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07/05/2010

La crise grecque volet (2)

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110 Milliards d’euros sur trois ans, et des mesures d’une violence sans pareil pour le peuple grec dont la part, il faut encore une fois le marteler, n’est pas la plus importante dans l’échelle des responsabilités qui ont conduit le pays dans les difficultés qu’il connaît.

 Au menu :

Entrée : Hausse des impôts et Taxes (TVA à 23% au lieu de 21% et augmentation des taxes de 10% sur les carburants, l'alcool et le tabac

Plat de résistance : Baisse des rémunérations, (gel des salaires et retraites du secteur public

Dessert :Baisse des prestations sociales, (relèvement de l’âge de la retraite à 60 ans)

575x385_1621432_0_013a_ill-1345077-529d-255000.jpgLa Grèce s’est engagée à ramener son déficit budgétaire à 8,1% du PIB en 2010, contre 13,6% l'an dernier, à 7,6% du PIB en 2011 et à 6,5% en 2012. Il lui est par ailleurs « accordé » deux ans pour revenir au sacro saint seuil de 3% du pacte de stabilité !

Pour l’anecdote l’on notera la grande marque de solidarité des « sauveteurs » européens de la Grèce. Ils prêtent à 5% ce qu’ils empruntent à 3% !

Le FMI lui prête à 4.5%, bel effort, mais à taux variable ! La nuance est importante car à tous les coups les taux aux US vont bientôt grimper et avec eux celui du prêt du FMI à la Grèce.

Dominique Strauss-Kahn a beau raconter qu’il « comprends tout à fait la colère de la population grecque », qu’il « mesure les sacrifices qui sont nécessaires », « et qu’ « il n’y a pas d’autres solutions », le grec moyen dont le salaire est loin très loin de celui que perçoit le ci-devant directeur du FMI porte flingue en chef des banquiers anglo-saxons, (325000 euro net annuel, valeur 2007) est dans la rue pour clamer sa colère.

La police d'athènes 05 05 2010.jpgAthènes a mercredi été placée en "état d'alerte générale" pour faire face au déchaînement de violences et le plan que d’aucun qualifie « de soutien », d’autres de « de sauvetage », d’autres encore « de rigueur » compte ses trois premiers morts.

Dominique Strauss-Kahn a beau dire qu’ « Il faut réussir à éviter la contagion », qu’il s’y emploie, les marchés, qui se foutent de ce qu’il raconte, ont repris, leur spéculation dévastatrice contre l’euro et l’on s’attend à une dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie!

La monnaie européenne est descendue sous la barre de 1.26 $ pour un euro et personne n’est en mesure de dire à quel étiage elle se stabilisera.

Les banques de plusieurs pays européens dont le Portugal, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande et le Royaume-Uni seraient selon l’agence américaine de notation, Moody's, exposée de faon importante au risque de contagion de la crise grecque.

Les membres du cercle minable des politiciens-ventilateurs ont perdu la main et déjà pour se requinquer certains ont lancé des imprécations menaçantes, l’Europe en tant que projet politique serait menacée,

919035-1087635.jpgAngela Merkel, prévient "Ceux qui ne remplissent pas les critères de Maastricht doivent renoncer à une partie des fonds structurels ou des fonds pour l'agriculture.

"S'il y avait des manquements" aux engagements pris par le gouvernement grec, "les versements seraient stoppés. Et alors le défaut de paiement menacerait à nouveau Athènes", surenchéri le ministre allemand des Finances, le conservateur Wolfgang Schäuble.

"Nous n'allons pas les laisser tranquilles", averti le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker M. Juncker, "nous allons constamment demander où les Grecs en sont dans leur programme de réformes".

"Quand on voit les mouvements de protestations en Grèce, notre patience, à moi et au reste de l'Europe, est quasiment à bout", a pour finir déclaré le vice-chancelier autrichien Josef Proell.

Les dirigeants européens en place − à commencer par Jose Manuel Barroso et Herman van Rompuy − n'ont pas de projet politique qui permettrait de relancer la machine européenne pour faire face aux enjeux. La volonté politique du couple franco-allemand, au delà des déclarations creuses auxquelles plus personne ne croit, est à son plus bas niveau tant les divergences sont grandes entre la France et l’Allemagne.

Face au probable bouleversement des rapports de forces mondiaux, dont la crise grecque n’est la pointe visible d’un immense iceberg qui rempli la mer, la question se pose : qui des Marchés ou de la volonté Politique, à condition qu’elle veuille bien se manifester, finira par l’emporter ?

1550490444.jpgDu fanatisme des uns à l’impuissance actuelle des autres dépend désormais le destin des Peuples ! L’heure en tout cas ne doit pas être à la résignation populaire mais à la résistance lucide, prudente et exigeante de ceux qui veulent encore croire que « la machine à emboutir » ne finira pas par les engloutir.

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