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29/04/2010

Polygamie et fraude aux aides sociales

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L’intéressé : Liès Hebbad, un homme âgé de 35 ans, d'origine algérienne, qui appartiendrait à la mouvance radicale du Tabligh, naturalisé par mariage avec une française en 1999. L’homme aurait eu douze enfants de quatre femmes différentes avec lesquelles il partagerait 3 domiciles différents d’un même quartier de Nantes, la quatrième s’étant éloignée.

Dès l’annonce de la décision de Brice Hortefeux une polémique s’est engagée avec plusieurs leaders du Parti Socialiste sur le thème : le ministre de l'Intérieur fait de la démagogie, à un moment où la question de l’adoption d’une loi sur l’interdiction totale de la burqa – voile intégral – semble devoir être soumise au Parlement les semaines à venir.

898908-1063151.jpgCôté Parti Communiste, la secrétaire générale Marie-Georges Buffet dénonce "une opération politicienne du plus mauvais goût (...) qui fait le jeu des intégristes".

L'islamologue Tariq Ramadan, a cru bon de devoir ajouter un grain de sel particulièrement acide, déclarant dimanche, lors d'une conférence à la mosquée Arrahma de Nantes : "Avec des politiques de cette nature, ce sont les valeurs de la France qu'on trahit. Brice Hortefeux, c'est vous qui trahissez les valeurs de la France!".

Jean-Francois-Cope_pics_390.jpgSi, côté UMP, l’heure est plutôt à la discrétion, Jean-François Copé est lui monté en première ligne pour soutenir la décision du Ministre de l’Intérieur. "Brice Hortefeux a tout à fait raison de mettre les pieds dans le plat", a déclaré le patron des députés UMP sur Radio J.

 

Qu’en est-il en la matière  au plan du droit?

Les conditions de déchéance de la nationalité sont indiquées dans l'article 25 du code civil. Quelles sont-elles?

Un individu visé par une procédure de déchéance doit posséder une double nationalité à seule fin de ne pas se retrouver apatride en cas de décision positive. De plus il doit avoir été condamné pour "atteinte aux intérêtimage_proces.jpgs fondamentaux de la nation" ou "pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme", ou encore s’être "livré au profit d'un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France".

Le délit de polygamie, en l’état actuel de la législation ne peut pas conduire à un jugement de déchéance de nationalité.

Dans le cas de Liès Hebbad, une annulation de sa naturalisation pourrait être décidée sur avis conforme du Conseil d'Etat s'il preuve était apportée que l'homme était déjà marié civilement au moment de son mariage en 1999. Dans ces conditions sa naturalisation aurait alors en effet été obtenue "par mensonge ou par fraude".

Que peut-on dire de cette affaire ?

Avant tout que le Parquet de Nantes, désormais saisi, fasse procéder aux enquêtes qui permettront de dire si oui ou non les faits sont avérés !

Y a-il polygamie ? Des fraudes aux aidestf1-lci-caisse-d-allocations-familiales-caf-2251637_1902.jpg sociales ont-elles été commises ? Si au terme des investigations menées les faits étaient avérés alors on ne voit pas pourquoi les auteurs qui s’en seraient rendus coupables ne devraient pas être sanctionnés.

En dehors de quelque considération que ce soit, il faut que justice passe.

Il serait en effet assez cocasse de voir s’instaurer dans notre pays une pratique qui consisterait à revendiquer les droits qui découlent du statut de citoyen français et dans le même temps de refuser toute condamnation de ceux qui n’en accepteraient pas les règles et devoirs, au prétexte que celle-ci les « stigmatiserait » à raison de leur origine. Devant la loi républicaine, il n’existe dans notre pays qu’une seule catégorie de Français.

S’agissant de la demande du Ministre Brice Hortefeux, qui vise, dans le cas de Nantes, à vérifier si la déchéance de la nationalité française peut être prononcée à l’encontre de Liès Hebbad la réponse semble couler de source !

Il existe pour l’Etat la possibilité de recourir à la procédure dite de retrait du décret de naturalisation en cas de fraude ou de mensonge au regard des conditions d’obtention de la nationalité. Il suffit tout simplement de mener les enquêtes et ensuite d’agir dans un sens ou dans l’autre en fonction des résultats.

Sur un plan plus général, faut-il en France considérer que la polygamie, la fraude aux aides sociales, la fraude fiscale sont justiciables d’une déchéance de la nationalité française, en particulier pour ceux dont la nationalité a été demandée alors qu’ils étaient majeurs donc en état de conscience suffisant pour savoir les conséquences de leur engagement?

La réponse ne souffre d’aucune restriction, la réponse au fond est oui. Toutefois, sur la forme, il semble que l’arsenal juridique offre en l’état des fenêtres pour échapper à toute condamnation. Eric Besson propose une évolution du droit en la matière. Il a raison !

Reste la question des Français nés Français ! Pour les cas où la déchéance nationale n’est pas possible parce que la déchéance de nationalité en ferait des apatrides, il pourrait par exemple être étudié la création et la mise en œuvre d’une procédure de déchéance civique et de longue mise à l’épreuve subordonnant la réintégration dans la communauté citoyenne à des engagements formels et précis. Le tout assorti au paiement de l’intégralité des sommes détournées et des amendes afférentes.

Faut-il rappeler que le respect des valeurs fondamentales de la constitution en 8634d6e0-3c1b-11df-8af1-503508d3954a.jpggénéral comme l’acquittement de l’impôt et le paiement des cotisations sociales, constitue les piliers sur lesquels est construit le pacte social et républicain qui font la qualité de citoyen ! Il est donc fondamental qu’une exigence sourcilleuse soit de mise pour en assurer la qualité.

Le débat sur l’identité nationale s’il n’avait pas été saboté par les oppositions de principe du PS, du PCF, du Modem, des Verts et du NPA, aurait pu être l’occasion d’un débat pour tenter une approche de ces questions, difficiles, à partir du sens profond qui sous-tend notre appartenance à la communauté républicaine en tant que citoyen français. Cela n’a pas été le cas espérons que les prochains débats sur le sujet permettront de nous en saisir et de progresser sans à priori politiciens et partisans.

12:19 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polygamie, fraude, débat national, déchéance, nationalité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

27/04/2010

Que veut l'Allemagne?

87946_merkel-papandreou-unejpg.jpgDepuis le début de la crise grecque l’Allemagne n’en finit pas de jouer « le cul de plomb » dès lors que des solutions semblent se profiler pour permettre au gouvernement hellène une sortie de crise sans catastrophe sociale pour le pays. A ce jeu c’est l’ensemble des pays de la zone euro qui risquent bientôt de se trouver en difficulté.

 

Mercredi 17 mars, tout en émettant l’idée, «en dernier recours»,  d'exclure un pays de la zone euro en cas d'infractions répétées aux règles de Maastricht, Angela Merkel, rejetait devant le Bundestag, la possibilité d’une aide rapide à la Grèce.  Enfonçant le clou, la Chancelière allemande a précisé qu’il ne fallait pas «apporter une aide prématurée, mais mettre de l'ordre dans tout cela».

 

Certes l’opinion publique allemande est loin d’être favorable, voire hostile, à toute  politique de la main tendue envers un pays et une population qu’elle considère comme laxiste.

 

Angéla Merkel est d'autant plus sensibilisée par cette opposition que des élections locales difficiles pour son parti auront lieu à la mi-mai en Allemagne. De plus son gouvernement de coalition est divisé sur la question grecque.

 

Tout cela ne justifie en aucune manière que la solidarité européenne ne joue pas pour soutenir l’actuel chef de gouvernement grec, qui très courageusement fait face, de son côté, à une montée en puissance des mécontentement que soulève le plan d’austérité mis en place pour donner des gages sur la bonne conduite des affaires de l’Etat grec pour le futur.

 

Au-delà de la crise du financement de sa dette, le pays, très dépendant de la conjoncture générale européenne et mondiale pour son économie doit amortir un recul important de l’activité de secteurs traditionnellement forts. Ainsi en matière de tourisme le recul se chiffre à 13%, pour la construction navale et le transport maritime à 7,8%.

