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03/01/2011

Gouvernement pakistanais en otage

Vendredi 31 décembre les centres économiques importants du Pakistan ont été paralysés à la suite d’un mouvement de grève né d’un appel lancé par une dizaine de partis islamistes. Dans les grandes villes Islamabad, Lahore, Peshawar ainsi qu’à Karachi les transports public étaient à l’arrêt, les marchés bouclés et les routes périphériques désertes.

La mobilisation répondait à un appel lancé le 15 décembre à la suite du départ de la coalition au pouvoir du parti musulman Jamiat Ulema-e-Islam qui voulait ainsi protester contre un amendement visant à supprimer la peine de mort pour les personnes accusées de blasphème. Le débat sur cette loi s’est engagé après la condamnation à mort, au mois de novembre dernier d’une femme, chrétienne, pour «insulte à l’Islam».

Les opposants considèrent que le texte envisagé, ne vise qu’à permettre la persécution des minorités religieuses – 3% des 167 millions de pakistanais sont concernés et se plaignent de discrimination – sur fond de querelles personnelles. Ils le dénoncent par ailleurs comme un moyen d’alimenter l’extrémisme.

Le Pakistan traverse une période d’instabilité politique qui menace la coalition au pouvoir emmenée par le Parti du Peuple Pakistanais dont est issu le Président Asif Ali Zardari – époux de la défunte Benazir Buttho assassinée en décembre 2007 par des militants islamistes –. Peu soutenu par les militaires dont l’influence est considérable au Pakistan, soupçonné régulièrement de corruption Asif Ali Zardari était crédité en Aout 2010 d’une popularité qui n’excédait pas 20%

Alors que le 1er ministre, Youssouf Raza Gilani, s’est déclaré publiquement contre toute abolition ou amendement de la loi, les groupes conservateurs religieux s’étaient exprimés en faveur des partisans de la grève nationale. Les observateurs spécialistes de la région retiennent de leur côté que cette grève n’est qu’une façon pour les islamistes de mettre une pression politique accrue sur un gouvernement et des autorités fragilisés d’un pays en crise.

Au-delà du cas pakistanais, dont la gravité ne doit échapper à personne, – le Pakistan est en effet un grand pays doté de l’arme atomique – le mouvement de généralisation de l’instrumentalisation du «religieux», à laquelle se livrent actuellement des fondamentalistes islamistes, avec son cortège d’attentats ciblés contre d’autres minorités religieuses persécutées doit amener les dirigeants du monde démocratique à s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour y mettre un terme rapide.

Les attaques, attentatoires aux libertés fondamentales, qui se multiplient contre les Chrétiens d’Orient, comme les attentats entre tendances rivales du monde musulman ou les actes terroristes aveugles en milieu urbain en Europe, sont intolérables, tant elles portent atteintes à la liberté et la dignité d’hommes et de femmes assassinées ou blessées qui sont autant de victimes innocentes.

Les sinistres barbares commanditaires de ces actes doivent être identifiés, recherchés, et mis hors d’état de nuire. Toute la communauté internationale est concernée. Elle doit se mobiliser et coopérer dans le cadre des Nations Unies pour mener à bien une opération collective de salut public planétaire. Tout refus d’engager un tel combat ne serait que laxisme coupable et pusillanimité.

16:56 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islamabad, lahore, karachi, peshawar, chrétiens d'orient, liberté, dignité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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