Avertir le modérateur

20/04/2008

Il faut parler haut et clair à l'oncle SAM!

Placer la France et l’Europe, comme vient de s’y déclaré favorable un Député Vert, au même niveau de responsabilité politique que l’OMC, l’ONU, et la FAO,  qui sont institutions, aussi respectables et nécessaires soient-elles, dont les missions définies n’ont aucun caractère global, est une « stupidité tactique »  à laquelle seuls des citoyens mal informés peuvent souscrire.

Pour passer, sans dégâts majeurs,  la grave période de crises multiples  à laquelle est aujourd’hui confrontée la communauté internationale, les décisions doivent, et ne peuvent, être que politiques.

Dès lors, ces décisions s’inscriront, d’abord et avant tout, pour le sujet qui nous occupe, dans le cadre strict des rapports de force politiques qu’entretiennent les différents Etats et Puissances de la planète.

Dans ces conditions, en appeler à l’OMC, la FAO ou l’ONU relève au mieux de l’ignorance, au pire de l’incompétence.

Certes globalisée, mais non régulée par une gouvernance légitime, cette communauté internationale s’avère malheureusement impuissante à agir de façon positive.

Les déclarations dont le grand public est abreuvé via les médias à longueur d’édito montrent bien en creux qu’aucun pays, aussi puissant soit-il, ne veut, ou ne peut être, le bon samaritain de la planète.

En conséquences, tout en ayant à l’esprit le sens de l’intérêt général, il est absolument impératif que les dirigeants politiques français d’abord, européens ensuite organisent leurs propositions en fonction des intérêts des peuples dont ils tiennent leur mandat.

La France tient une position de force en tant que première puissance agricole européenne ; cette position doit être défendue par tous les parlementaires français. Pourquoi et au nom de quoi faudrait-il que nous abandonnions ce leadership ?

L’Europe est une grande puissance agricole ! Ses dirigeants doivent tout faire pour qu’elle le reste. Pourquoi devrait-elle, contre ses intérêts, céder aux pressions qui s’exercent sur elle et qui n’ont pour but que de l’affaiblir sur l’échiquier stratégique mondial ?

Sur quelles bases doivent s’engager les recherches de solutions ? Une grande règle doit s’imposer pour le futur !

Chaque pays, quelque soit sa taille, doit disposer des moyens  de son autosuffisance alimentaire. Cela est valable pour tous les pays pauvres et très pauvres qui sont soumis au moindre aléa climatique ou boursier.

Cela est également valable pour les pays émergeants. Il est scandaleux de voir que la Chine inonde le monde de produits industriels réalisés dans des conditions économiques et sociales inacceptables au regard des normes européennes et mondiales, ne soit pas autosuffisant pour la culture du riz consommé par les Chinois.

La réponse à la crise que traverse l’humanité ne se trouve pas  dans les couloirs de l’ONU, de l’OMC et de la FAO, comme le pense le député Vert Noël Mamère. Les expériences du passé et le constat des événements récents sont là pour témoigner de l’impuissance de ces institutions à régler les problèmes de façon efficace et durable.

Les règles accouchées par les négociations qui se sont déroulées dans le cadre de l’OMC se sont-elles traduite par des résultats de nature  à assurer à la planète un développement durablement équitable ou n’ont-elles eu pour seul objectif que de généraliser un système dont on perçoit, aujourd’hui avec violence, toutes les limites ?

Qui contrôle l’OMC ? Qui contrôle le FMI ? Qui contrôle la Banque mondiale ?

Toutes ces institutions ont été mise en place, à l’origine, pour ne servir qu’un projet, qu’une politique : généraliser un système régi par les règles du libéralisme économique et financier le plus rigoureux, pratiqué jusqu’à ces limites les plus extrêmes par Ronald Reagan et Margaret Thatcher depuis les années 80.

Les crises que traversent les populations dans tous les pays ne sont que les implacables marqueurs de la faillite d’une mondialisation assujettie à ce système devenu fou que portent les « mains invisibles » américaine et anglaise.

La Chine en adhérant au système, après l’avoir idéologiquement combattu, crée en ce moment les conditions qui vont précipiter la destruction de l’empire à la bannière étoilée.

La puissance américaine est d’une part rongée de l’intérieur par l’irresponsabilité de ses dirigeants qui ont laissé se développer la redoutable crise financière qui métastase l’ensemble des places boursières mondiales. Elle est d’autre part, avalée de l’extérieur par le redoutable adversaire chinois et le non moins redoutable et soi-disant allié moyen-oriental qui n’en finissent plus de s’empiffrer.

