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24/07/2012

Quand Henri Guaino réécrit l'Histoire de France et insulte le président Hollande

Bernard FRAU : en complément du billet rédigé hier à propos de la commémoration des 70 ans de la Rafle du Vel d’Hiv et de la réaction d’Henri Guaino au discours prononcé à cette occasion par François Hollande, j’avais prévu de commettre un texte pour dire ce que m’inspirait cette réaction de l’ancien porte-plume de Nicolas Sarkozy, tant celle-ci m’a choqué, indigné. Ce matin à la lecture de l’éditorial Jean-Marcel Bouguereau il m’est apparu que celui-ci était si proche de ce que j’aurai pu moi-même écrire – sans doute avec moins de talent – qu’il ne m’a pas semblé que cela valait la peine d’en ajouter. Merci à lui d’avoir su si bien dire ses quatre vérités à l’imposteur dont le chef est, semble-t-il depuis qu’il est député, en train de prendre la taille d’une montgolfière, au point d’en perdre le sens de la mesure et du savoir vivre républicain.

LE PLUS. Suivant les pas de Jacques Chirac, François Hollande a fait porter la responsabilité du Vel' d'Hiv' à la France. Des propos qui ont heurté Henri Guaino, qui ne s'est pas reconnu dans la France que décrivait le président. Et pourtant, cette France a existé, comme le rappelle Jean-Marcel Bouguereau.

Édité par Louise Pothier  

8061320751281.jpgMonsieur Henri Guaino se veut gaulliste. Il en prend volontiers la pose. Le gaullisme, c’était, dit-on, une certaine idée de la France. De la grandeur. De Gaulle expliquant qu’il n’y avait plus la gauche et la droite, ajouta un jour : "Il y a les gens qui sont en haut (…) et il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages." Henri Guaino, fait partie de ces gens du bas. De ces gens qui s’agitent dans les marécages.

Scandalisé par les propos de Hollande sur la tragédie du Vél' d’Hiv', l’ancien porte-plume de Nicolas Sarkozy a jugé bon d’injurier le chef de l’état : "Peut-être que Monsieur Hollande se sent plus proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice ? Ce n'est pas ma France." Pourquoi ? Parce que le chef de l’État avait dit la veille que le crime du Vél' d’Hiv' "fut commis en France, par la France". "Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vél d'Hiv est une abomination. C'est une horreur (...) Mais la France, qu'est-ce qu'elle a à voir avec cela? " a déclaré le néo-député Guaino.

Un crime de la France contre la France

Eh oui, bien sûr que la France avait quelque chose à voir avec le Vel' d'Hiv'. La France concrète, pas la France des rêves d’Henri Guaino.

La France, c’est Charles de Gaulle ET Philippe Pétain, Pierre Dac ET Jacques Doriot, Robert Brasillach ET Louis Aragon, Adolphe Thiers ET Louise Michel, que ça vous plaise ou pas. La France des flics qui ont raflé les Juifs, ceux qui, sachant ce qui allait se passer, ont prévenu des Juifs et leur ont permis de fuir. Et bien sûr l’écrasante majorité de ceux qui n’ont rien fait.

Oui, comme l’a rappelé François Hollande, "ce crime a été commis en France par la France. Ce fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs que la résistance, la France libre, les Justes surent incarner dans l’honneur." Non content d’injurier François Hollande, Henri Guaino a ajouté : "Bien qu'il soit président de la République, [il] n'a pas à parler en mon nom, il n'a pas à parler au nom de la France que j'aime, de la France qui est ma France". Car celle-ci "était à Londres, elle était avec la France libre, elle était dans les maquis". Ce souverainiste ne reconnaîtrait-il plus la légitimité de l’élection du président de la République pour lui refuser le droit de parler au nom de la France ?

Se sentait-il plus dignement représenté dans sa fibre gaulliste et résistante lorsque son mentor, Nicolas Sarkozy a prononcé le discours de Grenoble sur sa guerre à l’insécurité et à l’immigration qu’il avait lui-même critiqué ? Et lorsque Jacques Chirac, premier président français à reconnaître une responsabilité longtemps passée sous silence, déclarait en 1995, que "la France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux", que pensait alors Henri Guaino ?

En tous cas, il n’a rien dit. Pas un mot. Il ne s’est pas senti mal représenté. Pourtant Chirac ce jour là n’avait rien dit de fondamentalement différent de François Hollande mais cette année-là, Henri Guaino venait de travailler à la campagne de Jacques Chirac !

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Jean-Marcel Bouguereau éditorialiste

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/598457-quand-hen...

 

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