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28/11/2013

Berlusconi : Jeté comme un vulgaire bout de papier cul usagé!

Le Parlement italien vient de signifier, enfin, à celui qui se 

Sylvio Berlusconi, la Stampa, Il Corriere della Sera, la Republica, Il Sole 24-Ore, Mediaset, Forza Italia, il Cavaliere,

laissait appeler le « Cavaliere », que tout doit avoir une fin en particulier lorsque ivre de pouvoir un homme politique s’autorise toutes les turpitudes.

Le vote intervenu le 27 novembre pose le point final d'un temps politique qui 20 ans durant a vu un homme, politicien retord, patron d’affaire sans scrupule et  homme à la morale douteuse se tenir sans vergogne sur le devant de la scène italienne et internationale.

C’est au terme d’une loi italienne destinée à l’assainissement de la vie politique qui dispose que tout élu ayant été condamné à plus de 2 ans de prison soit exclu de ses mandats pour 6 ans que le politicien de Forza Italia est tombé.

Sylvio Berlusconi, 77 ans, avait été récemment condamné à quatre ans de prison dont trois ont été amnistiés dans le procès Mediaset.

Stefano Folli  dans un article du journal des milieux financiers italiens, Il Sole 24-Ore indique : « Nous aurions tous préféré un épilogue différent et moins amer, pour nous-même et notre dignité nationale, pour l'image que nous offrons à l'étranger ».

Plus loin il ajoute , « Il n'y a aucun doute que la journée d'hier a marqué la fin d'une saison qui a duré une vingtaine d'années et dont le principal protagoniste, en bien et en mal, a été justement l'homme dont le Sénat a décrété hier l'expulsion ».

Du côté du Corriere della Sera la charge est plus rude : « Il peut considérer injuste autant qu'il veut sa condamnation pour fraude fiscale (...…...) mais il est évident qu'elle est incompatible avec une fonction publique ».

La presse de gauche, jubile,  ainsi à La Republica  on ne cache pas son plaisir et son optimisme, « même en Italie et même pour un leader politique, carrément l'un des hommes les plus puissants des 20 dernières années, à la fin valent les règles démocratiques de l'État de droit et la loi se confirme égale pour tous »

Enfin la Stampa reste malgré tout sur une position prudente :
« Il n'est pas acquis que la déchéance de Berlusconi corresponde à sa fin politique », souligne-t-elle. Elle ajoute tout de même en forme de conclusion,  "Mais son exclusion du Parlement le met dans des conditions précaires (...) et si ce n'est pas sa fin, c'est clairement le début d'un déclin qui pourrait être rapide".

Il n’empêche, pour l’heure, le triste sire gominé, aux accents parfois mussoliniens dans ses discours, grand amateur de « bunga, bunga » dans des parties fines organisées avec de jeunes filles, tricheur et fraudeur, vient d’être jeté par ses pairs comme un vulgaire bout de papier cul usagé.

 

Cela n’est qu’un juste retour et si l’on peut regretter une chose c’est que cette mise aux poubelles de l’histoire ne soit pas venue plus tôt.

08/10/2013

A Hong Kong, une armée de chariots poussés par des vieillards qui tentent de survivre

A Hong Kong, les personnes âgées sillonnent les rues en poussant des chariots remplis de bric et de broc qu'ils tentent de vendre pour survivre.

Entrer des mots clefs

08 Octobre 2013 07h56

Une structure en fer, une poignée mobile, quatre roues pneumatiques et très souvent une personne âgée à la manœuvre: de simples chariots sillonnent les rues et les trottoirs étroits de Hong Kong, éléments indispensables à la bonne marche de la métropole.

A l'ombre des gratte-ciels ou à travers les rues tortueuses des quartiers les plus chinois, commerçants, ouvriers et chiffonniers poussent des chariots débordant de piles de cartons vides, de caisses d'ailerons de requins, bonbonnes d'eau vides ou encore seaux de champignons séchés.

Ils sont l'équivalent des coursiers à vélo de New York ou des camionnettes de livraison à Paris.

"Ça aide même s'il ne s'agit que de quelques dollars"

Un œil occidental remarque surtout les vieilles personnes, hommes ou femmes, tirant leur chargement malgré leur âge avancé. Lee Cheung-Ho, 78 ans, traîne son chariot toute la journée, même en cas de typhon, précise-t-elle. "Je dois gagner ma vie", lance-t-elle à l'AFP sans prendre le temps de s'arrêter. "Ça aide même s'il ne s'agit que de quelques dollars".

Certains ne gagnent pas plus de 2 euros par jour

Les quelque 10.000 chiffonniers du territoire ramassent vieux cartons, journaux, canettes ou ferraille, pour les vendre à des entreprises de recyclage. Certains ne gagnent pas plus de 20 dollars de Hong Kong par jour (2 euros), selon un sondage informel mené par l'AFP.

Cette collecte et ce tri aident quelque peu à réduire le volume des ordures destinées aux décharges de Hong Kong, qui pourraient arriver à saturation dès 2020.

Une activité réservée aux plus pauvres

L'activité, rude physiquement et peu rémunératrice, est réservée aux plus pauvres, dans ce territoire du sud de la Chine qui connaît de fortes disparités entre ses habitants les plus riches et les plus misérables.

Un tiers des seniors à Hong Kong vivent en-dessous du seuil de pauvreté, selon les derniers chiffres du gouvernement.

Les travailleurs hongkongais cotisent pour la retraite depuis 2000 seulement. Jusqu'alors, ils ne pouvaient compter que sur l'aide de leur famille, leur épargne et surtout l'appartement acheté, s'ils le pouvaient,  lorsqu'ils étaient actifs.

Les chariots sont parfaitement adaptés aux rues étroites

Les chariots se situent au bout de la chaîne des transports de marchandises dans le territoire, après les bateaux cargo qui débarquent leurs conteneurs dans le port, les camions, et la myriade de taxis rouges sillonnant les rues, souligne Adam Bobbette, expert sur l'environnement urbain à l'université de Hong Kong.

Ils sont aussi parfaitement adaptés aux rues étroites, encombrées et très en pente de certains quartiers, dans une ville dotée de peu de parkings, note l'expert, qui les considère comme un élément indispensable du "métabolisme urbain" de Hong Kong. "Cette activité ancienne a trouvé le moyen de survivre grâce à son utilité fonctionnelle", ajoute l'expert. "Doit-on célébrer le chariot à Hong Kong? Certainement!".

Les Hongkongais savent qu'ils ont intérêt à se ranger lorsque déboule un chariot

Certains se plaignent du danger représenté par ce moyen de transport. Les Hongkongais savent qu'ils ont intérêt à se ranger lorsque déboule un chariot, même s'il est tiré par un vieillard à l'air frêle.