Car, il ne faut pas s’y tromper ; les  fonds souverains, chinois et arabes, acquis à la faveur des spéculations rendues possibles par les désordres générés par le système financier occidental, assurent provisoirement le maintien de ce dernier en attendant l’heure propice de l’abattre entraînant de facto l’Europe, donc la France, dans sa chute au nom d’une solidarité occidentale complètement factice.

Et, sachant cela, il faudrait aujourd’hui en passer par des institutions  voulues et noyautées par  les USA au prétexte de sauvegarder les libertés dans le monde ; en réalité  pour sauvegarder in fine  les intérêts égoïstes nord-américains. Et il suffit pour cela de voir comment ces mêmes américains n’hésitent pas régulièrement à se passer de l’avis de l’ONU, par exemple, quand les résolutions du conseil de sécurité ne conviennent pas aux militaires nord-américains, anglais ou israéliens ! Foutaises donc que ces machins qui n’ont de pouvoir que ceux que veux bien leur accorder la puissance nord américaine !

Que faut-il faire alors ?

La réponse à cette crise passe d’abord et avant tout par la remise en cause des prétentions de la puissance nord-américaine à vouloir régir la marche du monde en fonction de ses seuls intérêts  et de ses seules options, politiques sociales et culturelles.

Il faut aujourd’hui, comme au moment du déclenchement du conflit en Irak, parler haut et clair à l’Oncle SAM, mais sans oublier la Tante Chinoise qui est désormais un des acteurs majeurs du désordre de la planète.

Il n’est plus possible de continuer à vivre en laissant l’avenir géré  par un système  dépassé, un système dont la folie augmente chaque jour, un système dont tout le monde sait qu’il nous conduit au désastre, même s’il continue à profiter à certains.

Il faut arrêter la machine à défoncer ! Les pays de l’UE  élargie à la Méditerranée, en partenariat avec l’autre grand européen de la « maison commune » disposent des moyens de la puissance pour faire pencher le rapport de force politique en faveur d’une redéfinition complète de la gouvernance de la planète en vue de poser les bases d’un monde meilleur, durable, équitable et plus éclairé. Dans cette affaire la Grande Bretagne devra clairement choisir son camp !

La France, fille des Lumières et de la Résistance au sein de ce puissant mouvement doit y trouver largement un rôle à la mesure de son histoire et de ses traditions.

Si cette crise a un mérite, celui-ci réside dans le fait que notre humanité est arrivée à un nouveau tournant de son évolution sociale et internationale. Il ne s’agit plus maintenant de se contenter de parler et de gloser sur des difficultés futures ou lointaines en lâchant au passage quelques « mesurettes » conjoncturelles assorties de promesses d’aides financières dont certaines ont du mal à se concrétiser – suivez mon regard.

L’heure est aux transformations structurelles en profondeur.

Les vieilles institutions du monde ancien, entravées qu’elles sont par la lourde responsabilité qu’elles portent à l’égard de « l’état de ruines » dans lequel se trouve la Communauté internationale, sont dépassées et non qualifiée pour légitimer auprès des Peuples les chantiers de l’avenir.

Il faut désormais remettre les Etats en situation d’agir effectivement sur le cours des choses en cessant d’imaginer que les rapports Nord-Sud peuvent être abandonnés sans régulation aux seules forces du marché et en cessant de croire ou de nous faire croire que la Chine est ou sera à terme un partenaire comme les autres.

La « Vieille Europe » , n’en déplaise à l’Oncle Sam, puisant aux sources des principes de civilisation qu’elle a donnés au monde en général et aux USA en particulier, dispose des atouts pour engager la Communauté internationale sur la voie de la réorganisation du système financier et de l’ordre économique mondiale.

« On ne saurait rester inactif si on est menacé de destruction. »  écrivait le grand philosophe européen SPINOZA ; le grand bazar mondial menace de s’effondrer, emportant avec lui, les valeurs auxquels le commun des mortels est par nature attaché la liberté, la dignité, la fraternité dans un monde où l’avenir garde le visage de la prospérité et du progrès partagé!

Les solutions sont connues, il faut les mettre en application, quand bien même certains intérêts immédiats particuliers viendraient à être bousculés.

Il faut avancer vite, vite et sans détour ! Faute de quoi les bruits de bottes ne tarderont pas à nous sortir d’une léthargie coupable. Coupable d’avoir cru trop longtemps que tout finirait par s’arranger dans le meilleur des mondes de l’ordre international occidental américain.

Bernard FRAU 

14:40 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu