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16/04/2010

La crise grecque est révélatrice de disfonctionnements qu'il convient de traiter

C’est ainsi que ces dernières semaines l’on a pu lire dans différents journaux : « la note de la Grèce a été dégradée par Fitch à BBB ».

Qui sont ces agences de notations ?

fitch_desc.jpgPour l’essentiel ce sont trois sociétés américaines Fitch Rating, Standard & Poor’s et Moody’s. Ces trois sociétés détiennent 90 % du marché des notations. C’est dans les années 80, avec le développement de la globalisation financière, que leur champ d’action s’est porté en Europe.

Quel est leur rôle ?

Globalement leur rôle consiste à faire l’évaluation des risques liés à la « solidité financière » des émetteurs d’emprunts publics ou privés - entreprises, banques, compagnies d’assurance, collectivités locales ou Etats. Elles apportent également, leur expertise pour l’analyse et la notation des différents titres financiers qui circulent sur les marchés comme les obligations, les titres de créances négociables, les produits structurés.

Quelle est leur influence ?

A l’origine, le rôle des agences de notation, dont il convient de rappeler qu’elles sont des entreprises privées à but lucratif, était d’informer les épargnants. Aujourd’hui la réalité montre que les choses sont un peu plus compliquées. Au delà de leur rôle d’information les agences ont désormais un rôle de conseil qui, faute de règles déontologiques précises, engendre inévitablement des conflits d’intérêts bien au-delà de la sphère des marchés financiers. Leur implication, non contrôlée, dans le système financier globalisé les amène à influer sur l’application des décisions « politiques » des états en principe souverains.

Servent-elles l’intérêt général européen en général et grec en particulier?

Dans le cdollar-en-liasse.jpgas de la Grèce, elles ont été, dès l’adoption de l’euro, avec leurs commanditaires banquiers – Goldman Sachs en l’occurrence – à l’origine des manipulations-conseils qui ont permis, moyennant honoraires, – 300 millions de dollars selon le New-York Times du 10 02 2010 – d’emprunter en secret des milliards et de contourner les règles européennes mise en place pour limiter les dettes publique.

Au bout de toutes ces manipulations un plan d’austérité d’une grande ampleur qui a provoqué une révolte sociale, jeté des millions de grecs dans la rue et provoqué une très forte tension parmi les partenaires de la zone Euro.

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Récemment, alors qu’un accord a été obtenu au niveau européen pour permettre un financement de la dette grecque, à des conditions sans doute difficiles mais acceptables politiquement entre les membres de l’Union Européenne, l'agence de notation Fitch a pris la décision d’abaisser de deux crans la note de la Grèce.

Cette décision a relancé les attaques contre l’Euro et de fait, elle contrecarre les choix politiques entérinés par les Etats européens donc des populations respectives de ces pays. On pourrait d’ailleurs et de façon annexe s’interroger sur les finalités « politiques » qui ont présidé à cette décision scandaleuse et inappropriée.

Décision d’autant plus inacceptable que ces agences de notations ont une approche sélective de leurs jugements selon les pays où les clients privés qu’elles sont amenées à évaluer.

Pourq

uoi, par exemple, alors que le déficit budgétaire et la dette publique de ce pays y sont scandaleusement supérieurs à ceux de tous les autres grands pays,  les Etats-Unis sont-ils toujours notés au top de l’évaluation des agences? Pourquoi ?

Peut-on durablement accepter ces pratiques financières internationales?

L’exemple grec montre à quel point, au delà de la Grèce elle-même, qui n’est qu’un alibi commode pour men34ba13ec-c00c-11de-9e53-8220c692c248.jpger une stratégie inavouable, les intérêts des européens sont assujettis, pieds et poings, au bon vouloir d’un système bancaire international dont les centres de décisions/spéculations sont logés à Wall Street et à la City. C’est de ces deux places fortes du « capitalisme financier globalisé anglo-saxon » que tout se joue. Tout, y compris le plus scandaleux à savoir le maquillage et la falsification pour compte propre.

Après le scandale des subprimes, qui a conduit en septembre 2008 à la faillite du géant bancaire américain Lehman Brothers et dans lequel l’influence des agences a été déterminante – en assurant une notation maximum aux produits financiers toxiques – , après les bidouillages des déficits grecs par Goldman Sachs, l’on apprend aujourd’hui – source Wall Street Journal – que les grandes banques américaines, toutes parties prenantes du système, – Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup et treize autre banques – ont « trafiqués leurs comptes » durant les cinq derniers trimestres.

