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03/07/2009

Burqa Faut-il Légiférer pour interdire

"Nous nous vengerons de la France et de ses intérêts par tous les moyens à notre disposition, pour l'honneur de nos filles et de nos sœurs",  aurait déclaré, selon une source américaine, le dirigeant d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) Abou Moussab Abdoul Wadoud

 

Celui-ci menace de se venger de la France suite à la déclaration de Nicolas Sarkozy à propos de la burqa indiquant qu’elle n’est "pas la bienvenue» en France.

 

En France, en vertu du principe républicain de laïcité, la loi interdit, depuis 2004, le port, à l'école, du hijab –  foulard qui recouvre la tête – .

Après le débat vigoureux qui s’était instauré au moment de la décision de 2004, on aurait pu penser que la question avait été définitivement tranchée.

Il n’en est rien, notre pays de façon récurrente est confronté à la question qui fait de l’espace public de l’état un sanctuaire dans lequel les marques religieuses ostentatoires sont interdites.

Qu’en est-il avec le port de la burqa qui vient de faire son entrée dans l’actualité politico-médiatique, après qu’  André GERIN, député communiste de Vénissieux (Rhône) ait demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette question ?

L’ex maire de Vénissieux dans cette affaire n’est pas isolé ! Il est soutenu par 70 députés, de tout bord politique et, dans le public, les esprits s’échauffent, les débats s’enflamment.

Il faut à l’évidence et sans esprit polémique tranquillement constater, que même marginal pour l’instant, le phénomène du port de la burqa – voile intégral qui couvre la tête, le visage et le corps de la femme –, est actuellement en augmentation en particulier en milieux urbain.

La burqa ou niqab n’est pas un signe religieux et il est plutôt marginal. L’obligation faite aux femmes de le porter ne concernerait, selon les organisations musulmanes quelque 5.000 personnes rattachées au salafisme, une branche fondamentaliste de l’Islam.

De la demande initiale du 8 juin, qui, il faut le souligner, ne concerne que la création du enquête parlementaire, l’on en arrive désormais à la question : faut-il légiférer pour, au nom de la laïcité, interdire cette pratique dans notre pays ?

D’abord sur la légitimité de la demande d’enquête.

Cette question fait l’objet d’une interrogation croissante de la part de nos concitoyens quand il ne s’agit pas d’une hostilité rentrée.

Le débat public est donc bien venu dès lors qu’il se tiendra dans le strict respect de la 2ème religion de notre pays, et qu’il permettra d’éclairer l’opinion publique mais également les élus de la République sur le sujet !

Le port de la burqa, phénomène marginal en expansion, est un bon prétexte pour s’interroger sur la difficulté réelle que pose cette pratique dans la vie quotidien, mais aussi sur d’autres questions.

Plusieurs exemples peuvent être avancés ! Par exemple, la relation à l’autre sur le lieu de travail lorsque la personne voilée est en situation d’accueillir du public, ou encore, à l’inverse, lorsque l’identité de la personne doit être vérifiée, établissement de carte d’identité, de passeport accomplissement de formalités administratives, mariage en Mairie.

Enfin et personne ne pourra le nier, dans le cadre des valeurs essentielles de la République,  toute obligation faite aux femmes de porter la burqa est contraire à l’esprit de l’identité française notamment sur le plan de l’égalité des sexes.

Faut-il pour autant légiférer pour interdire ?

Légiférer pour interdire paraît assez difficile. On ne légifère pas, en effet, à la légère il faut des arguments.

Exemple concret d’une vraie difficulté : choisir de légiférer en vue d’interdire le port de la burqa dans l’espace public, au nom de l’égalité des sexes, reviendrait ipso facto à admettre que dans le privé cette valeur fondamentale pourrait être ignorée. Quel républicain conséquent pourrait se ranger à cette idée ?

Pour autant les exigences formulées à propos d’horaires spécifiques aux piscines municipales, les refus d’examen par un médecin homme à l’hôpital, ne peuvent plus être tolérées !

Le débat est sur la place publique. Il faut désormais y répondre au fond ! Y répondre au fond, en y associant les organisations musulmanes qui doivent contribuer à éclairer le débat.

Rien ne doit être laissé sous la table !

Y compris, s’il le faut, la mise à l’ordre du jour des travaux de la commission d’enquête de l’examen sans faiblesses des frustrations nées d’une intégration citoyenne pas toujours à la hauteur des espérances des uns ou des autres.

Il faut que chacun, élu, militant associatif, simple citoyen, religieux ou non, puisse se retrouver dans notre République, celle que décrient ses adversaires et qui à ce jour n’ont pas su inventer de mieux.

Quand aux menaces terroristes, ne les prenons pas à la légère bien sur !

Mais surtout, laissons les pour ce qu’elles sont : des paroles de haine peu conformes à l’esprit de tolérance que prône aujourd’hui un certain Islam de la modernité et des Lumières.

Céder à ces menaces reviendrait d’ailleurs à abdiquer notre volonté de promouvoir en France, dans le cadre républicain, une relation entre les citoyens, apaisée et respectueuses de tous ! Cela nous ne pourrions pas l’accepter.

13:38 Écrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, république, laïcité identité, débat, valeurs | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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