Les conducteurs eux-mêmes sont frôlés par les tramways, les minibus et les voitures lorsqu'ils poussent leur chargement le long des rues. Sur les six premiers mois de 2013, le ministère des Transports a comptabilisé onze accidents liés à des chariots. En 2012, deux "pousseurs" ont été renversés par un bus et un taxi. Ils avaient tous deux plus de 70 ans.

Ces chariots sont-ils le symbole du fossé entre riches et pauvres dans le territoire?

Pendant longtemps, ces engins étaient fabriqués à Hong Kong. Mackey Li, 46 ans, possède le dernier atelier de production, une entreprise familiale créée il y a 60 ans. Mais ses deux enfants sont à l'université et ne reprendront pas l'activité.

Les chariots seront donc tous importés de Chine continentale.

Ils ne coûtent pas cher, "mais ils ne durent pas très longtemps", assure M. Li qui répare un essieu brisé.

Ces chariots sont-ils le symbole du fossé entre riches et pauvres dans le territoire? Il hausse les épaules. Pour lui, c'est avant tout "un outil".

A quelques mètres de l'atelier de M. Li, une femme de 90 ans ramasse des cartons et les entasse sur sa charrette. "Qu'est-ce que vous voulez que je fasse si je ne sors pas?", demande-t-elle.

"Que je reste chez moi en attendant la mort?".

Source : RTL info.be

http://www.rtl.be/info/monde/international/1038301/a-hong-kong-une-armee-de-chariots-pousses-par-des-vieillards-qui-tentent-de-survivre

 

17:34 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hong kong, chine, chine continentale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

02/10/2013

États-Unis. L'État fédéral au chômage technique

Voilà un pays, qui ne cesse de donner des leçons au monde entier et qui, de surcroit à travers un FMI à sa botte, entend imposer son modèle économique et financier libéral à la planète entière, en est à mettre au chômage technique non rémunéré ses fonctionnaires faute d’un accord de ses parlementaires.

C’est incroyable !

Ce pays dont les élites, droite et gauche confondues, poussées par les lobbies de l’armement et de la finance qui les cornaquent, savent se mettre d’accord pour ouvrir des conflits interminables et meurtriers à travers le monde, et n’arrivent à aboutir à un compromis acceptable afin d’éviter de mettre leur Nation au bord de la faillite.

Le point nodal du désaccord tient à la politique de santé voulue par le Président OBAMA et combattue par les partisans d’une droite dure, égoïste, antisociale, sans scrupule prête à tout pour arriver à ses fins. Quitte pour cela à mettre le Pays en situation de cessation de paiement.

Tout ceci est lamentable et mérite que l’on s’interroge sur ce pays qui prétend défendre la liberté et les droits de l’Homme, dont nous sommes les alliés au Moyen-Orient.

L’article ci-dessous repris de télégramme.fr répond à un certain nombre de questions que pose le blocage de la situation au Congrès, il m’est apparu intéressant à titre d’information d’en faire une diffusion in extenso.

Bernard FRAU  - Humanisme – Ecologie – République

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2 octobre 2013 à 11h30 -

"Faute d'un accord trouvé sur le budget, l'État fédéral américain se retrouve paralysé depuis hier matin. Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont été mis en congés sans solde. Une situation de blocage qui, si elle était amenée à durer, pourrait coûter cher.

Comment les Américains en sont-ils arrivés là ?

Malgré d'intenses tractations et d'interminables allers retours, lundi soir, entre le Sénat (à majorité démocrate) et la Chambre des représentants (dominée par les républicains), aucun projet de loi de finances n'a pu être adopté à temps pour le début de l'exercice budgétaire 2014, qui a commencé hier, à minuit.

La raison du blocage n'est autre que l'« Obamacare », le surnom de la réforme du système de santé de Barack Obama. Les républicains exigeaient que tout accord budgétaire revienne, d'une manière ou d'une autre, sur cette loi emblématique du premier mandat de Barack Obama, votée en 2010.

Plus généralement, cet échec du Congrès marque la culmination de 33 mois d'un bras de fer continu sur le budget entre les démocrates et les républicains, ces derniers ayant repris le contrôle de la Chambre des représentants en janvier 2011.

Une telle situation est-elle envisageable en France ?

Non. La France ne court aucun risque de « shutdown ».

Le pouvoir exécutif a, en effet, la possibilité de mettre en œuvre - par ordonnance - une partie du budget pour éviter la paralysie. Une telle situation ne s'est d'ailleurs jamais présentée.

Existe-t-il des précédents ?

Oui. Depuis 1976, les États-Unis ont connu 17 « shutdown » similaires. Le dernier en date a eu lieu en 1995-96 sous la présidence de Bill Clinton et avait duré 28 jours.

Qu'implique cette fermeture des administrations ?

Du département de la Défense à l'agence de protection de l'environnement, tous les services fédéraux ont été sommés de réduire au plus vite leurs effectifs au minimum vital, parfois à seulement 5 % de leur personnel.

Si la sécurité nationale et les services essentiels sont exemptés, environ 800.000 fonctionnaires jugés non essentiels, sur plus de deux millions, ont eu quatre heures, hier matin, pour se présenter à leurs bureaux, ranger leurs affaires, annuler leurs réunions et rentrer chez eux.

Jusqu'à ce que le Congrès s'accorde pour allouer des crédits finançant les agences fédérales. Les touristes ont, eux aussi, très fortement ressenti ce blocage. La totalité des 368 parcs (dont les immenses parcs Yosemite et le Grand Canyon) et musées nationaux ont été fermés, y compris les grands musées d'art et d'histoire et la Statue de la Liberté.

Autre conséquence, les cimetières américains dans le monde ont, eux aussi, été contraints de fermer leurs portes au public.

Quelles conséquences sur l'économie américaine ?

«Le shutdown va évidemment être coûteux pour la croissance interne en terme de perte de demande», prédisent les analystes de Rabobank. Mais ce coût dépendra essentiellement de la durée de la paralysie de l'administration fédérale.

Toute durée «supérieure à cinq jours aura probablement un impact matériel sur la croissance du quatrième trimestre», estiment ceux de Forex.com. Selon les analystes d'Alpari, «un shutdown de trois semaines pourrait retrancher 0,5 % au PIB du trimestre ». Pour ceux de Moody's Analytics, trois ou quatre semaines d'immobilisme coûteraient 1,4 point de pourcentage sur le PIB réel du quatrième trimestre.

Quel impact sur l'économie mondiale ?

L'économie mondiale n'a, pour l'heure, pas grand-chose à craindre de cette paralysie temporaire de l'État fédéral américain. Mais elle vit toutefois sous la menace grandissante d'une impasse persistante sur le relèvement du plafond de la dette.