 

Le plan de redressement va imposer une cure d'austérité sans précédent au pays, qui viendra se surajouter aux difficultés réelles économiques. Ce plan aura, à n’en pas douter, des conséquences sur les investissements et la demande des ménages.

 

Pour mémoire le programme d’assainissement prévoit une augmentation de la TVA de 19 à 21%, un relèvement des Impôts et des taxes à la consommation, une réduction des salaires dans le secteur public qui représente 32 % des salariés du pays, moins 60% du quatorzième mois et moins 30 % du treizième mois ainsi qu’un blocage général des retraites.

Nonobstant, Wolfgang Schäuble le ministre des Finances CDU de la coalition Merkel en remet une couche. Alors que la Grèce a, ce vendredi, officiellement demandé l’aide de l’Union Européenne et du FMI, celui-ci lui réclame de nouvelles mesures d'austérité. Faute de quoi, Berlin pourrait mettre son veto à la mise en place du plan européen aide à Athènes.

Dans la foulée, Hans-Peter Friedrich, un des hauts responsables de la CSU, parti conservateur bavarois, considère lui que « la Grèce devrait envisager sérieusement de quitter la zone euro », pendant que Werner Langen l’actuel chef du groupe conservateur allemand, CDU/CSU, au Parlement européen, martèle, «la véritable alternative» serait qu'Athènes «quitte la zone euro et redevienne compétitive à l'aide de rudes réformes structurelles ».

 

Toute cette agitation provoque un affolement des marchés mais également une colère de la rue à Athènes.

Les taux grecs à 10 ans sont montés à un niveau record lundi dépassant le seuil de 9%. Cette tension s’est traduite par un relèvement des taux  au Portugal, en Espagne et en Irlande laissant craindre une contagion de la crise à d’autres pays fragilisés de la zone euro.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’à ce stade la situation devient assez imprévisible. Le remède de cheval que veut  imposer l’Allemagne à la Grèce risque d’être plus négatif que positif. A force d’exiger plus d’économies et d’efforts c’est à une déroute économique et sociale que le pays va être conduit, qui ne sera pas sans conséquences pour l’ensemble de l’Europe.

 

Que veut l’Allemagne ? Le retour des colonels en Grèce ? Au rythme des déclarations de ses dirigeants on pourrait le croire. Que veut l’Allemagne ? Se payer à bon compte «  Quelques Iles » ? «On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou »  comme le dit le journal allemand Bild.

Quelle honte, quelle arrogance ! D’autant que dans cette histoire de financement de la dette grecque, il n’est pas question de « don » de la part de qui que ce soit, mais bien de prêts adossés à des taux d’intérêts largement rémunérateurs pour les pays contributeurs. Pour mémoire pour prêter à la Grèce à un taux de 5%, l’Allemagne emprunterait à 1.5%.

Pourquoi l’Allemagne dont la part dans le commerce mondial des armes et systèmes d’armements atteint plus de 11%. ne recommande-t-elle pas à la Grèce une réduction drastique de ses budgets d’armement ? La réponse est claire, la Grèce, éternel rival de la Turquie, 5ème importateur mondial d’armement dont le budget défense est de 6 milliards d’Euro/an, représente 13% de ses ventes mondiales.

Il suffirait que l'Europe, à condition qu’elle existe en tant puissance politique et militaire souveraine, accorde sa protection à la Grèce contre toute agression, pour réduire dans un rapport deux ou trois les dépenses militaires de ce pays donc le budget général de l’état. Les marchands d'armes Allemands, Américains et Français seraient certes pénalisés, mais la dette et les déficits de la Grèce seraient très rapidement résorbés!

Il faut donc cesser cette hypocrisie générale qui se sert de la Grèce pour pousser les feux d’un projet politique allemand inavouable ! Il faut cesser de nous faire croire que la Grèce a trompé ses partenaires européens !

Depuis 2001, personne te surtout pas la Commission européenne ne pouvait ignorer la réalité des comptes de la Grèce. Il suffisait pour cela de vérifier les comptes des administrations centrales pour constater le déficit permanent du budget de l’État grec et voir que la dette officielle (rendue présentable pour intégrer la zone euro) annoncée ne correspondait pas à la réalité des finances du pays. Tout le monde savait mais personne n’a parlé! Pour des questions politiques et géostratégiques il fallait pousser à l’intégration de la Grèce dans la zone euro. A cette époque la France et l’Allemagne en étaient les plus ardents partisans.

