14.08.2010
Nucléaire: Il faut un référendum
Le Président de la République vient de se fendre d’une nouvelle annonce. Le sujet cette fois est le nucléaire. S’appuyant sur le rapport Roussely, il vient, au cours d’un « conseil de politique nucléaire » de désigner EDF « chef de file du nucléaire civil en France et à l’exportation ». L’opération prévoit la mise en place d’un accord industriel stratégique de partenariat EDF/AREVA, adossé à une prise de participation d’EDF au capital du concepteur de l’EPR.
Si le PDG d’EDF semble partant pour entrer au capital d’Areva et convoler en noces atomiques « forcées » avec AREVA, il prend la précaution d’y mettre une réserve : connaître l’évaluation à venir du groupe dont le directoire est présidé par l’ancien sherpa socialiste de François Mitterand. De son côté Anne Lauvergeon, loin de manifester un enthousiasme débordant, poursuit ses investigations avec d’autres partenaires industriels. Peu importe le Président, fidèle à lui-même s’est prononcé.
En la matière il faut observer que le Chef de l’Etat s’est contenté de se prononcer sur un choix banal que n’importe quel industriel, certes de taille mondiale – les deux groupes concernés comptent parmi les géants mondiaux de l’industrie nucléaire civile internationale – aurait imaginé à la suite du flop retentissant, en décembre 2009, de l’offre française pour la construction de quatre réacteurs d’une puissance unitaire de 1400mégawatts à Abu Dhabi, face à un consortium sud-coréen.
Légitimement les Français s’interrogent : est-il du rôle du Président de la République d’aller se mêler de questions pour lesquelles la France dispose d’un vivier de compétences que de nombreux pays nous envient?
La réponse pour le Comité National de l’Alliance Ecologiste Indépendante est clairement et sans appel, Non.
Il y avait mieux à faire à partir du Rapport Roussely dont en passant il faut rappeler que seule une synthèse a été rendue publique le 27 juillet, la version complète étant, on se demande bien pourquoi, classée secret défense. Le Président de la République et son Conseil de Politique Nucléaire auraient été mieux inspirés en choisissant de s’attaquer aux problèmes de fond soulevés par ce rapport, au lieu de poursuivre la fuite en avant du tout nucléaire énergétique, désormais soumis à des impératifs commerciaux pour lequel il n’est pas fait.
Que dit ce rapport, tout au moins ce que l’on veut bien nous en communiquer?
D’abord que l’EPR est le « produit cœur, voir unique pour le moment de notre industrie nucléaire ». Ceci n’est pas une bonne nouvelle, car ce produit unique soufre, selon le rapport d’un défaut majeur de conception : « la complexité de l’EPR résultant des choix de conception, notamment du niveau de puissance, de l’enceinte, du récupérateur de corium, et de la redondance des systèmes de sécurité est certainement un handicap pour sa réalisation et donc ses coûts ». Cerise sur le gâteau, l’EPR n’est pas adapté à la demande internationale : « les modèles plus petits que l’EPR semblent plus conformes aux attente de certains clients »
Bref l’attelage EDF-AREVA envisagé par le Président de la République pour assurer l’avenir du nucléaire civil français tant au plan national qu’international dispose actuellement d’un produit unique, mal conçu, cher et non adapté au besoin des clients potentiels à l’export. Autant dire qu’industriellement cela laisse pour le moins perplexe !
D’autant qu’il faut resituer ce rapport dans le cadre des grandes difficultés que rencontrent tant AREVA qu’EDF sur les chantiers en cours, en France et à l’International, où les retards s’accumulent et où les coûts ne cessent de s’envoler.
Le démarrage du réacteur de Flamanville est repoussé de 2012 à 2014, son coût initialement prévu à 3.3 milliards d’euros fait à ce jour l’objet d’une ré-estimation à hauteur de 5 milliards d’euros. Aucune garantie n’est donnée par EDF pour assurer que ces éléments ne feront pas l’objet de nouveaux glissements. Quand au frère finlandais d’Olkiluoto, qui devait constituer la vitrine du nucléaire français, sa réalisation est aujourd’hui devenue pour AREVA un gouffre où s’accumulent tous les déboires techniques, juridiques et financiers.
Pour couronner le tout, comme un malheur n’arrive jamais seul, les autorités de sureté nucléaire britannique, française et finlandaise ont, fin 2009, dans une déclaration commune émis des réserves concernant les systèmes de sûreté des réacteurs EPR.
Dans ce contexte que propose le rapport Roussely sur lequel s’appuie le Président de la République pour engager l’avenir du Nucléaire français?
D’abord de dégager la politique énergétique de la tutelle du Ministère de l’Environnement, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) et d’en confier l’élaboration et le suivi à un ministère à part entière rattaché au Premier Ministre. Le ministère étant doté d’une direction particulière pour le nucléaire. Ensuite d’envisager de porter la durée de vie du parc nucléaire actuel à 60 ans. Puis d’élargir et diversifier l’offre française actuelle en matière de réacteur nucléaire : « il convient donc de compléter l’offre française et de disposer de plusieurs familles de produits sur le marché international ».
Enfin s’agissant des choix en matière de sureté, après avoir donné un avis tranché plus que sujet à caution sur la question – « la seule logique raisonnable ne peut pas être une croissance continue des exigences de sureté» – et avoir porté une critique voilée sur la manière dont l’ASN s’acquitte de sa mission – « l’exercice du droit et du devoir de communication de l’ASN concerne des sujets complexes et est particulièrement délicat. Il convient d’éviter que des événements de portée très limités ne conduisent à jeter une suspicion injustifiée sur l’ensemble d’une technologie » le rapport indique : « En France il convient que l’Etat définisse un modus vivendi équilibré avec l’Autorité de Sureté, c'est-à-dire réaffirme le rôle régalien qu’il ne devrait pas abandonner à une autorité indépendante ».
Comment mieux dire qu’il faut accorder une confiance absolue aux nucléocrates de tous poils, alors même que globalement la philosophie générale qui ressort de la lecture du rapport Roussely montre que les orientations retenues vont toutes dans le sens d’une vision marchande et concurrentielle tant de la production de l’énergie nucléaire que de la réalisation des investissements et des procédés nécessaires à cette production. Ce point du rapport Roussely est totalement inadapté aux risques et enjeux de sureté lié au nucléaire. Ce point est pour tout dire scandaleux.
Comme il est d’ailleurs scandaleux de vouloir coute que coute poursuivre dans une fuite en avant dont l’issue, au regard des faits rapportés, ne peut être que l’échec retentissant d’un désastre sanitaire d’abord, économique et financier ensuite.
Il reste que ce rapport contient une phrase une, qui mérite d’être soulignée : « la question du risque nucléaire acceptable, ou plus généralement du risque technologique acceptable, est un débat de société à part entière pour lequel la ou les réponses à donner sont naturellement du rôle du politique »
Champion de l’interventionnisme tout azimut, le chef de l’Etat qui s’essaye aujourd’hui au métier de manager industriel en voulant forcer la main à deux groupes dont la mésentente est de notoriété publique et dont les réalisations présentes en matière de construction de centrale nucléaires sont discréditées, serait bien dans son rôle en provoquant dans l’immédiat, un débat national et citoyen sur les choix énergétiques possibles pour la France.
