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07/05/2010

La crise grecque volet (1)

Ce plan d’austérité, économiquement, financièrement et socialement irréaliste que Bruxelles et les experts du FMI ont concocté à l’intention du peuple hellène c’est chronique d’un désastre politique et social annoncé!

C’est aussi une formidable mise en scène destinée à conditionner les opinions publique européennes aux nécessités d’une rigueur que l’on veut nous faire croire qu’elle sera salvatrice.

Sur l’analyse d’abord ! Non le peuple grec à qui la note est présentée aujourd’hui, n’a pas à assumer seul la responsabilité de la crise à laquelle la Grèce est confrontée.

6a00d83451b56c69e2012877b06237970c-320wi.jpgLes banquiers voyous de Goldman Sachs, et ses obligés des agences de notation, qui ont participé au maquillage de la situation réelle des finances de l’Etat hellène depuis son entrée dans la zone euro portent une responsabilité majeure dans la gravité de la situation du Pays.

Personne ne nous fera croire que dans les milieux autorisés tant à Bruxelles qu’à Francfort on ne savait pas ce qui se tramait !

La camarilla des, soi-disant, experts européens qui durant toutes ces années ont fermé les yeux sur ce qui se passait sont tout aussi coupables, au mieux de négligence au pire de complicité de fraude vis-à-vis des autres partenaires européens.

"Nous considérons le manque de préoccupation face la situation de la Grèce comme une erreur de négligence moyennement grave", a déclaré, en février dernier, Jean-Claude Juncker, qui préside actuellement l'Eurogroupe. De qui se moque-t-on ?

L’Allemagne de son côté a une part non négligeable dans l’aggravation de la situation! En tergiversant, pour ne pas dire en pratiquant une obstruction coupable, depuis de trop nombreuses semaines, elle a contribué à alourdir le service de la dette grecque donc à dégrader la situation de la Grèce.

banque_centrale_euro_18898b.jpgLa politique de l’Euro fort a largement contribué à affaiblir les comptes de la Grèce dont l’économie est structurée autour des services de faibles productivité – agroalimentaire, tourisme et industrie du transport commercial – largement concurrencés par des pays hors zone euro.

De même que l’absence totale de coordination économique, sociale et fiscale des politiques des pays de la zone euro dont la nécessité était d’autant plus de mise depuis la crise financière dont nous ont gratifié les banquiers et les spéculateurs anglo saxon logés à Wall Street et à la City.

Nonobstant, tout cela bien sur n’est pas pour escamoter le fait que la Grèce pêche par un certain nombre de côtés, au premier rang desquels sont à inscrire l’évasion fiscale, le travail non déclaré (évaluation à 30% du PIB), la folle politique d’armement et l’incurie du gouvernement Caramanlis. Il appartient désormais au gouvernement Papandréou de corriger avec énergie ces graves problèmes faute de quoi le naufrage serait irrémédiable.

Mais il faut que cesse cette fixation insupportable sur le soi-disant mauvais élève de la classe Europe qui selon les uns ou les autres, « magouille ses comptes », « ne travaille pas », « profite des subventions de l’Europe ».

En 2004, Goldman Sachs associé à Deutsch Bank a mis en place un montage ("Aries Vermoegensverwaltungs") qui a permis à l'Allemagne de camoufler une dette afin que celle-ci n'apparaisse pas dans les comptes publics. La France de son côté ne s’est pas privée de pratiquer ce sport bien connu de la « comptabilité créative".

Facade wall street.jpgLe système dans sa globalité est malade, malade de ses excès, malade de la situation financière des Etats-Unis et de l’Europe réunis, malade du fanatisme de Wall-Street et de la City, malade de l’incapacité des dirigeants occidentaux à penser autrement le futur. La Grèce, dans cette affaire, n’est qu’un épiphénomène, grossit à l’excès pour faire peur et ainsi mieux faire passer la grande lessive européenne des restrictions sociales, déjà programmée, que vont entreprendre ensemble, sous la houlette du FMI et des marchés, conservateurs et sociaux démocrates réunis.

DSK 2.jpgLes « il n’y a pas d’autre solution » de DSK, « Les Grecs sont responsables » de Laurent Fabius qui, évoquant "une baisse de pouvoir d'achat de 10 à 30% pour la population" a lâché « C'est très dur mais cet effort est nécessaire » ne font que traduire cette connivence inavouable mais bien réelle.

13:26 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : échec, austérité, goldman sachs, allemagne, wall street, city | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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