En défendant la Grèce «nous défendons le territoire de l'euro»  a  déclaré  dimanche Christine Lagarde, ajoutant fort justement, «Lorsqu'une partie de ce territoire est attaquée, et que notre devise commune est sous pression, on est tous tenus d'être solidaires».

Il est temps pour l’Allemagne de comprendre que, sauf à vouloir délibérément casser l’Union Européenne, la solidarité des européens dans cette affaire doit jouer, comme ce fut le cas au moment de la réunification.

Il est temps aussi pour la France de dire très clairement que ces atermoiements ne peuvent plus durer, comme ne peut plus durer cette arrogance teutonne qui veut faire marcher l’Europe au pas cadencé depuis Berlin.

Il faut très clairement que le 3 mai prochain, le parlement français qui va débattre du plan d'aide du gouvernement français à la Grèce signifie à Angela MERKEL la détermination de notre Pays.

Pas de Munich diplomatique ! La  France solidaire des pays méditerranéens  doit soutenir la Grèce, sans complaisance certes, mais sans arrogance ou marchandage boutiquier avec à l’esprit le sens de l’intérêt général des pays européens de la zone euro.  

08:55 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, portugal, espagne, merkel, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

16/04/2010

La crise grecque est révélatrice de disfonctionnements qu'il convient de traiter

C’est ainsi que ces dernières semaines l’on a pu lire dans différents journaux : « la note de la Grèce a été dégradée par Fitch à BBB ».

Qui sont ces agences de notations ?

fitch_desc.jpgPour l’essentiel ce sont trois sociétés américaines Fitch Rating, Standard & Poor’s et Moody’s. Ces trois sociétés détiennent 90 % du marché des notations. C’est dans les années 80, avec le développement de la globalisation financière, que leur champ d’action s’est porté en Europe.

Quel est leur rôle ?

Globalement leur rôle consiste à faire l’évaluation des risques liés à la « solidité financière » des émetteurs d’emprunts publics ou privés - entreprises, banques, compagnies d’assurance, collectivités locales ou Etats. Elles apportent également, leur expertise pour l’analyse et la notation des différents titres financiers qui circulent sur les marchés comme les obligations, les titres de créances négociables, les produits structurés.

Quelle est leur influence ?

A l’origine, le rôle des agences de notation, dont il convient de rappeler qu’elles sont des entreprises privées à but lucratif, était d’informer les épargnants. Aujourd’hui la réalité montre que les choses sont un peu plus compliquées. Au delà de leur rôle d’information les agences ont désormais un rôle de conseil qui, faute de règles déontologiques précises, engendre inévitablement des conflits d’intérêts bien au-delà de la sphère des marchés financiers. Leur implication, non contrôlée, dans le système financier globalisé les amène à influer sur l’application des décisions « politiques » des états en principe souverains.

Servent-elles l’intérêt général européen en général et grec en particulier?

Dans le cdollar-en-liasse.jpgas de la Grèce, elles ont été, dès l’adoption de l’euro, avec leurs commanditaires banquiers – Goldman Sachs en l’occurrence – à l’origine des manipulations-conseils qui ont permis, moyennant honoraires, – 300 millions de dollars selon le New-York Times du 10 02 2010 – d’emprunter en secret des milliards et de contourner les règles européennes mise en place pour limiter les dettes publique.

Au bout de toutes ces manipulations un plan d’austérité d’une grande ampleur qui a provoqué une révolte sociale, jeté des millions de grecs dans la rue et provoqué une très forte tension parmi les partenaires de la zone Euro.

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Récemment, alors qu’un accord a été obtenu au niveau européen pour permettre un financement de la dette grecque, à des conditions sans doute difficiles mais acceptables politiquement entre les membres de l’Union Européenne, l'agence de notation Fitch a pris la décision d’abaisser de deux crans la note de la Grèce.

Cette décision a relancé les attaques contre l’Euro et de fait, elle contrecarre les choix politiques entérinés par les Etats européens donc des populations respectives de ces pays. On pourrait d’ailleurs et de façon annexe s’interroger sur les finalités « politiques » qui ont présidé à cette décision scandaleuse et inappropriée.

Décision d’autant plus inacceptable que ces agences de notations ont une approche sélective de leurs jugements selon les pays où les clients privés qu’elles sont amenées à évaluer.

Pourq

uoi, par exemple, alors que le déficit budgétaire et la dette publique de ce pays y sont scandaleusement supérieurs à ceux de tous les autres grands pays,  les Etats-Unis sont-ils toujours notés au top de l’évaluation des agences? Pourquoi ?

Peut-on durablement accepter ces pratiques financières internationales?

L’exemple grec montre à quel point, au delà de la Grèce elle-même, qui n’est qu’un alibi commode pour men34ba13ec-c00c-11de-9e53-8220c692c248.jpger une stratégie inavouable, les intérêts des européens sont assujettis, pieds et poings, au bon vouloir d’un système bancaire international dont les centres de décisions/spéculations sont logés à Wall Street et à la City. C’est de ces deux places fortes du « capitalisme financier globalisé anglo-saxon » que tout se joue. Tout, y compris le plus scandaleux à savoir le maquillage et la falsification pour compte propre.

Après le scandale des subprimes, qui a conduit en septembre 2008 à la faillite du géant bancaire américain Lehman Brothers et dans lequel l’influence des agences a été déterminante – en assurant une notation maximum aux produits financiers toxiques – , après les bidouillages des déficits grecs par Goldman Sachs, l’on apprend aujourd’hui – source Wall Street Journal – que les grandes banques américaines, toutes parties prenantes du système, – Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup et treize autre banques – ont « trafiqués leurs comptes » durant les cinq derniers trimestres.

Chacune,6a00d83451b56c69e2012877b06237970c-320wi.jpg sans qu’aucune agence de notation ne se manifeste, s’est prêtée au jeu de mistigri consistant à jongler comptablement avec le niveau de sa dette à court terme en début et fin de période à hauteur de 42% des montants concernés. Une paille ! Un énorme coup de canif porté au ventre des marchés financiers et des concurrents notamment ceux de la zone euro.

Cette carambouille ne peut plus durer, comme ne peut plus durer le droit que s’est octroyé le système capitaliste fin

ancier globalisé sous tutelle anglo saxonne, depuis la décision de Richard NIXON le 15 08 1971 de mettre fin, pour les Banques Centrales à la convertibilité du dollar en Or. Depuis cette date, en effet, les monnaies devenues des marchandises comme les autres sont la proie des spéculateurs qui n'hésitent plus à les attaquer sur le marché des changes.

Quelles pistes ?

L’état de déliquescence dans lequel nous laisse patauger la crise mondiale qui n’en finit pas de « finir » invite à regarder la réalité en face et à agir rapidement pour redéfinir des règles du système économique, monétaire et financier mondial de sorte que ceux-ci soient rediriger au service de l’intérêt général des peuples. La question est politique et relève de la responsabilité des grands pôles économiques de la planète – Europe, Russie, Amérique, Asie, Inde

Plusieurs pistes devront être étudiées :

La premièrevise d’abord à mettre fin à cette pratique abusive et détestable du néolibéralisme anglo-saxon qui voit le marché partout ! On ne peut, s’agissant des sources de financement traiter les Etats comme on traite des Entreprises privées. Les banques centrales doivent être repositionnées comme « interlocuteur direct et prioritaire » des Etats.

La seconde piste consiste ensuite à exiger au plan international un retour à la parité des monnaies par rapport à un étalon fixe. Ceci afin d’éviter les sous évaluations comme les surévaluations qui faussent les données et les équilibres en matière de commerce international.

La troisième enfin s’attachera à mettre en œuvre un plan d’harmonisation fiscal, social et environnemental de nature à permettre une amélioration des conditions matérielles des populations et d’éviter toute pratique agressive de dumping.

S’agissan520614.jpgt de l’Europe et des Européens, cette crise doit amener une relance du concept « Europe puissance souveraine et solidaire » et conduire à une solidarité sans faille des membres de la zone Euro.