Un référendum, au terme de cette consultation, permettrait de demander aux Français, qui, depuis l’origine en ont été privés, de se prononcer démocratiquement sur la question simple: Etes-vous en faveur ou en défaveur du nucléaire.
L’Alliance Ecologiste demande l’arrêt immédiat des EPR de Penly et de Flamanville en attendant que la procédure référendaire soit mise en place et menée à son terme.
17:14 Ecrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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08.06.2010
On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif!
L’attaque sanglante et meurtrière du 31 mai du commando de la marine Israélienne contre le cargo de la « Flottille de la Liberté » qui faisait route vers Gaza a suscité un grand mouvement d’indignation partout dans le monde, y compris en Israël.
Après les premières réactions de Tel Aviv pour soutenir ses soldats, Benjamin NETANYAHOU a rejeté dimanche soir toute idée de mise en place d’une commission d’enquête internationale à propos de l’assaut contre le cargo Turc Mavi Marmara.
Ce rejet a été connu tout de suite après que Michael Oren l'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis a déclaré "Israël est un Etat démocratique. Israël a la capacité et le droit d'enquêter par lui-même, de n'être un objet d'enquête pour aucune commission internationale".
Benjamin NETANYAHOU qui a choisi de s’allier à l’extrême droite pour former son gouvernement, compte parmi les plus radicaux des dirigeants du pays depuis la création de l’Etat d’Israël est incapable de sortir de sa prison idéologique qui lui fait refuser tout ce qui ne va pas dans le sens des options les plus radicales du projet des pères fondateurs de la patrie.
Il est vrai que jusqu’à ce jour la politique du fait accomplie menée par les faucons de Tel Aviv n’a pas rencontré d’obstacle bien solide.
L’arrogance et la duplicité de ces dirigeants dont la propagande tente de faire croire qu’ils veulent la paix pendant qu’ils construisent le mur de la « nouvelle honte planétaire » vient de trouver ses limites.
Que peut-on porter au crédit de Benjamin NETANYAHOU en termes d’effort pour faire aboutir une solution pacifique du conflit israélo-palestinien ?
Son alliance avec le parti de l’extrémiste de droite Avigdor Liberman, Israël Beitenou dont le gros de la plate-forme politique se résume un plan de déplacement des populations arabes en dehors d’Israël ? La nomination du même Avigdor Liberman comme ministre des affaires étrangères d’Israël ? La présence dans sa coalition gouvernementale du parti religieux ultra orthodoxe Shas ?
Ou encore, le refus de procéder au gel définitif de la colonisation en territoire palestinien occupé dont chacun sait qu’il constitue un préalable chez les Palestiniens pour reprendre les négociations de paix?
Et encore, la provocation de l’annonce de la construction de nouvelles colonies Cisjordanie au moment même où le vice-président américain, Joe BINDEN, se rendait à Jérusalem pour relancer le processus de paix ? L’intransigeance et les provocations concernant le statut de Jérusalem, ville sainte des religions musulmane chrétienne et juive ?
La liste est longue des manquements de cet homme en faveur de la Paix.
Tout le mondeconnaît le proverbe qui dit qu’ « on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ».
Si Benjamin NETANYAHOU, n’est bien sur pas assimilable physiquement à un âne, on peut à bon droit estimer que pour l’instant il ne veut pas boire et surtout pas boire à la Paix.
Qu’il n’ait pas soif de Paix, après tout ce ne serait pas grave en soi s’il n’engageait que lui et les électeurs qui l’ont élu! Mais ce n’est pas ou plus le cas ! Ce qui s’est passé avec cet assaut « de malheur » c’est qu’aujourd’hui Benjamin NETANYAHOU n’engage pas que lui-même et la sécurité d’Israël tout entier.
Benjamin NETANYAHOU, alors que d’autres moyens existent pour assurer les intérêts et la sécurité d’Israël, est en train de se couper des ses alliés traditionnels et de mettre en danger la sécurité mondiale ! Et cela n’est pas acceptable !
La radicalisation Turque, et surtout la constitution d’un axe Moscou-Ankara-Téhéran ne présage rien de bon! Le climat de crise dans lequel se débat l’ensemble du monde est propice à toutes les aventures et désastres aux conséquences les plus imprévisibles.
La fermeté est aujourd’hui plus que jamais de rigueur. Il faut que cesse cette escalade qui voit les belliqueux l’emporter sur les pacifiques. L’union européenne, les USA, la Russie et la Chine doivent désormais imposer les solutions auxquelles le gouvernement NETANYAHOU ne veut pas se plier.
20:08 Ecrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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02.06.2010
Tsahal: opération militaire terroriste
Lundi matin, la marine israélienne a intercepté, en pleine mer hors des eaux territoriales d’Israël, une flottille, partie de Chypre en direction de la bande de Gaza, qui transportait des militants pro-palestiniens et de l'aide humanitaire.
Les moyens mis en œuvre par les commandos de l’état hébreux lors de l’intervention ont été bien au-delà d’une simple opération de neutralisation. Dix neuf personnes ont été abattues et l’on parle de 50 autres qui seraient blessées victimes de la barbarie des militaires hébreux. Le bateau d’une ONG grecque aurait essuyé des tirs à « balles réelles » en provenance d’hélicoptère et de canots gonflables.
Rien ne peut justifier une intervention d’une telle ampleur contre des civils dont la seule faute serait d’être des militants humanitaires, pro-palestiniens, décidés à apporter un peu d’aide à une population soumise à un blocus quasi-total depuis 2007.
L’interdiction d’importation de matériaux de construction empêche les habitants Gazaouis de remettre en état les hôpitaux et les milliers de logements qui ont été touchés lors de la dernière expédition de Tsahal dans la bande de Gaza pendant l’hiver 2008-2009. Rappelons que, selon l'ONG israélienne B'Tselem, l'offensive s’est soldée, côté palestinien, par la mort de 1400 personnes dont 320 mineurs et 111 femmes.
Rien ne peut justifier cette sauvage et nouvelle agression ! Pas même les soi-disant provocations, avancées par la propagande israélienne pour justifier son nième coup de force, dont se seraient rendus coupables les militants humanitaires à l’égard des militaires armés qui les ont assiégés. Et puis, en quoi des militants humanitaires venus pour soulager la souffrance de tout un Peuple peuvent-ils constituer une menace pour l’Etat surarmé d’Israël ? Tout cela est injustifiable inacceptable et dégoutant.
Les dirigeants israéliens en décidant l’’attaque de la « Flottille de la Paix » viennent de signifier à la communauté internationale qu’ils n’entendent pas desserrer d’un cran l’étau inhumain dans lequel ils tiennent les Gazaouis condamnés à voir leurs enfants naître et grandir dans une prison dont l’horrible misère – faite tout à la fois, de pauvreté imposée, d’oppression, d’injustice et d’humiliation – ne peut que les conduire à la révolte puis à la guerre !
Au fond, le gouvernement Netanyahou, dont certains ministres appartiennent à la frange la plus extrême de la droite israélienne, fort de son arsenal nucléaire – 200 à 300 bombes prêtes à l’emploi – est en train de dire au monde entier qu’il ne veut pas d’état Palestinien à côté de lui, qu’il ne veut pas la Paix, qu’il souhaite la guerre et que rien ne l’arrêtera dans la mise en œuvre du projet qui vise la réalisation d’un grand Israël libre de toute population arabe.
Peu importe pour Benyamin Netanyahou et les dirigeants actuels de l’Etat hébreux le nombre de victimes civiles que ce choix politique entraine. Peu importe, les mains tendues ou les protestations. Peu importe les règles internationales et le respect des accords passés, Israël par décision de ses dirigeants a, aujourd’hui encore, choisi de se tenir délibérément en dehors du concert des nations démocratiques.
Cette situation n’est plus tenable tant elle est lourde de menaces pour la Paix dans la situation de crise généralisée que traverse actuellement le monde.
Au delà des légitimes protestations et des déclarations d’indignation, il faut désormais indiquer clairement à Tel Aviv que la ligne jaune a été franchie et que désormais le temps est venu pour Israël de mettre un terme définitif tant à la politique de colonisation qu’il mène dans les territoires occupés, qu’à sa pratique permanente de non respect des règles de droit international.
En l’état actuel, avec cette opération militaire terroriste, les dirigeants israéliens viennent, de franchir un seuil de non retour. A moins que les forces vives de ce pays n’acceptent pas plus longtemps de suivre sans réagir la politique suicidaire menée actuellement par leur gouvernement, c’est la manière forte dont il faut désormais user avec l’Etat hébreux.
Il faut exiger et obtenir d’Israël la levée immédiate du blocus de Gaza et la libération, sans condition préalable, de tous les militants humanitaires détenus illégalement à la suite de l’arraisonnement de la « Flottille de la Paix ». Il faut de plus, imposer à Israël un calendrier précis – mis sur pied par le conseil permanent de sécurité de l’ONU – en vue de la création d’un Etat palestinien souverain dans un délai d’un an maximum.
Faute d’obtenir des dirigeants Israéliens en général, de Benyamin Netanyahou et de ses compères d’extrême droite au gouvernement qu’ils rentrent dans le rang, c’est une mesure de blocus diplomatique et économique qu’il conviendrait que la communauté internationale décide contre l’Etat d’Israël !
La communauté internationale, les grandes puissances en particulier, en ne montrant pas une fermeté sans faille, prendraient, aujourd’hui, le risque insensé de laisser s’installer l’idée que tout est aujourd’hui permit. Et que le fait de détenir quelques bombes nucléaires pourrait suffire à l’Etat qui a le pouvoir d’en user, à s’autoriser des comportements comparables à n’importe quelle dictature dont les choix doivent s’imposer à tous.
Netannyahou et ses amis doivent comprendre que la partie est terminée.
00:57 Ecrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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20.05.2010
KARACHI la vérité à venir?
L'affaire qui embarrasse fortement l'Elysée continue de susciter nombre de commentaires, éditoriaux et article de presse. Ce mercredi c'était au tour de deux journalistes de faire paraître un pavé de plus de 300 pages "Le Contrat". Allons-nous finalement connaître les tenants et aboutissants de ce dossier qui prend chaque jour un peu plus l'allure d'une grave affaire d'état?
En mai 2002, onze salariés de la DCN (Direction des Constructions Navales) sont morts lors d’un attentat qui s’est produit à Karachi au Pakistan.
Très vite l’organisation terroriste Al-Qaïda a fait l’objet de soupçons de la part des enquêteurs français en charge du dossier jusqu’au moment où le juge antiterroriste Marc Trévidic a décidé de réorienter les investigations.
L’hypothèse d’une vengeance à la suite du non paiement, décidé par Jacques Chirac après sa victoire de 1995, de commissions attachées à la vente à l’Etat pakistanais par la France, sous le gouvernement Balladur, de sous-marins Agosta n’est plus écartée et la DNIF (division nationale des investigations financières) enquête sur une possible corruption politique internationale à propos de ce contrat d’armement au Pakistan.
Le contrat date du printemps 1994 !
A cette époque la DCN a obtenu, de l’Etat pakistanais, un important marché d’un montant total de 5 milliard de francs destiné à la construction et l’armement de trois sous-marins Agosta. Selon le quotidien « Libération », la DCN se serait engagée à verser – commissions légales à l’époque de la signature du contrat – à des intermédiaires locaux 6,25% du montant du contrat soit plus de 300 millions de francs. Lors de la négociation finale une rallonge de 4% aurait été prévue "à la demande du cabinet du ministre de la Défense" pour être versée par le canal de deux autres intermédiaires, Abdulrahman Al Assir et Ziad Takieddine.
En juillet 2002 le JDD.fr indiquait qu’un lien reliait, entre 1993 et 1995, Balladur et deux intermédiaires libanais Abdulrahman El-Assir et Ziad Takieddine.
Le JDD.fr reprenait en fait, des éléments diffusés sur le site d'informations en ligne Mediapart qui avait eu à connaître, des notes DGSE (Direction générale des services extérieurs), un rapport, rédigé le 11 septembre 2002, par Claude Thévenet, un ancien agent de la DST (Direction de la surveillance du territoire), et le témoignage de Gérard-Philippe Menayas ex-directeur financier de la DCN.
Concrètement, l’existence de ce lien est établie à partir d’une phrase du rapport Thévenet : "En France, le réseau El-Assir a eu pour principale fonction d'assurer le financement de la campagne d'Edouard Balladur". Le site d'informations précisant par ailleurs que : "L'existence d'une telle documentation des services secrets français sur les activités d'Abdulrahman El-Assir et de ses liens étroits avec l'ancien premier ministre français ont été confirmés à Mediapart par plusieurs sources, dont un ancien membre de la DGSE".
Selon le quotidien Libération, les deux intermédiaires imposés par « le pouvoir », Abdulrahman El-Assir et Ziad Takieddine, représentés par une société off-shore (Mercor Finance), auraient perçu une somme de 130 millions de francs en janvier 1995 au titre d’acompte sur les commissions.
Par ailleurs et toujours selon le quotidien, 10 millions de francs en liquide auraient été versés au compte de l’Aficeb (Association pour le financement de la campagne d'Edouard Balladur) dans l’une des agences parisiennes du Crédit du Nord.
«Libération» pour preuve de ses dires, disposerait de documents bancaires qui montrant que les intermédiaires en question auraient bien perçu les sommes correspondantes aux commissions du marché d’armement signé en 1994 avec l’Etat pakistanais.
Le rapport de la mission parlementaire qui enquête depuis octobre 2009 – dont la rédaction a été assurée par le député Bernard Cazeneuve (PS) – vient d’être rendu public ce mercredi 12 mai. Le rapport prend en compte comme un fait à ne pas écarter "le lien entre l'arrêt de versement des commissions et l'attentat ».
Ce rapport souligne aussi que les questions concernant, tant la raison pour laquelle le cabinet du ministre de la Défense, François Léotard, est intervenu pour imposer Al Assir et Takieddine dans la négociation finale des commissions que celle qui a déclenché la décision du président de la République, Jacques Chirac, d'en interrompre les versements n’ont pas à ce jour trouvé de réponse nette et précise.
A ce propos, selon NouvelObs.com du 12 05 2010, une note interne à la DCN, indiquerait que « l'interruption du versement des commissions par Jacques Chirac a été décidé en raison de soupçons de rétro commissions qui auraient pu servir à financer la campagne électorale d'Edouard Balladur ».
Le rapporteur, Bernard Cazeneuve (PS), de son côté, a fait état de la grande difficulté pour les députés à accomplir leurs travaux. Il a été jusqu’à porter une accusation forte en précisant : le travail des députés a été "entravé par une absence totale de coopération de l'exécutif et du gouvernement". Une certaine "amnésie" des anciens ministres, qui ont été entendus, a été par ailleurs déplorée par les membres de la mission.
Christine Lagarde, quand à elle, a été particulièrement claire ! "Il ne m'est pas possible de donner une suite favorable à la demande d'entendre les fonctionnaires ayant eu à travailler sur le contrat relatif aux sous-marins Agosta", a-telle indiqué dans un document daté du 26 mars 2010. Ce document fait partie des annexes non publiques du rapport de la mission parlementaire au motif qu'une enquête judiciaire est actuellement cours.
Me Olivier Morice, l’avocat des six familles des victimes de l’attentat du 8 mai 2002 au Pakistan accuse aujourd’hui, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, d’être «soumis au pouvoir politique» et de tenter « par tous les moyens d'éteindre l'incendie au mépris de la recherche de la vérité». Pour mémoire, l’action en justice pour corruption intentée par les six familles a amené le Parquet de Paris à ouvrir, début février 2010, une enquête concernant le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.
Chaque jour qui passe apporte son lot d’informations dont les développements tendent à faire de cet attentat terroriste, intervenu, au Pakistan, il y a maintenant huit ans, deux affaires de nature différentes. L’une concerne un attentat meurtrier, perpétré à l’international, contre des ressortissants français en poste au Pakistan. L’autre vise une éventuelle corruption, internationale également, qui aurait pour cadre le financement de la campagne électorale de 1995 du candidat Balladur.
Les « entraves à l’expression de la vérité » quelles qu’en soient les origines – refus de produire des documents, témoignages incomplets, manœuvres dilatoires –, la diffusion par voie de presse d’informations non synthétisées, ne sont pas acceptables dans une démocratie moderne où le pouvoir judiciaire est supposé être indépendant du pouvoir exécutif quand bien même le plus haut niveau de l’Etat est mis en cause.
La lumière doit être faite sur ce qui semble bien prendre le chemin d’un scandale d’Etat, car les Français sont en droit de savoir !
Les Français doivent savoir pourquoi et comment plusieurs de leurs compatriotes, alors qu’ils menaient une mission technique en terre étrangère, ont été assassinés.
Les Français doivent savoir comment a été financée la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.
Et surtout les Français doivent savoir si le paiement de commissions relatives au marché des 3 sous-marins, a généré des rétrocommissions destinée à nourrir directement ou indirectement les comptes de campagnes électorales d’hommes politiques français, en l’occurrence ici, celle de l’ancien premier ministre Edouard Balladur.
Dans cet imbroglio, où semblent se côtoyer – sur fond de rivalités politiques pour la prise du pouvoir – contrat d’armement à l’export, financement occulte de campagne électorale, montages financiers destinés à permettre le rapatriement de rétrocommissions, mort de victimes innocentes, les responsabilités de tous les protagonistes – intermédiaires, ministres, juges, policiers, dirigeant de la DCN – doivent être établies.
12:19 Ecrit par Bernard FRAU dans 12. Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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07.05.2010
La crise grecque volet (2)

110 Milliards d’euros sur trois ans, et des mesures d’une violence sans pareil pour le peuple grec dont la part, il faut encore une fois le marteler, n’est pas la plus importante dans l’échelle des responsabilités qui ont conduit le pays dans les difficultés qu’il connaît.
Au menu :
Entrée : Hausse des impôts et Taxes (TVA à 23% au lieu de 21% et augmentation des taxes de 10% sur les carburants, l'alcool et le tabac
Plat de résistance : Baisse des rémunérations, (gel des salaires et retraites du secteur public
Dessert :Baisse des prestations sociales, (relèvement de l’âge de la retraite à 60 ans)
La Grèce s’est engagée à ramener son déficit budgétaire à 8,1% du PIB en 2010, contre 13,6% l'an dernier, à 7,6% du PIB en 2011 et à 6,5% en 2012. Il lui est par ailleurs « accordé » deux ans pour revenir au sacro saint seuil de 3% du pacte de stabilité !
Pour l’anecdote l’on notera la grande marque de solidarité des « sauveteurs » européens de la Grèce. Ils prêtent à 5% ce qu’ils empruntent à 3% !
Le FMI lui prête à 4.5%, bel effort, mais à taux variable ! La nuance est importante car à tous les coups les taux aux US vont bientôt grimper et avec eux celui du prêt du FMI à la Grèce.
Dominique Strauss-Kahn a beau raconter qu’il « comprends tout à fait la colère de la population grecque », qu’il « mesure les sacrifices qui sont nécessaires », « et qu’ « il n’y a pas d’autres solutions », le grec moyen dont le salaire est loin très loin de celui que perçoit le ci-devant directeur du FMI porte flingue en chef des banquiers anglo-saxons, (325000 euro net annuel, valeur 2007) est dans la rue pour clamer sa colère.
La police d'
Athènes a mercredi été placée en "état d'alerte générale" pour faire face au déchaînement de violences et le plan que d’aucun qualifie « de soutien », d’autres de « de sauvetage », d’autres encore « de rigueur » compte ses trois premiers morts.
Dominique Strauss-Kahn a beau dire qu’ « Il faut réussir à éviter la contagion », qu’il s’y emploie, les marchés, qui se foutent de ce qu’il raconte, ont repris, leur spéculation dévastatrice contre l’euro et l’on s’attend à une dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie!
La monnaie européenne est descendue sous la barre de 1.26 $ pour un euro et personne n’est en mesure de dire à quel étiage elle se stabilisera.
Les banques de plusieurs pays européens dont le Portugal, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande et le Royaume-Uni seraient selon l’agence américaine de notation, Moody's, exposée de faon importante au risque de contagion de la crise grecque.
Les membres du cercle minable des politiciens-ventilateurs ont perdu la main et déjà pour se requinquer certains ont lancé des imprécations menaçantes, l’Europe en tant que projet politique serait menacée,
Angela Merkel, prévient "Ceux qui ne remplissent pas les critères de Maastricht doivent renoncer à une partie des fonds structurels ou des fonds pour l'agriculture.
"S'il y avait des manquements" aux engagements pris par le gouvernement grec, "les versements seraient stoppés. Et alors le défaut de paiement menacerait à nouveau Athènes", surenchéri le ministre allemand des Finances, le conservateur Wolfgang Schäuble.
"Nous n'allons pas les laisser tranquilles", averti le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker M. Juncker, "nous allons constamment demander où les Grecs en sont dans leur programme de réformes".
"Quand on voit les mouvements de protestations en Grèce, notre patience, à moi et au reste de l'Europe, est quasiment à bout", a pour finir déclaré le vice-chancelier autrichien Josef Proell.
Les dirigeants européens en place − à commencer par Jose Manuel Barroso et Herman van Rompuy − n'ont pas de projet politique qui permettrait de relancer la machine européenne pour faire face aux enjeux. La volonté politique du couple franco-allemand, au delà des déclarations creuses auxquelles plus personne ne croit, est à son plus bas niveau tant les divergences sont grandes entre la France et l’Allemagne.
Face au probable bouleversement des rapports de forces mondiaux, dont la crise grecque n’est la pointe visible d’un immense iceberg qui rempli la mer, la question se pose : qui des Marchés ou de la volonté Politique, à condition qu’elle veuille bien se manifester, finira par l’emporter ?
Du fanatisme des uns à l’impuissance actuelle des autres dépend désormais le destin des Peuples ! L’heure en tout cas ne doit pas être à la résignation populaire mais à la résistance lucide, prudente et exigeante de ceux qui veulent encore croire que « la machine à emboutir » ne finira pas par les engloutir.
13:48 Ecrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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La crise grecque volet (1)
Ce plan d’austérité, économiquement, financièrement et socialement irréaliste que Bruxelles et les experts du FMI ont concocté à l’intention du peuple hellène c’est chronique d’un désastre politique et social annoncé!
C’est aussi une formidable mise en scène destinée à conditionner les opinions publique européennes aux nécessités d’une rigueur que l’on veut nous faire croire qu’elle sera salvatrice.
Sur l’analyse d’abord ! Non le peuple grec à qui la note est présentée aujourd’hui, n’a pas à assumer seul la responsabilité de la crise à laquelle la Grèce est confrontée.
Les banquiers voyous de Goldman Sachs, et ses obligés des agences de notation, qui ont participé au maquillage de la situation réelle des finances de l’Etat hellène depuis son entrée dans la zone euro portent une responsabilité majeure dans la gravité de la situation du Pays.
Personne ne nous fera croire que dans les milieux autorisés tant à Bruxelles qu’à Francfort on ne savait pas ce qui se tramait !
La camarilla des, soi-disant, experts européens qui durant toutes ces années ont fermé les yeux sur ce qui se passait sont tout aussi coupables, au mieux de négligence au pire de complicité de fraude vis-à-vis des autres partenaires européens.
"Nous considérons le manque de préoccupation face la situation de la Grèce comme une erreur de négligence moyennement grave", a déclaré, en février dernier, Jean-Claude Juncker, qui préside actuellement l'Eurogroupe. De qui se moque-t-on ?
L’Allemagne de son côté a une part non négligeable dans l’aggravation de la situation! En tergiversant, pour ne pas dire en pratiquant une obstruction coupable, depuis de trop nombreuses semaines, elle a contribué à alourdir le service de la dette grecque donc à dégrader la situation de la Grèce.
La politique de l’Euro fort a largement contribué à affaiblir les comptes de la Grèce dont l’économie est structurée autour des services de faibles productivité – agroalimentaire, tourisme et industrie du transport commercial – largement concurrencés par des pays hors zone euro.
De même que l’absence totale de coordination économique, sociale et fiscale des politiques des pays de la zone euro dont la nécessité était d’autant plus de mise depuis la crise financière dont nous ont gratifié les banquiers et les spéculateurs anglo saxon logés à Wall Street et à la City.
Nonobstant, tout cela bien sur n’est pas pour escamoter le fait que la Grèce pêche par un certain nombre de côtés, au premier rang desquels sont à inscrire l’évasion fiscale, le travail non déclaré (évaluation à 30% du PIB), la folle politique d’armement et l’incurie du gouvernement Caramanlis. Il appartient désormais au gouvernement Papandréou de corriger avec énergie ces graves problèmes faute de quoi le naufrage serait irrémédiable.
Mais il faut que cesse cette fixation insupportable sur le soi-disant mauvais élève de la classe Europe qui selon les uns ou les autres, « magouille ses comptes », « ne travaille pas », « profite des subventions de l’Europe ».
En 2004, Goldman Sachs associé à Deutsch Bank a mis en place un montage ("Aries Vermoegensverwaltungs") qui a permis à l'Allemagne de camoufler une dette afin que celle-ci n'apparaisse pas dans les comptes publics. La France de son côté ne s’est pas privée de pratiquer ce sport bien connu de la « comptabilité créative".
Le système dans sa globalité est malade, malade de ses excès, malade de la situation financière des Etats-Unis et de l’Europe réunis, malade du fanatisme de Wall-Street et de la City, malade de l’incapacité des dirigeants occidentaux à penser autrement le futur. La Grèce, dans cette affaire, n’est qu’un épiphénomène, grossit à l’excès pour faire peur et ainsi mieux faire passer la grande lessive européenne des restrictions sociales, déjà programmée, que vont entreprendre ensemble, sous la houlette du FMI et des marchés, conservateurs et sociaux démocrates réunis.
Les « il n’y a pas d’autre solution » de DSK, « Les Grecs sont responsables » de Laurent Fabius qui, évoquant "une baisse de pouvoir d'achat de 10 à 30% pour la population" a lâché « C'est très dur mais cet effort est nécessaire » ne font que traduire cette connivence inavouable mais bien réelle.
13:26 Ecrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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29.04.2010
Polygamie et fraude aux aides sociales

L’intéressé : Liès Hebbad, un homme âgé de 35 ans, d'origine algérienne, qui appartiendrait à la mouvance radicale du Tabligh, naturalisé par mariage avec une française en 1999. L’homme aurait eu douze enfants de quatre femmes différentes avec lesquelles il partagerait 3 domiciles différents d’un même quartier de Nantes, la quatrième s’étant éloignée.
Dès l’annonce de la décision de Brice Hortefeux une polémique s’est engagée avec plusieurs leaders du Parti Socialiste sur le thème : le ministre de l'Intérieur fait de la démagogie, à un moment où la question de l’adoption d’une loi sur l’interdiction totale de la burqa – voile intégral – semble devoir être soumise au Parlement les semaines à venir.
Côté Parti Communiste, la secrétaire générale Marie-Georges Buffet dénonce "une opération politicienne du plus mauvais goût (...) qui fait le jeu des intégristes".
L'islamologue Tariq Ramadan, a cru bon de devoir ajouter un grain de sel particulièrement acide, déclarant dimanche, lors d'une conférence à la mosquée Arrahma de Nantes : "Avec des politiques de cette nature, ce sont les valeurs de la France qu'on trahit. Brice Hortefeux, c'est vous qui trahissez les valeurs de la France!".
Si, côté UMP, l’heure est plutôt à la discrétion, Jean-François Copé est lui monté en première ligne pour soutenir la décision du Ministre de l’Intérieur. "Brice Hortefeux a tout à fait raison de mettre les pieds dans le plat", a déclaré le patron des députés UMP sur Radio J.
Qu’en est-il en la matière au plan du droit?
Les conditions de déchéance de la nationalité sont indiquées dans l'article 25 du code civil. Quelles sont-elles?
Un individu visé par une procédure de déchéance doit posséder une double nationalité à seule fin de ne pas se retrouver apatride en cas de décision positive. De plus il doit avoir été condamné pour "atteinte aux intérêt
s fondamentaux de la nation" ou "pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme", ou encore s’être "livré au profit d'un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France".
Le délit de polygamie, en l’état actuel de la législation ne peut pas conduire à un jugement de déchéance de nationalité.
Dans le cas de Liès Hebbad, une annulation de sa naturalisation pourrait être décidée sur avis conforme du Conseil d'Etat s'il preuve était apportée que l'homme était déjà marié civilement au moment de son mariage en 1999. Dans ces conditions sa naturalisation aurait alors en effet été obtenue "par mensonge ou par fraude".
Que peut-on dire de cette affaire ?
Avant tout que le Parquet de Nantes, désormais saisi, fasse procéder aux enquêtes qui permettront de dire si oui ou non les faits sont avérés !
Y a-il polygamie ? Des fraudes aux aides
sociales ont-elles été commises ? Si au terme des investigations menées les faits étaient avérés alors on ne voit pas pourquoi les auteurs qui s’en seraient rendus coupables ne devraient pas être sanctionnés.
En dehors de quelque considération que ce soit, il faut que justice passe.
Il serait en effet assez cocasse de voir s’instaurer dans notre pays une pratique qui consisterait à revendiquer les droits qui découlent du statut de citoyen français et dans le même temps de refuser toute condamnation de ceux qui n’en accepteraient pas les règles et devoirs, au prétexte que celle-ci les « stigmatiserait » à raison de leur origine. Devant la loi républicaine, il n’existe dans notre pays qu’une seule catégorie de Français.
S’agissant de la demande du Ministre Brice Hortefeux, qui vise, dans le cas de Nantes, à vérifier si la déchéance de la nationalité française peut être prononcée à l’encontre de Liès Hebbad la réponse semble couler de source !
Il existe pour l’Etat la possibilité de recourir à la procédure dite de retrait du décret de naturalisation en cas de fraude ou de mensonge au regard des conditions d’obtention de la nationalité. Il suffit tout simplement de mener les enquêtes et ensuite d’agir dans un sens ou dans l’autre en fonction des résultats.
Sur un plan plus général, faut-il en France considérer que la polygamie, la fraude aux aides sociales, la fraude fiscale sont justiciables d’une déchéance de la nationalité française, en particulier pour ceux dont la nationalité a été demandée alors qu’ils étaient majeurs donc en état de conscience suffisant pour savoir les conséquences de leur engagement?
La réponse ne souffre d’aucune restriction, la réponse au fond est oui. Toutefois, sur la forme, il semble que l’arsenal juridique offre en l’état des fenêtres pour échapper à toute condamnation. Eric Besson propose une évolution du droit en la matière. Il a raison !
Reste la question des Français nés Français ! Pour les cas où la déchéance nationale n’est pas possible parce que la déchéance de nationalité en ferait des apatrides, il pourrait par exemple être étudié la création et la mise en œuvre d’une procédure de déchéance civique et de longue mise à l’épreuve subordonnant la réintégration dans la communauté citoyenne à des engagements formels et précis. Le tout assorti au paiement de l’intégralité des sommes détournées et des amendes afférentes.
Faut-il rappeler que le respect des valeurs fondamentales de la constitution en
général comme l’acquittement de l’impôt et le paiement des cotisations sociales, constitue les piliers sur lesquels est construit le pacte social et républicain qui font la qualité de citoyen ! Il est donc fondamental qu’une exigence sourcilleuse soit de mise pour en assurer la qualité.
Le débat sur l’identité nationale s’il n’avait pas été saboté par les oppositions de principe du PS, du PCF, du Modem, des Verts et du NPA, aurait pu être l’occasion d’un débat pour tenter une approche de ces questions, difficiles, à partir du sens profond qui sous-tend notre appartenance à la communauté républicaine en tant que citoyen français. Cela n’a pas été le cas espérons que les prochains débats sur le sujet permettront de nous en saisir et de progresser sans à priori politiciens et partisans.
12:19 Ecrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : polygamie, fraude, débat national, déchéance, nationalité |
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27.04.2010
Que veut l'Allemagne?
Depuis le début de la crise grecque l’Allemagne n’en finit pas de jouer « le cul de plomb » dès lors que des solutions semblent se profiler pour permettre au gouvernement hellène une sortie de crise sans catastrophe sociale pour le pays. A ce jeu c’est l’ensemble des pays de la zone euro qui risquent bientôt de se trouver en difficulté.
Mercredi 17 mars, tout en émettant l’idée, «en dernier recours», d'exclure un pays de la zone euro en cas d'infractions répétées aux règles de Maastricht, Angela Merkel, rejetait devant le Bundestag, la possibilité d’une aide rapide à la Grèce. Enfonçant le clou, la Chancelière allemande a précisé qu’il ne fallait pas «apporter une aide prématurée, mais mettre de l'ordre dans tout cela».
Certes l’opinion publique allemande est loin d’être favorable, voire hostile, à toute politique de la main tendue envers un pays et une population qu’elle considère comme laxiste.
Angéla Merkel est d'autant plus sensibilisée par cette opposition que des élections locales difficiles pour son parti auront lieu à la mi-mai en Allemagne. De plus son gouvernement de coalition est divisé sur la question grecque.
Tout cela ne justifie en aucune manière que la solidarité européenne ne joue pas pour soutenir l’actuel chef de gouvernement grec, qui très courageusement fait face, de son côté, à une montée en puissance des mécontentement que soulève le plan d’austérité mis en place pour donner des gages sur la bonne conduite des affaires de l’Etat grec pour le futur.
Au-delà de la crise du financement de sa dette, le pays, très dépendant de la conjoncture générale européenne et mondiale pour son économie doit amortir un recul important de l’activité de secteurs traditionnellement forts. Ainsi en matière de tourisme le recul se chiffre à 13%, pour la construction navale et le transport maritime à 7,8%.
Le plan de redressement va imposer une cure d'austérité sans précédent au pays, qui viendra se surajouter aux difficultés réelles économiques. Ce plan aura, à n’en pas douter, des conséquences sur les investissements et la demande des ménages.
Pour mémoire le programme d’assainissement prévoit une augmentation de la TVA de 19 à 21%, un relèvement des Impôts et des taxes à la consommation, une réduction des salaires dans le secteur public qui représente 32 % des salariés du pays, moins 60% du quatorzième mois et moins 30 % du treizième mois ainsi qu’un blocage général des retraites.
Nonobstant, Wolfgang Schäuble le ministre des Finances CDU de la coalition Merkel en remet une couche. Alors que la Grèce a, ce vendredi, officiellement demandé l’aide de l’Union Européenne et du FMI, celui-ci lui réclame de nouvelles mesures d'austérité. Faute de quoi, Berlin pourrait mettre son veto à la mise en place du plan européen aide à Athènes.
Dans la foulée, Hans-Peter Friedrich, un des hauts responsables de la CSU, parti conservateur bavarois, considère lui que « la Grèce devrait envisager sérieusement de quitter la zone euro », pendant que Werner Langen l’actuel chef du groupe conservateur allemand, CDU/CSU, au Parlement européen, martèle, «la véritable alternative» serait qu'Athènes «quitte la zone euro et redevienne compétitive à l'aide de rudes réformes structurelles ».
Toute cette agitation provoque un affolement des marchés mais également une colère de la rue à Athènes.
Les taux grecs à 10 ans sont montés à un niveau record lundi dépassant le seuil de 9%. Cette tension s’est traduite par un relèvement des taux au Portugal, en Espagne et en Irlande laissant craindre une contagion de la crise à d’autres pays fragilisés de la zone euro.
Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’à ce stade la situation devient assez imprévisible. Le remède de cheval que veut imposer l’Allemagne à la Grèce risque d’être plus négatif que positif. A force d’exiger plus d’économies et d’efforts c’est à une déroute économique et sociale que le pays va être conduit, qui ne sera pas sans conséquences pour l’ensemble de l’Europe.
Que veut l’Allemagne ? Le retour des colonels en Grèce ? Au rythme des déclarations de ses dirigeants on pourrait le croire. Que veut l’Allemagne ? Se payer à bon compte « Quelques Iles » ? «On vous donne du fric, vous nous donnez Corfou » comme le dit le journal allemand Bild.
Quelle honte, quelle arrogance ! D’autant que dans cette histoire de financement de la dette grecque, il n’est pas question de « don » de la part de qui que ce soit, mais bien de prêts adossés à des taux d’intérêts largement rémunérateurs pour les pays contributeurs. Pour mémoire pour prêter à la Grèce à un taux de 5%, l’Allemagne emprunterait à 1.5%.
Pourquoi l’Allemagne dont la part dans le commerce mondial des armes et systèmes d’armements atteint plus de 11%. ne recommande-t-elle pas à la Grèce une réduction drastique de ses budgets d’armement ? La réponse est claire, la Grèce, éternel rival de la Turquie, 5ème importateur mondial d’armement dont le budget défense est de 6 milliards d’Euro/an, représente 13% de ses ventes mondiales.
Il suffirait que l'Europe, à condition qu’elle existe en tant puissance politique et militaire souveraine, accorde sa protection à la Grèce contre toute agression, pour réduire dans un rapport deux ou trois les dépenses militaires de ce pays donc le budget général de l’état. Les marchands d'armes Allemands, Américains et Français seraient certes pénalisés, mais la dette et les déficits de la Grèce seraient très rapidement résorbés!
Il faut donc cesser cette hypocrisie générale qui se sert de la Grèce pour pousser les feux d’un projet politique allemand inavouable ! Il faut cesser de nous faire croire que la Grèce a trompé ses partenaires européens !
Depuis 2001, personne te surtout pas la Commission européenne ne pouvait ignorer la réalité des comptes de la Grèce. Il suffisait pour cela de vérifier les comptes des administrations centrales pour constater le déficit permanent du budget de l’État grec et voir que la dette officielle (rendue présentable pour intégrer la zone euro) annoncée ne correspondait pas à la réalité des finances du pays. Tout le monde savait mais personne n’a parlé! Pour des questions politiques et géostratégiques il fallait pousser à l’intégration de la Grèce dans la zone euro. A cette époque la France et l’Allemagne en étaient les plus ardents partisans.
En défendant la Grèce «nous défendons le territoire de l'euro» a déclaré dimanche Christine Lagarde, ajoutant fort justement, «Lorsqu'une partie de ce territoire est attaquée, et que notre devise commune est sous pression, on est tous tenus d'être solidaires».
Il est temps pour l’Allemagne de comprendre que, sauf à vouloir délibérément casser l’Union Européenne, la solidarité des européens dans cette affaire doit jouer, comme ce fut le cas au moment de la réunification.
Il est temps aussi pour la France de dire très clairement que ces atermoiements ne peuvent plus durer, comme ne peut plus durer cette arrogance teutonne qui veut faire marcher l’Europe au pas cadencé depuis Berlin.
Il faut très clairement que le 3 mai prochain, le parlement français qui va débattre du plan d'aide du gouvernement français à la Grèce signifie à Angela MERKEL la détermination de notre Pays.
Pas de Munich diplomatique ! La France solidaire des pays méditerranéens doit soutenir la Grèce, sans complaisance certes, mais sans arrogance ou marchandage boutiquier avec à l’esprit le sens de l’intérêt général des pays européens de la zone euro.
08:55 Ecrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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16.04.2010
La crise grecque est révélatrice de disfonctionnements qu'il convient de traiter
C’est ainsi que ces dernières semaines l’on a pu lire dans différents journaux : « la note de la Grèce a été dégradée par Fitch à BBB ».
Qui sont ces agences de notations ?
Pour l’essentiel ce sont trois sociétés américaines Fitch Rating, Standard & Poor’s et Moody’s. Ces trois sociétés détiennent 90 % du marché des notations. C’est dans les années 80, avec le développement de la globalisation financière, que leur champ d’action s’est porté en Europe.
Quel est leur rôle ?
Globalement leur rôle consiste à faire l’évaluation des risques liés à la « solidité financière » des émetteurs d’emprunts publics ou privés - entreprises, banques, compagnies d’assurance, collectivités locales ou Etats. Elles apportent également, leur expertise pour l’analyse et la notation des différents titres financiers qui circulent sur les marchés comme les obligations, les titres de créances négociables, les produits structurés.
Quelle est leur influence ?
A l’origine, le rôle des agences de notation, dont il convient de rappeler qu’elles sont des entreprises privées à but lucratif, était d’informer les épargnants. Aujourd’hui la réalité montre que les choses sont un peu plus compliquées. Au delà de leur rôle d’information les agences ont désormais un rôle de conseil qui, faute de règles déontologiques précises, engendre inévitablement des conflits d’intérêts bien au-delà de la sphère des marchés financiers. Leur implication, non contrôlée, dans le système financier globalisé les amène à influer sur l’application des décisions « politiques » des états en principe souverains.
Servent-elles l’intérêt général européen en général et grec en particulier?
Dans le c
as de la Grèce, elles ont été, dès l’adoption de l’euro, avec leurs commanditaires banquiers – Goldman Sachs en l’occurrence – à l’origine des manipulations-conseils qui ont permis, moyennant honoraires, – 300 millions de dollars selon le New-York Times du 10 02 2010 – d’emprunter en secret des milliards et de contourner les règles européennes mise en place pour limiter les dettes publique.
Au bout de toutes ces manipulations un plan d’austérité d’une grande ampleur qui a provoqué une révolte sociale, jeté des millions de grecs dans la rue et provoqué une très forte tension parmi les partenaires de la zone Euro.

Récemment, alors qu’un accord a été obtenu au niveau européen pour permettre un financement de la dette grecque, à des conditions sans doute difficiles mais acceptables politiquement entre les membres de l’Union Européenne, l'agence de notation Fitch a pris la décision d’abaisser de deux crans la note de la Grèce.
Cette décision a relancé les attaques contre l’Euro et de fait, elle contrecarre les choix politiques entérinés par les Etats européens donc des populations respectives de ces pays. On pourrait d’ailleurs et de façon annexe s’interroger sur les finalités « politiques » qui ont présidé à cette décision scandaleuse et inappropriée.
Décision d’autant plus inacceptable que ces agences de notations ont une approche sélective de leurs jugements selon les pays où les clients privés qu’elles sont amenées à évaluer.
Pourq
uoi, par exemple, alors que le déficit budgétaire et la dette publique de ce pays y sont scandaleusement supérieurs à ceux de tous les autres grands pays, les Etats-Unis sont-ils toujours notés au top de l’évaluation des agences? Pourquoi ?
Peut-on durablement accepter ces pratiques financières internationales?
L’exemple grec montre à quel point, au delà de la Grèce elle-même, qui n’est qu’un alibi commode pour men
er une stratégie inavouable, les intérêts des européens sont assujettis, pieds et poings, au bon vouloir d’un système bancaire international dont les centres de décisions/spéculations sont logés à Wall Street et à la City. C’est de ces deux places fortes du « capitalisme financier globalisé anglo-saxon » que tout se joue. Tout, y compris le plus scandaleux à savoir le maquillage et la falsification pour compte propre.
Après le scandale des subprimes, qui a conduit en septembre 2008 à la faillite du géant bancaire américain Lehman Brothers et dans lequel l’influence des agences a été déterminante – en assurant une notation maximum aux produits financiers toxiques – , après les bidouillages des déficits grecs par Goldman Sachs, l’on apprend aujourd’hui – source Wall Street Journal – que les grandes banques américaines, toutes parties prenantes du système, – Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup et treize autre banques – ont « trafiqués leurs comptes » durant les cinq derniers trimestres.
