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02/07/2012

Fusillade en plein centre-ville à Lille: deux morts et cinq blessés

120701093716455_28_000_apx_470_.jpgDans la nuit de samedi à dimanche, après que l’entrée de la discothèque «Théatro» lui ait été refusée par le physionomiste de l’établissement, un individu, de retour peu après sur les lieux muni d’une  arme lourde «type kalachnikov », a tiré sans discernement faisant 7 victimes.

Bilan de la fusillade : deux morts – une employée au  vestiaire placé à l'entrée de la boîte de nuit, et un client – cinq blessés par balles, dont l’un est dans un état grave – le physionomiste et des clients –.

L’homme, âgé de 31 ans, a rapidement été identifié. Originaire de Tourcoing bien  connu  des services de police – impliqué par le passé dans plusieurs affaires de vols, d’abus de confiance, de violences volontaires et également de trafic de stupéfiants – est considéré comme un délinquant violent et dangereux.

Il aurait, à priori, agi seul, mais la participation éventuelle d’un complice à sa fuite n’est toutefois pas écartée. Il est recherché depuis ce dimanche matin par les services lillois compétents en la matière pour «assassinat», «tentative d'assassinat» et «détention d'arme de guerre de première catégorie».

L’homme qui pourrait avoir pris la fuite à l’étranger n’ayant pas encore été interpellé, il est pour l’heure difficile de se prononcer sur le fond de l’affaire.  Quoi qu’il en soit les forces de l’ordre sont convaincues «qu’il ne se laissera pas arrêter facilement».

Sans préjuger des suites judicaires de cette tragique affaire, d’ores et déjà des questions se posent.

D’abord, comment un individu connu des services de police peut-il sans difficulté apparente, après une altercation à l’entrée d’une boite de nuit, revenir sur les lieux du différend avec une arme de guerre et tirer à tout va ? Le bilan aurait pu être plus considérable. Au moment de la fusillade, il y avait, en effet, 200 à 300 personnes sur la piste de danse de la boite de nuit.

Cette question pour nombre de nos concitoyens – qui ne supportent plus les polémiques politiques stériles droite contre gauche, qui n’en finissent pas et au terme desquelles rien n’est vraiment résolu – revêt une importance capitale quant au futur de notre démocratie.

Pourquoi ? Parce que même en n’ayant pas fait de grandes études ils savent bien qu’on ne se procure pas une arme de norvège 22 juillet.jpgguerre comme on achète une baguette de pain. Ils savent aussi instinctivement qu’il faut être dans un état d’esprit bien particulier – qui n’a rien de commun avec l’esprit d’une collectivité démocratique normale –  pour s’en procurer et au-delà aller jusqu’à s’en servir. De plus ils redoutent pour leur propre sécurité.

422447.jpgEnsuite, comment se fait-il que de telles armes soient en circulation sur le territoire alors même que celles-ci y sont interdites, qu’elles n’y sont pas fabriquées – donc qu’on ne peut pas les voler - et que pourtant leur utilisation y est aussi répandue ?

Lille n’est pas la seule ville où il est fait état d’utilisation d’armes de guerre, ici pour s’attaquer à une banque ou un transport de fonds blindé, là pour un règlement de compte entre voyous, là encore pour perpétrer un crime raciste ou terroriste.

Hier Toulouse, Marseille, Paris, Lyon, Grenoble, aujourd’hui Grenoble.jpgLille; les grandes métropoles urbaines françaises sont toutes touchées par cette lèpre qui à chaque fois fait des victimes innocentes, crée un climat délétère de perte de confiance dans les services de l’état et pousse les gens à l’exaspération, la haine et les raisonnements à courte vue.

Enfin comment se fait-il qu’en l’état notre système de répression pénal ne soit pas plus dissuasif, que la situation se dégrade de jour en jour et  qu’une lente dérive à l’américaine de la vie au quotidien dans les grandes villes de l’hexagone se développe et tout laisse à penser que l’état est impuissant face à ce phénomène?

Même si à New-York par exemple une vigoureuse action a été menée dans les quartiers chauds avec quelques succès il y a quelques années, aux États-Unis – pays qui s’est construit dans la liberté, le colt à la ceinture et la violence au cœur – de telles tragédies sont presque banales et quotidiennes.

tuerie-toulouse-532490-jpg_363092.JPGEn France, on peut avancer sans risque de se tromper que les mêmes causes ne produiront pas les mêmes effets. Il faut s’attendre, à relativement brève échéance, si des solutions efficaces ne sont pas rapidement trouvées, à devoir face à une réaction du corps social en demande croissante d’autorité alimentée par une insidieuse propagande raciste et xénophobe qui ne pourra à terme qu’aboutir à l’instauration d’un état non républicain.