Charles De Gaulle pour qui la primauté du politique sur les humeurs irrationnelles du marché était essentielle, lors d’une conférence de presse tenue à l'Elysée le 28-10-1966 a déclaré : "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».

Le maître mot des prochaines présidences européennes doit exprimer le refus de la « Vielle Europe » de voir sa politique faite à Wall Street ou à la City.

14:12 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : anglo-saxon, marchés, notation, banques, or, parité, monaies | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

07/04/2010

Pipeau-démocratie à Dieppe !

image003.jpgAlors que vient de s’ouvrir ce lundi 29 mars, pour 4 mois, les travaux de la Commission particulière du débat public concernant le projet de réalisation d’un réacteur type EPR à Penly qui porte le nombre de réacteur de la centrale de 2 à 3 l’on apprend que : « le document officiel de Programmation pluriannuelle des investissements électriques, qui vient d'être publié, assure "à deux endroits différents que la mise en service du réacteur de nouvelle génération de Penly (l'EPR) est déjà décidée." » .

 

Il ne fait plus aucun doute que dans ces conditions, la tenue d’un débat public sur le sujet relève plus « du gadget pour gogo » que d’une véritable concertation avant décision finale. Désormais dans notre pays même nos gouvernants ne respectent plus la loi. Celle-ci – loi du 27 février 2002 –  dispose en effet « qu'un débat public porte, à la fois, sur l'opportunité et les modalités de sa mise en œuvre »

 

Chantier EPR Flamenville.jpgTout est donc joué alors même que les retards de livraison, généralement évalué à 3 ans, pour les chantiers EPR en cours en Finlande et à Flamanville ne permettent pas, comme s’y était engagé EDF en 2005, de mettre au débat les retours d’expérience EPR avant de mettre en chantier une éventuelle série de ces types de réacteur nouvelle génération.

 

Aucune base sérieuse ne permet aujourd’hui d’engager un véritable débat et de se prononcer sérieusement sur un projet qui pose encore de multiples questions !

 

Qu’il s’agisse de maîtrise des couts économiques de réalisation, de fiabilité des systèmes de sécurité, de rejets et de diffusion d’éléments potentiellement nuisibles pour la santé des populations, de production de déchets toxiques biologiquement dangereux, il y a, en effet, loin de la coupe aux lèvres.

 

Ce débat public n’est qu’un débat alibi, un déni de démocratie, un mépris des citoyens dont il convient de dire qu’ils ne sont pas dupes des pratiques et des objectifs de leurs gouvernants.

 

300x200_1535326_0_d83c_ill-1326151-04a8-ill-1269141-9931-464879.jpgLe ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable, Jean-Louis BORLOO, ne se grandit pas en cautionnant une telle parodie de démocratie !

 

La même remarque vaut pour les leaders locaux et nationaux des « deux grandes surfaces du consensus productiviste et pro nucléaire »

 

L’UMP et le PS vont-ils enfin dénoncer cette pipeau-démocratie qui contribue à jeter dans l’abstentionnisme et le vote FN une quantité toujours plus grande de nos concitoyens ?

 

On peut à bon droit s’interroger sur la finalité de tels comportements.

 

La réalité est qu’il existe un immense marché nucléaire-civil mondial et qu’au plus haut niveau du lobby nucléaire français on ne veut pas se laisser distancer dans la course aux contrats.

 

Faut-il pour cela ne pas s’embarrasser de procédures ou d’engagements contraignants.  

 

dollar-en-liasse.jpgLe marché est aujourd’hui évalué à plus de 1 000 milliards de dollars d'investissements d'ici à 2030.

 

Il y a là de quoi faire bouillir encore un moment la marmite d’une flopée de dirigeants politiques inféodés à des financiers cyniques et irresponsables qui tirent les ficelles d’un modèle d’organisation de la cité qu’une partie chaque jour plus grande de Français  tend à rejeter tant il fait peu de place à la vie, au partage et à l’intelligence créatrice.