Celui-ci doit faire l'objet d'un accord d'ici au 17 octobre, faute de quoi les États-Unis ne pourront plus faire face à toutes leurs obligations financières.

Quoi qu'il en soit, les marchés financiers asiatiques et européens ont, hier, réagi avec flegme à l'annonce, largement anticipée, de la fermeture provisoire des services de l'État américain.

Le shutdown de 1995 à l'origine de l'affaire Monica Lewinsky ?

Lors du précédent shutdown, en 1995, le personnel de la Maison-Blanche était passé de 430 à 90. Seuls ceux qui avaient un poste à haute responsabilité et les stagiaires étaient restés, rappelait, hier, le site d'informations Slate.

Dans une Maison-Blanche étrangement vide, les stagiaires ont ainsi eu, du jour au lendemain, accès à des lieux et des personnes qui leur étaient jusque-là interdits. Comme une certaine Monica Lewinsky qui, deux jours après le début du blocage, a eu l'opportunité de rencontrer Bill Clinton. On connait la suite..."

Source : Le Télégramme.fr

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/monde/etats-unis-l-etat-federal-au-chomage-technique-02-10-2013-2253412.php?xtor=EPR-3-[quotidien]-20131002-[detailarticle]

 

28/09/2013

Syrie, victoire diplomatique russe à l’ONU : Fillon 1, Fabius 000

François Fillon considère à juste titre que  l'adoption cette nuit d'une résolution sur la Syrie par le Conseil de sécurité de l'ONU lui donnait raison, taclant au passage François Hollande : «face au drame syrien» le Président a «fait preuve de précipitation» en se positionnant «sans prudence dans les sillage» des Etats-Unis en «oubliant le rôle de la Russie »

«Comme je l'avais indiqué, le rôle de la Russie a été déterminant et les autorités américaines ont su le comprendre », a indiqué sur son blog l’ancien premier ministre. 

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Le 19 septembre, en présence du président russe Vladimir Poutine, François Fillon dans une classique posture gaullienne avait souhaité que « la France retrouve cette indépendance et cette liberté de jugement et d'action qui, seules, lui confèrent une autorité ».

Ses propos avaient soulevé une polémique de la part des va-t’en guerre de la diplomatie française,  de l’opposition interne copéiste de la droite dure et décomplexée ainsi que celle des soutiens inconditionnels de l’opposition syrienne à Bachar El-Assad composée d’islamistes radicaux et d’anciens militaires qui ont déserté l’armée loyaliste.

Que cela plaise ou non, l’adoption à l’unanimité d’une résolution sur la crise syrienne par le Conseil de Sécurité de l’ONU donne raison à François Fillon contre le belliciste obsessionnel Laurent Fabiusqui, jusqu’au bout, a tenté d’imposer contre vents et marées, un projet  d’intervention militaire en Syrie sans mandat international, alors même que les USA avaient changé de ligne depuis les premières déclarations russes ouvrant la voie à une résolution politique de la crise.

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Jeudi encore, à la veille du vote, la France a organisé une réunion avec l’opposition rebelle syrienne à laquelle participait Laurent Fabius s’attirant, après le vote de la résolution, les foudres de l’ambassadeur syrien Bachar Jaafari qui a fustigé l’amateurisme de la diplomatie française.

«Je conseille aussi au ministre français des Affaires étrangères de lire la résolution avec attention», a indiqué l'ambassadeur syrien

«Le ministre conclura qu'à partir de maintenant, ni lui ni son pays ne seront autorisés à violer la provision de cette résolution. Elle  interdit au gouvernement français d'inciter au terrorisme, d'inciter à la violence en Syrie. Elle interdit à Paris et au ministre des Affaires étrangères de contribuer à aggraver la situation militaire en Syrie en procurant des armes et un soutien politique" à l'opposition, martelant «La diplomatie française a commis beaucoup d'erreurs».

Certes aujourd’hui avec cette résolution, il n’est pas mis fin au conflit syrien – dont il convient de rappeler qu’il a fait à ce jour plus de  110000 victimes –.

Probablement que d’âpres et longues négociations seront encore nécessaires pour dénouer les fils des enjeux géostratégiques dans lesquels sont emprisonnées les malheureuses populations syriennes  sans oublier celles du Liban frontalier où les risques sont grands de voir la guerre civile se propager.

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L’acquis principal  de ce vote unanime, qui vient après que ces deux dernières années Moscou et Pékin aient usé de leur droit de veto à des textes qui proposaient des sanctions contre le régime du Président Bachar Al-Assad, tient au fait que soit consacrée, dans un texte validé par la totalité des membres du Conseil de Sécurité, la destruction de l’arsenal chimique syrien dans une région éminemment sensible.

C’est à n’en pas douter une avancée capitale et l’on peut aisément imaginer que Moscou ne laissera pas Damas en contourner l’application tant sa crédibilité diplomatique sur la scène internationale en serait entachée.

Cela compense largement la non-inscription de sanctions automatiques à l’égard de la Syrie en cas de non-respect de ses engagements.

François Fillon conclue « Cette résolution doit être un tremplin pour d'autres initiatives ».

Oui cette victoire du bons sens diplomatique qui a prévalu au Conseil de sécurité de l’ONU grâce aux initiatives russes doit rapidement se concrétiser par de nouvelles avancées pour la Paix de la Région.

Genève 2 doit rapidement démarrer.

La participation des forces  parties prenantes au conflit doit officiellement y être actée. Cela vaut pour tant pour l’Iran que pour l’opposition nationaliste laïque  syrienne et la Ligue arabe.

Quant à la France, le Président Hollande serait bien avisé de procéder à une inflexion de la ligne diplomatique de la France lui donnant les coudées plus franches pour tenter de revenir dans un jeu où pour l’instant  notre Pays fait figure de petit pantin excité et désarticulé.

Ultime démonstration s’il en était de ce lamentable état de fait, la dernière déclaration de Laurent Fabius, plus malin à trouver des formules qu’à faire avancer des solutions concrètes et valorisantes pour la France et pour la Paix.

Ce dernier,  après le vote de la résolution historique, a affiché sa satisfaction en soulignant que cette résolution s’inscrivait dans «l’esprit» du chapitre 7 » de la Charte des Nations Unies.

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L’  «esprit» c’est peut-être ce qui manque le plus à notre pitoyable ministre des Affaires Etrangères qui sur ce dossier a été constamment à côté de la plaque.

S’il fallait à la manière des agences de notation attribuer une note à sa gestion du dossier syrien, on ne voit pas très bien comment on pourrait hésiter à lui attribuer un triple zéro

17/09/2013

Syrie : le vrai visage des rebelles

 

Enlèvements, meurtres... ceux qui combattent le régime d'Al-Assad montrent en ce moment un côté obscur. Qui sont-ils ? Peut-on parler d'un seul et même ensemble ? Luttent-ils tous pour la même cause ?

