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15/12/2011

Condamnation de Jacques Chirac : Fallait-il le faire ?

 

1567530_3_1f6a_jacques-chirac-tient-un-discours-a-bruxelles.jpgAlors que le parquet avait requis la relaxe, Jacques Chirac vient d’être condamné à une peine de 2 ans de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Paris  dans l’affaire dite « des emplois fictifs de la Mairie de Paris ».

C’est une surprise. D’’autant que pour la principale victime l’affaire était close. Bertrand Delanoë, actuel maire de la capitale, avait renoncé à se porter partie civile, considérant avoir « obtenu la réparation » à la suite d’un accord intervenu en 2010 au terme duquel  la ville avait été remboursée  de 2,2 millions d’euros dont 500.000 acquittés par Jacques Chirac ; le reste pris en charge par l’UMP.

La surprise est d’autant plus grande qu’il est assez  rare que la cour ne suive pas les conclusions du Parquet.

Alors que le 20 septembre celui-ci avait déclaré lors de son réquisitoire « dans cette affaire, il n’y a pas de système frauduleux, encore moins mafieux », qualifications qui avaient été avancée par la partie civile qui a plaidé pour la sévérité du Tribunal, ce dernier a considéré que l’ancien Maire de Paris « avait manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens ».

Si les faits sont avérés, personne d’ailleurs ne les conteste, il convient de se rappeler que la législation en matière de financement de la vie politique n’était pas, au moment où ils se sont produits, aussi définie qu’elle ne l’est aujourd’hui. Toutes les formations politiques se sont adonnées allègrement aux pratiques pour lesquelles Jacques Chirac est aujourd’hui condamné.

D’un point de vue de la logique judiciaire il n’est pas anormal que ces pratiques soient condamnées. Mais la sentence est moralement insupportable pour l’accusé qui a toujours affirmé « n’avoir commis aucune faute, ni pénale, ni morale».

L’accusation de « manquement aux obligations de probité»  est en l’espèce difficilement recevable. D’abord parce que les faits au moment où ils se sont produits étaient monnaie courante dans une majorité des villes de France. L’opposition, socialiste ou communiste, se montre d’ailleurs particulièrement silencieuse sur le sujet. Ensuite parce que Jacques Chirac ne s’est pas enrichi personnellement à ces occasions. Enfin parce quoi que certains puissent reprocher à l’ancien chef de l’Etat, personne ne peut lui dénier le fait qu’il a consacré sa vie au service de notre Pays.

19abd85b04c346d06f99dfef2357fef8-0.jpgAu bout du bout, si ce procès arrive bien tard et « n’est pas bon pour l’image de la France », comme l’a souligné Ségolène Royale, et si la sentence semble discutable  il reste qu’au final la justice est passée et c’est là l’essentiel.

Demain plusieurs responsables politiques importants, en place actuellement, devront répondre de leurs actes devant les tribunaux. A quelques bords ou clans politiques auxquels ils appartiennent, ils devront les uns et les autres s’expliquer sur des affaires qui au total dépassent largement le cadre de la vingtaine d’emplois fictifs pour lesquels Jacques Chirac a été mis en cause.

C’est peut-être là le principal intérêt de la décision que vient de prendre aujourd’hui le Tribunal de Paris. Ce procès était nécessaire, la relaxe aurait peut-être été souhaitable mais non utile !

8634d6e0-3c1b-11df-8af1-503508d3954a.jpgQuant au Président Jacques Chirac il lui reste à jouir tranquillement et paisiblement de la très grande popularité que sa personne suscite auprès des Français qui au fond lui sont reconnaissants de son dévouement au service de la Nation.

 

Commentaires

Cette condamnation est tout à fait normal (et légère s'agissant d'une condamnation avec sursis) car ces pratiques auto-décidées par la classe politique ne sont pas conformes au Droit et n'ont jamais reçu l'accord des contribuables.
Dans les démocraties du Nord de l'Europe, certains ministres ont dû démissionner pour des factures personnelles de 20 € effectuées avec leur carte bancaire professionnelles, ne l'oublions pas !
Nous sommes en présence d'un comportement qui révèle la culture profondément monarchique de la France ; le "pas vu, pas pris" est intrinsèque à cette absence d'éthique, mais il ne garantit rien !
Nous ne pouvons qu'espérer qu'une véritable transparence et un respect des règle de la démocratie et de la République soient enfin instaurés dans le prétentieux et hypocrite pays des "droits de l'homme", volontiers donneur de leçon pour les autres mais incapable de respecter lui-même ce qu'il exige des autres.

Écrit par : Guy | 18/12/2011

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