Chacune,
sans qu’aucune agence de notation ne se manifeste, s’est prêtée au jeu de mistigri consistant à jongler comptablement avec le niveau de sa dette à court terme en début et fin de période à hauteur de 42% des montants concernés. Une paille ! Un énorme coup de canif porté au ventre des marchés financiers et des concurrents notamment ceux de la zone euro.
Cette carambouille ne peut plus durer, comme ne peut plus durer le droit que s’est octroyé le système capitaliste fin
ancier globalisé sous tutelle anglo saxonne, depuis la décision de Richard NIXON le 15 08 1971 de mettre fin, pour les Banques Centrales à la convertibilité du dollar en Or. Depuis cette date, en effet, les monnaies devenues des marchandises comme les autres sont la proie des spéculateurs qui n'hésitent plus à les attaquer sur le marché des changes.
Quelles pistes ?
L’état de déliquescence dans lequel nous laisse patauger la crise mondiale qui n’en finit pas de « finir » invite à regarder la réalité en face et à agir rapidement pour redéfinir des règles du système économique, monétaire et financier mondial de sorte que ceux-ci soient rediriger au service de l’intérêt général des peuples. La question est politique et relève de la responsabilité des grands pôles économiques de la planète – Europe, Russie, Amérique, Asie, Inde
Plusieurs pistes devront être étudiées :
La premièrevise d’abord à mettre fin à cette pratique abusive et détestable du néolibéralisme anglo-saxon qui voit le marché partout ! On ne peut, s’agissant des sources de financement traiter les Etats comme on traite des Entreprises privées. Les banques centrales doivent être repositionnées comme « interlocuteur direct et prioritaire » des Etats.
La seconde piste consiste ensuite à exiger au plan international un retour à la parité des monnaies par rapport à un étalon fixe. Ceci afin d’éviter les sous évaluations comme les surévaluations qui faussent les données et les équilibres en matière de commerce international.
La troisième enfin s’attachera à mettre en œuvre un plan d’harmonisation fiscal, social et environnemental de nature à permettre une amélioration des conditions matérielles des populations et d’éviter toute pratique agressive de dumping.
S’agissan
t de l’Europe et des Européens, cette crise doit amener une relance du concept « Europe puissance souveraine et solidaire » et conduire à une solidarité sans faille des membres de la zone Euro.
Charles De Gaulle pour qui la primauté du politique sur les humeurs irrationnelles du marché était essentielle, lors d’une conférence de presse tenue à l'Elysée le 28-10-1966 a déclaré : "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».
Le maître mot des prochaines présidences européennes doit exprimer le refus de la « Vielle Europe » de voir sa politique faite à Wall Street ou à la City.
14:12 Ecrit par Bernard FRAU dans 10. International | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : anglo-saxon, marchés, notation, banques, or, parité, monaies |
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07.04.2010
Pipeau-démocratie à Dieppe !
Alors que vient de s’ouvrir ce lundi 29 mars, pour 4 mois, les travaux de la Commission particulière du débat public concernant le projet de réalisation d’un réacteur type EPR à Penly qui porte le nombre de réacteur de la centrale de 2 à 3 l’on apprend que : « le document officiel de Programmation pluriannuelle des investissements électriques, qui vient d'être publié, assure "à deux endroits différents que la mise en service du réacteur de nouvelle génération de Penly (l'EPR) est déjà décidée." » .
Il ne fait plus aucun doute que dans ces conditions, la tenue d’un débat public sur le sujet relève plus « du gadget pour gogo » que d’une véritable concertation avant décision finale. Désormais dans notre pays même nos gouvernants ne respectent plus la loi. Celle-ci – loi du 27 février 2002 – dispose en effet « qu'un débat public porte, à la fois, sur l'opportunité et les modalités de sa mise en œuvre »
Tout est donc joué alors même que les retards de livraison, généralement évalué à 3 ans, pour les chantiers EPR en cours en Finlande et à Flamanville ne permettent pas, comme s’y était engagé EDF en 2005, de mettre au débat les retours d’expérience EPR avant de mettre en chantier une éventuelle série de ces types de réacteur nouvelle génération.
Aucune base sérieuse ne permet aujourd’hui d’engager un véritable débat et de se prononcer sérieusement sur un projet qui pose encore de multiples questions !
Qu’il s’agisse de maîtrise des couts économiques de réalisation, de fiabilité des systèmes de sécurité, de rejets et de diffusion d’éléments potentiellement nuisibles pour la santé des populations, de production de déchets toxiques biologiquement dangereux, il y a, en effet, loin de la coupe aux lèvres.
Ce débat public n’est qu’un débat alibi, un déni de démocratie, un mépris des citoyens dont il convient de dire qu’ils ne sont pas dupes des pratiques et des objectifs de leurs gouvernants.
Le ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable, Jean-Louis BORLOO, ne se grandit pas en cautionnant une telle parodie de démocratie !
La même remarque vaut pour les leaders locaux et nationaux des « deux grandes surfaces du consensus productiviste et pro nucléaire »
L’UMP et le PS vont-ils enfin dénoncer cette pipeau-démocratie qui contribue à jeter dans l’abstentionnisme et le vote FN une quantité toujours plus grande de nos concitoyens ?
On peut à bon droit s’interroger sur la finalité de tels comportements.
La réalité est qu’il existe un immense marché nucléaire-civil mondial et qu’au plus haut niveau du lobby nucléaire français on ne veut pas se laisser distancer dans la course aux contrats.
Faut-il pour cela ne pas s’embarrasser de procédures ou d’engagements contraignants.
Le marché est aujourd’hui évalué à plus de 1 000 milliards de dollars d'investissements d'ici à 2030.
Il y a là de quoi faire bouillir encore un moment la marmite d’une flopée de dirigeants politiques inféodés à des financiers cyniques et irresponsables qui tirent les ficelles d’un modèle d’organisation de la cité qu’une partie chaque jour plus grande de Français tend à rejeter tant il fait peu de place à la vie, au partage et à l’intelligence créatrice.
Ce pactole nucléaire fait courir Nicolas Sarkozy, qui a demandé en décembre dernier à l'ancien président d'EDF François Roussely de « réfléchir à l'organisation industrielle de la filière nucléaire civile française, au rôle de l'Etat dans celle-ci et à sa stratégie en matière d'alliances et partenariats ». – cf. Le Monde du 17 03 2010 -.
Au passage chacun, sur le sujet, peut noter le mutisme assourdissant de la troïka socialo-libérale - FABIUS, HOLLANDE et AUBRY – qui se garde bien de piper mot.
Contrairement aux concessions verbales qu’ils condescendent à faire en agrémentant leurs discours de déclarations en faveur des énergies renouvelable, les leaders des partis de gouvernement, socialistes et les libéraux, ont déjà inscrit l’énergie nucléaire au cœur du nouveau projet de cycle de croissance de l’après pétrole. Ils n’en démordront pas !
La question devra être tranchée lors des prochaines élections présidentielles, il faudra s’y préparer ! C’est bien à la lumière de cette réalité qu’il convient de regarder les méthodes utilisées pour l’organisation des travaux de Commission particulière du débat public concernant le projet de réalisation du réacteur type EPR à Penly.
15:38 Ecrit par Bernard FRAU dans 6. Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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