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Un ancien soldat du régime, qui a rejoint les rebelles à Alep, en janvier 2013. (AAMIR QURESHI / AFP) Par Pauline Hofmann

 

Par: Francetv info

Article mis à jour le 12/09/2013 | 23:54 , publié le 12/09/2013 | 16:04

 

"Des meurtres, des exécutions sans procédure régulière, des actes de torture, des prises d'otages et des attaques contre des objets protégés." Le rapport de l'ONU rendu mercredi 11 septembre n'est pas tendre avec les rebelles en Syrie. Les experts internationaux n'épargnent pas plus le régime de Bachar Al-Assad, accusé de "crimes contre l'humanité".

Qui sont ces rebelles, certains aussi violents que les soldats du dictateur ? France tv info répond aux questions que vous vous posez sur ceux qui combattent Bachar Al-Assad.

Les rebelles ont-ils commis des crimes ?

Ex-otage d'un groupe d'insurgés, précise La Stampa, le journaliste italien Domenico Quirico évoque des bandits qui profitent du chaos qui règne dans le pays pour "s'emparer de pans entiers du territoire, rançonner la population, enlever des gens et se remplir les poches", raconte-t-il dans une interview au Monde. Cependant, tous ceux qui combattent Al-Assad ne sont bien sûr pas des criminels.

"Ce qui m'étonne, moi, c'est qu'on soit surpris par ces exactions", s'énerve Nora Benkorich, chercheuse à la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France. "Les gens, y compris les soldats, n’ont plus à manger depuis plusieurs mois. Certains font appel à des méthodes crapuleuses pour gagner de l’argent, pour pouvoir manger et s’acheter des munitions, continue la chercheuse pour France tv info. Je ne les excuse pas, j’essaye de les comprendre." 

Des comités locaux, des groupes d'habitants, ont essayé de faire signer des sortes de "chartes de bonne conduite" aux insurgés, sans se faire d'illusions. Ces tentatives se sont en effet révélées infructueuses auprès des éléments les plus cruels de la rébellion.  

Qui est responsable des meurtres de sang-froid, des enlèvements, des pillages ?

Depuis le début du conflit, des vidéos circulent sur internet, montrant des rebelles décapitant, violant, tuant. Le New York Times s’est fait le relais de l'une d'entre elles sur laquelle on voit des insurgés abattre sommairement des soldats loyalistes. Difficile d’en retracer l'origine. Les prises de vue amateurs sont parfois remises en cause. Des rebelles accusent des militaires du régime de se faire passer pour des islamistes barbares afin de décrédibiliser leur mouvement, sans que cela puisse être affirmé indubitablement.

Nora Benkorich rappelle aussi qu'au début de la révolution, en 2011, Bachar Al-Assad a ouvert les portes des prisons, laissant s'échapper des détenus peu dangereux, mais aussi des grandes figures de l'islamisme et des meurtriers, qui ont depuis opéré une reconversion dans la rébellion laïque et islamiste. Quirico assure, lui, avoir été enlevé par "des gens du coin, plus bandits qu'islamistes ou révolutionnaires".

Les rebelles sont-ils tous islamistes ?

Depuis quelques mois, le constat est clair : les islamistes infiltrent de plus en plus la rébellion syrienne. Certains sont affiliés à Al-Qaïda. Aron Lund, un expert suédois de l'islamisme en Syrie, explique dans un rapport que les "groupes jihadistes jouent un rôle en Syrie - limité, certes, mais en expansion rapide". "Même des rebelles sans véritable idéologie adoptent la rhétorique islamiste", continue-t-il.

Anciens soldats du régime qui ont déserté, musulmans radicaux, combattants venus de l'étranger... les rebelles ne sont pas un groupe uni, homogène. The Independent (en anglais) résume l'étude d'Aron Lund, qui décrit trois ensembles distincts de rebelles, islamistes ou non, et des dizaines de sous-ensembles, bataillons de quelques centaines d'hommes, ou brigades plus grandes. Chaque brigade, chaque groupe d'hommes a sa propre idéologie, plus ou moins proche de l'islam. Contrairement aux islamistes, les "laïcs", musulmans, ne souhaitent pas instaurer un Etat dont leur religion serait le moteur. 

Pourquoi rejoignent-ils les jihadistes s'ils n'adhèrent pas à leurs idées ?

La raison est simple : pour l'argent. "Une brigade entière s'est laissée pousser la barbe parce que le seul argent qu'ils pouvaient avoir pour se faire payer venait de réseaux religieux", raconte Nora Benkorich. "Mais des rebelles assurent que si demain, une autre source de financement, non-islamiste, se présente, ils tombent la barbe." 

Peut-on pour autant parler d'opportunisme ? "Non, il s'agit d'une question de survie", insiste la chercheuse, alors que les conditions de vie en Syrie sont de plus en plus précaires, selon un communiqué de Médecins sans frontières remontant à mars. 

Pourquoi parle-t-on de la rébellion, comme si elle était unie ?

Malgré toutes leurs différences, les rebelles ont un point commun : ils veulent faire tomber Bachar Al-Assad. Et pour cela, il faut parfois s'allier pour être plus puissant contre le régime.

La guerre en Syrie se joue surtout à l'échelle des villes, des régions. Chaque petite avancée compte, et les grandes branches rebelles ne maîtrisent pas forcément les hommes qui se battent en leur nom. Chaque chef noue donc les alliances qui l'avantagent localement, rappelle Nora Benkorich. Chaque petit bataillon louvoie au gré de ses besoins financiers et stratégiques. Ainsi, l'Armée syrienne libre (ASL), laïque, le Front Al-Nosra et l'Etat islamique d'Irak et du Levant, des islamistes, s'entendent pour gérer Raqqa, dans le nord, et s'écharpent ailleurs dans le pays.

Les rebelles se battent-ils entre eux ?

Chaque groupe a son propre agenda politique, sa propre vision de la révolution et cela mène à des tensions. Jeudi 11 juillet, un convoi de l'ASL, la branche de la rébellion la plus proche des Occidentaux, trouve sur sa route un barrage tenu par l'Etat islamique d'Irak et du Levant. Le chef de l'ASL, connu et craint dans la région, veut savoir qui tient ce barrage et sous quel prétexte. La conversation s'échauffe avec l'émir islamiste et se solde par une balle dans la tête de l'officier de l'ASL. Cette dernière, sous-équipée et pauvre, ne peut répliquer contre les dollars des associations religieuses du Golfe, qui arrosent certains groupes islamistes, selon Nora Benkorich.

