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15/09/2010

Les polémiques courent et enflamment ceux qui s’y adonnent mais les questions de fond demeurent.

S’agissant de ces femmes, de ces hommes et de leurs enfants que l’on appelle « les Roms », qui sont aujourd’hui brutalement devenus de simples « objets/sujets de disputes, » pour décideurs politiques en quête de réélection, la question fondamentale est et reste : quel projet doit être mis en œuvre pour réussir leur intégration économique et sociale dans les pays dont ils sont les ressortissants.

 

Concrètement s’il est reconnu à tout citoyen européen le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire de chaque état membre, au-delà d’une période de trois mois, des obligations précises en terme d’emploi et de ressources – cf. la directive 2004/38/EC –  sont fixées pour permettre aux états d’accueil de ne pas avoir à supporter des charges qui incombent d’abord au pays d’origine qui ont reçus des sommes importantes – 17 milliards d’euros – pour engager des politiques d’intégration de leurs ressortissants en question.

 

Il est donc hypocrite et malsain de faire comme si ces dispositions n’existaient pas. Il convient de plus de ne pas ignorer, dans cette question grave sensible et importante, la responsabilité des pays d’origine dont l’action en termes d’intégration des populations Rom ne brille pas par son efficacité et son volontarisme.

 

Au-delà des maladresses, des fautes et des excès de langage en tout genre dont les auteurs français auront à rendre compte lors des prochaines consultations électorales, il faut savoir reconnaître que la France est dans son droit lorsqu’elle procède à des reconduites au pays d’origine dès lors que ces reconduites s’inscrivent dans le cadre réglementaire, ce qui est le cas.

 

Il n’est pas anormal de demander la destruction d’installations sauvages. De même il n’est pas anormal de renvoyer dans leur pays d’origine ceux d’entre les occupants de ces installations sauvages en situation illégales. Que des « directeurs de Cabinet », non responsables politiquement, produisent des circulaires non conforme au droit national ou européen et les signent est stupide et inadmissible. Ces pratiques ne peuvent que conduire à mettre notre pays à l’index et créer des amalgames insupportables.

 

Cela posé reste la question de fond demeure. Quelle solution pour régler ce problème sensible ?

 

Un plan d’action concerté doit être élaboré au niveau européen avec toutes les parties concernées et en premier lieu la Bulgarie la Roumanie dont les états respectifs ont déjà reçus des sommes importantes pour rechercher des solutions concrètes et les mettre en œuvre.

Les représentants des organisations des Roms doivent être associés à ce plan afin qu’ils expriment leurs besoins réels. La France de son côté ne peut pas se contenter de mesures de reconduites, elle doit prendre une part active à la mise en œuvre de ce plan d’action dont les financements doivent être apportés par Bruxelles et contrôlés par un comité de suivi ad hoc.

 

Faute d’agir dans ce sens, dans le climat délétère ambiant de montée générales des intolérances, la poursuite de polémiques,  pas toujours aussi désintéressées qu’on l’imaginer, que leurs auteurs engagent au nom des valeurs humanistes et républicaines, profitera non, comme ils veulent nous le faire croire, aux hommes femmes et enfants qu’ils prétendent défendre mais surtout et avant tout aux extrémistes de la droite et de la gauche.

02:19 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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