Chacune,6a00d83451b56c69e2012877b06237970c-320wi.jpg sans qu’aucune agence de notation ne se manifeste, s’est prêtée au jeu de mistigri consistant à jongler comptablement avec le niveau de sa dette à court terme en début et fin de période à hauteur de 42% des montants concernés. Une paille ! Un énorme coup de canif porté au ventre des marchés financiers et des concurrents notamment ceux de la zone euro.

Cette carambouille ne peut plus durer, comme ne peut plus durer le droit que s’est octroyé le système capitaliste fin

ancier globalisé sous tutelle anglo saxonne, depuis la décision de Richard NIXON le 15 08 1971 de mettre fin, pour les Banques Centrales à la convertibilité du dollar en Or. Depuis cette date, en effet, les monnaies devenues des marchandises comme les autres sont la proie des spéculateurs qui n'hésitent plus à les attaquer sur le marché des changes.

Quelles pistes ?

L’état de déliquescence dans lequel nous laisse patauger la crise mondiale qui n’en finit pas de « finir » invite à regarder la réalité en face et à agir rapidement pour redéfinir des règles du système économique, monétaire et financier mondial de sorte que ceux-ci soient rediriger au service de l’intérêt général des peuples. La question est politique et relève de la responsabilité des grands pôles économiques de la planète – Europe, Russie, Amérique, Asie, Inde

Plusieurs pistes devront être étudiées :

La premièrevise d’abord à mettre fin à cette pratique abusive et détestable du néolibéralisme anglo-saxon qui voit le marché partout ! On ne peut, s’agissant des sources de financement traiter les Etats comme on traite des Entreprises privées. Les banques centrales doivent être repositionnées comme « interlocuteur direct et prioritaire » des Etats.

La seconde piste consiste ensuite à exiger au plan international un retour à la parité des monnaies par rapport à un étalon fixe. Ceci afin d’éviter les sous évaluations comme les surévaluations qui faussent les données et les équilibres en matière de commerce international.

La troisième enfin s’attachera à mettre en œuvre un plan d’harmonisation fiscal, social et environnemental de nature à permettre une amélioration des conditions matérielles des populations et d’éviter toute pratique agressive de dumping.

S’agissan520614.jpgt de l’Europe et des Européens, cette crise doit amener une relance du concept « Europe puissance souveraine et solidaire » et conduire à une solidarité sans faille des membres de la zone Euro.

Charles De Gaulle pour qui la primauté du politique sur les humeurs irrationnelles du marché était essentielle, lors d’une conférence de presse tenue à l'Elysée le 28-10-1966 a déclaré : "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».

Le maître mot des prochaines présidences européennes doit exprimer le refus de la « Vielle Europe » de voir sa politique faite à Wall Street ou à la City.

14:12 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : anglo-saxon, marchés, notation, banques, or, parité, monaies | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Pourquoi paniquer?

C’est quoi la dette si ce n’est qu’essentiellement du vent?
Oui parce ce qu’il faut savoir c’est que la plupart de l’argent n’est pas preter mais creer ex nihlo quand il y a contraction de dette!

Les banquiers feraient donc bien d’etre un peu plus prudent car ils sont plus un parasite qu’un maillon essentiele du systeme. Il feraient un mieux de redescendre sur terre car c’est bien connu, qui séme le vent récolte la tempéte!

Ps: apres les multinationnal, les pays pauvre, c’est au tour des pays de tailles moyenne d’essuyer la vindicte des banquiers, ca devrait continuer jusqu’au bal des pendus!

Écrit par : cow boy | 25/04/2010

@ Cow boy
bonjour, il n'y a dans l'esprit de cet article ni envie de faire peur, ni même le sentiment qu'il faille être fataliste.
Il s'agit au contraire d'une réflexion pour dire que loin d'être une fatalité ou un dogme, la logique anglo-saxonne (USA et GN) doit être affrontée politiquement et sans détour. Cela, selon mon point de vue, passe par une affirmation forte de la souveraineté des pays de la vieille Europe qui sont actuellement rassemblés dans la zone Euro. Cela dit, il reste assurément du chemin à faire pour amener l'Allemagne à s'affirmer autrement qu'en leader hégémonique d'une Union Européenne qu'elle veut actuellement voir marcher au pas cadencé. Ce premier billet sera suivi d'autres plus concrets.
En d'autre terme donc, pas de panique pour ce qui me concerne, mais une certaine conscience que les dérives folles des financiers internationaux, encore une fois plus particulièrement ceux du monde anglo saxon, ne nous ont pas, par le passé, gratifiés le monde dune assurance tout risque pour la paix . Bien à vous

Écrit par : Bernard FRAU | 25/04/2010

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