Cet épisode montre que les accrochages entre "laïcs" et islamistes existent. Mais les relations ne sont pas au beau fixe non plus à l'intérieur du clan des islamistes, eux aussi divisés. Récemment, le chef d'Al-Qaïda en Irak a unilatéralement décidé de fédérer le Front Al-Nosra, un des groupes islamistes les plus radicaux. Certains, au Front, ont fait sécession : les idées d'Al-Qaïda, qui dépassent les frontières syriennes, sont peu au goût de ces nationalistes, comme le rappelle Libération.

Source :

http://www.francetv.fr/

http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/syrie-le-vrai-visage-des-rebelles_408981.html#xtor=SEC-69

 

15/09/2013

Il y a 40 ans un autre 11 septembre: Salvador Allende est renversé!

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Au Chili l’on évoque la mémoire d’une des grandes figures incontestée de la gauche  socialiste. Salvador Allende qui fut le 32ème président du Chili de 1970 à 1973.

Dans les villes françaises où existe une rue ou une avenue à son nom les municipalités, communistes en général, ont déposé le 11 septembre 2013 un bouquet de fleurs sur les plaques qui portent le nom de Salvador Allende le 32ème président du Chili de 1970 à 1973.

"Merci à la vie", morceau que joue Maria Paz en ce 40ème anniversaire de la mort de Salvador Allende

A l’heure l’on évoque la mémoire de cette grande et  incontestée figure de la gauche  socialiste il paraît opportun de revenir sur les évènements qui ont marqué de manière indélébile l’histoire de la nation chilienne.

Le 4 septembre 1970 après avoir mené une campagne sur le thème des nationalisations et de la souveraineté du pays vis-à-vis du capital étranger Salvador Allende est, démocratiquement, élu président du Chili.

Cette élection n’était pas du goût des USA qui avaient des intérêts commerciaux au Chili qu’ils considéraient être menacés. Avant la victoire d’Allende,  le 27 juin 1970 Henry Kissingerconseiller à la Sécurité Nationale du président Richard Nixon, avait eu cette phrase incroyable « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester sans rien faire pendant qu’un pays sombre dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple» (*)

A coup de millions de dollars, durant trois ans, avec cynisme et cruauté, la CIA et ses relais dans l’armée et la droite dure chilienne aux ordres de Washington, furent à la manœuvre pour saborder le gouvernement d’Union Populaire d’Allende.

Le 13 aout 1973, alors qu’une vague d’attentats se répand et ensanglante la nation chilienne, Salvador Allende indique : «Le pays est au bord de la guerre civile»

L’opération de déstabilisation bien entamée, le terrain bien préparé il ne restait plus qu’à porter l’estocade.

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Le Président Salvador Allende et son gouvernement d’Union Populaire renversés, il s’en suivit alors une terrible répression dans tout le pays.

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Le Peuple chilien, sous la poigne de fer du général Pinochet, dans les griffes des séides, tortionnaires et assassins, du dictateur, vivra alors de trop longs moments de  misère, de terreur et de torture sadique victime d’un état policier et d’une économie ultra libérale.

Durant toutes ces années de plomb qui dureront de 1973 à 1990, 3 216 personnes ont officiellement été recensées comme victimes de « disparition » ou de meurtre politique et plus de 38 000 citoyens opposés à la dictature seront soumis à la torture.

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Le 19 avril 1978, la dictature militaire pour se dédouaner, adoptera, sans scrupule aucun, un décret-loi d’amnistie pour dispenser de leur responsabilité pénale la totalité des « bouchers image.jpgde la dictature» –  militaires, policiers et agents de sécurité du régime –  accusés de s’être prêtés  à des actes de violation des droits de l’homme, des crimes et des délits durant la période du 11 septembre 1973 au 10 mars 1978.

Ce 11 septembre1973, ayant compris l’issue fatale pour la démocratie de son pays que constituait l’assaut du général et des militaires félons, Salvador Allende s’adressera une dernière fois à son peuple dans un message d’une extraordinaire puissance éthique: "Je ne démissionnerai pas et paierai de ma vie la loyauté au peuple".  

Porté par une exigence personnelle de loyauté envers son pays, préférant perdre la vie plutôt que de rendre les armes, Salvador Allende se donnera la mort dans le salon Toesca, un des salons du palais présidentiel de la Moneda, à Santiago.

Ainsi finira celui qui le 4 novembre 1970 lors de son installation à la Présidence du Chili, avait déclaré au grand dam des dirigeants américains de l’époque : « Nous en finirons avec les monopoles qui livrent à quelques familles le contrôle de l’économie….Nous allons mettre en œuvre une authentique réforme agraire. Nous en terminerons avec le processus de dénationalisation de nos industries qui nous soumet à l’exploitation étrangère. Nous allons restituer à notre peuple les grandes mines de cuivre, de charbon et de salpêtre» (**).

Au cours des trois ans que durera sa présidence, Salvador Allende en dépit des menaces, des retraits massifs de capitaux, des grèves, une atmosphère de guerre dans le pays et l’organisation du chaos par la coalition créée pour l’abattre, ne lâchera pas et surtout ne vendra pas son âme dans quelque compromission ou arrangement politicien sordide que ce soit.

Pour agir ainsi il a fallu à cet homme exceptionnel faire preuve de grandes qualités intellectuelles et morales. Qualités dont on peut chaque jour constater qu’elles font généralement cruellement défaut à la grande majorité de la classe politique actuelle de notre pays.

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Salvador Allende avait une haute opinion de sa fonction au service de la Patrie et de son Peuple, un respect indéfectible pour les engagements pris vis-à-vis du Peuple dont on tient ses mandats. Il avait surtout chevillés au corps un idéal politique et philosophique construits à partir de convictions inébranlables.

 

Pour cela il était prêt à donner sa vie, il l’a prouvé, nous devons lui en rendre hommage.

Combien de nos hommes politiques actuels seraient prêts aujourd’hui à faire ce sacrifice suprême ? Eux qui au premier revers de sondage s’inquiétant  de la pérennisation de leur mandat n’hésitent pas à renvoyer aux calendes grecques la réalisation de leurs promesses de campagne. Combien ?

Au moment de son allocution interrompue qui a précédé l’assaut du palais présidentiel de la Moneida, Salvador Allende dira à son Peuple une dernière fois : « Vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie » ajoutant «Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure».

Ce message résonne fort à la conscience de ceux qui pensent qu’il appartient aux citoyens de ne pas abandonner leur destin entre les mains de représentants, même en Démocratie, qui auront vite fait de s’installer et d’oublier qui les a faits « roi » au point de tourner le dos aux promesses électorales et d’ignorer ce à quoi la majorité du corps de la Nation attend d’eux.

Savoir, une humanité meilleure et plus éclairée  prélude à un monde juste fait d’hommes et de femmes libres partageants durablement les ressources d’une planète enfin pacifiées.

http://www.legrandsoir.info/le-renversement-d-allende-raconte-par-washington.html (*)

http://www.liberation.fr/monde/1998/11/14/chili-les-annees-pinochet-pinochet-seize-ans-de-dictature_250885 (**)

 

Sources :

http://www.mondialisation.ca/allende-le-mythe-vivant-une-inspiration-pour-ceux-qui-sont-epris-dun-monde-juste/5349778

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/40-ans-apres-salvador-allende-la-memoire-schizophrene-du-chili_1280414.html#hjGK4XjlvvxTS4HL.99

http://new.humanite.fr/monde/pourquoi-ont-ils-tue-salvador-allende-548807

http://www.leparisien.fr/reactions/val-de-marne-94/celebration-de-l-anniversaire-de-la-mort-de-salvador-allende-10-09-2013-3124575.php

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/le-chili-de-pinochet-dictature-ou-regime-militaire_1068799.html

http://www.ndf.fr/article-2/15-09-2013/strategie-du-toc

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Chili-2013/p-26228-Il-y-a-quarante-ans-l-autre-11-septembre.htm

 

A suivre :

 

AllendeHuchon.jpgUn documentaire « Allende, c'est une idée qu'on assassine »(Upside Télévision), réalisé par Thomas Huchon, sera diffusé sur la chaîne Public Sénat les 9, 14, 15, 16, 21 et 22 septembre.

 

Sciences Po organise un colloque international, "Chili, 11 septembre 1973 : un événement mondial", les 17, 18 et 19 septembre, à Paris, en collaboration avec l'Institut des hautes études d'Amérique latine, l'Institut des Amériques et l'université de Versailles-Saint-Quentin. Parmi les participants figurent Manuel Antonio Garreton, Jacques Chonchol, Alain Touraine et Armand Mattelart.

 

 

"Le sacrifice ne sera pas vain"

 

 

Les dernières paroles d'Allende

11 septembre, 8 h 45. «Camarades qui m'écoutez. La situation est critique. Nous faisons face à un coup d'Etat auquel participe la majorité des Forces armées. En cette heure funeste, je veux vous rappeler quelques-unes de mes paroles prononcées en 1971, je vous les dis avec calme, avec une totale tranquillité, je n'ai pas vocation d'apôtre ni de messie.

Je n'ai pas l'âme d'un martyr; je suis un lutteur social qui remplit une tâche que lui a confié le peuple. Mais que ceux qui veulent arrêter l'Histoire et ignorer la volonté majoritaire du Chili l'entendent: sans avoir l'âme d'un martyr, je ne ferais pas un pas en arrière. Qu'ils le sachent, qu'ils l'entendent, qu'on le leur grave profondément: je quitterais La Moneda quand mon mandat sera terminé. Je défendrais cette révolution chilienne et je défendrais le gouvernement. Je n'ai pas d'autre choix. Il faudra me cribler de balles pour m'empêcher de réaliser le programme du peuple. Et si on m'assassine, le peuple suivra sa route. Peut-être sera-ce plus difficile, plus violent, car ce sera une leçon objective très claire pour les masses: ces gens ne reculent devant rien. (...)»

9 h 03. «En ce moment, des avions nous survolent. Il est possible qu'ils nous mitraillent. (...) Au nom des plus sacrés intérêts du peuple, au nom de la Patrie, je vous appelle à avoir la foi. L'Histoire ne se détient ni par la répression ni par le crime. (...) Il est possible qu'ils nous écrasent. Mais le futur appartiendra au peuple, aux travailleurs. L'humanité avance vers la conquête d'une vie meilleure. (...)»

9 h 10. «C'est certainement la dernière opportunité que j'ai de vous parler. L'aviation a bombardé les antennes de Radio Magallanes. Mes paroles ne sont pas amères mais déçues. Qu'elles soient une punition morale pour ceux qui ont trahi leur serment. (...) Face à ces évènements, je ne peux dire qu'une chose aux travailleurs: Je ne renoncerai pas! Dans cette étape historique, je paierai par ma vie ma loyauté au peuple. J'ai la certitude que la graine que l'on a confiée à la conscience de milliers et de milliers de Chiliens ne pourra pas être détruite définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais ne bloqueront pas les processus sociaux, ni avec le crime, ni avec la force. L'Histoire est à nous, c'est le peuple qui la fait!

Travailleurs de ma Patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez déposé sur un homme qui n'a été que l'interprète du grand désir de justice, qui a juré de respecter la Constitution et la loi, et qui l'a fait.

En ce moment crucial, la dernière chose que je voudrais vous dire est que j'espère que la leçon sera retenue: le capital étranger, l'impérialisme, unis à la réaction ont créé le climat qui a poussé les Forces armées à rompre leur tradition (...).

Je me dirige à vous, et en particulier à la modeste femme de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous, à la mère qui comprit notre préoccupation pour les jeunes.

Je m'adresse aux fonctionnaires, à ces patriotes qui ont continué à travailler contre la sédition promue par ceux qui ne défendent que les avantages d'une société capitaliste.

Je m'adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur esprit de lutte.

Je m'adresse au Chilien, ouvrier, paysan, intellectuel, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme est présent, déjà depuis un moment, dans les attentats terroristes, en faisant sauter des ponts, en coupant les voies ferrées, en détruisant les oléoducs et gazoducs; face au silence de ceux qui avaient l'obligation d'intervenir. L'Histoire les jugera.

Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe. Vous continuerez à m'écouter, je serai toujours près de vous. Au moins vous aurez le souvenir d'un homme digne, loyal à la Patrie.

Le peuple doit se défendre, mais ne pas se sacrifier. Il ne doit pas se laisser écraser, mais ne pas non plus se laisser humilier.

Travailleurs de ma Patrie, j'ai confiance dans le Chili et en son destin. D'autres hommes dépasseront ce moment gris et amer où la trahison prétend s'imposer. Allez de l'avant en sachant que bientôt s'ouvriront de grandes avenues où passera l'homme libre pour construire une société meilleure.

Vive le Chili! Vive le peuple! Vive les travailleurs!

Ce sont mes dernières paroles, j'ai la certitude que le sacrifice ne sera pas vain et qu'au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison

 

14/09/2013

Armes chimiques : ce que les médias ne disent pas

Par Jean-Marc Dupuis

François Hollande et Barack Obama veulent déclencher la guerre pour « punir » le président de la Syrie, Bachar el-Assad, qui a tué de nombreuses personnes avec du gaz sarin, un horrible poison.

Mais les médias n'expliquent pas assez, à mon avis, que le sarin n'est qu'une catégorie particulière de composés organophosphorés, ceux-là même qui sont utilisés continuellement, et dans le monde entier, comme pesticides.

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 En 2007, la France a utilisé 2,9 kg de pesticides par hectare cultivé. Le plus gros utilisateur de produits phytosanitaires est la Colombie, essentiellement pour protéger les plans de café : elle a eu recours à 15,3 kg de pesticides par hectare. Les Bahamas sont en tête du classement, avec 59,4 kg. © Lite-Trac, Wikipédia, cc by sa 3.0

Le Roundup, le malathion – antiparasitaire très utilisé en Chine, ex-URSS et aux USA, interdit depuis 2007 dans l'Union Européenne –  et le Phosmet – utilisé sur les pommiers –, par exemple, sont des composés organophosphorés.

Pourquoi les organophosphorés sont si efficaces pour tuer

Les pesticides organophosphorés agissent comme le sarin : ils bloquent le cerveau. Lorsque votre cerveau cesse de fonctionner, votre cœur continue à battre provisoirement, car les cellules du cœur sont autonomes, mais vous perdez connaissance – coma – et, surtout, votre respiration s'arrête, ce qui entraîne l'asphyxie et la mort.

Les composés organophosphorés produisent cet effet en empêchant vos neurones de communiquer entre eux. Vos neurones sont les cellules de votre cerveau. Ils communiquent entre eux grâce à des produits chimiques appelés « neurotransmetteurs ».

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Structure de l'acétylcholine

L'un des plus importants de ces neurotransmetteurs est l'acétylcholine. Sans acétylcholine, les neurones ne peuvent plus se parler : vous ne pouvez plus penser, votre cerveau ne peut plus donner aucun ordre à votre organisme.

Or, les composés organophosphorés bloquent la fabrication de l'acétylcholine. Il suffit qu'une très faible dose entre dans votre organisme pour que vos neurones soient privés d'acétylcholine, ce qui bloque votre cerveau, et vous tue.

L'importance de bien laver ses fruits et légumes

Vous ne mourrez pas en avalant des résidus de pesticides organophosphorés sur les fruits et légumes que vous aurez oublié de laver, mais ils peuvent malgré tout perturber votre organisme.
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Une étude de 2010 a montré que chaque augmentation d'un facteur 10 de la concentration urinaire de métabolites organophosphorés était associée à une augmentation de 55 % à 72 % des risques d'apparition du TDA/H chez l'enfant. (2)

Les pesticides ont encore d'autres effets délétères sur le cerveau : d'après une expertise collective de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), ils augmentent aussi le risque de développer la maladie de Parkinson (3)

Il est donc absolument capital, lorsque vos fruits et légumes ne sont pas bio, de bien les laver avant de les manger, surtout si vous les mangez crus et/ou avec la peau, si possible avec une brosse à légume dont vous vous équiperez spécialement à cet effet.

Une découverte issue de la recherche sur les armes chimiques

Les pesticides organophosphorés sont le fruit des recherches sur les gaz de combat entamées lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont remplacé, dans les années 70, les organochlorés, dont le chef de file était le DDT.

La plupart des armes chimiques aujourd'hui sont des organophosphorés.

L'objectif ultime d'un régime belliqueux, en effet, est de trouver un produit aux effets immédiats, définitifs, et assez puissant pour tuer des dizaines de milliers, et si possible des centaines de milliers de personnes d'un coup.

Comprenez, les gaz utilisés durant la Première Guerre Mondiale – chlore et gaz moutarde, qui brûlaient les yeux et les poumons –  parvenaient rarement à faire plus de quelques milliers de morts d'un coup, ce qui était loin d'être suffisant au goût des dirigeants politiques et militaires.

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formule gaz sarin

C'est en 1939 que des chercheurs allemands trouvèrent enfin la solution « miracle », avec le sarin. Les inventeurs, de la firme chimique IG Farben, en furent si fiers qu'ils baptisèrent ce gaz d'après les lettres de leurs noms, afin d'être sûrs de rester dans l'histoire – Gerhard Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der LINde –

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le sarin est inodore, incolore et volatile, et capable de traverser la peau. Vous ne voyez rien, vous ne sentez rien, mais il suffit que quelques molécules vous touchent ou entrent dans vos poumons – une concentration de 10 parties par milliard est déjà fatale – et vous êtes mort.

Diffusé dans les rues d'une ville ou dans un métro, alors que personne ne se doute de rien, le sarin provoque une scène cauchemardesque où tous les passants, jeunes et vieux, grands et petits, s'effondrent paralysés puis meurent d'asphyxie (le cerveau arrêtant de fonctionner), sans que quiconque assistant à la scène puisse comprendre ce qui se passe ou réagir.

Il s'agit donc véritablement de l'arme de l'Apocalypse, au même titre que l'arme nucléaire, ce qui l'a fait classer par l'ONU dans la catégorie des armes de destructions massives (résolution 687). A ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993.

Malheureusement, l'actualité toute récente a montré que ce beau rêve de la disparition des armes de destructions massives n'était pas pour demain.

Mon opinion sur la Syrie

Bien que personne ne m'ait demandé mon avis, je vais quand même le donner. C'est hors-sujet, mais la question me tient vraiment à cœur.

J'ai longuement sillonné la Syrie en auto-stop, des côtes montagneuses à l'ouest jusqu'aux rives de l'Euphrate à l'est, ce qui m'a permis de rencontrer quantité de Syriens, manger avec eux, loger chez eux, et recueillir toutes sortes de confidences effrayantes sur les méthodes de la police du régime.

Je n'ai donc aucune sympathie pour Bachar el-Assad qui est, c'est évident, un criminel. Le problème, selon moi, est que les rebelles sont certainement aussi violents voire pires que Bachar el-Assad. Mais ce n'est que mon avis et, encore une fois, personne ne me l'a demandé... A votre santé !


Sources : de l’article

(1)  Maryse F. Bouchard, David C. Bellinger, Robert O. Wright & Marc G. Weisskopf ; Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder and Urinary Metabolites of Organophosphate Pesticides : Revue Pediatrics (online 17 mai 2010) Vol. 125 No. 6 June 2010, pp. e1270-e1277

(2)  Medscape.com

(3)  Pesticides : Effets sur la santé : une expertise collective de l’Inserm

Pour en savoir plus voir le site source : logo_sni_little.png

 

http://www.santenatureinnovation.com/quels-problemes-de-s...

 

Plus info: Rôle de l'acétylcholine dans les systèmes nerveux central et périphérique

http://www.linternaute.com/science/biologie/dossiers/06/0...

 

Fukushima : à nouveau de la vapeur au-dessus du réacteur 3itre de la note

Quand c’est fini, ça recommence ! 

