à délégitimer Israël, rappelant sa disponibilité à placer sa démarche comme une tentative pour  « un dernier effort sérieux pour faire la paix », Mahmoud Abbas n’en a pas moins dénoncé avec force la politique de Tel-Aviv dans les territoires occupés, mettant en garde les autorités israéliennes : « une fenêtre d'opportunité se referme, le temps commence à manquer »!

Ron Prosor, l'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, sur le mode de la surprise feinte à propos du choix du Ron Prosor et Suzan Rice.jpgprésident de l’Autorité palestinienne de venir à New-York plutôt qu’à Jérusalem (*) pour faire valoir ses aspirations, s’est contenté de conclure, il faut le dire de façon un peu « méprisante» mais aussi «très politique» que celui-ci, Mahmoud Abbas, dans l’incapacité de se rendre dans une partie du territoire – Gaza sous contrôle du Hamas – qu’il revendique pour son état (**), ne souhaitait pas en réalité répondre positivement  à l’offre israélienne pour engager de véritables négociations.

Ron Prosor a conclu en direction de l’auditoire par une déclaration en forme d’avertissement : «N'encouragez pas les Palestiniens dans cette marche folle».

Il n’a pas été suivi ! Ce qui, le résultat connu, a déclenché l’ire de Benyamin Netanyahou qui a très 4759156.jpgvivement réagit à l’intervention du leader palestinien dont il a dénoncé «un discours diffamatoire et venimeux rempli de propagande fallacieuse contre l'armée israélienne et les citoyens d’Israël » ajoutant «Quelqu'un qui veut la paix ne parle pas comme cela»

Cette prise de position, qui sonne comme une fin de non470420.jpg-recevoir à toute ouverture au dialogue, d’un Premier ministre en campagne électorale, est intervenue au moment où dans un communiqué, comme  Susan Rice l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU et la Grande-Bretagne, la présidence française a appellé à «l'ouverture immédiate de négociations » sans conditions préalables.

Il faut espérer que, passé le temps de la campagne électorale et de ses excès,  Benyamin Netanyahou saura se mettre à la hauteur des enjeux supérieurs de la région – la sécurité des deux Etats garantis par une paix durable conclue après 65 ans de conflits permanents – et qu’il fera oublier tranquillement ses déclarations qu’il faut  mettre sur le compte de la mauvaise humeur du moment et de l’emballement médiatique qu’a pu susciter cette décision historique .

En tout état de cause, sur le fond, cette surenchère 1483533_3_8942_en-2007-la-conference-d-annapolis-aux_781b129d1624f51f4f5210436bc56515.jpgmédiatico-diplomatique, n’apporte rien car elle ne plaide pas en faveur de la paix. Une paix d’ailleurs voulue par de nombreux israéliens eux-mêmes. Elle n’est surtout n’est pas adaptée à la nouvelle donne née au Moyen-Orient des récentes révolutions arabes.

«La décision de l'ONU ne changera rien sur le terrain» ! Et pourquoi donc ?

«Il n'y aura pas d'Etat palestinien sans arrangements garantissant la sécurité des citoyens d'Israël». Qui oserait aujourd’hui affirmer le contraire ?

« En présentant leur demande à l'ONU, les Palestiniens ont violé leurs accords avec Israël, et Israël agira en conséquence », a indiqué le leader israélien, visiblement fermé à toute réouverture d’un dialogue interrompu depuis deux ans.

Cette position est intenable, comme est intenable celle  de Dany Ayalon – le vice-ministre des affaires étrangères israélien – qui, de son côté,  emboitant le pas de Netanyahou a été encore plus violent : «Aujourd'hui, nous ne sommes plus tenus par nos accords avec les Palestiniens, et nous agirons en fonction de nos intérêts... La Communauté internationale a une fois de plus fait la preuve de son irresponsabilité».

Le seul soutien des Etats-Unis ne suffira pas à Israël pour trouver les voies de la Paix et de la Sécurité. Surtout si les dirigeants israéliens se figent dans une posture d’intransigeance diplomatique !

29 11 2012.jpgQuoi qu’en disent Benyamin Netanyahou, Avigdor Libermann et les faucons du Likoud et des Partis religieux, ce vote ouvre aux Palestiniens des possibilités diplomatiques importantes. Israël devra en tenir compte à un moment ou à un autre.

(*) Si pour la communauté internationale Tel-Aviv est la capitale officielle de l’Etat d’Israël, dans l’esprit d’une large majorité de diplomates israéliens Jérusalem reste la seule véritable capitale possible de l’Etat hébreux. Dans son intervention Ron Prosor  a d’ailleurs rappelé avec force « les droits du peuple juif sur la terre d'Israël ».

(**) L’initiative de Mahmoud Abbas avait le soutien explicite des autorités du Hamas en place à Gaza ainsi que de celle de Khaled Mechaal, Le chef du Hamas en exil. «Le Hamas salue toute initiative, y compris celle consistant à aller aux Nations unies, tant que cela ne porte pas préjudice aux droits des Palestiniens», a déclaré à l'AFP le porte-parole officiel du mouvement palestinien à Gaza, Sami Abou Zouhri.

 

Commentaires

comme si les gouvernants actuels d'Israël avaient besoin d'une raison supplémentaire pour faire capoter tous les accords de paix depuis qu'ils sont au pouvoir.
Vivement une alternance dans ce pays

Écrit par : Gaud Chauvin | 01/12/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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