Ce pactole nucléaire fait courir Nicolas Sarkozy, qui a demandé en décembre dernier à l'ancien président d'EDF François Roussely de «  réfléchir à l'organisation industrielle de la filière nucléaire civile française, au rôle de l'Etat dans celle-ci et à sa stratégie en matière d'alliances et partenariats ». – cf. Le Monde du 17 03 2010 -.

regionales-haute-normandie-laurent-fabius-pou-L-1.jpgAu passage chacun, sur le sujet, peut noter le mutisme assourdissant de la troïka socialo-libérale -  FABIUS,  HOLLANDE et AUBRY – qui se garde bien de piper mot.    

Contrairement aux concessions verbales qu’ils condescendent à faire en agrémentant leurs discours de déclarations en faveur des énergies renouvelable, les leaders des partis de gouvernement, socialistes et les libéraux, ont déjà inscrit l’énergie nucléaire  au cœur du nouveau projet de cycle de croissance de l’après pétrole. Ils n’en démordront pas !

 

La question devra être tranchée lors des prochaines élections présidentielles, il faudra s’y préparer ! C’est bien à la lumière de cette réalité qu’il convient de regarder les méthodes utilisées pour l’organisation des travaux de Commission particulière du débat public concernant le projet de réalisation du réacteur type EPR à Penly. 

15:38 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : penly, pipeau, démocratie, marché, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Massacre au canon de 30 à Bagdad

Hélicoptère Apache, de l'armée américaine.

©Maria Marogianni/EPA

 

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Le site Internet Wikileaks.org vient de rendre publique une vidéo qui montre un hélicoptère de l'armée américaine en mission dans le ciel de Bagad. Cette vidéo relate plus particulièrement une opération au cours de laquelle le 12 juillet 2007, une voiture civile, où se trouvaient des enfants clairement identifiés, a été mitraillée au canon de 30 millimètres. Ce jour là de deux journalistes de guerre de l'agence Reuters ainsi que plusieurs autres personnes sont morts.

 

En regardant la vidéo en question, nous sommes conviés à faire un retour brutal sur le film « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola qui en 1979 dénonçait la « déshumanisation » des soldats américains lors de la guerre du Viêt-Nam. En 1979 c’était un film là il s’agit de la réalité vécue. C’est l’horreur d’une guerre, déclarée il faut s’en souvenir sur une escroquerie abominable dont se sont rendus coupables les USA et la Grande-Bretagne : le mensonge d’état des prétendues armes de destruction massives qui auraient été, à l’époque, détenues par l’Irak.

 

La bande son qui reprend les échanges entre les pilotes de l’hélicoptère Apache et les équipes de contrôle au sol, permet de qualifier les actes repris par les images tournées depuis l'appareil de l’armée américaine d’abominables « crimes de guerre ».

 

L’acharnement mis, tant à réclamer les autorisations de feu –alors que rien ne menaçait l’appareil – qu’à mitrailler la voiture et les gens  qui tentaient d’évacuer les blessés, ainsi que les autocongratulations et les rires des mêmes après qu’un blindé arrivé sur les lieux    fut passé sur le corps d’un cadavre, ajoutent à l’horreur!

 

Faut-il rappeler que les Conventions de Genève I et II article 12 protègent les blessés et que les enfants jouissent par ailleurs quelque soient les circonstances d’une protection particulière ?

 

Cette affaire, mise sous le boisseau depuis 3 ans par l’armée américaine, est accablante pour ce pays, les USA, qui ne rate jamais une occasion de nous dire qu’il combat toujours au nom de la défense de la Démocratie et des Libertés dans le monde!

 

Liberté que de saloperies l’Amérique commet en ton nom!

 

Il faut qu’une fois pour toute cela cesse. L’ordre américain, la « Pax Americana », n’est qu’une manipulation ignoble menée au seul profit des multinationales de la finance, du pétrole et des fabricants d’armes, jamais rassasiés.

 

La France après avoir refusé de participer à la seconde guerre du Golfe s’honorerait aujourd’hui en décidant un retour unilatéral et sans condition de ses soldats en poste en Afghanistan pour protester devant l’attitude inqualifiable de son allié fort peu démocrate, manipulateur, menteur et assassin de civils et d’enfants innocents : les civils et les enfants sont toujours innocents.

 

13:47 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : accablant, guerre, crime, saloperies, liberté, acharnement, irak, retour, soldats, innocents | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
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