Au-delà des questions économiques et sociales dont on doit bien sûr tenir compte dans l’évaluation des situations dans tels ou tels quartiers et telles ou telles zones de non droit abandonnées, il est d’une absolue nécessité de regarder avec lucidité l’état de cloisonnement qui existe entre les différentes structures de l’état – justice, police, douane, gendarmerie, prisons  – et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Trois+singes-300x209.jpgCe cloisonnement conduit à des blocages qui ne profitent aujourd’hui qu’aux criminels et aux récidivistes sans scrupules. Chacun sûr de son bon jugement campe sur ses positions pendant que la paix civile se dégrade et que montent en politique la notoriété des extrêmes.

Il n’est pas normal qu’à chaque fois qu’une tragédie se produit, il puisse être donné aux médias la possibilité de nous rejouer le film de l’éternelle et bêtement réductrice opposition entre le bon éducateur de rue contre le méchant policier, le juge laxiste contre le policier rigoureux, le pauvre délinquant victime et la méchante société coupable, la bonne gauche humaniste contre la méchante droite fasciste, et maintenant la gauche de droite contre la gauche vraiment de gauche.

Cela suffit ! Il y a aussi à se poser la question du rôle des médias de grande écoute dans le traitement de ces affaires sous l’angle quasi exclusif du fait divers et de la chicaya entre les hommes et les femmes en charge du maintien de l’ordre et de la loi.

A ce rythme c’est la société toute entière et son modèle qui finira par partir totalement en c…..e. «Le poids des mots le choc des photos» ne saurait à lui seul, au contraire, suffire à construire la stabilité d’une démocratie et d’un corps social juste et apaisé.

Une mission mixte et transversale rassemblant des citoyens, des fonctionnaires, des politiques,  des professionnels de l’audio- visuel et des médias doit pouvoir être désignée par le 1er ministre avec l’engagement de celui-ci de soumettre au parlement, en vue de leur immédiate application, les propositions qui auront été élaborées durant la période de travail dévolue.

Concrètement il s’agira de fixer à cette mission de conduire ses travaux en vue d’explorer toutes les solutions pour qu’un coup d’arrêt soit porté à la dérive qui, au plan sécuritaire et malgré les importants financements qui y sont consacrés, se développe sur notre territoire .

Aux coupables une mise au ban de la société durable et efficace.

Il ne peut y avoir de compromis ou de concession sur la question du respect de la loi collective. Les victimisations de quelque ordre qu’elles soient ne sont plus de mise. Il importe peu aux familles des victimes de savoir d’où vient celui qui a pris la vie de leurs parents. Ce à quoi chaque citoyen aspire c’est d’abord et avant tout de ne pas avoir à pleurer qui une fille, qui un fils qui un père une mère ou un ami.

Rien ne peut justifier, la violence, le crime, la récidive ainsi que le non-respect de la loi et de la force publique. Rien, pas plus le chômage et  la pauvreté que la richesse ou le pouvoir. Les voyous pleins aux as et « bien élevés » des beaux quartiers qui ont aussi leur part d’ignoble et cynique délinquance sont à mettre au même niveau que les soi-disant révoltés des zones de non droit pourvoyeurs d’armes et de drogues.

marianne_par_Bernard_Buffet-8-85063.jpgLa majorité et l’opposition républicaines doivent sur ce sujet cesser de s’agresser à polémiques perdues et fausses querelles. Il faut désormais ouvrir les yeux sur les réalités, faire bloc et faire face ensemble. Faute de quoi l’une et l’autre seront emportés comme fétu de paille aux prochaines échéances électorales pour le plus grand malheur de notre histoire.

Les solutions ne sont pas simples, personne ne le croit ! Mais diable, que l’on se donne enfin les moyens d’en finir avec cette plaie qui gangrène tout : les cerveaux, les rapports citoyens et les perspectives d’avenir!

Le Changement c’est probablement cela aussi et ce n’est pas être «facho» que de le dire!

 

11:37 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lille, police, théatro, tuerie de lille | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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