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17/11/2010

François Fillon: le retour de piste

François Fillon fort de sa popularité chez les parlementaires de l’UMP qui, manifestement, souhaitaient le voir poursuivre dans sa fonction, avait donné le ton en déclarant: «il faut garder le cap». Nicolas Sarkozy a choisit de l’écouter et de le reconduire à son poste de 1er ministre. Du coup Lagarde reste à l’économie et Hortefeux à l’intérieur.

Exit, après la forte agitation automnale de la réforme des retraites, l’idée d’amorcer un virage social en faisant entrer à Matignon le centriste-écologiste Jean-Louis Borloo.

Comme pour marquer encore plus sa volonté de porter le clivage droite/gauche à ses limites, le Président a mis fin à l’ouverture. Bernard Kouchner et Fadela Amara ont été renvoyés à leurs études et du coup le retour de Xavier Bertrand et d’Alain Juppé apparaît comme une porte qui se referme en claquant au nez des centristes évacués du gouvernement.

Accessoirement ce remaniement a permit au Chef de l’État de faire un peu de nettoyage, ce n’est pas le printemps mais tout de même. Rama Yade la ministre au verbe un peu s’en est allée et le pauvre Eric Woerth qui porte comme une croix «l’affaire Béthencourt et ses développements politico-financiers» a été sacrifié.

La réduction tout azimut des déficits reste la priorité, comme le durcissement de la politique de sécurité. Le tout assorti, à grand renfort de communication, d’un peu de poudre aux yeux en direction de personnes âgées. Nicolas Sarkozy est reparti en campagne électorale.

Dans l’autre camp quelles sont les réactions?

«Tout ça pour ça» a déclaré celle qui préside aux destinées du PS pour le compte de Laurent Fabius, l’ancien «plus jeune premier ministre que François Mitterrand avait donné à la France».

Faute de proposer au Français des solutions concrètes pour les sortir des difficultés dans lesquelles ils sont plongés en raison de la crise financière mondiale, la dame de Lille s’en est tenue aux habituelles formules creuses à forte connotation électoraliste: «Je fais le même constat que tous les Français: tout ça pour ça. Plus que jamais, nos concitoyens le savent, le vrai changement aura lieu par leur vote en 2012", a-t-elle péroré devant les caméras de télévision. Et comme si cela ne suffisait pas elle a ajouté "Ce remaniement, c'est le renforcement de mainmise de l'UMP-RPR sur tous les leviers du pouvoir».

Les Français sont las de ces déclarations à l’emporte pièce qui n’apportent strictement rien à l’amélioration des conditions de vie qui sont les leurs. Les Français sont blasés de ces joutent oratoires et de ces campagnes électorales où la droite et la gauche s’affrontent en faisant semblant de n’être d’accord sur rien alors qu’ils partagent l’essentiel tant sur les diagnostics que sur les solutions à mettre en œuvre.

La réalité est celle-là, Nicolas Sarkozy dans la perspective de 2012 a choisit de renforcer son image d’homme de droite tout en légitimant la posture de gauche des leaders socialistes. Ils sont en quelque sorte copains comme cochons! C’est triste mais c’est ainsi.

Alors que reste t-il à faire dans ces conditions?

S’il est une chose positive dans ce remaniement ministériel, celle-ci réside dans le fait que le choix délibéré du chef de l’État de renforcer le bipolarisme droite/gauche, ravageur pour le pays, ouvre cette fois, à cause de l’éviction des centristes du gouvernement, un véritable espace politique où républicains authentiques, centristes émancipés des deux bords et écologistes non alignés peuvent se retrouver et construire une puissante alternative de changement.

Les 18 mois qui nous séparent de l’élection présidentielle sont largement suffisants pour jeter les bases d’une telle dynamique et la porter à la victoire politique en 2012. Les différentes personnalités de chacune de ces sensibilités sauront-elles passer outre leur intérêt individuel pour aller servir l’intérêt général?

La question leur est désormais posée. Les conditions sont réunies pour faire avancer cette idée car les Français, dans leur grande majorité sont murs pour la soutenir: renvoyer dos à dos le PS et l’UMP. Il ne faudrait pas une fois encore les décevoir, faute de quoi c’est aux sirènes de l’extrême-droite qu’ils finiront par confier leur destin.

00:56 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabius, borloo, fillon, sarkozy, centristes, républicains, Écologistes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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