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11/11/2009

La Marseillaise

A l'heure du Débat National sur ce que veut dire être français, à l'heure de la mondialisation cette vidéo a pour seule prétention que d'amener les habitués de ce blog à réfléchir en toute liberté et à se forger une opinion. Il n'est absolument pas dans les intentions de l'auteur de cette note de tenter d'orienter dans un sens ou dans un autre la/les réponses qui peuvent être données à la question posée!

Certains estiment qu'à la veille  des élections régionales s’interroger sur l'identité nationale est en sois incongru. Une manœuvre politicienne et démagogique, en quelque sorte ! À l'heure où, face à la crise, le pays est en grandes difficultés les Français auraient d'autres chats à fouetter…..! Peut-être….?

Certains autres pourraient aussi, devant cette crise d'une ampleur sans précédent depuis 90 ans, se dire que le moment est peut-être pas si mauvais de rappeler que notre République est universelle, que les valeurs qui la sous-tendent sont d'une furieuse modernité au moment où peuvent exister des  risques de débordements. 

Nul n’ignore que lorsque les repères disparaissent, les tentations de replis égoïstes et les reflexes d’exclusion apparaissent même dans les sociétés les plus solides!

Reconnaissons que la question peut aussi s'envisager sous cet angle!

Si au terme de cette consultation les Français, dans la richesse de toutes les diversités de leurs origines, se retrouvaient et redécouvraient la force  et le sens de la citoyenneté. S’ils étaient renforcés dans l’idée  de ce qu'elle implique en terme de devoirs et de droits à l'égard des autres et de soi-même, alors l'exercice n'aura pas été vain. La République, y aura gagné de son éclat, un bon coup de jeune comme le dit si bien le bons sens populaire.

La Nation, dans cette affaire, y retrouverait son compte, elle qui, comme le disait si bien Renan, « est un plébiscite de tous les jours ».

Si, au contraire, derrière cette consultation nationale se cachaient de sombres desseins pour servir les intérêts particuliers d'un clan politique contre un autre, ou pire ceux d'une fraction de la population contre une autre alors oui cette consultation, plus qu'une faute, serait une atteinte grave, une injure, faite aux valeurs que porte la France et qui fonde le pacte social de la Nation  depuis la Révolution !

Mais rien pour l'heure ne semble aller dans ce sens. Il ne faut donc pas crier avant d’avoir mal !

La vigilance certes s'impose. Mais elle ne saurait nous empêcher de saisir toutes les occasions pour que vivent les valeurs auxquelles nous sommes attachés. Valeur aux quelles, en qualité de citoyens français nous pouvons un jour être appelés défendre!

La République une et indivisible, la souveraineté pleine et entière du Peuple, la Laïcité, la Solidarité, la recherche de la Paix, toutes valeurs contenues dans la belle devise Liberté, Egalité, Fraternité que même en temps de Paix nous mesurons tous combien elles peuvent être galvaudées.

Si les chars du Nazisme ne sont pas venus à bout de la résistance républicaine lors de la dernière guerre mondiale, les bataillons de l’argent fou pourraient, si nous n’y prenons garde, même en ce s temps de paix relative, y porter des coups définitifs.

Aux armes Citoyens !

Nos armes aujourd’hui sont encore celle de la raison critique, de l’autonomie de la pensée, de la liberté absolue de conscience, de notre attachement à la diversité de nos paysages et à l’histoire de cette grande Nation qui a su, à travers les âges et les épreuves accueillir l’autre, l’étranger, pour en faire un citoyen libre sans pour autant l’arracher à ses racines culturelles ou religieuses.

 

 

 

19:07 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : laicité, république, indentité nationale, citoyen, solidarité, nation, pays | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Well... Pourquoi un débat sur l'identité nationale lancé par un gouvernement est-il inacceptable?...
D'abord Lévi-Strauss...
En 2005, Claude Lévi-Strauss prononçait un discours mettant en garde contre les dérives de politiques étatiques se fondant sur des principes d'identité nationale. "J'ai connu une époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent", disait-il. Pour Philippe Descola, professeur au Collège de France et qui a succédé à Claude Lévi-Strauss à la tête du laboratoire d'anthropologie sociale, "c'est la double expérience, personnelle et politique d'un côté et d'ethnologue de l'autre, qui a conduit Lévi-Strauss à récuser et vivement critiquer l'accaparement, par des Etats, de l'identité nationale".

Ensuite, si je réfléchis à l'identité nationale, je pense, avec Holderlin, que ce qui m'est le plus proche c'est ce qui m'est étranger". Et voilà la problématique de l'identité qui, loin d'être définissable, est un processus, un processus de désidentification et de réidentification dont le vecteur principal est le langage (Ici le français). Et c'est là la fonction des pouvoirs publics, maintenir la vitalité et la possibilité des processus. On pourrait dire qu"il en va de l'identité comme de l'individuation, elle n'est que processus (Cf Gilbert Simondon)
L'identité est, en fait, à concevoir comme une langue (quoi de plus proche et pourtant d'étranger que sa langue, quoi de plus enfermant et de plus ouvert qu'une langue?) Et depuis quand on pourrait laisser à l'Etat le soin de la langue???

Quand un Etat, quel qu'il soit, s'empare de cette question de l'identité, il est, soit cynique (récupération d'un électorat) soit déjà à tendance totalitaire. La glaciation de l'identité dans une définition aboutit, volens nolens, à pointer l'autre, l'autre non pas comme moi potentiel mais comme non moi (avec le risque d'un non moi comme barbare). Or, méfions-nous là encore, Lévi-Strauss, dans "Race et histoire" :
"Le barbare est d'abord celui qui croit à la barbarie". Définir l'identité nationale devient, de fait, immédiatement un nationalisme...


Pour finir, ne pensez-vous pas qu'au lieu d'un onanisme plus ou moins incesteux, justement, le gouvernement de Nicolas Sarkozy, toujours prêt à flirter aux limites du tabou de l'inceste dont Lévi-Strauss nous a dit pourtant ce qu'il a d'essentiel, ferait mieux de préparer les français a réfléchir sur cet après-09 décembre prochain à Copenhague où nous allons atteindre le sommet de l'irresponsabilité?

Sauf à considérer que d'un mauvais débat, il peut naître du bon, le débat sur l'identité nationale n'est qu'un symptome de crise et mal-être et pas l'esquisse d'une solution. C'est un peu un gros bouton que l'on traite en débattant sur lui au lieu, par faute de "savoir comment faire", de permettre la mise en place de réels dispositifs qui en supprimerait la problématique (dans sa composante étatique) en la laissant s'opérer dans les processus inter-individuels qui la constituent (l'identité)...
Bàv

Écrit par : Jean-Simon/Harmonia | 13/11/2009

J'ajoute que la position que je défends ici est profondément philosophique. J'entends, par là, qu'elle prend sa source aux fondements de la philosophie occidentale. Car, c'est bien face à l'instrumentalisation de l'identité nationale que la pensée doit se battre ici tout comme Platon, en son temps, s'est battu contre l'instrumentalisation de la langue que professaient les sophistes.

Je me demande d'ailleurs si l'identité nationale ne peut pas être traitée comme Platon traite de l'écriture dans son "Phèdre", c'est à dire comme un pharmakon (à la fois poison ET remède ET bouc émissaire). Ce qui reviendrait, non pas à la définir, mais à la mettre au centre d'une cure, au sens latin du terme, donc d'un système de soins des processus qui la constituent.

Bàv bis

Écrit par : Jean-Simon/Harmonia | 13/11/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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