Vendredi matin 13 septembre à 8 heures (heure de Tokyo) un dégagement de vapeur a été constaté au-dessus du réacteur 3 de la centrale de Fukushima dévasté par le tsunami ravageur du 11 mars 2011 dont le bâtiment avait été gravement endommagé lors d’une très forte explosion d’hydrogène.

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Cette information a été annoncée par TEPCO (Tokyo Electric Power) qui, tout en précisant avoir la situation sous contrôle, indique ne pas connaitre la ou les raisons de ce nième incident.

Depuis le 18 juillet de cette année jusqu’au 7 aout des dégagements avait été observés sans que soient identifiées les raisons de ces défaillances........Lire la suite de l'article sur:

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http://humanisme-ecologie-republique.blog4ever.com/blog/l... 

 

 


Comprendre la situation à Fukushima en deux... par lemondefr

12:14 Écrit par Bernard FRAU dans 10. International, Energie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fukushima, tepco, dégaements de vapeurs, her | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

12/09/2013

Appel des Ecologistes pour la Paix

« Dire NON à la Guerre, NON à la Destruction de la nature, NON à la Mort des humains et NON au chaos !

Un devoir impératif pour tous les Ecologistes»

**************

Après avoir d’abord adressé une lettre aux responsables du G20 qui se réunissaient vendredi 6 septembre à Saint Pétersbourg, après avoir lancé samedi 7 septembre, lors d'une veillée de prière, un ardent et émouvant appel à "travailler pour la paix et la réconciliation", qui a été diffusé aux hommes de bonne volonté de la planète, et après avoir demandé à mettre fin à la guerre "toujours une défaite de l'humanité", le Pape François s’est à nouveau exprimé dimanche soir pour redire son refus total de la guerre en Syrie.

Depuis la Place Saint-Pierre, le pape argentin a renouvelé son message  de samedi pour que soit trouvée «une juste solution au conflit fratricide» qui dévaste la Syrie qui menace d’embraser tout le Moyen Orient et de dégénérer en un désastre planétaire. «Cela implique, entre autres, de dire non à la haine fratricide et aux mensonges dont on se sert, à la violence sous toutes les formes, à la prolifération des armes et à leur commerce illégal» a-t-il martelé.

Au moment où convergent en Méditerranée les navires de guerre de plusieurs des grandes puissances partie prenantes au conflit – France, USA, Russie et Chine – que les armées d’Israël, d’Iran, de Turquie, d’Arabie Saoudite et du Qatar sont sur le pied de guerre et se disent prêtes à intervenir, cet appel historique du pape François, s’adressant aux chrétiens, mais aussi à tout homme, croyant ou pas, doit être entendu et soutenu.

Les responsables politiques en charge du pouvoir temporel des grandes puissances occidentales, contre la volonté de la majorité des hommes et des femmes qui les ont mandatés, font à propos du conflit syrien montre d’une irresponsabilité qui frise l’inconscience.

Les ambitions prédatrices et les  intérêts particuliers de l’industrie de l’armement et des projets des pétroliers ou gaziers ne  justifient pas que l’on  s’engage dans l’engrenage infernal dans lequel veulent nous  entraîner la  France, la Grande Bretagne et leur mentor l’Amérique d’Obama.

En France certains responsables d’EELV, ministres députés ou sénateurs, dont on devine les ressorts qui les motivent on devine les motivations, cherchent à convaincre les militants de leur mouvement à accepter une intervention armée – insensée – de notre Pays en Syrie. 

Parce que nous, « Ecologistes Indépendants » et « Citoyens libres », pensons que notre planète est suffisamment malmenée par les blessures sociales, économiques et écologiques que lui inflige un modèle économique et financier sans âme, nous vous appelons tous à soutenir sans réserve les appels pour  la Paix, la Justice et la Fraternité du Pape François.

Avec lui nous disons notre rejet absolu des frappes que la  France, la Grande Bretagne et l’Amérique envisagent contre la Syrie.

Nous appelons tous les écologistes et tous les citoyens de la société civile à se lever pour dire NON à une participation de la France dans une guerre occidentale qui n’affiche pas les raisons profondes de son projet d’intervention.

Marc Sangnier nous dit que : «la démocratie est l’organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chacun »

Nous qui vivons en démocratie, osons dire NON à la Guerre, NON à la Destruction de la nature, NON à la Mort des humains, NON au Chaos et demandons que la France soit force de proposition d’ un plan d’action pour relever la Syrie avec le soutien de tous les acteurs de la région. 

Nous les prenons à témoins et les appelons à dire avec le Pape François NON à des frappes occidentales en SYRIE.

 

*************

Pour le MEI : Mouvement Ecologiste Indépendant:

Jacques LANÇON Secrétaire National

Pour HER : Humanisme-Ecologie- République:

Bernard FRAU Délégué général

 

Premiers signataires :

Fabien NIEZGODA : Vice-président du  MEI : en charge des questions de société

Jean-Olivier DINAND : Société de Saint-Jean, responsable communication

Christian SAUVAIRE : Président Adévi – Association pour le veloppement de la prévention santé et de l’Art de Vivre au naturel.

Jean BITTERLIN : Trésorier du  MEI 

Natalis BOUST: Conseiller municipal Grand-Couronne 76530 Délégué départemental Seine-Maritime 76

Philippe HACHET: Délégué départemental HER Eure 27

Salwa ALKHALAF: Pédiatre

Jacques MARET: Délégué départemental HER Charente-Maritime 17

09/09/2013

Syrie: la lettre d'un ancien ambassadeur de France à François Hollande

HER V3 SOLEIL.jpgDepuis le Mexique où il réside, Pierre Charasse, ancien ambassadeur de France, désormais à la retraite, vient d'adresser à François Hollande, à propos de la crise syrienne, une lettre où l’ironie du ton le dispute à la cruauté cinglante du propos. Un modèle du genre, à la diffusion duquel je ne peux résister. Bernard FRAU Délégué général HER


Mexico, le 2 septembre 2013

Monsieur le Président de la République,

Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une  intervention militaire chirurgicale en Syrie.

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger »s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu'ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci  ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

Quant aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre,  et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

Après cette victoire  pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donné la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par  la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année  du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme  « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays  se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, «ensemble gazeux et incertain» comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de  moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le «Charles de Gaulle» rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses.  Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Kadhafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur,  serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est  bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction  des moyens  du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

« O tempora ! O mores ! » Comme a dit Cicéron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler  que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez  aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées  par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour  mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

Une telle cohérence dans l’application de «l’obligation de protéger» honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.

Pierre Charasse (*), Français de l'étranger, contribuable et électeur

Source : PAR LES INVITÉS DE MEDIAPART

(*) Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales

 
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