Avertir le modérateur

02/08/2009

Saint-Exupéry: l'humaniste exigeant

saint-exupery01.jpg31 juillet 1944, en mission de reconnaissance aérienne, Antoine de Saint-Exupéry, disparaît en mer aux commandes de son avion, un P38 Lightning, abattu semble-t’il par un chasseur allemand ennemi. C’était il y a 65 ans, il avait 44 ans.

 

Les débris de son appareil seront retrouvés de nombreuses années plus tard en mer méditerranée au sud de Marseille.

 

Ecrivain déjà reconnu Saint-Ex, bien qu’ayant dépassé l'âge limite pour participer à des opérations de guerre avait remué ciel et terre, soulevé des montagnes, mobilisé toutes ses relations, pour pouvoir voler dans les forces aériennes alliées et ainsi apporter sa contribution à la libération de la France.

 

Cette mission, cette dernière mission, il aurait pu s'en abstenir ayant largement accompli sa part de travail.

 

Sa conception du devoir, son amour de la France et son dévouement à la patrie lui faisait obligation personnelle d’être en première ligne, jusqu’au bout, jusqu’à la victoire finale !

 

Inutile aujourd’hui d'imaginer un tel engagement, une telle authenticité dans la mise à l’épreuve d’un idéal, chez nos pseudo « journaliste-philosophe » chemise blanche, col ouvert et chevelure flamboyante sous les projecteurs.

 

Saint-Ex était fabriqué d'un autre bois. Il ne fallait pas compter sur lui pour s’abaisser jusqu’à tordre un peu la réalité pour pouvoir faire la une sur un plateau de télévision.

 

« On vivait d’un bout à l’autre de la ligne sous la même voûte profonde » écrivait-il dans « Vol de nuit ».

 

Son champ d’existence, c’était le ciel en prise avec les puissances naturelles, remettant chaque jour en jeu ses victoires de la veille, mais toujours,  mission après mission, gravant dans le marbre du temps les heures héroïques de l’Aéropostale.

 

Il était de cette race d’hommes plutôt difficile à rencontrer désormais. Qui à notre époque de paillettes d’hypocrisies et de flagorneries pourrait rivaliser avec Saint-Ex. Jamais courtisan, ni planqué jaloux de sa liberté fier de ses engagements, implacable avec les  « faux derches » comme il les appelait.

 

Il faut relire à ce propos sa lettre à André Breton, « il est dommage que vous ne vous soyez jamais trouvé face au problème de la mort consentie. Vous auriez constaté que l’homme a besoin alors, non de haine, mais de ferveur. On en meurt pas contre, on meurt pour ».

 

Il haïssait la guerre, dont il écrivait dans Pilote de Guerre qu’elle  « n'est pas une aventure » mais « une maladie comme le typhus ». Et pourtant, il s’y est engagé, par patriotisme et par idéal de la France ! Combien aujourd’hui en seraient encore capables ?

 

Tout à la fois Chevalier des temps modernes au grand cœur, poète, patriote, il a consacré sa vie et son œuvre au service de la dignité humaine. « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis », « je ne puis supporter d’être loin de ceux qui ont faim ».

 

Telles étaient ses pensées, pour lesquelles il s’est engagé jusqu’à sacrifier sa vie ! La fraternité au centre de la perspective planétaire, tel était son crédo !

 

Quel bel exemple et quel beau message pour ceux qui aujourd’hui s’engagent en cherchant, comme l’agriculteur de Saint-Ex « à donner un sens à leurs coups de pioche ».

 

Déjà en 1944 il dénonçait dans  les dernières lignes d’une lettre, écrite la veille de sa mort, qu’il a adressée à Pierre Dalloz, le monde des années à venir après guerre.

 

En visionnaire il en entrevoyait les germes : « Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m’épouvante. Et je hais leur vertu de robots. Moi, j’étais fait pour être jardinier. »

 

Aurait-il baissé les bras lui, l’infatigable humaniste engagé dans la lutte contre le désordre du monde, qui au terme de sa lettre à André Breton a écrit « Je crois aux actes, non aux grands mots » ! Un moment de faiblesse ? Peut-être ?

 

Même chez les plus solides, elle reste là, la possibilité de la faiblesse, tapie prête à surgir tant l’être Humain reste et restera toujours une chose fragile ! Après tout il était un homme, héroïque certes, mais un homme pas un dieu.

 

Il n’est pas là pour nous le dire ! Seule reste son œuvre littéraire, immense pour qui veut bien s’en nourrir : belle et pleine d’amour de la vie et des Hommes.

 

A chacun de lire ses écrits, de méditer et d’en tirer le miel ! Et peut-être, par fidélité à sa pensée, accepter de prendre part aux luttes éternelles de l’humanité pour contribuer, à laisser, pour demain à nos enfants, un monde meilleur et plus éclairé ! Un monde plus respectueux des hommes et de la nature.

16:53 Écrit par Bernard FRAU dans 2. Les grands hommes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : devoir, france, humanisme, liberté, amitié, fraternité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Merci pour l'aricle

Écrit par : mutuelle | 03/08/2009

merci pour l'informations

Écrit par : mutuelle | 21/08/2009

Saint-Exupéry, un grand homme. Beaucoup devrait prendre son exemple.
Merci pour ce petit rappel d'histoire.

Écrit par : mutuelle | 29/08/2009

Un grand homme.Merci bien pour cet article.J'ai bien aimé la lecture.

Écrit par : Mutuelle | 20/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu